Ils sont parmi nous - Josef Schovanec - E-Book

Ils sont parmi nous E-Book

Josef Schovanec

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Beschreibung

Dans ce recueil inédit de ses plus amusantes chroniques diffusées à la RTBF, Josef Schovanec éclaire à travers le prisme autistique certains profils insoupçonnés de notre histoire. Personnages de romans, hommes politiques, héros de films ou créateurs de génie, tous partagent des traits communs et dessinent des portraits d’autistes finalement pas si éloignés de nous. On compte par exemple : La Dame aux Camélias, Buffalo Bill, Mister Bean, M. Spock, Dumbo, Charles Darwin, Iznogoud, le Bernardo de Zorro, Vidocq, la poupée Annabelle, Bill Gates ou encore Satoshi Tajiri, le créateur des Pokémon... Autant d'exemples qui nous permettent de pénétrer dans un univers souvent incompris mais toujours surprenant, parfois amusant et souvent touchant.

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Seitenzahl: 142

Veröffentlichungsjahr: 2022

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Ils sont parmi nous

Éditions Luc Pire [Renaissance SA]

Drève Richelle, 159 – 1410 Waterloo

www.editionslucpire.be

Ils sont parmi nous

Édition : Morgane De Wulf

Correction : Christelle Legros (La plume alerte)

Dessins : ©Alsy 2022

e-ISBN: 9782875422651

Dépôt légal: D/2022/12.379/01

Tous droits réservés. Aucun élément de cette publication ne peut être reproduit, introduit dans une banque de données ni publié sous quelque forme que ce soit, soit électronique, soit mécanique ou de toute autre manière, sans l’accord écrit et préalable de l’éditeur.

Josef Schovanec

Ils sont parmi nous

38 portraits d’autistes célèbres

Introduction

Ne pas rester transparent

Qui ne connaît pasL’Homme invisible ? Certes, mais lequel ? Car il y en aeu plusieurs : la nouvelle séminale de Herbert George Wells de1897, suivie d’une déferlante de films à travers lesdécennies. C’est la version initiale, celle de la nouvelle, qui est la plus intéressante sur le plan du handicap, de l’exploration de l’étrangeté. Griffin, le héros, s’efforce de vivre tout simplement une vie humaine, mais estdramatiquement tiraillé entre les obstacles, la finitude de l’existence : les problèmes d’argent, décuplés lorsque l’on est porteurd’une différence, qui poussent à la délinquance même lesgens les plus honnêtes ; son obsession ( dans l’univers del’autisme, on dirait centre d’intérêt restreint sinon dévorant ) pour un domaine donné, à savoir la chimie, à laquelleil consacre sa vie, avant même de devenir invisible, etqui est encore plus problématique sur le plan social quele seul fait d’être invisible ; le rejet quotidien, systématique, dans toutes les interactions sociales, et ce en dépit desmeilleurs efforts, dont le résultat est le vagabondage puis lamort.

Le plus perturbant de la nouvelle de Wells pourraitêtre que, somme toute, il ne s’agisse pas d’un texte de science-fiction tiré par les cheveux, commeon pourrait s’y attendre au vu du titre : aucontraire, une douloureuse sensation de réalité quotidienne s’en dégage. L’invisibilité de l’homme devient comme parfaitement secondaire. Onvit profondément sa rage d’exister malgré son handicap, sescolères à force d’être rejeté encore et encore, dedevoir tenter de se justifier, d’expliquer l’inexplicable àtout bout de champ. Les interlocuteurs de l’homme invisible, à la longue, paraissent quasiment plus étranges que lui. Encela, la nouvelle de Wells relève plus du roman naturalistesur le handicap qui rend invisible, qui exclut, qui tuesocialement puis physiquement que de la science-fiction.

Exorde et remerciements

Prendre la mer vers le pays des brumes del’homme invisible, m’en faire le chorographe sinon lecicerone, telle fut la mission qui m’échut lorsque, ily a de cela bien des hivers, la voix deJérôme Colin, qui alors m’était inconnue, me convia àune expérience radiophonique nonpareille : laisser entrevoir la variété radicale dela biodiversité humaine sans le prisme sec et technique dela médecine, s’affranchissant même du biais des témoignages quisouventefois portent au langage les convenances sociales plus que l’originalité fondamentale des êtres, mais au contraire de par lespiliers culturels immémoriaux qui tiennent notre maison commune.

En osant, le jour fatidique, trottin du Parnasse errant au pied del’Hélicon, la voix incertaine, ânonner un premier bilan psychiatriquepotache des Schtroumpfs ( utinfra ), je pensais mes joursà l’antenne comptés. Car quel avenir pour qui al’élocution déficiente et qui par-dessus le marché propose,comme on dit, un « contenu » non prévu dans la typologieradiophonique ? Par quelque curieux incident pourtant, mes bafouilles trouvèrent grâceaux yeux de Jérôme. S’ouvrit alors une saga auxcentaines d’épisodes, s’ajustant peu à peu, changeant, vieillissantavec votre serviteur. D’eux une girandole est déposée dansles pages à venir, disposée selon les couleurs de chaqueêtre, lequel bleu pour les contes de fées, tel grispour les illustres défunts, ou encore jaune pour les témoinsde l’Histoire.

Ami lecteur qui ce livre tenez, nombrede visages des pages à venir peupleront peut-être vosjours comme ils firent naître bien des miens. Des êtressurnaturels les ont pour demeure, ainsi que des mortels ànotre humaine image. Mais, dans l’infini vivant de l’ailleurs, que signifient encore ces distinctions ? Tous, ici rassemblés, nefont-ils pas signe vers notre être commun ? En vérité,par eux résonne alors du prince des poètes soufis, Djalâlad-Dîn Rûmî, l’appel supernel à la transhumance : « quique tu sois, viens, viens encore, viens ». Chaque goutte, n’importe sa taille ou sa couleur, n’a-t-elled’autre but que de rejoindre l’océan des songes ?

Donné en chemin, le vingt-septième jour de la seconde lune de Jumâdâ de l’an 1443 de l’Exil ( 30 janvier 2022 )

BLEU

Les Schtroumpfs

Connaissez-vous le monde des Schtroumpfs ? Bien entendu, qui ne connaîtrait pas, et ce, dès ses plus jeunes années, les petits êtres bleus ? Curieusement, pourtant, peu se rendent compte à quel point leur univers est particulier. Il y a même eu des études savantes d’universitaires pour montrer que les Schtroumpfs seraient soit des agents communistes, soit des fascistes, sinon les deux.

Ce n’est sans doute pas la bonne façon d’aborder la question. Certains de mes amis autistes sont des spécialistes ès schtroumpfologie... Ainsi, une amie autiste a eu pour première et peut-être plus forte passion dans la vie une collection de Schtroumpfs. Rien de plus logique : les Schtroumpfs sont plus réguliers que les humains, plus prévisibles et ont tous la même taille. Et, en plus, ils sont bleus, la couleur de l’autisme, couleur préférée de la plupart des gens autistes. Enfin, pas tout à fait, et c’est là tout le problème : il y a un intrus, à savoir le Grand Schtroumpf, qui, ô horreur, est vêtu de rouge. Le Grand Schtroumpf est censé être l’incarnation de l’autorité tranquille et le père aimant du village, mais là, pour mon amie autiste, le Grand Schtroumpf était tout le contraire. Exit donc le Grand Schtroumpf. La collection autistique de Schtroumpfs se retrouvait donc anarchique – si j’ose dire.

On pourrait faire cesser l’anecdote ici. En écoutant toutefois les gens autistes docteurs en schtroumpfologie parler, une idée plus profonde m’est venue à l’esprit : si les Schtroumpfs pouvaient être à leur tour diagnostiqués autistes, quels seraient les résultats ? On peut douter, bien sûr. Mais un point est clair : leur grand ennemi, à savoir Gargamel, est quant à lui aux antipodes de l’autisme. Il correspond bien aux descriptions critiques des gens non autistes que les personnes autistes font parfois : assoiffé de pouvoir et de domination, manipulateur et prêt à tout pour parvenir à ses fins. Les Schtroumpfs, à l’inverse, sont totalement insouciants, n’ont aucune soif de domination. Et ce, y compris de la part du Grand Schtroumpf, dont le pouvoir, assez lâche, est loin d’être celui d’un dictateur – il aurait pu le devenir, vu la vénération dont il fait l’objet et l’absence de tout rival.

À mon sens toutefois, le plus autiste du village serait sans doute le Schtroumpf à lunettes : dans sa façon de fonctionner, son érudition qui se double d’une inadéquation totale par rapport au réel, son inaptitude caricaturale aux relations sociales, je revois tant d’enfants autistes... Mieux, il y a un jeu de miroir entre lui et le Grand Schtroumpf, le second étant une version plus « mûre » du premier, comme parfois il arrive aux personnes autistes vieillissantes. D’ailleurs, avez-vous remarqué l’étrange forme d’amour que le Grand Schtroumpf a envers les autres Schtroumpfs ? Il les aime tous de la même manière, sans en préférer un. « L’amour universel », aurait dit cette autre personne autiste qui théorise beaucoup cette approche. Mais combien de fois observe-t-on ce sentiment dans notre monde ?

Et puis, en lisant quelques récits sur la vie du père des Schtroumpfs, à savoir Peyo, je me suis posé des questions. Tous les commentateurs l’ont remarqué, il y a de forts liens entre la vie de Peyo et les histoires du petit village : les questions linguistiques en Belgique, le problème de l’argent que, à un moment, Peyo commençait à accumuler (dansLe Schtroumpf financier), etc. La vie de Peyo fut aussi une vie de malheurs, d’inadaptations au monde. On a beaucoup reproché à Peyo l’absence de tout élément féminin dans ses histoires, puis la simplicité caricaturale de l’histoire de la Schtroumpfette qu’il finit par se résoudre à ajouter. Je n’ai jamais rencontré Peyo, et je n’oserais rien dire à son égard ; toutefois, nombre de mes amis autistes dessinateurs auraient procédé exactement de même dans leur œuvre.

Averell & Rantanplan

Il y a 99 ans naissait, à Courtrai, Maurice de Bevere, dit Morris, géant de la bande dessinée. Je l’avoue, je me sens quelque peu gêné d’en parler : moi, l’ignorant en matière de bande dessinée, que pourrais-je dire à tant d’amateurs au sens le plus noble du terme, qui, parfois depuis l’enfance, lisent et relisent leurs albums ?

Je n’ai fait connaissance avec Lucky Luke que tardivement, et de manière fort partielle. Disons que, durant l’enfance, j’avais d’autres lectures. Et pour dire les choses franchement, chez Lucky Luke, ce n’était pas tellement le personnage central, le héros, qui m’intéressait : tirer plus vite que son ombre m’avait paru physiquement douteux, et je me demandais bien par quel miracle on pouvait tenir en équilibre assis sur un cheval. En revanche, deux personnages omniprésents dans les bandes dessinées estampillées Lucky Luke avaient retenu mon attention : Rantanplan et Averell Dalton. Pour moi, ce sont eux les véritables héros des BDLucky Luke.

Rantanplan a, tout d’abord, un nom extraordinaire, rythmique à merveille. Sa forme est elle aussi fort sympathique, j’avais en particulier apprécié la courbure et la teinte de son museau. Et puis j’avais trouvé scandaleux que tout le monde, cheval de Lucky Luke compris, le considère idiot (« l’animal le plus bête de l’Ouest »). Rantanplan est fondamentalement bourré de qualités : il est obéissant et a une fidélité absolue envers les personnes qu’il apprécie, notamment Ma Dalton. Au lieu de se consacrer aux vanités humaines, sa principale occupation est de trouver à manger – ce que je comprends et partage. En outre, là où je me suis pleinement retrouvé dans Rantanplan, c’est que, premièrement, il est fort maladroit, comme moi ; deuxièmement, qu’il ne trouve jamais rien, même quand l’objet recherché est littéralement sous son nez ; et, troisièmement, qu’il comprenne tout au pied de la lettre : quand, par exemple, Ma Dalton lui ordonne « couché », on peut prendre et transporter Rantanplan comme un paquet. Bref, Rantanplan, c’était tout moi.

Il n’étonnera personne que Joe Dalton déteste Rantanplan tandis qu’Averell l’adore, et vice versa. Bien entendu, Averell est également le chouchou de Ma Dalton – comme quoi, il y a vraiment une logique profonde dans tout cela. Averell, lui aussi, est jugé fondamentalement bête par tout le monde, car, comme Rantaplan, au lieu de se consacrer à toutes sortes de vanités humaines, il pense avant tout à manger. Averell est honnête et non-manipulateur, ce qui est assez paradoxal pour un bandit ; toutefois, quand on songe à tous ces cas de personnes autistes entraînées malgré elles dans des affaires crapuleuses, cela ne paraît pas si incongru. Averell ne déteste personne. Cerise sur le gâteau, Averell me ressemble un peu à cause de sa grande taille. En revanche, là où la fiction et la réalité divergent, c’est lorsque les quatre Dalton se marient : alors que ses frères épousent des demoiselles répondant aux doux noms de « Vipère siffleuse » par exemple, Averell tombe sur « Fleur des prairies », la plus gentille des quatre sœurs.

En fin de compte, ce qui unit Rantanplan et Averell, c’est le mépris dans lequel tout le monde les tient. La rançon d’Averell n’est que de deux dollars. Si le monde donnait plus de place à ces gens-là, peut-être qu’il n’y aurait pas toute la saveur des aventures de Joe Dalton et Lucky Luke. Mais le monde serait sans doute bien plus paisible et humain.

La Panthère rose

L’autre jour, en demandant à une amie autiste, quel personnage de dessin animé était à son avis le plus autiste, sa réponse a été immédiate : la Panthère rose. Et cette amie d’ajouter que la Panthère rose lui ressemblait beaucoup. Un peu surpris, car je connaissais à peine cet animal, j’ai décidé de commencer mon enquête. De regarder enfin, à l’âge canonique qui est désormais le mien, bon nombre d’épisodes de ce dessin animé que j’avais manqués durant ma jeunesse.

C’est là que j’ai compris qu’en effet, la Panthère rose avait décidément un profil bien intéressant. Disons, et pardon si la phrase est maladroite, qu’elle me fait penser au comportement d’un certain nombre de femmes autistes que je connais. L’autisme au féminin est souvent plus fin, mieux dissimulé socialement. Certes, la Panthère rose, que les francophones doivent désigner par le féminin, puisque le mot « panthère » est féminin en français, est dans le dessin animé un mâle – mais peu importe, ce sont des traits de comportement dont il est question ici.

Le mode de vie de la Panthère rose mérite en tant que tel un diagnostic : elle vit seule (à l’exception non représentative de quelques épisodes tardifs de la série), ne recherche pas les relations sociales, est radicalement différente de tous les autres êtres vivants, et de toute évidence cela ne lui paraît pas incongru. La Panthère rose aime, du moins dans les premiers épisodes, les plus authentiques en quelque sorte, rester tranquillement à la maison, en lisant un livre. Elle n’aime le contact qu’avec les animaux.

Là où j’ai eu le sentiment inquiétant d’être pour ainsi dire rejoint dans mes bizarreries secrètes, c’est lorsque j’ai appris que la Panthère rose était très attachée à son radiateur soufflant électrique. Moi aussi, je suis fan. D’ailleurs, je regrette qu’il fasse chaud en été, car il est alors plus compliqué d’utiliser son chauffage soufflant électrique.

Le plus intéressant chez la Panthère rose est tout simplement son tempérament. Elle est flegmatique, d’una prioribienveillant envers les gens. Elle ne s’énerve que rarement, et cela retombe aussitôt. En revanche, là où on peut dire que, par rapport, par exemple, à un autisme assez typique, peut-être plus masculin, la Panthère rose est mieux adaptée socialement, c’est quand elle dose son comportement en fonction de celui de l’autre personne : quand son pire ennemi, le bonhomme au gros nez, lui fait une vacherie, elle réplique du tac au tac, peut se venger, voire élaborer des stratégies à cette fin – mais, encore une fois, uniquement par réaction. On est loin de, par exemple, l’Inspecteur Gadget, qui n’adapte pas son comportement à celui d’autrui. Autre signe, si j’ose dire, d’autisme plus évolué : les expressions du visage de la Panthère rose sont certes beaucoup plus simples que celles d’un être humain « ordinaire », mais elle sait exprimer de manière socialement adaptée de réelles émotions : peur, perplexité, etc.

Le dessin animé avec la Panthère rose a une autre curiosité : son environnement est profondément absurde, tant par son apparence (couleurs, etc.) que par sa logique, ou plutôt absence de logique. Cela se rapproche des descriptions que font parfois les personnes autistes du monde dans lequel nous vivons. Impossible de savoir pourquoi ces couleurs criardes ont été choisies (tiens, c’est justement ce que voit un œil autiste), pourquoi le bonhomme au gros nez est méchant, pourquoi réel et imaginaire se mélangent. La Panthère rose semble ne pas s’en étonner, réagissant avec son flegme habituel. Elle est d’une certaine manière un vrai aristocrate anglais avec cette hauteur de vue des gens qui en ont vu d’autres.

Au fait, j’oubliais le plus important avec la Panthère rose : elle ne parle pas. Comme quoi, les personnes non verbales ne sont pas plus bêtes que les autres. La parole n’est pas nécessairement signe d’intelligence – mais cela, on l’avait déjà compris grâce à nos hommes politiques. Pour une fois qu’ils nous rendent, certes bien malgré eux, service...

Garfield

C’est bien connu, beaucoup de personnes autistes adorent les chats. Question d’affinités – mais peut-être plus encore ? Je ne suis pas un bien grand connaisseur des BD, et pourtant il y a un personnage de BD qui m’enchante tout particulièrement : il s’agit, bien entendu, de Garfield. Ah, de quoi écrire une encyclopédie tant il y aurait à dire. Tout le monde connaît et aime le gros matou paresseux et glouton à l’extrême. Il faut dire que je me reconnais assez bien dans ces deux qualificatifs. En particulier, le fameux dilemme cruel de Garfield, qui veut qu’il soit impossible de dormir et de manger des lasagnes en même temps, m’affecte directement, et j’espère qu’un jour, Garfield y trouvera une solution innovante.