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Je m'appelle Mélodie, j'ai trente ans. Grégoire vient de me demander en mariage.Je devrais être la femme la plus heureuse, mais ce n'est pas du tout le cas... Ma vie va basculer. Des retours du passé l'incertitude de l'avenir, des révélations surprenantes remettent tout en cause. Guidée par les lumières bleues de Bourges, je dois prendre une décision lourde de conséquences. Je vous invite à me suivre à travers une folle soirée riche en humour et rebondissements. La vérité sera-t-elle au bout du chemin ?
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Seitenzahl: 136
Veröffentlichungsjahr: 2020
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Chapitre 1 : Bon anniversaire
Chapitre 2 : Mes grands - parents
Chapitre 3 : Berni
Chapitre 4 : La Boum
Chapitre 5 : Premier rendez-vous
Chapitre 6 : La passion selon Mélodie
Chapitre 7 : Un verre de trop
Chapitre 8 : Monsieur Scarpelli
Chapitre 9 : Léonie
Chapitre 10 : Sur la route
Chapitre 11 : Dure réalite
Chapitre 12 : Au travail
Chapitre 13 : Chez moi
Chapitre 14 : Grégoire et moi
Chapitre 15 : Jour J
Epilogue
Parfois la vie se veut farceuse et emprunte des chemins forts surprenants.
Prenez par exemple aujourd’hui, encore une journée banale et sans intérêt pensais-je. Eh bien croyez-moi, ce jour restera à jamais gravé dans ma mémoire.
Quelquefois, il faut provoquer les évènements et en assumer les conséquences. J’avoue que ce n’est pas mon point fort, mais comme disait souvent mon grand-père :
« Une vie c’est comme un jardin, les beaux légumes n’arrivent jamais par hasard. »
J’ai eu du mal au début à comprendre ses métaphores, mais maintenant, elles me paraissent d’une sagesse infinie.
En ce moment, je dîne avec Grégoire, mon amoureux. Enfin amoureux est un bien grand mot pour le décrire. Je dirai plutôt mon boulet ou ma sangsue quotidienne. D’une jalousie maladive, il me suit partout et ne supporte pas la présence d’un autre homme à mes côtés. Il sait que mon psy est assez mignon, alors il m’accompagne à tous nos rendez-vous. Grégoire m’attend sagement pendant que je déballe ma vie insipide à un parfait inconnu.
Mon psy n’a jamais trop compris la présence continuelle de mon copain, mais ne m’a jamais rien reproché. Je le soupçonne tout de même avec ses discours que Grégoire n’est pas étranger à mon état mental du moment.
Pourtant au début, tout allait dans le meilleur des mondes. Nous nous sommes rencontrés à une soirée ennuyeuse organisée par des amis communs. Passionnés tous les deux de littérature, notre conversation a vite tourné sur nos ouvrages favoris. Pour une fois que je rencontrais un garçon féru de lecture, celui-là, je n’allais pas le laisser partir. Alors que les amants de mes amies leur offraient des fleurs, du parfum ou des bijoux, le mien me chérissait avec des livres. Je trouvais l’idée exquise et originale.
Grégoire désirait passer de plus en plus de temps avec moi. Cette pensée me plaisait assez et j’en ressentais comme une profonde marque d’affection. Mais très vite, sa présence se transforma en étouffement. Je n’arrivais même plus à voir mes amis tranquillement. Je devais me justifier sans cesse de mes agissements et mes diverses sorties. Cette jalousie que je trouvais touchante au départ, s’est changée peu à peu en possession.
Aujourd’hui, je suis sa chose, je lui appartiens et Grégoire décide pour moi. Notre avenir est déjà tout tracé dans son esprit : deux bambins, un charmant pavillon et des week-ends entiers chez ma belle-famille. Vraiment un magnifique programme cliché et sans passion !
Je lis déjà dans vos pensées, chers lecteurs.
« Mais pourquoi alors reste-t-elle avec ce type ? N’a-t-elle pas le courage de le quitter tout simplement ? ».
J’avoue que vous êtes dans le vrai. C’est bien là tout le problème de mon existence. Je suis lâche et n’ose jamais affronter les évènements parasites en face. Je me sais malheureuse avec lui et sans avenir, pourtant, le courage m’a toujours manqué de dire mes quatre vérités. J’angoisse peut-être aussi de me retrouver à nouveau seule. Mais un jour, il faudra bien que je prenne mes responsabilités.
Je ne peux plus supporter son visage de mollusque qui m’admire déguster de banales moules au curry. Cette scène si pathétique est pourtant bien réelle. Ma vie ne pourra jamais tomber plus bas. Du moins, c’est ce que je croyais à cet instant…
Au fait, je ne me suis pas présentée. Je m’appelle Mélodie, j’ai trente ans aujourd’hui et plus aucun avenir devant moi.
Pourtant, prise dans un élan incontrôlable, je veux faire bouger les choses et avoir un anniversaire mémorable. Sans emploi et avec un petit ami esclavagiste, je n’ai plus rien à perdre. Même le gâteau d’anniversaire présenté par un serveur au sourire niais me parait fade et superflu. Je n’ai qu’une envie, le balancer au visage de Grégoire et partir vers d’autres destinées. Mais le courage me manque encore. Et pourtant, je ne suis pas au bout de mes surprises…
Grégoire se lève de table, se rapproche de moi et se met à mes genoux. Il sort de sa poche un petit paquet qu’il me tend maladroitement. Je crains le pire. Mes doutes sont bien fondés malheureusement. À l’intérieur, se trouve une bague d’ailleurs très moche qui me supplie de mettre au doigt. Humiliation suprême, j’entends dans le vague, la voix de mon Casanova de pacotille me demandant de l’épouser. Mais sortez-moi de ce cauchemar !
Les larmes coulent doucement le long de mon visage sidéré. Je craque. Grégoire croit que je pleure d’émotion, il n’a même pas l’intelligence de comprendre. Elles ne sont que tristesse et dégoût de ma personne. À l’intérieur, je bous, telle une marmite prête à exploser. Je ne lui réponds pas. Instinctivement, un sourire moqueur éclaire mon visage assombri de toute l’hypocrisie de ma vie.
Mon fiancé le prend comme une réponse positive et se jette dans mes bras. Les clients du restaurant nous admirent avec des regards envieux et applaudissent avec sincérité. De ma banale existence, jamais je ne m’étais sentie aussi minable. Si le sentiment de honte devait disposer d’une illustration, cette scène en serait le parfait exemple.
Je suis maintenant dans une sacrée galère pour ne pas avoir exprimé mes sentiments. Grégoire est le plus heureux des hommes et moi la femme la plus lâche de cette terre. Je me déteste comme cette vie misérable que je subis depuis des mois. Le chômage a fait de moi une personne encore plus faible et désespérée. Grégoire en profite, je le sais, il me tient sous son emprise. Il me faut pourtant m’en libérer. Il prend mon sourire comme une réponse positive et voit déjà en moi sa future épouse. Pourtant, je n’ai encore rien dit. Sa mauvaise interprétation peut devenir ma force. Je décide de laisser faire. Tout n’est peut-être pas encore perdu.
Pourtant, la dure réalité me rattrape bien vite dans son lasso. Je suis une femme soumise et jamais, je n’aurai le courage de bouleverser les évènements déjà écrits. Cette faiblesse de ne pouvoir prendre les décisions quand elles s’imposent reste le plus lourd de mes fardeaux. Et malheureusement, la vie n’aime pas les faibles. En face de moi, Grégoire jubile. Il me croit la plus enchantée des amoureuses pour le jour de mes trente ans. Il semble si fier de sa surprise. Pauvre idiot, s’il savait comme il me dégoûte et aujourd’hui encore un peu plus. Soudain, il me propose une promenade dans la vieille ville illuminée par de majestueuses lumières bleues. J’habite Bourges, une ville moyenne du centre de la France à l’architecture médiévale et bienveillante. Elle se veut historique et culturelle. En avril, chaque année est organisé un des plus grands festivals de musique français « le printemps de Bourges ». Il permet de découvrir gratuitement sur scène ouverte les futures vedettes de demain ou d’assister à de somptueux concerts avec les stars d’aujourd’hui et d’hier. Grâce à un programme musical varié, chaque génération s’y retrouve pour chanter et danser. Les bars jouent le jeu en proposant des groupes moins connus, mais très talentueux. Une semaine festive qui met en valeur ma ville. Pour les passionnés d’histoire, le centre regorge de splendides bâtiments symbolisant un Bourges ancien et conquérant. Nous disposons aussi d’un magnifique lac pour les activités aquatiques et profiter d’un environnement plus naturel. Je suis née à Bourges et ai vécu de formidables moments indélébiles en mes pensées. J’adore ma cité et personne ne pourra me faire changer d’opinion.
L’été justement, est proposé aux habitants et divers touristes une promenade nocturne à la découverte de nos plus beaux monuments. Une façon très agréable de contempler le patrimoine local. Ces fameuses lumières bleues agrémentent et délimitent le parcours historique. Cette balade provoque alors le bonheur des petits et des grands.
Pour une fois, Grégoire a eu une bonne idée et j’acquiesce avec un plaisir non dissimulé. Je ne vais pas oublier sa déclaration ridicule, mais au moins, je profiterai de la douceur de cette nuit si bleue. Je suis loin d’imaginer toutes les surprises qu’elle me réserve. Hypnotisée par leur clarté, ces lumières vont m’entraîner vers la danse de mes souvenirs les plus intimes. Cette nuit changera ma vie pour toujours.
À peine remise de l’émotion de la demande en mariage, divers souvenirs de ma vie viennent hanter mon esprit. J’ai pourtant effectué ce parcours maintes et maintes fois, mais en ce jour, un parfum particulier enivre mon trajet. Mes yeux, ensorcelés par toutes ces lumières bleues se noient dans les abîmes de la nuit. Grégoire est à mes côtés, mais sa présence semble s’évaporer à des milliers de kilomètres. Ne reste que moi et la bande annonce de ma misérable vie.
J’oublie tout et me laisse transporter dans le passé…
La première lumière bleue se situe au jardin de l’archevêché. Ce parc à la française est un lieu de rencontres privilégié pour les habitants de Bourges. Il fut dessiné au XVIIème siècle par un élève de Le Notre, célèbre jardinier de Louis XIV. Il agrémente notre magnifique cathédrale, symbole d’une époque bien éloignée.
Sur un banc, est installée une fillette accompagnée de ses grands-parents. Elle aussi s’émerveille de ses yeux d’enfant devant ces lumières bleutées. Je me retrouve en elle et me voilà transportée plus de vingt-cinq années en arrière.
Je viens juste d’avoir cinq ans. Maman me tire par la main d’une force démesurée. Je ne comprends pas, tout va trop vite. Elle pleure. C’est la première fois que je vois maman pleurer. Elle m’entraîne dans la voiture sans dire un mot. J’ai juste le temps de prendre Calin mon ours en peluche et de le serrer très fort contre moi. Je ne suis encore qu’une enfant, mais je sens qu’une chose grave vient de se passer. Maman conduit si vite. J’ai peur. Où va-t-on ?
Soudain, je me sens soulagée. Elle s’arrête devant la maison de papi et mamie. Elle m’embrasse tendrement et repart aussitôt. Mamie me prend dans ses bras. Je suis enfin bien.
— Pourquoi maman pleure ?
— C’est compliqué ma chérie. Ce sont des histoires de grandes personnes.
Grand-mère reste évasive. Je n’en saurai pas plus. Parfois, il vaut mieux rester enfant et ne pas grandir trop vite.
Papi et mamie me bichonnent encore plus que d’habitude. Je suis contente, mais je m’inquiète pour maman. Pourquoi n’est-elle pas restée avec nous ? Où est-elle ? Je pense alors à papa. Je sais qu’il est parti loin pour son travail, mais je trouve bizarre qu’il ne soit pas revenu pour soutenir ma mère. Je le vois de moins en moins. Il ne joue presque plus avec moi. Je sais que papa m’aime toujours, mais que son travail lui prend de plus en plus de temps. C’est maman qui me l’a dit et je la crois.
Ce soir, aucun des deux n’est avec moi. Papi et mamie me font des grimaces pour me faire rire, mais le cœur n’y est pas. J’ai beau n’avoir que cinq ans, ce sont des choses qu’une enfant peut ressentir. Mamie me couche après une belle histoire et me fait un câlin comme jamais je n’ai eu. Tout se bouscule dans ma petite tête. Ce soir, rien n’est normal. Je veux dormir, mais je n’y arrive pas. Je pleure.
Le lendemain matin, c’est papi qui m’accompagne à l’école. Il me dit des choses réconfortantes. Je ne comprends pas tout, mais je sais qu’il fait de son mieux. Aujourd’hui, la maitresse ne m’interroge pas sur ma leçon de lecture. Elle me laisse tranquille et n’arrête pas de me sourire. Elle aussi est bizarre. Vraiment pas facile le monde des adultes. Heureusement, il ya ma copine Léonie et elle, au moins, est normale avec moi. Nous jouons comme d’habitude. Le monde des enfants est vraiment plus simple.
Les jours passent, sans nouvelle de maman et papa. Je suis heureuse chez papi et mamie, mais mes parents me manquent. J’aimerais tant retrouver ma vie normale d’avant. Je ne comprends toujours pas ce qui se passe. Personne ne me dit rien.
Quelques jours plus tard, maman revient me voir. Elle a beaucoup pleuré, je le vois à ses yeux. Elle me prend délicatement dans ses bras et m’explique que je vais vivre encore quelques temps chez papi et mamie. Ce n’est pas un problème pour moi, mais je suis bien triste de la voir si malheureuse. Je ne sais pas qui a fait du mal à ma maman, mais il doit être très méchant. Elle n’arrête pas de me dire qu’elle m’aime très fort et qu’un jour, je comprendrai. Mais comprendre quoi ?
Je ne reverrai plus jamais maman. Elle est partie rejoindre les anges comme me l’a expliqué mamie. Maintenant, je sais qu’elle est bien et heureuse là-haut dans le ciel. Je pense souvent à elle. Papa n’est jamais revenu me voir. Lui, c’est certain, ne m’a jamais aimée. J’ai compris plus tard qu’une méchante dame l’avait volé à maman. Il n’est pas gentil mon papa et maman est au ciel à cause de lui. Je ne lui pardonnerai jamais.
Malgré tout, mon enfance est heureuse et normale. Papi et mamie sont aux petits soins pour moi et je ne manque de rien sauf de maman. Souvent, Léonie vient dormir à la maison. Elle est bien ici. Chez elle, ses parents se disputent régulièrement et cela la rend triste. Elle retrouve dans ma maison un peu de joie et de tranquillité. Je l’adore Léonie. C’est vraiment ma meilleure amie.
Le temps passe et je m’habitue à ma nouvelle vie. Papi et mamie pleurent un peu moins. Ils me parlent souvent de maman, mais je sens moins de tristesse dans leurs paroles. Je suis leur rayon de soleil, ils me le disent sans cesse. Grâce à leur amour, je passe une enfance comme une petite fille qui a encore ses parents. Nous partons tous les étés en vacances au bord de la mer ou à la montagne. C’est toujours moi qui décide. Ils veulent me faire tellement plaisir.
J’adore aussi accompagner papi à son jardin et ramener à mamie devant ses yeux émerveillés les plus beaux légumes. Je lui fais croire que j’aide beaucoup papi. Elle semble si fière de moi…
Je dois tout à mes grands-parents. Sans eux, je ne sais pas ce que je serais devenue. Ils m’ont toujours soutenue dans n’importe laquelle de mes décisions.
Revoir ce jour, un couple leur ressemblant et cette fillette éblouie par les lumières bleues me rappellent de si bons souvenirs.
Papi a rejoint maman au royaume des anges, mais grand-mère est toujours là. Elle a gardé la maison de mon enfance. Par amour pour l’autre idiot, ces derniers temps, j’allais moins lui rendre visite. Mais promis, demain dès la première heure, je passe la voir. Je vais lui apporter une tarte aux pommes, le dessert dont elle raffole. Le temps passe trop vite, je veux profiter de mamie pendant qu’il en est encore temps. Après, il sera trop tard et ne resteront que les regrets.
Grâce à cette première lumière bleue, je viens enfin de comprendre cette logique évidence. Et qu’importe si Grégoire n’est pas d’accord, ma grand-mère vaut bien tous les sacrifices. La danse des lumières ne fait que commencer…
Je poursuis mon chemin tranquillement en suivant une foule enthousiaste. Ce parcours des lumières existe depuis de longues années, mais j’avoue que cet été, la mairie s’est surpassée. Les images de synthèse embrassant chaque bâtiment sont d’une beauté sans égal. De plus, les commentaires pertinents aident le passant à bien comprendre notre ville. Je suis fière d’être une berruyère pure souche.
Grégoire me prend alors par la main. Ce geste annule toutes mes pensées rêveuses. Il se croit où celui-là ? Nous n’avons plus quinze ans. Je crois tout simplement que je ne suis plus amoureuse de lui, d’où ma réaction impulsive. Pourtant, pauvre de moi, dans peu de temps, je dois l’épouser. Du moins, c’est ce qu’il espère.
