KENYA - Sébastien Deffontis - E-Book

KENYA E-Book

Sébastien Deffontis

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Beschreibung

Thomas est guide dans les Alpes françaises. Elisa est vétérinaire au Kenya. Ils se sont aimés au lycée et vont se retrouver pour démanteler un réseau de braconnage international. Des éléphants et des rhinocéros sont tués dans une réserve du Kenya pour l'ivoire et les cornes. Le même souci est présent dans les montagnes de Thomas concernant les peaux de bouquetins et de chamois. Le danger est partout. Les deux amoureux vont essayer de protéger de leur mieux ces animaux en danger. Kenya est un roman contre le braconnage des animaux et un moyen de rendre hommage à ceux qui les protègent.

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Seitenzahl: 155

Veröffentlichungsjahr: 2022

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Dédicace

Note de l'auteur

Enfant, je rêvais devant tous ces grands mammifères sauvages provenant du continent africain : lions, éléphants, girafes et rhinocéros

Je n’ai jamais eu la chance de les apercevoir dans leur espace naturel, mais je me disais toujours « tu as toute la vie devant toi pour réaliser ton rêve ».

Il y a si longtemps…

Aujourd’hui, le temps nous est compté.

Si l’homme ne réagit pas, dans une dizaine d’années, nous verrons ces espèces uniquement dans des parcs zoologiques. Ces animaux sont condamnés à disparaître et nos enfants n’en profiteront pas.

Comment en sommes-nous arrivés à une telle situation ?

Le braconnage abusif pour les peaux et les cornes en est le premier responsable. Mais aujourd’hui, la déforestation et la destruction de leur milieu naturel en sont les principales causes.

Les animaux peinant de plus en plus à trouver de la nourriture, se rapprochent inexorablement des villes et villages humains.

Cette cohabitation qui n’est pas naturelle entraîne pour la population locale une peur compréhensible des espèces sauvages. L’homme veut protéger ses proches et ses cultures. Un lion ou un tigre affamé peut s’avérer très dangereux. Trop d’animaux sont tués ou empoisonnés par divers pesticides. Il faut leur retrouver un espace vital au plus vite pour éviter leur disparition.

Il n’est peut-être pas encore trop tard. Des associations présentes sur le terrain et l’aide des parcs zoologiques permettent une meilleure communication du phénomène auprès du grand public.

Prenons l’exemple du bouquetin, animal découvert pendant mes classes de neige à l’école primaire. De suite, je fus attiré par cette espèce majestueuse et son destin chaotique. Autrefois, les bouquetins se trouvaient en petit nombre sur nos massifs alpins pour complètement disparaître en 1870. Seuls quelques-uns avaient réussi à survivre en Italie. De nos jours, grâce à des efforts de protections et de réintroductions, il n’est plus si rare d’apercevoir des troupeaux gambader dans nos montagnes françaises. Aujourd’hui, la population est estimée à 10 000 individus.

Mon roman a pour but de distraire, mais aussi de passer certains messages.

Mes personnages ne sont que fictifs, mais malheureusement la situation présentée se trouve bien réelle.

Je vous invite à retrouver Élisa et Thomas dans leurs aventures et partager avec eux l’espoir de retrouver nos animaux dans leurs habitats naturels.

Sommaire

Chapitre 1 : Le bouquetin

Chapitre 2 : La rencontre

Chapitre 3 : Un cri dans la savane

Chapitre 4 : La montagne ensanglantée

Chapitre 5 : Un combat inégal

Chapitre 6 : De sincères confessions

Chapitre 7 : Ultime avertissement

Chapitre 8 : Troublantes retrouvailles

Chapitre 9 : Devant les montagnes

Chapitre 10 : Merveilleuse savane

Chapitre 11 : La montagne en danger

Chapitre 12 : Le mamba noir

Chapitre 13 : Les persécutés

Chapitre 14 : Les mauvais sentiments

Chapitre 15 : Annecy

Chapitre 16 : Un avenir incertain

Chapitre 17 : Désillusions

Chapitre 18 : La dernière corne

Chapitre 19 : De nouvelles espérances

ÉPILOGUE

LA DANSE DES Lumières

Chapitre 1 : Bon anniversaire

Chapitre 2 : Mes grands-parents

Chapitre 1

Le bouquetin

Thomas connaissait ce chemin de randonnée dans ses moindres recoins. Il l’avait emprunté maintes et maintes fois lors de ses différentes excursions.

Mais en ce jour de juillet, il éprouvait de nouvelles sensations. La plénitude qu’il ressentait en traversant ses massifs alpins s’évaporait pour laisser place à une angoisse certaine. Il n’arrivait pas à la définir clairement, mais elle l’accompagnait à chacun de ses pas. La montagne, d’habitude si bienveillante, semblait vouloir l’entraîner vers les ravins les plus profonds.

Le paysage si docile était devenu son ennemi. Il devait se ressaisir pour ne pas montrer à ses accompagnateurs cette angoisse qui le travaillait depuis le petit matin. Des rumeurs provenant du village laissaient entendre que des inconnus avaient été aperçus, scrutant avec insistance les sommets enneigés. Leur tenue et leur comportement ne ressemblaient pas à de classiques touristes. Thomas n’aimait pas du tout cette idée, d’où certainement son malaise précurseur.

Son avenir et sa passion s’étaient mêlés pour devenir guide de montagne dans les Alpes françaises. Dès le printemps, il proposait aux touristes différentes randonnées aux difficultés très variables. De jeunes adultes en quête de silence salvateur aux sportifs les plus émérites, chacun trouvait son bonheur grâce aux compétences de Thomas. Il savait où les emmener, dans les endroits les plus magiques que lui seul pouvait connaître.

La montagne était sa maîtresse. Il en était son parfait amant.

Cependant, tous ces randonneurs amateurs avaient un but, un Graal unique que seuls les plus méritants pouvaient s’octroyer : ils se devaient de rencontrer les grands bouquetins, ces fameux princes des Alpes. Pour cela, ils comptaient sur le flair de Thomas. Ce dernier savait où les trouver, mais cette quête demandait courage et patience. Pour toutes ces raisons, il choisissait soigneusement les touristes qu’il accompagnait. Il désirait des amoureux de la faune alpine et non de simples badauds munis d’appareils photo à la dernière mode.

Il souhaitait avant tout des passionnés, ceux pour qui la montagne représentait un endroit de recueillement et de découverte. Il haïssait ces pseudo-randonneurs qui, pour faire tendance, s’inventaient un beau jour une passion soudaine pour les animaux des montagnes.

Pour Thomas, explorer et contempler le monde des chamois et des bouquetins se méritent et demandent de la persévérance.

Malgré tout, il devait gagner sa vie. Et parfois, à contrecœur, il se sentait obligé de guider ces touristes amateurs vers un lieu qui ne restera pour eux qu’un souvenir éphémère.

Pourtant, en ce jour d’angoisse, il disposait d’un groupe de personnes intéressées qui ne lésinaient pas sur les efforts. Mais cette peur qui le tiraillait depuis le début de l’excursion ne l’abandonnait pas. Il désirait s’en débarrasser au plus vite et la jeter dans le précipice le plus proche. Mais elle restait accrochée à lui, tel un mollusque sur son rocher.

Les promeneurs suivaient leur guide sans se rendre compte de son malaise.

Thomas redoubla d’efforts pour ne pas montrer sa crainte. Il ne voulait surtout pas affoler ses clients.

Le silence des massifs, d’habitude si rassurant, plongeait le petit groupe dans une atmosphère sinistre et angoissante. La montagne aussi, cachait de terribles secrets.

Celui qu’il allait découvrir le glaçait d’horreur.

À quelques pas de lui, au bord d’un sentier abandonné, gisait le corps d’un bouquetin délesté d’une grande partie de son pelage. Il connaissait ce parcours depuis environ une dizaine d’années, mais jamais il n’avait vu une telle atrocité envers un animal.

Par l’état de la carcasse, le massacre ne devait dater que de quelques heures. Le bouquetin avait été également lesté de ses cornes.

Thomas redoutait la présence de braconniers dans le secteur, mais ceux-là ne ressemblaient pas à des amateurs. Leur travail avait été propre, mais d’une cruauté absolue. Ils n’en resteront pas là, pensa-t-il, il faut prévenir les autorités dès que possible.

Il laissa sur place ses clients horrifiés pour offrir à l’animal une sépulture respectable. Depuis son enfance, il vénérait la race des bouquetins qui représentaient à ses yeux le symbole et la légende des massifs alpins. Pour lui, abattre un animal juste pour ses cornes et sa peau représentait un outrage absolu.

Lors de ses nombreuses excursions, il lui était arrivé de tomber sur des cadavres de bébés chamois ayant chuté accidentellement d’un rocher. Il les repérait bien vite, car les aigles, buses et autres rapaces plus nombreux qu’à l’accoutumée en faisaient leur festin. Ce genre de scène lui déplaisait, mais il s’agissait de dame nature qui dictait sa loi.

En ce jour maudit, ce sont des humains qui avaient retiré la vie d’un prince des Alpes pour juste un peu d’argent. La rage l’envahissait peu à peu à l’intérieur, mais il devait se contenir afin de faire bonne figure devant ses randonneurs. Ses clients ne devaient pas retenir cette terrible image comme souvenir unique de ses Alpes. Mais il savait parfaitement que cette macabre découverte avait gâché leur expédition.

Le cœur brisé, il se rendit chez les autorités pour faire part de cet acte barbare. Thomas était un guide très respecté et entendu, sa parole ne pouvait qu’être vérité.

C’est à ce moment que rentra brusquement Bastien, un autre guide et ami de Thomas. Dans ses bras, se tenait le corps d’un chamois lui aussi démuni d’une partie de sa peau.

Il n’y avait plus aucun doute, un groupe de braconniers trafiquants avait trouvé refuge dans les massifs voisins. Il fallait agir très vite afin d’éviter un terrible massacre.

Ces animaux avaient beau être protégés, ces malfaisants n’en avaient que faire.

Au contraire, le danger les stimulait et la valeur des peaux augmentait considérablement suivant la rareté de l’animal.

Thomas savait qu’un jour ou l’autre, il serait confronté à cette situation. Il espérait juste que ce soit le plus tard possible. Il trouverait lui-même les coupables et les ferait payer.

Au loin, sur un versant plus isolé de la montagne, deux hommes armés et à l’air bien déterminé scrutaient l’horizon à la recherche d’une proie facile. Leur tente sommaire servait uniquement à ranger un peu de matériel et à isoler leurs trophées.

Soudain, leurs fusils à lunette se redressèrent. Sur le versant opposé, un couple de bouquetins gambadait tranquillement sur les neiges éternelles. Le soleil se reflétant sur les sommets alpins rendait cette scène encore plus majestueuse.

Les chasseurs n’en avaient que faire. Complètement insensibles à ce spectacle, des billets de banque brillaient dans leurs yeux.

Un certain client fortuné pouvait déjà se frotter les mains.

Son business de luxe ne faisait que commencer.

Ce soir-là, Thomas peinait à trouver le sommeil. Une mauvaise impression le tiraillait. Ces braconniers n’en resteraient pas là, il en avait la certitude. Trop d’efforts avaient été réalisés pour réintroduire les bouquetins dans ce magnifique parc où il travaillait. Malheureusement, certains hommes cupides et avides d’argent pouvaient tout anéantir.

Pour retrouver sa sérénité, le montagnard se mit à penser à Élisa, son éternel amour perdu trop tôt.

Tant de souvenirs remontaient ainsi à la surface rendant sa nuit plus agréable. Une rencontre soudaine, mais si riche de promesses.

Thomas s’en rappelait les moindres détails.

Chapitre 2

La rencontre

Thomas était plutôt du genre solitaire et n’aimait pas qu’on le dérange dans ses pensées voyageuses. En ce jour de rentrée 2003, aucun visage ne lui était familier dans sa nouvelle classe. Peu importe, il s’en contenterait. Il devait se concentrer davantage sur ses études, car en cette fin d’année de terminale, le baccalauréat l’attendait comme ultime épreuve. Il se trouvait être plutôt bon élève et son lycée de Lyon avait bonne réputation.

Thomas était assez beau garçon et son physique de baroudeur plaisait assez aux filles. Barbe naissante et visage fermé, son côté bad boy laissait place à tous les fantasmes féminins. Pourtant, sa froideur les rebutait à la moindre tentative de séduction. En classe, il restait souvent seul et personne n’osait partager sa table.

C’est donc avec étonnement qu’il vit une fille au physique assez rebelle s’asseoir à ses côtés. Cette dernière, sans autorisation, était rentrée malgré elle dans la bulle de Thomas.

Incrédule, il la dévisagea d’un discret regard. Quelle sans-gêne, se dit-il ! Malgré tout, il lui trouva un certain charme.

Élisa n’avait pourtant rien fait pour. Coiffée d’un chignon réalisé à la va-vite et portant un jean déchiré, elle ne ressemblait en rien aux autres étudiantes du lycée. Pourtant, c’est ce physique atypique et ses merveilleux yeux en amande qui avaient séduit Thomas.

Il tenta bien un sourire, mais il fut sans retour. Élisa restait de marbre.

Elle sortit alors de son sac un cahier de textes recouvert de photographies d’animaux sauvages. Un lion somnolait sous un arbre, une girafe sprintait dans la savane, des singes effectuaient des cabrioles. Les yeux de Thomas se mirent à pétiller. Il savait maintenant comment l’aborder. L’amour peut parfois se jouer sur de simples détails.

Élisa était passionnée par les animaux du continent africain. Elle se délectait de la puissance des fauves, de la vie en troupeau des zèbres et des gnous, de la rapidité des gazelles…

La savane était encore pour elle un endroit de magnificence où l’homme n’avait pas encore mis les pieds. Le cœur de notre terre se trouve à cet endroit, pensait-elle. Depuis sa tendre enfance, elle rêvait de safari à la rencontre de cette faune si belle et hostile. Elle souhaitait devenir photographe pour montrer au monde entier la puissance de ce territoire.

Thomas était aux anges quand elle imaginait sa vie future auprès des animaux. Lui se sentait davantage attiré par les animaux alpins et ces majestueuses montagnes ancestrales. Chaque année, il se rendait en vacances à Chamonix, ville miroir de sa passion de toujours. Il partait en randonnée avec ses parents découvrir les bouquetins, chamois et les adorables petites marmottes. Le rêve suprême serait de tomber sur un aigle royal aussi rare que difficile à atteindre.

Thomas aimait tous types d’animaux, mais plus particulièrement ceux qui étaient difficiles à découvrir et à s’approprier. La montagne lui offrait souvent ce genre de défis.

Pour séduire Élisa, il s’inventa une passion soudaine pour la savane, mais les massifs alpins restaient sa cure de jouvence.

Élisa commençait à regarder d’un autre œil ce garçon timide et un poil sauvage. Après tout, il semble intéressant, se dit-elle. Les passions réunissent souvent les êtres humains et l’amour en devient l’ultime conclusion.

Un solitaire chevronné face à une rebelle confirmée, tout les opposait. Cependant, l’admiration des terres sauvages et le respect de la faune diversifiée allaient grandement les rapprocher.

Leur rencontre n’avait pas été un coup de foudre, loin de là, surtout pour Élisa. Mais de façon ingénieuse, Thomas avait réussi à briser la glace :

— Il est chouette ton cahier de textes, les photos sont très réussies.

Le garçon n’avait eu droit qu’à un simple merci.

Il s’attendait à un début de conversation. Il lui fallait trouver autre chose.

— Ce sont des animaux de la savane ? lui demanda-t-il.

— Non, des animaux de ferme, répliqua ironiquement Élisa.

Thomas comprit de suite l’idiotie de sa question et décida par une pirouette de regagner la partie.

— Une ferme comme celle-ci, j’aimerais bien y vivre.

Élisa osa enfin le regarder et murmura.

— Tu t’intéresses aux animaux de la savane, toi ?

— Bien oui, pourquoi pas. Je n’ai pas l’allure d’un grand aventurier, mais toutes ces espèces me fascinent.

— Tu n’es peut-être pas si idiot que tu en as l’air alors.

Thomas s’était fait encore une fois bâcher, mais au moins, sa voisine amorçait un début de discussion.

Le soir même, l’apprenti séducteur décidait de changer son cahier de textes Paris Saint-Germain contre un exemplaire vantant la beauté de la savane.

Parfois, l’amour peut vraiment changer un homme.

Au fil des jours, les deux jeunes gens se rapprochaient par leur passion du monde animal. Ils évoquèrent sans cesse toutes ces espèces si fascinantes, mais si rares à trouver.

Pourtant, le braconnage et le massacre gratuit des espèces les angoissaient au plus haut point. À chaque réseau démantelé, ils étaient les plus heureux du monde. Mais un sentiment d’impuissance et de tristesse revenait à chaque fois à la charge. Combien d’animaux innocents avaient été massacrés pour de l’argent avant d’en arriver là ?

Un jour, ils se promirent de partir en Afrique pour combattre ce type de chasseurs et protéger les espèces en voie de disparition. En secret, Thomas aurait préféré les Alpes, mais toujours par amour, il n’avait osé avouer. Cet amour arriva petit à petit comme une évidence dans la plus grande des douceurs. Thomas et Élisa étaient faits pour se rencontrer. Leurs visions de la vie prenaient la même direction sans obstacle ni imprévu.

Thomas savourait tous ces moments passés avec Élisa. Entre crainte et espoir, il savait qu’elle serait sienne. Il se sentait éperdument amoureux de cette rebelle si sensible. Son cœur battait la chamade, dès qu’elle apparaissait. Telle une amazone sauvage, Élisa ne se laissait pas dompter si docilement. Son conquérant avait fort à faire. Il devait utiliser tous les subterfuges possibles pour atteindre son cœur.

En restant lui-même, sincère et prévoyant, Thomas avait réussi là où tant d’autres avaient échoué. Élisa savourait ce bonheur d’avoir trouvé son double.

Ensemble, ils partiraient à la conquête des territoires sauvages, et découvrir les espèces les plus rares. Dans sa quête perpétuelle du monde animal, elle ne sera plus jamais seule. Son chevalier servant la suivra jusqu’au bout.

Chacun connaissant sa première histoire, celle-ci n’en était que plus sincère. Thomas n’était pas un dragueur et ne croyait guère à l’amour éternel.

Élisa rêvait de liberté et d’espaces sauvages sans penser aux besoins de son cœur. L’amour est ainsi fait, soudain, inattendu, mais tellement électrisant.

Cette passion amoureuse aurait dû durer toute la vie, mais le destin en décida autrement.

Un soir, Élisa se rendit à une conférence sur la protection des girafes de savane. Ces dernières se trouvaient de moins en moins nombreuses parmi les réserves africaines.

Interpellée sur la question, elle voulut en savoir un peu plus.

Elle fut d’abord subjuguée par le charisme du conférencier. La trentaine, plutôt beau garçon, il donnait l’impression d’un vrai baroudeur de savane. Pas du tout le genre costard-cravate qui n’avait jamais mis un orteil sur le sol africain. Ce charmant jeune homme savait de quoi il parlait.

Depuis ces trente dernières années, la population des girafes a presque diminué de moitié. Le plus grand mammifère terrestre vient de rejoindre la liste rouge des espèces menacées. Le braconnage pour leur viande et leur peau en était jusqu’ici la principale raison. Mais depuis quelques années, la déforestation liée au développement économique favorise grandement la diminution de l’espèce. Son milieu naturel se trouvant réduit chaque jour, la girafe ne peut survivre ainsi.

Élisa fut abasourdie par toutes ces révélations. Elle savait la situation critique, mais pas à ce point. À la fin de la conférence, elle se décida à rencontrer ce spécialiste en personne pour en apprendre davantage. Il se prénommait Franck et accueillit Élisa avec bienveillance. Agréablement surpris qu’une si jolie étudiante s’intéresse autant à la cause animale, il lui raconta ses plus belles expériences de savane. Élisa buvait ses paroles avec passion et envie. Quelle vie fabuleuse pour Franck mélangeant voyage, passion et protection animale !

Plus tard, son projet serait l’écriture d’un livre pour raconter ses multiples explorations et d’ailleurs, il lui promit un exemplaire dédicacé. Ils échangèrent leur numéro de portable et Élisa repartit chez elle des rêves plein la tête.