8,99 €
"Pour atteindre la vérité, il faut une fois dans la vie se défaire de toutes les opinions qu'on a reçues, et reconstruire de nouveau tout le système de ses connaissances." René Descartes Imaginez que notre célèbre philosophe français du siècle des Lumières ré-apparaisse en chair et en os, en ce début du IIIe millénaire et tente à nouveau d'atteindre la vérité. A quoi ressemblerait son 'cogito' ? C'est ce que fait le narrateur de ces Méditations Métaphysiques revisitées, à la lumière des théories scientifiques et des études philosophiques qui ont eu cours depuis 1650. Même 400 ans après, la démarche cartésienne apporte toujours autant... Bon chemin!
Das E-Book können Sie in Legimi-Apps oder einer beliebigen App lesen, die das folgende Format unterstützen:
Seitenzahl: 236
Veröffentlichungsjahr: 2021
«Science sans conscience n’est que ruine de l’âme»- François Rabelais
« Comment se fait-il qu'un état de conscience aussi remarquable, résultant d'une irritation des tissus nerveux, soit tout aussi inexplicable que l'apparition du Djin, lorsque Aladin a frotté sa lampe? »Aldous Huxley
« Pour atteindre la vérité, il faut une fois dans la vie se défaire de toutes les opinions qu'on a reçues, et reconstruire de nouveau tout le système de ses connaissances.» - Moi, René
Introduction
1
ère
Méditation
- Suis-je bien informé ?
Qu’est-ce que l’information ?
Information
peut signifier agencement
Information peut signifier
enchevêtrement
Information peut aussi signifier
pensée
2
nde
Méditation
- Quels langages sais-je
parler
?
Qu’est-ce que le langage ?
Le langage aurait-il une fonction performative ?
D’où viennent ces langages? Existe-t-il un code universel?
Le langage premier, logos ou code 0
Langages d’ordre I
Langages d’ordre II
Langages d’ordre III
3
ème
Méditation
- Ma Réalité est faite d’information.
Réalité d’ordre 0
Réalité d’ordre I
Réalité d’ordre II
Réalité d’ordre III
La Réalité n’est pas toujours computationnelle
La connaissance humaine est-elle au voisinage du Tout?
4
ème
Méditation
- De quoi ai-je conscience? Comment?
Au commande des opérations : la faculté de conscience
La faculté de conscience a-t-elle besoin d’un sujet?
5
ème
Méditation
- Mon monde intérieur connaît-il des frontières ?
La faculté de conscience enrichit un monde ‘intérieur’
A-t-il une frontière avec le monde extérieur ?
Votre monde intérieur s’enrichit du savoir et de connaissance
Les limites de votre langage
6
ème
Méditation
- Que la force soit dans mon âme !
Méditations Métaphysiques 3.0
: synthèse
Messieurs, Mesdames*,
La raison qui m'amène à vous présenter cet ouvrage est si juste - et quand vous en connaîtrez le dessein, je m’assure que vous en aurez aussi une si juste de le prendre en votre protection - que je pense ne pouvoir mieux faire, pour vous le rendre en quelque sorte recommandable, qu’en vous disant en peu de mots ce que je m’y suis proposé. J'ai toujours estimé que ces deux questions, de Dieu et de l'âme, étaient les principales de celles qui doivent plutôt être démontrées par les raisons de la philosophie que de la théologie: car bien qu’il nous suffise, à nous autres qui sommes fidèles, de croire par la foi qu’il y a un Dieu, et que l’âme humaine ne meurt point avec le corps; certainement il ne semble pas possible de pouvoir jamais persuader aux infidèles aucune religion, ni quasi même aucune vertu morale, si premièrement on ne leur prouve ces deux choses par la raison naturelle. Et d'autant qu’on propose souvent en cette vie de plus grandes récompenses pour les vices que pour les vertus, peu de personnes préféreraient le juste à l'utile, si elles n'étaient retenues, ni par la crainte de Dieu, ni par l'attente d'une autre vie.
René (1641)
*’MESDAMES’ est rajouté à mes propos du XVIIème, qui s’adressaient seulement à Messieurs les théologiens
Si vous vous penchez sur ma biographie (René Descartes, 1596 - 1650), écrite par le père Adrien Baillet en 1691, vous découvrirez le récit retraçant la belle amitié qu’avons nourrie Marin Mersenne et moi depuis le collège royal de la Flèche jusqu’à notre mort, ou celle que j’ai eue avec les frères Dupuy dans les cercles du quartier Saint-Germain à Paris.
La lecture de ma biographie suscitera peut-être aussi, en vous, une émotion qui n’est pas seulement de l’ordre du plaisir intellectuel. Plus vous avancerez dans le récit de ma vie, plus vous ferez peut-être aussi l’expérience de ‘déjà-vus’, ‘déjà-vécus’. Comme si vous aviez croisé une réincarnation plus récente du René Descartes 1.0. Bien que le principe de réincarnation soit compatible avec le dualisme (la séparation corps – esprit/âme que j’ai tant développée), personne n’imaginerait que ma réincarnation puisse être véritablement une réalité en Occident et que mon esprit aurait choisi cette période, et telle ou telle enveloppe corporelle, pour revenir parmi vous.
Néanmoins, Albert Einstein vous a bel et bien contactés depuis sa mort physique en 1955, et probablement à plusieurs reprises1. Et le physicien américain David Bohm, disparu depuis 1992, a cherché à donner2 il y a moins de dix ans quelques éléments au physicien italien Massimo Teodorani pour que ce dernier puisse poursuivre l’étude en physique quantique que David Bohm n’avait pas eu l’opportunité de finaliser de son vivant.
Alors pourquoi n’aurais-je pas aussi des messages à vous communiquer ? Est-ce que mes ‘Méditations métaphysiques’ ne nécessiteraient pas des compléments que la philosophie du siècle des Lumières n’avait pas permis d’approfondir? N’y aurait-il pas une certitude absolue qui embrasse le cogito cartésien et qui le prolonge? En tout cas, j’ai ardemment désiré cette réincarnation, et ce sera la preuve irréfutable que mon dualisme, très controversé actuellement, est une réalité! Une réalité telle que mon âme, une fois séparée du corps matériel du XVIIème siècle, ait pu revenir et s’attacher à une autre enveloppe charnelle, cette fois du XXIème siècle.
Selon moi, l’âme est une substance indépendante, et seuls les êtres pensants ont une âme; il y a une grande différence entre l'âme et le corps : l'âme est une substance pensante (res cogitans ou « chose qui pense »), la matière est une substance « étendue » (res extensa ou « chose étendue »).
Vous demandiez-vous si le dualisme de René Descartes (!) est un modèle dépassé, erroné3, voire faux ? Ou au contraire, s’il pourrait s’enrichir d’extensions plus modernes, comme la physique dite classique de Sir Isaac Newton (1643 – 1727) a été complétée au XXème siècle par de nouvelles théories, tant à l’échelle plus infinitésimale (avec la physique quantique) qu’à l’échelle cosmologique (la théorie de la relativité d’Einstein, la théorie de la gravitation quantique à boucles) ? Dans ce second cas, la séparation âme – corps de mon modèle (cartésien) ne serait qu’un des aspects d’une réalité beaucoup plus complexe. D’une réalité ondulatoire et chaotique (le vide), organisée grâce à des échanges d’informations. C’est l’idée derrière ce nouvel essai: briguer le titre de Méditations métaphysiques version 2 (ou 3).
Relire les Méditations métaphysiques de 1641 serait probablement difficile aujourd’hui, parce que l’ouvrage aborde des questions auxquelles vous n’avez plus envie de réfléchir. Elles sont trop dérangeantes ou trop complexes. Et vous savez, au fond de vous, que les mêmes aujourd’hui n’appellent aucune réponse humainement intelligible. Si ce n’était pas le cas, vous connaîtriez déjà la réponse.
«Y a-t-il une vie après la vie ?» est l’une de ces questions. Tout comme « D'où viens-je, qui suis-je, où vais-je? » dont le troisième volet du triptyque lui fait écho: « Où vais-je ? Y a-t-il une vie après la vie ? »
Ce sont des questions universelles auxquelles vous n’avez plus trop envie de réfléchir mais que nous finissons tous par nous poser au moins une fois durant notre vie : vers la fin de cette expérience humaine, lorsque notre mort approche.
Vous n’en avez pas trop envie, parce que la question vous fait peur et que vous n’êtes plus armés pour l’affronter. Pourtant, certaines d’entre vous, comme Patricia Darré, expliquent4 très bien que «nous naissons pour mourir, nous l’apprenons très tôt. Lorsque nous sommes enfants. Or, dans nos sociétés occidentales, nous sommes invariablement tenus à l’écart de la mort. Il faut vite oublier que le corps est périssable, comme si le seul fait d’y penser nous faisait endosser une terrible malédiction. On ne comprend pas que le bébé qui voit le jour a déjà enregistré l’idée de la mort pour l’avoir expérimenté mille fois, dans un ‘avant et ailleurs’, même s’il n’en a aucun souvenir […]. Nous ne grandissons et nous ne nous définissons que par rapport à ce départ qui peut survenir à tout moment. »
« Nous ne grandissons que par rapport à la mort, ce départ qui peut survenir à tout moment». Si vous souhaitez grandir, il vous sera nécessaire – tout comme j’ai dû le faire il y a 400 ans - de vous questionner sur votre mort, sur ce qui pourrait y avoir après la vie, sur ce qui est attendu de vous pendant cette expérience humaine. Si vous ne le souhaitez pas – ce qui est de plus en plus le cas dans nos sociétés occidentales du XXIème siècle – vous avez probablement déjà posé des barrières psychologiques devant tout ce qui peut vous permettre d’évoluer : ne plus écouter les propos sages d’une grand-mère devant des comportements inadéquats, vous préoccuper davantage de la vieillesse de votre corps que de la maturité de votre esprit, chercher à conserver « une jeunesse éternelle qui peu à peu transforme notre monde en un monde d’adulescents, c’est-à-dire d’adultes qui se comportent comme des adolescents.»
Cet essai, comme le livre de Patricia Darré ‘Survivre dans le tumulte’, et comme ma première version des Méditations métaphysiques de 1641 (évidemment) s’adresse plutôt à celles et ceux qui souhaitent ne pas attendre leurs derniers moments de vie pour s’interroger, douter, aborder des questions aussi délicates qu’existentielles et intimes : ‘Où vais-je ?’ ‘Qui suis-je ? ‘ Y a-t-il une vie après celle-ci ?’.
Quand on aborde ces questions, on se sent nu comme un ver, fragile comme le verre! Il faudra probablement que vous effectuiez une bonne trentaine d’expéditions à faire le tour d’Helios5, avant que l’une de ces questions ne pointe ses guillemets. Et quand elle finit par vous figer, avec son crochet final, vous restez béat, tel Ulysse qui a fait un beau voyage. «Sacrebleu ! Mais oui ! Où vais-je en fait ? Y a-t-il une vie après celle-ci?» Vous jetez alors un œil désespéré aux jumelles, sextant, boussole et compas qui vous accompagnent toujours dans vos odyssées et vous hésitez sur l’instrument qui vous serait le plus utile en cette occasion.
Il était déjà conseillé par les anciens, par les sages des traditions religieuses ou spirituelles, de se poser régulièrement ces questions, de s’y initier. Parce que s’y initier, c’était un peu apprendre à mourir. Et pour de telles occasions, les instruments existaient et étaient nombreux: la Bible, la Torah, le Coran et des Textes Sacrés de l’Orient ; puis la science, les pensées philosophiques du siècle des Lumières, les témoignages de nos congénères revenant d’une expédition NDE, la foi, l’intuition, la marche, la méditation, le yoga. Quel que soit l’instrument choisi, qui que soit votre guide (Siddhārtha Gautama, Jésus, Mahomet, le nouveau Descartes!), vous initierez alors une démarche personnelle, vous vous lancerez sur un chemin. Votre chemin !
Il se trouve que, pour de telles expéditions, il existe toujours un terrain expérimental incomparable, un terrain que la majorité d’entre nous ne pensent pas assez à pratiquer: non plus seulement vos propres pensées (celles qui m’ont conduit au cogito - Je pense donc je suis) mais aussi et surtout votre propre faculté de conscience, faculté à porter une attention consciente sur quelle chose plutôt que telle autre, faculté à choisir, à décider.
Si vous souhaitez vous lancer sur ce chemin ou si vous en suivez déjà un, cet essai propose simplement de vous donner quelques éclairages scientifiques, philosophiques et parfois spirituels sur ce qu’est la faculté de conscience. Il ne remplace aucunement les techniques et pratiques vous permettant de faire l’expérience de la pleine conscience, de méditer, de travailler votre pierre, de trouver en vous paix, amour et bonté. Il ne vient pas se substituer à toute pratique qui vous permet déjà d’exercer pleinement votre faculté de conscience, il vient seulement vous éclairer sur ce qu’elle est.
« En ai-je besoin ?», vous demanderez-vous. Pour certains d’entre vous: non, pas du tout. Pour d’autres (peut-être des Descartes 3.0 comme moi), refusant de faire l’expérience de quoi que ce soit avant d’avoir vu les marques de son intérêt, cet essai est pour vous: il simplifie et met en cohérence les toute dernières avancées scientifiques ayant trait, de près ou de loin, à la conscience : les théories de l’information (la conscience est information), les extensions de la physique quantique (comme la théorie de la gravitation quantique), les modèles faisant le pont entre les deux (modèles de la fondation résonance RSF, de l’institut de gravitation quantique QGR), les modèles mathématiques.
Vous apprendrez que votre faculté de conscience permet de librement arbitrer parmi les énoncés qui lui sont présentés, sur le même modèle qu’un opérateur mathématique ou un observateur conscient peut effondrer une fonction d’onde quantique. Vous apprendrez aussi que cette faculté est présente partout autour de vous mais qu’elle ne se manifeste que grâce à un substrat matériel (l’espace de travail neuronal global chez les individus de l’espèce humaine). Un substrat, un support que certains comparent à un poste de radio - «Au lieu de penser que la [faculté de] conscience est dans le cerveau, vous pourriez considérer le cerveau comme une antenne, comme un poste de radio réglé sur une certaine fréquence du réseau d'information du vide.» (Nassim Haramein).
Comme cet essai s’adresse plutôt à celles et ceux qui auraient besoin de preuves avant de se lancer, il est construit comme un raisonnement scientifique6. Il s’appuiera sur de premières définitions,
- qu’est-ce que l’information?
- qu’appelle-t-on langage ou degré de liberté ?
sur quelques axiomes
- des propositions considérées comme dignes, convenables, évidentes en soi, mais non démontrées, et utilisées comme fondement du raisonnement
et des postulats
- des affirmations plus discutables, qu'il nous faudra admettre.
Ainsi à partir des axiomes et postulats retenus, cet ouvrage vous guide jusqu’aux assertions déduites par un raisonnement cartésien 3.0. Ces assertions qui apporteront des éléments de réponse à vos questions intimes et existentielles («Où vais-je? Y a-t-il une vie après celle-ci?») seront uniquement vraies dans le système ou la théorie construite ici. Comme pour toute théorie, si l’un des postulats est faux, même le raisonnement suivi ici ne peut conduire à des assertions vraies.
Et comme toute théorie ou conjecture, il est indispensable que vous la confrontiez à l’expérimentation ou à l’observation, en l’occurrence à l’observation de votre propre faculté. Comme je le fis, il y a bientôt 400 ans !
1 Nous pensons aux travaux de Nikola Tesla, sur lesquels Einstein a insisté à l’occasion de contacts médiumniques ; Cf ‘Au-delà de l’impossible’, Didier van Cauwelaert.
2 Patricia Darré, ‘L’Invisible et la Science’ (2017)
3 Antonio Damasio a bien écrit ‘L’erreur de Descartes’ !
4 Patricia Darré, ‘Survivre dans le tumulte’ (2020) page 65
5 Faire le tour d’Helios, c’est vivre une année! La révolution autour du Soleil prend un an.
6 La connaissance scientifique correspond à un ensemble d'hypothèses - comprenant toutes les assomptions de fond - qui peuvent être testées par rapport au monde empiriques et qui subissent la falsification si elles échouent au test d'observation.
« Je ne sais sije dois vous entretenir des premières méditationsque j’ai faites; car elles sont si métaphysiques et si peu communes,qu’elles ne seront peut-être pas au goût de tout le monde» - moi-même en 1641
Vous semblez vouloir poursuivre… Bien ! Ainsi vous commenciez aussi à vous demander: « Qui suis-je ? Où vais-je? Ai-je un destin ? Y a-t-il une vie après la vie? » Alors ce qui va suivre est bien pour vous, malgré ce que le titre de cette première méditation pourrait laisser penser.
Avant de chercher à savoir qui vous êtes, où vous allez, il faut que vous sachiez si vous êtes bien in- formé(e) (intellectuellement bien-sûr). C’est l’in-formation qui vous informe, qui forme quelque chose dans votre esprit, dans votre mémoire, dans votre monde intérieur. Alors êtes-vous bien formé(e) à vous informer bien?
Si vous êtes originaire d’un pays de l’Occident, c’est-à-dire de la zone sur cette planète qui a vu naître les trois religions monothéistes et la démocratie, vous êtes alors familier avec l'anthropologie ternaire fondamentale: corps, âme, esprit. « Qui suis-je? – Je suis dans un corps (physique et sensible), je possède une âme et je m’élève par l’esprit. » Mais aujourd’hui, au XXIème siècle, 3ème millénaire, une telle réponse vous convient à moitié ou au deux-tiers, dans la mesure où votre corps ne vous est évidemment pas étranger (réponse un tiers satisfaisante), votre esprit est probablement ce qui vous permet de penser (deuxième tiers de satisfaction) mais l’âme vous semble une réminiscence, un ‘souvenir à la tonalité affective’ que nous ont laissés nos ancêtres de la Grèce Antique puis plus récemment du siècle des Lumières. De toute façon, depuis mon incarnation 1.0, les occidentaux ne parlent plus que de corps et d’esprit; la mort dans l’âme, ils sont dualistes7. Plus de vague à l’âme. Aux orties, la beauté d’âme.
Le René Descartes 1.0, vu par Baillet.
Messire Joachim Descartes Seigneur de Kerleau fut reçeu conseiller au parlement de Bretagne le Xxx jour de may de l’an 1648 et par contract signé le premier jour de l’année 1656 il épousa Dame Marie Porrée du Parcq fille de Messire Nicolas Porrée Du Parcq conseiller au même parlement, et de Dame Julienne du Guesclin, de la famille du fameux Bertrand connétable de France.
Le troisiéme des enfans de Joachim, et le dernier de ceux que luy donna Jeanne Brochard sa première femme, fut René Descartes nôtre philosophe, qui s’est vû obligé de porter la qualité de Seigneur du Perron malgré la fermeté avec laquelle il a toûjours refusé toutes sortes de titres. C’est sur l’exactitude de ce détail que l’on pourra redresser l’opinion de ceux qui en ont écrit autrement, et qui ont publié qu’il étoit l’unique enfant du second lit.
Si donc vous êtes originaire d’un pays de l’Occident, il y a des chances pour que vous ayez grandi avec un enseignement laïc (l’âme-usée) et cartésien (l’âme-à-tiers). Aux trois questions existentielles ‘D'où viens-je, qui suis-je, où vais-je?’ vous préférerez probablement8 répondre que vous n’êtes que matière, que l’esprit nait de la matière et que tout disparaît à votre mort, la décomposition du corps physique entraînant l’extinction des feux spirituels (si vous en aviez). Point final, sans retour à la ligne.
Vous n’êtes évidemment pas à blâmer: c’est ce qui vous a été enseigné et ce qui l’est peut-être encore, quatre-cents ans après mes méditations, et plus de cent ans après la mort9 de Dieu. « Vous êtes matière, l’Univers est matière, la technologie n’est que matière, tout est matière » Matière à douter… A l’inverse vous seriez à blâmer si vous avez étudié la philosophie dans votre dix-huitième année et que vous vous rangeriez parmi les cartésiens! Parce qu’en philosophie, vous avez normalement appris qu’être cartésien signifie une chose avant tout: faire table rase, douter, mettre en doute pour que, peut-être, une certitude, essentielle, émerge de ce qui reste.
Cherchant à refonder entièrement la connaissance, je souhaitais trouver ainsi un fondement solide, absolument certain. Cette recherche m'amena à la conclusion que seule ma propre existence, en tant que chose qui pense (res cogitans) est certaine au départ. C'est cette découverte que j’exprimai dans le cogito ergo sum (je pense donc je suis). Indépendamment des formulations, le cogito constitue un élément majeur de ma pensée (cartésienne). Il est une certitude à partir de laquelle j’ai tenté de refonder toute la connaissance. Mon cogito contient aussi une intuition qui ne se résume pas à la seule déduction logique.
Alors, êtes-vous bien in-formé(e)? Prenez-vous aussi le temps de douter, de remettre en cause des soi-disant certitudes qui n’ont peut-être aucun fondement autre que la fidélité à ce qui vous a été transmis, ou l’attachement à des dogmes? D’ailleurs avez-vous appris à douter? Est-ce que, selon vous, la Terre est plate et notre système géocentrique ? Vous n’avez pas de temps pour vous ; est-il possible d'échapper au temps ? Le travail divise-t-il les hommes ? Reconnaître vos devoirs, est-ce renoncer à votre liberté ? Moi, René Descartes 1.0, étais-je né à Paris, rue d’Assas, au collège royal de la Flèche ou à la Haye-en-Touraine ? Etes-vous corps et esprit ou avez-vous aussi une âme ?
Dans la première [Méditation], je mets en avant les raisons pour lesquelles nous pouvons douter généralement de toutes choses, et particulièrement des choses matérielles, au moins tant que nous n'aurons point d'autres fondements dans les sciences, que ceux que nous avons eus jusqu'à présent. Or, bien que l'utilité d'un doute si général ne paraisse pas d'abord, elle est toutefois en cela très grande, qu'il nous délivre de toutes sortes de préjugés, et nous prépare un chemin très facile pour accoutumer notre esprit à se détacher des sens, et enfin, en ce qu'il fait qu'il n'est pas possible que nous ne puissions plus avoir aucun doute, ce que nous découvrirons après être véritable.
René
Vous êtes corps et esprit, pensez-vous ? Selon votre entourage et l’enseignement reçu, vous êtes avant tout matière, poussière d’étoiles. Savez-vous justement de quoi doutent les scientifiques contemporains, héritiers de Messieurs Bohr, Einstein, Heisenberg, Pauli, Planck et Schrödinger? Ils doutent de la véritable nature de ce qui constitue notre Univers, ils doutent de la nature de la matière ! Non seulement, celle-ci a perdu un peu de son aura lorsque les savants ont découvert la dualité onde-particule10, mais elle perd maintenant jusqu’à son essence même. « La matière n’existe pas, annoncent-ils, tout comme l’espace et le temps. »
Qui plus est, nous savons maintenant que notre Univers observable, le système solaire, le règne minéral, les espèces végétales et animales, tout n’est constitué que de 5% seulement de cette matière ‘normale’ (dont la nature même a été questionnée plus haut), de 27% de ce qui est appelé ‘matière noire’ et de 68% d’énergie noire, l’énergie qui explique pourquoi l’expansion de l’Univers est en accélération11.
Crédit de David Elbaz : la constitution de l’Univers comparée à celle d’un arbre
Mais ? Mais ? Mais de quoi êtes-vous constitué(e) alors ? D’ondes, de vibrations et de vide, de matière noire et d’énergie noire? - Exactement … Le tout organisé grâce à, et véhiculant de l’information.
C’est déstabilisant, n’est-ce pas ? Evidemment, si dès les premières pages vous apprenez que la matière n’est pas, que votre corps n’est qu’organisation complexe et hiérarchisée d’un nombre incroyablement grand de petites vibrations et de résonances entre elles, les 95% restants étant invisibles à vos yeux …
… vous allez soit abandonner la lecture, dépité ou meurtri dans votre chair, soit poser cet ouvrage quelque temps (histoire de vérifier avec votre moteur de recherche favori), soit poursuivre en vous promettant de trouver la faille !
Pendant ce petit temps de recherche sur votre moteur de recherche éco-responsable, et en soutien de votre réflexion, nous vous proposons d’accueillir la pensée de Kierkegaard :
Søren Aabye Kierkegaard (1813-1855)
« Il y a deux façons de se leurrer. La première c’est de croire ce qui n’est pas vrai ; la seconde c’est de refuser de croire ce qui est vrai. »
Poursuivez-vous ? Quel courage, quelle force d’âme ! Baptiste Morizot rajouterait12: «comment s’est logé un tel continent de courage dans quelques grammes d’esprit?»
Donc, la matière dite normale n’existe pas véritablement. Ces 5% de votre corps sont en fait formés de petites vibrations, organisées en structures atomiques ou moléculaires, lesquelles sont agencées en protéines, acides aminés, enzymes, brins d’ADN, etc. Et les 95% restant ? On ne sait pas trop, c’est encore assez sombre13 pour tout dire! Ce sont 95% de nuances de gris peut-être…
Ainsi vous (votre esprit) êtes maintenant informé(e) que vous (votre corps) êtes ‘bien’ formé(e) pour seulement 5%. Vous suivez ? Vous connaissez peut-être les sculptures de Bruno Catalano (à gauche) ou d’Edoardo TRESOLDI (à droite)
Ils ont tout compris ! Si vous aviez les yeux idoines, capables de zoomer à l’échelle de l’ångström, et la capacité de traitement de l’information visuelle adaptée, vous vous verriez dans le miroir davantage comme une statue du jeune Italien Edoardo que comme celle du penseur de Rodin. Votre corps est plein … de vide !
Et les 5% de soi-disant matière qui le constituent, les nœuds de votre corps grillagé, ne tiennent debout que grâce des liaisons chimiques entre atomes – je te prête un électron, tu m’en prêtes un et ainsi nous formons une première liaison covalente. Nous verrons qu’une liaison chimique n’est que le renforcement d’un réseau d’informations.
Alors peu importent ces ridicules 5%. Votre corps tient grâce à l’information correspondant à l’agencement de vos milliards de milliards d’atomes, à l’ordre quasi-cristallin que la vie vous a donné et qui fait que vous – vivant - n’êtes pas juste de la poussière d’étoiles désorganisée et inerte.
Vous êtes… comme l’information vous a formé.
7 Dualistes pour tout d’ailleurs (voire duellistes): le corps vs l’esprit, le bien vs le mal, la gauche vs la droite, le beau vs le laid. Le riche vs le pauvre…
8 Pierre Dac répondait: «En ce qui me concerne personnellement, je suis moi, je viens de chez moi et j’y retourne». Et Pierre Desproges écrivait que ces trois questions étaient : « Où est dieu ? Que fait la police ? Quand est-ce qu’on mange ? » Devant tous ces Pierre(s), vous aurez l’impression d’être face à un mur…
9 Friedrich Nietzsche, ‘Le Gai Savoir’ : « Dieu est mort » (1882)
10 En fonction de l’expérimentation, la matière se comporte soit en onde avec ses interférences, soit en particule sans interférence.
11 Et oui, non seulement l’Univers continue de croître, mais son expansion est en accélération. Il croît de plus en plus vite. Les galaxies s’éloignent de la nôtre en accélérant.
12 Baptiste Morizot, ‘Manières d’être vivant’, (2020)
13 Vous pourriez vous demander ce qu'affiche le pèse-personne lorsque vous ‘grimpez’ dessus : la masse correspondant aux 5% ou celle des 5+27% ?
Le mot est jeté: information. « Parlons-nous de la même chose, demanderez-vous alors? L’information, c’est ce que me donnent les chaînes ou les sites d’information, comme Mediapart (site d'information indépendant lancé par Edwy Plenel), France 24, TV5Monde, BFMTV, et autres diffuseurs d’actualités en continu !
- Disons que ces sites et chaînes vous délivrent les nouvelles du jour, l’actualité nationale ou mondiale, des faits divers, des résultats sportifs. C’est de l’information particulièrement ciblée (sur l’actualité dans le monde, les ragots du jour, les bons mots d’un tel ou d’une telle pour faire parler de lui ou d’elle). Mais est-ce de l’information qui vous aide à vous former (in-former)? - Non… Est-ce que la signification qu’elle porte est d’ordre sociétal, scientifique, philosophique, humaniste ? – Parfois, heureusement. - S’agit-il de culture générale ou de propos venant d’un ego surdimensionné, starifié, iconifié ? – Les deux. - Humm…. »
Ici, vous l’avez compris, l’information est ce qui vous aide à vous in-former, c’est-à-dire à former votre monde intérieur (esprit) autant que votre enveloppe extérieure (corps). Nous verrons plus loin néanmoins que tout enchaînement de lettres, d’espaces, de caractères, de symboles, d’images (même correctement agencés du point de vue de la syntaxe associée) ne devient pas systématiquement ‘information’. L’énoncé obtenu doit être observé, interprété, associé à une signification, pour prétendre être ou devenir informationnel.
Prenez par exemple la succession de caractères suivants : "Allo, non mais allo, quoi?». Déjà, l’énoncé est syntaxiquement questionnable. Mais a-t-il été associé à une signification par une entité dotée de la faculté de conscience? Nous pouvons en douter. Cette succession de caractères n’a pas valeur d’information. C’est tout au plus du babélisme, du bafouillage, du baragouinage, du bredouillage, une cacographie, un galimatias, du jargon, un pataquès, un sabir, un tortillage, un amphigouri !
Prenez maintenant la succession de lettres E-U -R-E - K – A. L’enchaînement correspond à un mot grec, signifiant ‘J’ai trouvé’ et, selon la légende, l’énoncé aurait été observé, interprété par le savant grec Archimède au moment où il comprit les lois qui régissent la poussée que les objets subissent, selon leur densité, quand ils sont plongés dans l'eau ou tout autre liquide, ce qu'on appelle la poussée d’Archimède. Cet énoncé – information a bien une signification, maintenue dans la mémoire collective.
Enfin, prenez l’énoncé « René Descartes s’appelait en fait René Du Perron » ; qu’est-ce selon vous ?
Etais-je René Du Perron, Cartesius ou René Descartes?
Il fut nommé René par son prémier parrain, et il fut arrêté dans la famille qu’il porteroit le surnom Du Perron, qui étoit une petite seigneurie appartenante à ses parens, et située dans le Poitou. Ce ne fut pas un titre vain pour lui. La terre Du Perron lui fut donnée dans la suitte des temps pour son partage, lorsqu’il fut en état de la posséder. Il en retint le nom jusqu’à la fin de ses jours, nonobstant la vente qu’il fit de cette terre, peu d’années aprés l’avoir reçeuë en propre.
