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Le récit d'amitié d'une vache indienne et d'un corbeau !
Hamsi est une jeune vache indienne dont la race est en voie d’extinction. A la mort de son propriétaire, elle se retrouve dans un petit monastère hindou du sud de l’Inde où la vie se révèle de plus en plus difficile. Heureusement, elle se lie d’amitié avec Vica, un corbeau gourmand et dégourdi, qui l’aide à retrouver sa joie de vivre.
Découvrez un conte attachant, qui vous fera voyager et plonger au coeur de la culture indienne.
EXTRAIT
La nouvelle inquiète Hamsi. Que va-t-elle trouver si loin de chez elle ? Après une mauvaise nuit, elle se retrouve devant une grande boîte bruyante et colorée. Elle hésite à y monter mais finit par se laisser convaincre par la douceur des moines qui l’attachent solidement à l’intérieur. Le trajet est très inconfortable mais elle supporte cette nouvelle épreuve avec patience, espérant un avenir meilleur. De toute façon, elle n’a pas le choix. « Un pré, de la bonne herbe douce et des relations amicales avec d’autres vaches suffiront largement à mon bonheur » se dit-elle, pendant que le camion roule à vive allure en direction de la côte sur les routes chaotiques du Karnataka. Huit heures plus tard, épuisée par ce long voyage sans eau ni nourriture, Hamsi se retrouve dans une étable de tôles grises et rouges, avec une quinzaine d’autres vaches et taureaux d’espèces différentes. Il y fait très chaud et pas un brin d’herbe ne pousse alentour. Il n’y a que du sable partout. Au bout de trois semaines et quelques sabots tordus, elle a perdu tout espoir de manger à nouveau de l’herbe tendre et savoureuse, et sa joie de vivre la quitte peu à peu. À l’heure de la sieste, lorsque les autres bêtes se serrent les unes contre les autres affectueusement, Hamsi pleure à chaudes larmes.
A PROPOS DE L'AUTEUR
Grande voyageuse, Emma Laforêt a fait de longs séjours en Inde. Ses rencontres et ses expériences animent ce conte d’éléments véridiques qui se mêlent au récit romanesque. Elle transporte ainsi son jeune lecteur au cœur des traditions de l’Inde pour partager avec lui un autre regard sur la Nature.
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Seitenzahl: 65
Veröffentlichungsjahr: 2018
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Table des matières
Résumé
Hamsi et Vica
Partie 1
Partie 2
Partie 3
LEXIQUE
Quizzzzzzzzzzz
Réponses au Quiz
… Pour en savoir plus …
Hamsi est une jeune vache indienne dont la race est en voie d’extinction. À la mort de son propriétaire, elle se retrouve dans un petit monastère hindou du sud de l’Inde où la vie se révèle de plus en plus difficile. Heureusement, elle se lie d’amitié avec Vica, un corbeau gourmand et dégourdi, qui l’aide à retrouver sa joie de vivre.
Grande voyageuse, Emma Laforêt a fait de longs séjours en Inde. Ses rencontres et ses expériences animent ce conte d’éléments véridiques qui se mêlent au récit romanesque. Elle transporte ainsi son jeune lecteur au cœur des traditions de l’Inde pour partager avec lui un autre regard sur la Nature.
À partir de 9 ans
Emma Laforêt
Hamsi et Vica
Conte
ISBN : 978-2-37873-083-3
Collection Saute-Mouton
Dépôt légal : mai 2018
©2018- Couverture Ex Aequo
©2018 - Dessins d’Hamsi et de Vica réalisés par l’auteur
©2018- Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction intégrale ou partielle, réservés pour tous pays.
Toute modification interdite.
Avis au lecteur
Tu retrouveras à la fin du livre la signification des mots en gras
Partie 1
Le traitement de choc d’Hamsi Doc
Hamsi est une petite vache blanche, corpulente et solide. Elle est originaire de la région de Mysore, une jolie ville du Karnataka, au sud-ouest de l’Inde. Elle vient d’avoir trois ans. Elle est très affectueuse, toujours prête à donner un coup de langue amical au mot gentil ou au câlin sincère. Son espèce, baptisée vache de Krishna, est en voie d’extinction.
À la mort de son propriétaire, Gurubaran, sa situation se révèle très délicate. Vue sa taille, elle donne peu de lait. Les paysans indiens, comme partout ailleurs aujourd’hui, préfèrent les grandes bêtes qui donnent plus de lait et rapportent plus d’argent. Aussi lorsque les trois fils de Gurubaran veulent la vendre, les agriculteurs du village refusent de l’acheter. Hamsi voit alors partir ses amies et leurs petits qui vivent avec elle et reste seule dans le grand pré qui l’a vue naître. Rajiv, l’ami d’enfance de Gurubaran accepte de veiller sur elle, de loin, en attendant que ses fils trouvent une solution. Au début elle ne s’inquiète pas. Puis les semaines passant, la solitude finit par lui peser. Dès qu’il s’aperçoit qu’elle commence à perdre du poids, Rajiv prévient les fils de son ami qui sont très ennuyés et ne savent que faire. Élevés selon les traditions hindoues, Hamsi a pour eux un caractère sacré. Ils ne peuvent imaginer la laisser au premier venu ou l’envoyer à l’abattoir. Vivant au cœur de Bangalore, une ville immense et moderne, il leur est impossible de la prendre avec eux. La situation leur paraît vite inextricable et le plus jeune commence à parler de faire taire les traditions.
—Il faut être pragmatiques, dit-il. Il va falloir s’en débarrasser. De toute façon, il finira par lui arriver quelque chose, toute seule là-bas. Rajiv vieillit. Et si un jour il ne peut plus la déplacer dans le champ, vous y avez pensé ? Si elle manque d’eau ? Je vous rappelle qu’elle est toujours attachée.
— Si elle meurt de faim ou de soif, on sera dans de beaux draps ! dit son frère.
— Exactement. On sera tout autant responsable que si on l’amène à l’abattoir, reprend le cadet.
— Ah non ! l’interrompt Dévak leur aîné. Krishna, notre dieu vénéré, ne nous le pardonnerait pas. Il faut réfléchir encore. Il y a sûrement une autre solution.
Dès le lendemain Dévak décide d’aller au temple afin de solliciter les conseils du dieu Krishna. Là, les bras chargés des offrandes rituelles indispensables, il demande au prêtre de faire un hommam, une cérémonie du feu, pour tenter d’y voir plus clair. Pendant ce temps, Hamsi, ignorant ce qui se trame, continue à brouter dans son pré. Quelle n’est pas sa surprise et sa joie de voir le jeune homme arriver quelques jours plus tard. Sachant l’amour de son père pour ses bêtes, il a décidé de prendre une semaine de congé pour tenter de résoudre cette pénible affaire. Le lendemain, alors qu’il se rend au village de Kalalavadi, il croise un de leurs voisins qui revient juste du temple. Il lui raconte incidemment sa rencontre avec une femme d’une grande sagesse nommée Swamini* Ammé dont il a fait la connaissance six mois plus tôt.
— Elle est considérée comme une sainte dans tout le pays, tu sais. Tu devrais lui parler de votre problème. Elle est connue pour ses actions de protection des espèces en danger. Votre vache de Krishna devrait pouvoir trouver asile dans l’un de ses nombreux centres en Inde. Tu as de la chance, elle a un petit ashram* à seulement deux heures de marche du village.
La coïncidence lui paraît merveilleuse et Dévak remercie leur voisin chaleureusement. Selon sa tradition, il se rend aussitôt au temple du village, le cœur battant pour remercier Krishna, le dieu-vacher, de son aide si rapide. Puis il prend contact avec l’abbé du monastère qui accepte avec joie d’accueillir Hamsi :
— Nous avons déjà un petit élevage de quatre vaches et deux génisses. Hami est la bienvenue parmi nous, lui dit-il. Swamini Ammé, dans sa grande sagesse, a dû vous guider jusqu’à nous.
Puis il prévient ses frères. Ils décident de faire le trajet tous ensemble, à pied, jusqu’à l’ashram dès le samedi suivant. Cette marche devient immédiatement pour eux une sorte de pèlerinage, destiné à remercier les dieux d’un dénouement aussi auspicieux.
Le jour venu, c’est tout le village qui les accompagne. On a pour l’occasion couvert Hamsi de guirlandes de fleurs et son front porte les marques sacrées rouge et beige, à base de poudre de cumcum* et de santal. Sur ses cornes, peintes en bleu, on a accroché de petites clochettes qui teintent joyeusement. Elle est magnifique et précède fièrement la petite procession multicolore. Les six musiciens du temple se sont joints à eux. Deux jouent de petits tambours qu’ils portent en bandoulière tandis que les quatre autres soufflent dans de longues trompes courbes et cuivrées qui brillent au soleil.
Le prêtre, dénommé en Inde pujari, les suit avec les hommes de leur communauté. Les femmes et les enfants ferment la marche. Elles portent leurs plus beaux saris de soie ou de coton. Il y en a des rouge et jaune, d’autres couverts de fleurs, des bleus ourlés de vert, des gris et or et des rose vif. Chacun tient entre ses mains un bâton d’encens embaumant le jasmin et une coque de noix de coco pleine d’huile où brûle une petite mèche. Tous psalmodient avec recueillement de vieilles prières apprises dès l’enfance et des mantras hindous. Ils sont heureux de participer à cette marche et persuadés qu’Hamsi sera en de bonnes mains dans ce petit monastère tranquille.
