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L'amitié ne connaît pas de frontières...
Georges a 12 ans en 1940 quand il décide d'arrêter l'école et d'apprendre la cuisine dans le restaurant de monsieur JOE. En pleine période d'Occupation et malgré les privations, le jeune garçon progresse en cuisine grâce à la complicité d'un homme, Johann. Très tôt, tous les matins, celui-ci vient le rejoindre en cuisine et les deux amis mitonnent des plats savoureux. Cette relation ira bien au-delà d'un partage de recettes et ces rendez-vous deviendront de purs moments de bonheur. Mais voilà, il y a un problème, un très gros problème... Johann qui demeure si gentil avec le petit apprenti est avant tout un officier allemand.
Un roman jeunesse poignant sur fond de Seconde Guerre mondiale | Âge conseillé : 9-12 ans
CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
- « Le texte est très bien écrit, sans difficulté particulière. Le contexte historique est suffisamment expliqué mais sans trop entrer dans les détails, le roman s'adressant à un lectorat à partir de 8 ans qui s'y perdrait vite si la Seconde Guerre mondiale était davantage expliquée. L'histoire d'amitié est parfaitement crédible, on s'y laisse prendre nous aussi, oubliant rapidement les origines de chaque personnage. Un roman très touchant, agrémenté par les très belles illustrations au crayon d'Ileana Surducan. » -
Histoire d'en lire
Ce livre a obtenu le
Prix Coup de pouce 2012 et a figuré dans la sélection 2012 des meilleures publications destinées à la jeunesse (Bibliothèques de l’Indre)
À PROPOS DE L'AUTEUR ET DE L'ILLUSTRATRICE
Vincent Dumas est né en 1973 en Corrèze, « L'ami interdit » est son troisième roman après « Les lumières de Saint Patre » aux Éditions Ecritures en 2000 et « L'action humanitaire » aux Éditions Nykta en 2007.
Ileana Surducan est née en1987. Elle termine ses études en 2009 à l'Université des Beaux Arts de Cluj Napoca, en Roumanie. Fascinée par le monde de la bande dessinée et passionnée par l’illustration jeunesse, elle utilise plusieurs techniques mais privilégie l'aquarelle. Dans ses travaux, elle tente de restituer au public la joie, la magie et l'humour qu'elle voit en toutes choses.
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Seitenzahl: 36
Veröffentlichungsjahr: 2015
Comme je n’arrivais à rien d’autre qu’à m’ennuyer à l’école, mon père m’a dit un jour : « Je vois bien que tu n’aimes pas les études, Georges. Que veux-tu faire dans la vie ? » En voilà une question pour un garçon de 12 ans ! Ne sachant pas bien, j’ai répondu en me grattant la tête : « La cuisine. » C’était un peu aussi pour avoir la paix et pouvoir retourner à mes soldats de plomb. Et c’est comme ça que je me suis retrouvé apprenti cuisinier. Mais commencer à apprendre la cuisine pendant l’automne 1940 n’était pas la meilleure façon de débuter.
Je garde peu de souvenirs des années qui précédèrent la guerre car, comme vous allez le voir, c’est avec elle que j’ai commencé à réfléchir et que je suis devenu un homme.
Je suis né en 1928. C’est la Préhistoire me direz-vous. Non, cette période s’appelle en fait l’entre deux guerres dans les livres d’Histoire. Comme son nom l’indique c’est une époque située entre deux guerres. La première, que mon père a faite, et la seconde, où se situe cette histoire. Si je fouille ma mémoire, maintenant que je suis un vieil homme et que je me penche sur les premières années de ma vie, je trouve peu de choses de cette époque. Mon père fumant la pipe en lisant le journal. Ma mère dans la cuisine en train de préparer le repas et moi lisant sur un coin de la table du salon. C’est tout. Ou presque. Je me souviens toutefois très bien des Jeux Olympiques de Berlin en 1936, j’avais alors 8 ans. Nous avions suivi les exploits des athlètes, surtout des noirs américains, dans les journaux et parfois à la radio. L’épicier du quartier s’était acheté un poste pour l’occasion qu’il laissait allumé en permanence. J’ai eu la chance de me trouver dans la boutique au moment où Jesse OWENS remporta sa première médaille d’or. C’était le 3 août, deux jours après l’ouverture des jeux. Il courut le 100 mètres en 10 secondes et 3 centièmes. Ah quel souvenir ! Tous les clients avaient crié dans le petit local encombré de produits de toutes sortes. C’est peut-être à ce moment là que j’ai décidé qu’un jour, moi aussi, je ferai quelque chose de beau pour faire plaisir aux gens.
En octobre 1940, au moment de la rentrée scolaire, mon père m’a présenté à mon « patron ». C’est comme cela que l’on appelle la personne qui apprend un métier à un apprenti. C’était Monsieur JOE. Il tenait un hôtel restaurant pas très loin de la maison et avait accepté de me prendre à l’essai. Si je lui convenais, il me garderait et m’enseignerait la cuisine. Je me souviens très bien de ma première rencontre avec monsieur JOE. C’était dans le restaurant de l’hôtel, fermé à cette heure-là. Mon père m’avait accompagné et j’avais, pour l’occasion, revêtu mes plus beaux habits. C’est que je ne voulais surtout pas retourner à l’école, moi ! Monsieur JOE n’avait pas l’air très gentil. Avec la guerre les affaires marchaient moins bien et il n’avait accepté de me prendre que parce que mon père lui avait autrefois rendu quelques services. Comme en plus, une partie de l’établissement venait d’être réquisitionnée pour y loger des officiers allemands, son humeur était des plus mauvaises… Mon père et lui ont discuté de choses d’adultes. Je n’ai pas tout compris mais quand ils ont eu l’air d’accord, ils se sont serré la main et mon nouveau patron m’a dit : « Je t’attends demain à 10h Georges, faudra qu’on te trouve un habit à ta taille. »
Le lendemain, je me suis présenté comme convenu. Monsieur JOE m’attendait avec un habit complet de cuisinier. Il m’a accueilli en me le lançant et en disant : « Ah te voilà ! Tiens, j’ai trouvé ça pour toi, enfile-le vite nous avons du travail ! » Je me suis dépêché de me changer dans un vestiaire juste à côté de la cuisine. Et quand j’ai mis pour la première fois mon pantalon, ma chemise et ma veste de travail, je me sentis tout de suite bien ! Je compris alors que j’avais trouvé ma voie. Une grande agitation régnait déjà dans la
