Fatralitas ! - HHA - E-Book

Fatralitas ! E-Book

HHA

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Beschreibung

Plongée dans les milieux de la prostitution et des organisations mafieuses

Il n’est pas rare de rencontrer, notamment aux abords d’agglomérations espagnoles, une ou deux jeunes femmes, court vêtues de latex rouge ou noir. Equipées d’un seau d’eau et d’une poubelle elles passent leur temps, entre deux passes, à attendre le client, assises sur une chaise en plastique, à l’abri d’un parasol.

Trop souvent, ces filles sont exploitées par des réseaux mafieux et travaillent contraintes et forcées. Le commissaire Galindo, s’attaque à forte partie.

Le nouveau thriller de HHA, mêlant intrigue et suspense, est à découvrir sans tarder !

EXTRAIT

Claudia ne tenait pas en place, le mystère qui entourait la vie de son défunt mari la rongeait et la démoralisait. Que pouvait-il bien faire ? Elle s’en voulait à présent de son manque de curiosité. Que faire ?
Elle finit par prendre une décision. Elle devait absolument découvrir la nature des activités de Pedro. Peut-être que sur son ordinateur elle trouverait des indications. Elle se rendit dans le petit bureau qu’elle avait soigneusement refermé à clef. Dans un sac, elle fourra l’argent qui se trouvait dans le secrétaire. Elle irait le mettre à l’abri dans le coffre à la banque où elle mettait ses bijoux. Elle feuilleta les différents dossiers et ne comprit rien du tout. Ils étaient en anglais ou en russe et, apparemment, il s’agissait d’échanges commerciaux. Puis elle se rendit dans l’annexe, ouvrit les tiroirs et les inspecta minutieusement. Deux CD avec l’inscription au feutre 1/2 sur l’un et 2/2 sur l’autre retinrent son attention.

À PROPOS DE L'AUTEUR

HHA habite à Genève, marié avec deux enfants, HHA est autodidacte, tour à tour ingénieur conseil, directeur d’exportation d’articles HIFI, organisateur de salons, éditeur de magazines haut de gamme. Ses hobbys vont de la plongée sous-marine, au pilotage d’avions de tourisme, en passant par le golf et le karaté.

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Veröffentlichungsjahr: 2017

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Au plus mauvais endroit au plus mauvais moment !

C’est parce que l’intuition est surhumainequ’il faut la croire ;

C’est parce qu’elle est mystérieusequ’il faut l’écouter ;

C’est parce qu’elle semble obscurequ’elle est lumineuse.

Victor Hugo, Poèmes philosophiques

Prologue

À Barcelona, une belle journée de début d’été s’annonçait. Le thermomètre commençait à s’affoler… Le taux d’humidité de la ville portuaire étant très élevé, la température ressentie serait certainement un peu plus haute que les 30° annoncés. Pedro Sanz descendait tranquillement la calle Balmes pour rejoindre le café Zurich au coin de la plaça Cataluña, se frayant un passage entre les badauds qui commençaient à s’agglutiner devant les vitrines. Les commerces étaient en train d’ouvrir. Il avait rendez-vous avec Karl. Comme d’habitude il serait un quart d’heure en avance, ce qui lui permettrait de le voir arriver. Il pourrait surtout déceler un éventuel suiveur. Il se demandait comment présenter au Tchèque les modifications qu’il souhaitait apporter à leur relation. Ce ne serait pas évident car Karl était tout sauf un homme facile. Pedro ne l’aimait pas, mais alors pas du tout. À commencer par son allure qui avait le don de lui glacer le dos et de lui ficher la frousse. Et cette façon de le regarder, avec ses yeux noirs qui le transperçaient, comme s’il voulait scanner son intérieur…

La rue grouillait de monde. Barcelona, une des villes les plus attractives d’Europe sur le plan touristique, se remplissait au rythme des saisons, des jours de congé et des vacances. Apparemment tous les touristes étaient déjà arrivés, parmi eux une multitude de belles filles nordiques qui, étant en vacances, se permettaient des fantaisies vestimentaires affriolantes. Ce qui bien sûr n’était pas pour lui déplaire. D’ailleurs une grande et superbe blonde, vêtue d’un short ultra court et d’un T-shirt qui laissait deviner des formes voluptueuses, chaloupait devant lui, balançant un fessier de rêve capable de faire sursauter un mourant dans son lit… L’œil attiré par ce superbe déhanchement, Pedro la suivit et traversa la carrer de Pelai sans faire attention qu’après le passage de la belle étrangère, le feu était passé au rouge. Perdu dans ses pensées, il ressentit néanmoins une présence trop proche derrière lui. Il allait se retourner quand une poussée dans le dos l’expédia sous les roues d’un autobus. Qui n’eut pas le temps de freiner. Adios Pedro.

Chapitre 1

– Madame Sanz, pouvez-vous nous accompagner à la morgue pour identifier le corps de votre mari ? C’est malheureusement indispensable, c’est la loi.

Claudia Sanz, une superbe femme, fin de la trentaine, avec une somptueuse chevelure noire aux reflets bleutés était de taille moyenne, un peu plus d’un mètre soixante-dix. Fait rare pour une Espagnole, elle avait la peau très blanche, un peu comme une porcelaine coréenne. Le contraste de l’ovale du visage avec la cascade de cheveux noirs qui lui tombaient sur les épaules lui donnait un air de poupée. Ses beaux yeux bleus étaient gonflés et rougis d’avoir trop pleuré. Elle jeta un regard hagard au policier qui venait de lui annoncer la terrible nouvelle de la mort de son mari. Ce dernier n’avait pu être identifié que d’après ses papiers, mais la loi exigeait une identification de visu.

– Mais si vous préférez attendre demain, il n’y a pas d’urgence.

– Non, allons-y tout de suite, autant en terminer avec les formalités, ce n’est pas ce qui me le rendra. Claudia s’essuya les yeux avec le kleenex qu’elle massacrait entre ses mains.

L’employé de la morgue souleva le coin du drap qui recouvrait un corps nu sur une table en acier inoxydable montée sur roulettes. Elle manqua défaillir à la vue du visage tuméfié et déformé par l’accident. Ce n’était pas possible, son Pedro, qu’elle avait connu il y avait à présent un peu plus de deux ans, était allongé là, le corps couvert de sang. Elle se souvenait parfaitement de leur première rencontre. Elle était assise à sa terrasse préférée, sur le Paseo de Gracias. Il l’avait draguée subtilement et ce bel homme aux yeux pétillants lui avait plu. S’en étaient suivis des mois de belle vie. L’argent ne manquait pas et Pedro avait été extrêmement généreux. Mon Dieu ! C’est inadmissible ! Ça n’arrive qu’aux autres ! Elle releva la tête, regardant son interlocuteur.

– Oui ! Hélas, pas de doute, c’est bien mon époux, hoqueta-t-elle, d’une petite voix, en hochant de la tête, les larmes lui brouillant la vue.

– Bien, c’est noté, allons au bureau, vous devez me signer votre déposition, lui répondit le policier. Ensuite je vous ferai raccompagner. Souhaitez-vous un rafraîchissement ?

– Non merci, ça ira, je veux rentrer chez moi.

De retour à l’appartement de la via Augusta, elle prit congé de la policière qui l’avait ramenée, la remerciant de son aide et l’assurant que tout irait bien. Sa sœur Ana viendrait la rejoindre en fin d’après-midi.

Vers 14 heures, affalée sur un fauteuil du salon, Claudia était anéantie. Machinalement, dans sa tête, elle tirait des plans sur un futur qui venait d’être tragiquement bouleversé. Les économies que le couple avait pu réaliser devaient s’élever à un peu moins de deux cent mille euros. Si elle voulait maintenir son train de vie, elle allait devoir vendre une des voitures et peut-être reprendre son travail. Claudia avait d’ailleurs toujours gardé d’excellents contacts avec ses anciens amis de la vie nocturne de la capitale catalane. Elle se souvenait encore avec nostalgie, un sanglot l’étouffa, des grandes soirées passées en leur compagnie.

Il faudra que je range ses effets, songea-t-elle. Ce qui l’amena à constater qu’elle ne connaissait rien de ses activités, puisqu’elle n’avait pas le droit de pénétrer dans son bureau, qu’il fermait toujours à clé.

– Ce sont mes affaires, je ne veux pas qu’on y touche ! avait-il l’habitude de lui déclarer.

Elle avait respecté scrupuleusement cette interdiction et l’avait transmise à la jeune Rosario, la femme de ménage qui venait tous les matins.

L’inaction lui était pénible, elle comprenait qu’elle ne verrait plus jamais Pedro et cette absence lui devenait douloureuse. Machinalement elle fit le tour de l’appartement. Il était bien vide à présent, sept pièces pour elle toute seule, cela serait dur. Elle mit en marche la radio pour créer une présence et se dirigea vers le bureau de son mari, un peu par nostalgie. Sur le secrétaire, il n’y avait qu’un ordinateur et un téléphone. À l’aide des clés qu’elle trouva dans les effets de Pedro que la police lui avait remis, elle réussit à ouvrir le premier tiroir. Quelle ne fut pas sa surprise en tombant sur des liasses de billets de banque de différentes monnaies. Il y en avait pour une petite fortune. D’où venait cet argent ? Comme il ne lui en avait pas parlé, la pensée qu’il avait peut-être été mal acquis lui traversa douloureusement l’esprit.

Sur le trousseau, une petite clé Yale brillante attira son attention. C’était certainement celle qui permettait d’ouvrir le cagibi situé au fond de la pièce. Effectivement, la porte s’ouvrit facilement et un nouveau bureau, entièrement équipé, avec ordinateur, imprimante, caméra et installation vidéo, apparut. Contre un des murs, plusieurs cartes détaillées de la Catalogne avec des épingles de couleurs, plus nombreuses le long du littoral. Dans un des tiroirs, elle trouva un carnet d’adresses et un agenda avec des alignements de chiffres et de caractères incompréhensibles. Dans une enveloppe, une collection de photos passeport. Pedro y apparaissait toujours différemment : avec une moustache ou une barbichette, avec ou sans lunettes, les cheveux clairs ou foncés, plus jeune ou plus âgé. Bizarre… Que faisait donc Pedro avec ces photos ? Soudain l’ordinateur émit un ronflement comme s’il se mettait en marche. Ses faibles notions en informatique ne permirent pas à Claudia d’en connaître la raison, mais elle supposa qu’il s’agissait d’une sorte de sauvegarde automatique du type « Time Machine ». Mais elle ne trouva pas de disque externe. Un nouveau mystère. Elle ne remarqua pas la petite lumière rouge qui s’était allumée dans le système de détecteur de fumée que Pedro avait fait installer dans tout l’appartement.

Dans une des armoires elle découvrit avec stupéfaction une multitude d’armes, de fusils et de pistolets de tous calibres et même des couteaux. Elle avisa sur un des rayons une importante pile de passeports, de permis de conduire et de pièces d’identité vierges d’une multitude de pays. Il y avait des dossiers immobiliers, des textes dans différentes langues qu’elle ne connaissait pas. Mais qui était Pedro ? Et que faisait-il avec tout ça ? Elle tombait des nues. Elle comprenait peu à peu qu’elle avait vécu aux côtés d’un inconnu et qu’elle ne savait de lui que ce qu’il avait bien voulu lui dire ou lui montrer. Elle ne s’était d’ailleurs pas posé beaucoup de questions, du moment que l’argent affluait. Prise d’une impulsion, elle fit des photos avec son téléphone portable.

Ana, sa sœur cadette, arriva vers quinze heures et se jeta en larmes dans ses bras. Elle tenta de la réconforter.

– Ma pauvre Claudia, comment cela a-t-il pu arriver ? Pauvre Pedro, si plein de joie de vivre, il était beau, jeune, quarante ans ou quarante et un, non ?

– Quarante ! Son anniversaire est dans deux mois… aurait été dans deux mois.

Songeuse, elle se demanda si elle devait parler de ses trouvailles à Ana. À la réflexion, elle se dit qu’il valait mieux en apprendre un peu plus. Tout ça la dépassait, elle avait l’impression de vivre un cauchemar.

Elle avait terminé le tri des vêtements et des affaires de Pedro qu’elle ne voulait plus garder. La Croix Rouge enverrait quelqu’un pour enlever les cartons. Finalement elle avait décidé de ne parler à personne de ce qu’elle avait trouvé dans la pièce réservée. La veille, elle avait pris son petit-déjeuner dans un bar à café de la plaça Francesc Masià (anciennement Calvo Sotelo, elle ne se ferait jamais au changement d’appellation de cette place qu’elle avait toujours connue sous son ancien nom). Elle y avait rencontré Conchi, une ancienne amie d’université qui avait fait un beau mariage en épousant un architecte en vue de Barcelona. Elles bavardèrent pendant près de deux heures et cela lui fit énormément de bien. Elle apprit ainsi qu’un architecte suisse, Hubert Arnoux, associé dans un grand cabinet de Genève, spécialisé dans les habitations économes en consommation d’énergie, avait remporté le concours international d’un projet de construction d’un centre universitaire. Ceci en coopération justement avec le cabinet d’Antonio, le mari de Conchi. L’Hubert en question devait arriver le lundi suivant et Antonio cherchait un logement pour les allées et venues régulières que le Suisse serait appelé à faire les années suivantes.

– Pourquoi ne lui louerais-tu pas une ou deux pièces de ton immense appartement ? Cela te ferait un peu d’argent et de la compagnie. Comme il ne sera là qu’un ou deux jours par semaine, le dérangement ne devrait pas être trop important.

Claudia dit qu’elle allait y penser et qu’elle lui donnerait réponse le soir même.

En fin d’après-midi déjà, elle téléphona à Conchi pour lui dire qu’elle était d’accord, mais qu’elle souhaitait voir l’architecte avant. Rendez-vous fut pris pour le lundi suivant. Claudia n’aurait qu’à se joindre à elle pour accueillir Hubert Arnoux qui arrivait avec l’avion de Genève peu avant midi. On se retrouverait près de l’énorme cheval noir de Fernando Botero, Caballo, une statue réalisée en 1992.

Hubert était un grand jeune homme blond, mince et élégamment vêtu de façon jeune, mais discrète, pull léger à col roulé noir et un pantalon de toile beige. La quarantaine sportive et décontractée. Mon dieu qu’il est beau ! pensa Claudia. Si en plus il est gentil et que ses manières sont convenables, il fera un bon sous-locataire. Elle fit un clin d’œil à son amie en hochant la tête, lui signifiant ainsi qu’il était à son goût. Antonio Fernandez, le mari de Conchi, la présenta comme une de leurs relations, propriétaire d’un grand appartement, veuve depuis peu, qui souhaitait louer quelques pièces, ce qui serait idéal pour les brefs passages d’Hubert à Barcelona.

– On pourrait se voir demain matin au bureau et si vous le voulez, nous irons visiter l’appartement. Si cela vous convient, nous mettrons au point notre arrangement, dit Antonio.

Le lendemain matin, Claudia retrouva Conchi au bar à café, et ensemble, elles se rendirent au bureau. Hubert Arnoux se dit prêt à visiter l’appartement à l’heure qui conviendrait. Il avait de beaux yeux bleus, parlait doucement et semblait être d’un calme olympien. Un peu maniéré toutefois, avec l’air de dire « Je sais ce que je dis, je n’aime pas que l’on me contredise »… Le rendez-vous fut pris pour la fin de l’après-midi, il viendrait accompagné d’Antonio Fernandez après leur repas, c’est-à-dire vers 17h, puisqu’en Espagne on déjeune assez tard.

Dans l’appartement, Claudia avait préparé la chambre d’amis, composée en fait de deux pièces, qui donnaient sur un balcon qui offrait une belle vue en direction du Montjuïc.

– OK, c’est superbe, je prends. Est-ce que je peux emménager tout de suite ? Antonio m’a dit qu’il n’avait pas réservé d’hôtel et comme je ne reste que trois jours, le dérangement ne sera pas important.

– Pas de problème, voici la clef. Le code de la porte d’entrée de l’immeuble est 1801B. Trinquons à notre accord, si vous le voulez bien. J’ai mis une bouteille de cava au frais.

Elle alla chercher la bouteille de Blanc de Noir de Juvé & Camps, cuvée 2011. Ils discutèrent de tout et de rien le temps de vider quelques coupes. Puis Hubert prit congé, précisant qu’il devait passer au bureau pour prendre son bagage au bureau et discuter encore quelques détails avec Antonio.

Chapitre 2

Karl arriva au café Zurich à onze heures précises. Il s’étonna que Pedro ne soit pas encore là. C’était bien la première fois qu’il arrivait avant lui. Il choisit leur table habituelle, contre le mur, ce qui leur permettait de surveiller la plaça Cataluña et le début de la Rambla, et de n’avoir personne dans le dos. Il paya tout de suite son Vichy Catalan et attendit. Le temps passa, pas de Pedro. Après une demi-heure, il s’en alla. Comme prévu, il reviendrait le lendemain, mais une heure plus tard.

Chapitre 3

Claudia ne tenait pas en place, le mystère qui entourait la vie de son défunt mari la rongeait et la démoralisait. Que pouvait-il bien faire ? Elle s’en voulait à présent de son manque de curiosité. Que faire ?

Elle finit par prendre une décision. Elle devait absolument découvrir la nature des activités de Pedro. Peut-être que sur son ordinateur elle trouverait des indications. Elle se rendit dans le petit bureau qu’elle avait soigneusement refermé à clef. Dans un sac, elle fourra l’argent qui se trouvait dans le secrétaire. Elle irait le mettre à l’abri dans le coffre à la banque où elle mettait ses bijoux. Elle feuilleta les différents dossiers et ne comprit rien du tout. Ils étaient en anglais ou en russe et, apparemment, il s’agissait d’échanges commerciaux. Puis elle se rendit dans l’annexe, ouvrit les tiroirs et les inspecta minutieusement. Deux CD avec l’inscription au feutre 1/2 sur l’un et 2/2 sur l’autre retinrent son attention.

Elle alluma l’ordinateur, un superbe Mac dernier modèle, qui lui demanda un mot de passe. Elle essaya toutes les combinaisons qui lui passèrent par la tête à commencer par son prénom et celui de Pedro puis leur date de naissance, mais sans succès. Elle eut l’idée de soulever le cartable sous l’ordinateur, rien. Elle regarda sous le secrétaire et c’est là qu’elle découvrit dans un coin à gauche, un papier collé sur lequel on avait inscrit des lettres qui correspondaient à une anagramme de leurs prénoms. Elle essaya et la session s’ouvrit. Elle se mit à fouiner dans les différents dossiers. Elle comprit rapidement, à la lecture de certains messages, que Pedro était associé à des affaires louches.

Il était question d’armes, de femmes et de grosses sommes d’argent. Les mots « secret », « président », « ministre », entre autres, apparaissaient sur plusieurs documents. Elle alla prendre une clé USB et copia tous les fichiers. Puis, elle ouvrit le CD 1/1. Horrifiée, écœurée, elle vit défiler toute une série de photos de femmes court-vêtues ou nues, dans des positions plus que suggestives, avec un commentaire sur leur identité et leur affectation. Elle embarqua dans son sac les deux CD, la copie qu’elle venait de faire, le carnet et l’agenda incompréhensible. Avant de refermer la porte, elle prit, par réflexe, toute une série de dossiers et les pièces d’identité. Dans sa précipitation, elle oublia de fermer à clef la porte du bureau secret. Elle fila dans sa chambre, prit ses affaires et se précipita, le cœur battant, vers la sortie de l’immeuble. Elle sauta dans un taxi pour se rendre à sa banque près de la Sagrada Familia. Elle ne remarqua pas la Volvo noire qui démarra à leur suite. Le taxi, noir et jaune, se mêla à la circulation très dense de l’Avinguda Diagonal, en direction du Paseo de Gracia. Le chauffeur devait zigzaguer entre la voie de droite et le couloir réservé aux bus et taxis. À un certain moment il passa le feu au rouge, bloquant un bus et stoppant du même coup la voiture qui les suivait.

– Mierda ! jura le poursuivant. Manquait plus que ça. Le patron ne va pas être content.

Une fois tout bien rangé dans son coffre, assise sur un fauteuil du petit salon adjacent, elle se calma et se mit à réfléchir sur ce qu’il convenait de faire. Pour commencer elle s’en irait sur la Costa Brava à Begur où sa mère avait une petite maison d’été dans une urbanisation non loin du bord de mer. Personne ne l’utilisait, elle n’y était pas retournée depuis près de vingt ans. Elle laisserait passer du temps pour se ressourcer et oublier que son mari l’avait abominablement trompée, qu’il n’était qu’un immonde salaud de trafiquant. Ah oui ! Elle ne devait pas utiliser son téléphone ni ses cartes de crédit. Elle aimait les romans policiers et avait lu que l’on pouvait retrouver sa trace si l’on s’en servait. Elle retourna au coffre pour prélever une importante somme en euros.

Chapitre 4

Pour la troisième fois, Karl se rendit au café Zurich, sans succès. Il avait appliqué la règle qui consistait à ajouter une heure par jour de décalage, en vain. La procédure de remplacement prévoyait un coup de téléphone sur un numéro de portable prépayé, à heures fixes. Il appellerait ce soir. Il repartit en direction du Paseo de Gràcia, d’un pas tranquille et en zigzaguant, comme le ferait un promeneur désœuvré. Cet homme blond, avec la marinière, là-bas vers la fontaine, ne l’avait-il pas déjà vu ? Pour en avoir le cœur net, il repartit vers le grand magasin El Corte Inglés. Un coup d’œil circulaire lui fit voir le blond se mettre en marche. Il était suivi. Que s’était-il passé ? Pas de panique ! Il fallait qu’il prévienne son chef ainsi que son équipe pour prendre les mesures prévues dans cette situation. Il composa le numéro de téléphone de Mikhail. Il laissa sonner plusieurs fois, pas de réponse, l’abonné était absent. Discrètement il sortit un biper de sa poche droite, dans la gauche il mit son iPhone, et appuya à l’aveugle sur le clavier les touches précodifiées. Si ses équipiers étaient à leurs postes, un signal les avertirait et grâce au GPS incorporé, ils le localiseraient et arriveraient à la rescousse. En attendant, il fallait rester au milieu de la foule et éviter d’être isolé. Il se dit ensuite que si c’étaient des professionnels, ils seraient certainement plusieurs à le pister. Il fallait identifier les autres. Il se promena tout autour de la place, inspectant ses arrières grâce aux reflets dans les vitrines. Là, le petit gros avec le journal plié, venait de faire un signe, discret mais net, au blond. Et de l’autre côté du trottoir, il avisa à plus de vingt mètres une grande blonde qu’il avait déjà vue. Qu’est-ce qui se passe ? Trois personnes à le suivre ?

Pas de chance pour eux, la formation intensive, qu’il avait reçue dans les forces spéciales, en avait fait un super agent.

Il s’assit à la terrasse du Hard Rock Café, commanda une eau minérale. Il fallait qu’il se tire de ce guêpier. Il ressentit une vibration sur son biper, Anton et son équipe l’avaient localisé et se mettaient en place. Il porta sa main droite à son oreille, trois doigts écartés, indiquant à Anton le nombre d’individus, l’index replié signalant que l’un d’eux était une femme.

Il regarda discrètement alentour pour repérer ses hommes. Ils étaient venus à quatre. Il se remit en route. Fidèle à ses habitudes, il avait payé sa consommation dès réception. Il partit en direction des Ramblas avec à sa suite, ses poursuivants. Il s’engouffra dans la carrer dels Tallers, petite ruelle étroite où les boutiques d’anciens commerces se succédaient. Il fallait qu’il avance jusqu’à la carrer de Valltonzella. Il entra dans la première allée, puis passant par différents couloirs, il ressortit de l’autre côté de l’immeuble. Après un jardin, il s’engouffra dans une nouvelle allée qui devait théoriquement l’amener derrière ses poursuivants. Dans le chambranle de la porte, il guigna vers l’autre entrée et vit la blonde qui, suivant ses deux comparses, s’engouffrait dans l’autre maison. Il fit un signe à Anton qui arrivait de l’autre côté de la rue et rapidement ils coururent vers la voiture qui suivait Anton, un SUV noir Toyota, aux vitres teintées. La voiture démarra en trombe, les portières encore à moitié ouvertes. Après de multiples changements de direction, d’accélérations et de coups de freins brusques pour repérer et déjouer une éventuelle filature, ils arrivèrent à la villa qui leur servait de base, dans la vallée derrière le Tibidabo, cette grande colline qui domine la ville de Barcelona au nord-ouest. Un tramway y monte régulièrement. Il faut dire qu’au sommet se trouve une grande église ainsi qu’un parc d’attractions cher aux enfants.

Une fois la voiture dans le garage et les alarmes activées, Anton et ses acolytes se réunirent au salon pour faire le point des événements.

Chapitre 5

À Genève, au siège européen d’une importante ONG.

– Un appel pour vous Otets.

– Qui est-ce ?

– C’est un certain Karl, il dit que vous attendez son appel.

– Passez-le moi sur la ligne rouge.

« Otets » (Père), était le nom qu’il voulait qu’on lui donne. La ligne rouge était une ligne cryptée. Il prit la communication dans l’annexe, totalement isolée et sécurisée, à côté de son bureau.

– Vous ne devez jamais appeler directement, sans une heure convenue d’avance. Qu’est-ce qui se passe ? Il écouta les explications de Karl et lui dit :

– Mettez-vous en sécurité, j’envoie des nettoyeurs récupérer ce qui traîne chez Pedro, ainsi que dans l’appartement de la carrer Juan Sebastian Bach. Alertez les filières, faites tous les contrôles prévus que vous pouvez sans vous faire remarquer. Cherchez d’où vient la fuite. Je vous attends à la Résidence samedi. Mikhail prend le commandement.

– Bien ! À vos ordres.

Otets reprit le téléphone standard et composa le 17.

– Mikhail ! Vous êtes de retour ? Je vous attends dans mon bureau.

– Bien Otets, j’arrive.

Mikhail, un homme athlétique de haute stature, âgé d’une quarantaine d’années, était l’un des bras exécutifs d’Otets. Il habitait en Espagne à Barcelona et passait son temps entre Genève et la capitale catalane. Otets lui résuma la situation et il fut décidé qu’il prendrait deux hommes avec lui et partirait pour Barcelona l’après-midi même, en voiture. Comme il n’y avait pratiquement plus de douane en Europe, on échapperait à tous les contrôles et on pourrait s’équiper sérieusement.

– Karl vient de m’appeler, directement, contrairement à tout ce qui est convenu. Il doit passer par vous. Je n’aime pas l’idée qu’il connaisse mon numéro et le moyen de me contacter. Vous me réglerez ça. Il faudra contrôler que toutes les procédures ont bien été respectées par Pedro et Karl. Trouvez-moi ce qui est arrivé à Pedro et si tout est clean. Je suis certain qu’il y a une balance à Barcelona. Tirez au clair ce qu’il a pu dévoiler de nos opérations et liquidez le problème.

Mikhail sortit ses deux téléphones portables de ses poches. Merde ! L’un d’eux était éteint, la batterie à plat. C’était son téléphone espagnol. Karl avait certainement tenté de l’appeler.

Otets avait fait la connaissance de Mikhail, lors d’une virée à Moscou, il y avait une dizaine d’années. Mikhail, avait quitté les services spéciaux d’URSS quelques années après les restructurations inévitables qui ont suivi l’évolution politique. Considérant qu’il n’avait plus d’avenir dans la « fonction publique », Mikhail n’avait pas hésité longtemps avant de répondre positivement à l’offre de Otets. Le jeune homme, tireur d’élite, expert en arts martiaux, connaissant parfaitement huit langues, dont le russe, le mandarin et l’arabe, avait rapidement pris le contrôle du poste vacant au sein de l’« Entreprise ». Une organisation qui gagnait des fortunes dans divers trafics en Europe, notamment la prostitution et les armes. On disait de Mikhail qu’il n’avait pas d’âme, ses yeux d’un gris délavé qui n’exprimaient rien semblaient le confirmer. Il obéissait aveuglément aux ordres notamment, et ne rechignait pas à déclencher des accidents qui devaient soit servir d’exemple, soit passer pour de vrais accidents. Il avait une imagination qui lui avait jusqu’alors permis de résoudre à la satisfaction d’Otets les problèmes les plus compliqués.

– Otets, nous sommes prêts à partir.

– Passez me voir avant.

Mikhail arriva quelques minutes plus tard dans le bureau d’Otets.

– Voici les clefs de l’appartement de la via Augusta. Celles de votre position de repli qui vous servira de base, vous les avez. Appelez-moi chaque soir à 20h30 sur la ligne sécurisée. Je vous souhaite un bon voyage.

– Et la villa, c’est toujours la même ?

– Oui, c’est celle qui se trouve dans le Penedès à une trentaine de kilomètres au sud de Barcelona. Comme elle est située au milieu du vignoble, entourée d’un petit bois, elle est facile d’accès mais également facile à protéger. Il y a une ancienne chapelle sur l’arrière de la maison ; sous l’orgue, derrière l’autel se trouve un stock d’armes avec les munitions. Les Marti s’en occupent, et comme vous le savez, on peut compter sur leur fidélité. Ces vieux catalans, séparatistes jusque derrière les oreilles avaient été très actifs pendant la guerre civile espagnole.

Chapitre 6

Hubert arriva à l’appartement vers 19 heures, le code avait parfaitement fonctionné. L’appartement était désert. Comme il n’appréciait pas ce silence absolu, il mit en marche la télévision du salon. Après avoir défait son petit bagage dans sa chambre, il brancha son ordinateur portable et écrivit le résumé de ses activités de la journée. Les entretiens avec Antonio s’étaient très bien déroulés. Apportant quelques corrections au projet, ils avaient décidé de la répartition des tâches. Le bureau de Barcelona s’occuperait du suivi et de l’avance des travaux, et encaisserait les situations intermédiaires prévues tous les mois, dont 2 % seraient virés sur le compte du bureau genevois. Les indemnités journalières d’Hubert furent définies. Comme les salaires sont nettement plus bas en Espagne qu’en Suisse, c’était moins que ce qu’il avait espéré, mais tous ses frais seraient payés en sus. Il rangea l’ordinateur et, désœuvré, commença à faire le tour de l’appartement, admirant au passage les collections de porcelaine dont certaines semblaient anciennes. Le mobilier était un peu austère mais très moderne et la lumière des spots réglables rendait malgré tout l’espace agréable et clair. La collection de CD le stupéfia. Tous les genres étaient représentés, de la chansonnette à la musique folklorique et classique, en passant par le jazz et le blues. Il y avait même des marches militaires soviétiques. Il arrêta la télévision, mit un CD, La Sonate pour mandoline et piano de Dvorak, magistralement interprétée par Schivazappa et Johann Nepomuk Hummel. Continuant sa flânerie, il se fit un café à la cuisine. La tasse à la main, il arriva près du bureau que Claudia avait décrit comme privé, utilisé uniquement par le regretté Pedro. Il appuya machinalement sur la poignée et fut surpris qu’elle ne soit pas fermée à clé. Il avait devant les yeux un bureau impeccablement rangé avec un ordinateur et téléphone sur le secrétaire, un meuble de rangement métallique, pas d’armoire mais une porte menant à une autre pièce, fermée celle-ci. Il repartit au salon, appréciant la mandoline, puis il décida de se promener un peu avant le dîner.

La journée du lendemain serait assez longue, puisqu’elle prévoyait la visite du futur chantier, avec la première réunion des corps de métiers qui allaient s’occuper de la mise en valeur du terrain, de la préparation des accès, des clôtures et de la construction des baraquements pour le personnel de surveillance et du contrôle des plans. On lui avait donné quelques adresses de bons restaurants, il choisit Ca l’Isidre. Il tenta sa chance par téléphone et obtint la dernière table libre. D’après ce que lui avait dit un ami à Genève, ce restaurant, très élégant, superbement décoré avec de multiples toiles était l’une des bonnes tables de Barcelona. Le maître des lieux, comme la plupart de ses confrères, va de bonne heure au superbe marché couvert La Boqueria de la Rambla pour faire son choix de produits frais. Bien que baragouinant un peu l’espagnol, Hubert put s’exprimer en français. Après un merveilleux tartare de daurade et de langoustine, il choisit une viande de bœuf du Nebraska. Le sommelier lui proposa une bouteille de Montsant, un Clos Maria de 2003. Il voulut faire l’impasse sur le dessert, mais changea d’avis quand le sommelier lui glissa que la chef pâtissière, fille du patron, avait quitté son poste auprès d’Alain Ducasse à Monaco, pour travailler avec ses parents à Barcelona. Il prit un café en compagnie du patron qui avait du plaisir à bavarder avec un jeune épicurien. Il lui montra un petit escalier de quelques marches qui menait vers un salon privé, fréquemment utilisé par les dirigeants du Barça. D’ailleurs, précisément, la pièce était occupée.

En sortant du restaurant, Hubert héla un taxi en maraude et se fit conduire à la plaça Colon. La dernière fois qu’il s’y était rendu, c’était il y a une vingtaine d’années, lors d’une année sabbatique. Ses parents avaient vécu à Barcelona un certain temps, à la fin des années soixante, et en famille, la balade dominicale les amenait souvent là pour admirer la Santa Maria – la réplique du bateau de Christophe Colomb. C’était pendant les dernières années de « l’ère Franco ». La course lui coûta trois euros. Les taxis noirs et jaunes de Barcelona sont incroyablement bon marché par rapport aux tarifs pratiqués à Genève. En remontant les Ramblas, il passa successivement devant les restaurants Casa Juan et Amaya. À l’époque, ils avaient la réputation de servir une des meilleures cuisines catalanes du quartier gothique. Plus tard, après la mort du dictateur, les clients avaient renoncé à les fréquenter, car les prostituées avaient pris possession du trottoir et bloquaient pratiquement les entrées. Aujourd’hui, ces deux restaurants ont changé de propriétaires et se sont transformés en pièges à touristes.

Là, à droite, c’est la Plaça Reial. Le dimanche matin la place était occupée par les stands des numismates et des collectionneurs de timbres. Le soir, c’était moins bien fréquenté. Il y avait d’ailleurs le tablao Los Tarantos, le plus ancien cabaret de Flamenco de Barcelona. Les plus grands artistes y étaient passés et du côté spectateurs, des politiciens et des personnalités en provenance de toutes les parties du monde s’y étaient retrouvés. Pour les inconditionnels du Flamenco, c’était « Le » club. On peut citer aussi, derrière la place, le restaurant historique Los Caracoles. Les vieux se rappellent que l’ancien propriétaire, M. Bofarull, debout sur une charrette, tirée par un cheval, amenait avec lui, les délicieux panecillios en forme d’escargot. Les murs du restaurant sont garnis des photos de toutes les célébrités du cinéma et du spectacle, de tous les présidents et têtes couronnées qui adoraient fréquenter les lieux. Aujourd’hui, la plaça Reial est réhabilitée et bordée de restaurants avec terrasses, de bon niveau semble-t-il. Les célèbres palmiers qui quadrillaient la place ont été conservés.

Malgré l’heure tardive, les Ramblas grouillaient de vie. Touristes en goguette et autres promeneurs déambulaient sans cesse, se frayant un passage entre les kiosques et les mimes qui rivalisaient de créativité pour récolter quelques euros. Il prit un taxi pour la via Augusta, il était temps d’aller se coucher.

Chapitre 7

– Nous avons des problèmes Otets. Pedro est mort, écrasé par un autobus, le matin, un quart d’heure avant son rendez-vous hebdomadaire. Ceci explique son silence. Secundo, à l’appartement de la via Augusta, il n’y avait personne, mais les affaires d’un certain Hubert Arnoux, architecte à Genève, sont installées dans une des chambres. Le bureau privé de Pedro n’était pas fermé à clé et dans le local voisin, fermé lui, quelqu’un a fouillé et les deux CD n’y sont pas.

– Et Claudia Sanz ?

– Aucune nouvelle de la dame, elle a disparu de la circulation sans laisser de traces.

– Bien, vous savez ce que vous avez à faire. Mais pas de vagues, je vous prie.

– Ne vous inquiétez pas. Les nettoyeurs ont enlevé tout ce qui était compromettant. Demain j’irai également voir ce qui se passe autour de Karl.

Chapitre 8

Le code 1801B fonctionna à nouveau. La concierge, sortie de sa loge sourit à Hubert et lui remit le courrier destiné aux Sanz. Il monta au dernier étage. Il sonna mais n’obtint pas de réaction. Il ouvrit avec la clef qu’on lui avait remise. L’appartement était sombre et apparemment il n’y avait personne. Il s’étonna que les rideaux de sa chambre soient fermés. Il lui semblait les avoir ouverts. Dans l’armoire, il lui semblait aussi avoir serré veste et pantalon à gauche et chemise à droite. On avait fouillé ses affaires ! Le lendemain, il demanderait des explications à Madame Sanz.

Après avoir fait sa toilette, il se changea. L’appartement était totalement silencieux. Il mit son ordinateur en marche et consulta ses messages, rien de particulier. Après avoir laissé un mot sur le guéridon du hall pour demander à Madame Sanz de l’appeler sur son portable, il embarqua son ordinateur, prit sa veste et quitta l’immeuble pour rejoindre à pied les bureaux de Fernandez y Socios. Sur le seuil de la porte de l’allée, un homme athlétique aux cheveux coupés court s’effaça pour le laisser passer. Il se promena tranquillement le long de la Diagonal (cette longue avenue avait, du temps de Franco, été rebaptisée Avenida Generalissimo Franco) pour rejoindre les bureaux. Il s’arrêta en route dans un bar à café, mangea un croissant qu’il n’apprécia pas spécialement. Il ne pourrait jamais admettre que des croissants soient recouverts d’une gelée collante et qu’ils soient fourrés à la confiture d’abricots. Arrivé au bureau, il salua la réceptionniste qui le conduisit jusqu’à la pièce qui lui avait été attribuée. Il installa son ordinateur, entra le code du wifi remis par la réceptionniste et demanda Antonio. Ils décidèrent de se rendre au rendez-vous de chantier en taxi, ce qui éviterait des problèmes de parking. La réunion dura près de deux heures. Ensuite ils partirent pour déjeuner dans l’excellent restaurant, la Barceloneta qui sur le port sert une merveilleuse cuisine marinière et méditerranéenne. Sa paella est un délice. Après un solide repas, ils se rendirent au bureau où Hubert appela son associé genevois pour le mettre au courant des discussions du jour. Il ferait un résumé plus tard qu’il enverrait par mail. Il termina sa journée vers 17h et Antonio lui proposa d’aller dîner ensemble au Nectari où il avait réservé une table pour 21h00.

– C’est un restaurant étoilé, le jeune chef est un phénomène de créativité et il sait préparer comme personne les produits de saison, c’est un vrai régal.