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Le monde de l’éducation est en constante évolution. Les deux derniers grands chantiers portant sur le réseau scolaire québécois furent le Rapport Parent il y a près de 60 ans et les États Généraux il y a près de 30 ans.
La pandémie de Covid-19 a su mettre au grand jour les nombreuses lacunes de notre système scolaire et l’urgence de s’y attaquer.
Nombreux sont ceux et celles qui dénoncent les ratés du système mais peu proposent de réels changements. Cet ouvrage est centré sur des pistes de solutions afin de relancer notre réseau scolaire. Basé sur une expérience d’enseignant du secteur public de plus de 20 ans, l’auteur y amène des propositions nuancées ayant le potentiel de faire bouger les choses.
L’ouvrage traite de nombreux sujets, notamment le mouvement syndical et à son opposé un ordre professionnel enseignant, la formation initiale et continue du personnel enseignant, la bureaucratie ministérielle et des Centres de Services, la pénurie enseignante, la rémunération, le financement du réseau privé ainsi que le rôle des parents dans notre système scolaire.
À PROPOS DE L'AUTEUR
Patrick Lagacé est un chroniqueur et animateur de télévision québécois qui publie actuellement des chroniques au journal La Presse de Montréal et anime une émission de télévision hebdomadaire à Télé-Québec. Il a un fils, Zak, personnage récurrent de son blogue.
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Seitenzahl: 134
Veröffentlichungsjahr: 2023
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Préface de Patrick Lagacé
Introduction
Chapitre 1 - La bureaucratie
Chapitre 2 - Le syndicalisme enseignant
Chapitre 3 - Ordre professionnel
Chapitre 4 - La formation initiale en enseignement
Chapitre 5 - La formation continue
Chapitre 6 - La définition des tâches
Chapitre 7 - La pénurie enseignante
Chapitre 8 - La rémunération des enseignants
Chapitre 9 - L’éducation à l’ère numérique
Chapitre 10 - Le réseau privé en éducation
Chapitre 11 - Le rôle des parents
Conclusion
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada
Titre: L'éducation au Québec en ce 21ème siècle : réflexions, discussions, propositions / Simon Landry.
Autres titres: Éducation au Québec en ce vingt-et-unième siècle
Noms: Landry, Simon (Enseignant), auteur.
Identifiants: Canadiana 20230068197 | ISBN 9782898093319
Vedettes-matière: RVM: Éducation—Québec (Province) | RVM: Éducation—Finalités—Québec (Province)
Classification: LCC LA418.Q8 L36 2023 | CDD 370.9714—dc23
Auteur : Simon LANDRY
Titre : L’éducation au Québec en ce 21ème siècle
S/Titre : Réflexions, discussions, propositions.
Tous droits réservés. Il est interdit de reproduire cet ouvrage en totalité ou en partie, sous quelque forme et par quelque moyen que ce soit sans l’autorisation écrite préalable de l’auteur, conformément aux dispositions de la Loi sur le droit d’auteur.
©2023 Éditions du Tullinois
www.editionsdutullinois.ca
ISBN version papier : 978-2-89809-331-9
ISBN version e-pub : 978-2-89809-332-6
Bibliothèque et Archives Nationales du Québec
Bibliothèque et Archives Nationales du Canada
Dépôt légal version papier : 4e trimestre 2023
Dépôt légal version E-Pub : 4e trimestre 2023
Corrections grammaticales: Éditions du Tullinois
Illustration de la couverture : Mario ARSENAULT - Designgo
Imprimé au Canada
Première impression : Septembre 2023
Nous remercions la Société de Développement des Entreprises Culturelles du Québec (SODEC) ainsi que le Gouvernement du Québec pour son programme de crédit d'impôt et pour tous les soutiens accordés à nos publications.
SODEC - QUÉBEC
À hauteur de prof
On ne parle pas suffisamment d’éducation mais on en parle davantage qu’il y a une décennie. C’est évidemment une bonne chose: imaginez le sort de nos écoles si, en plus, l’enjeu suscitait l’indifférence. Mais il y a une voix qu’on n’entend pas suffisamment: celle des profs.
Les spécialistes en éducation opinent, les syndicats revendiquent, les chroniqueurs chroniquent. Les ministres de l’Éducation réagissent, promettent.
Mais les profs ?
Trop peu d’entre eux prennent la parole publiquement et à visage découvert. D’abord, les profs sont occupés. Ensuite, les profs sont sous le coup d’une menace pernicieuse s’ils osent prendre la parole publiquement pour raconter leur quotidien et dire ce qu’ils pensent de l’état de l’école, je parle des sanctions liées au devoir de loyauté. Au fil des années, les commissions scolaires (devenues des centres de services scolaires) ont bâillonné les enseignants en invoquant le devoir de loyauté dû par un employé à son employeur. Ce n’est pas une menace théorique: il y a quelques années, une enseignante qui m’avait raconté son quotidien pour une chronique dans La Presse avait été carrément congédiée.
C’est pourquoi je salue le livre de Simon Landry : voici un enseignant qui compte deux décennies d’expérience en classe et qui prend la parole publiquement, à visage dé-couvert pour livrer ses observations, à hauteur de prof. Ce faisant, il fait œuvre utile. Les voix des profs sont trop peu nombreuses sur la scène publique. Ce sont pourtant eux et elles qui sont les plus à même de nous parler des maux de l’école.
Dans L’Éducation au Québec en ce 21e siècle, Simon Landry n’épargne personne. Ses propos sur les syndicats qui devraient revenir à la base (la défense des conditions de travail des profs, point final) vont défriser les syndicats (sans oublier son appui pour un Ordre professionnel), ses observations sur la bureaucratie scolaire vont fâcher les bureaucrates qui ne voient plus l’immense archipel de paperasse qui paralyse les profs et les réflexions de l’auteur sur l’hyper-sensibilité de certains parents quant aux mauvais comportements de leurs petits trésors vont faire grincer les dents de certains parents. Et je ne parle même pas des sorciers du socioconstructivisme qui ont imaginé la funeste réforme du début des années 2000…
J’ai par ailleurs adoré les observations de Simon Landry sur la bureaucratie scolaire. Du ministère de l’Éducation aux centres de services scolaires, il y a beaucoup, beaucoup de strates d’employés dans le réseau qui n’enseignent pas mais qui ont un impact sur le quotidien des enseignants…
Simon Landry pose une question qui tue et qui touche le cœur de la place de l’École dans la société: pourquoi est-ce si long de construire une école, au Québec ? J’ai encore souvenir de quartiers à Montréal qui ont vu croître des dizaines de tours à condos… Mais pas une seule école.
On en demande beaucoup à l’école. En demande-t-on trop ? Simon Landry pose la question. Lire, écrire, compter, réfléchir, découvrir l’Histoire de notre peuple et sa place dans le monde : nous sommes bien sûr dans la mission fondamentale de l’école. Mais le prof-auteur énumère avec exaspération tout ce qu’on balance dans la cour de l’école — et des profs — et qui touche au « social » : sexualité, cyberdépendance, éducation fiscale, saines habitudes alimentaires, intimidation, étiquette numérique « et même le brossage de dents »…
« Est-ce vraiment le rôle de l’école de passer tout ce contenu ou ne devrions-nous pas nous concentrer sur notre mission première, c’est-à-dire instruire ? »
C’est une excellente question. Je n’ai pas de réponse claire et définitive à ladite question. Mais comme plusieurs questions et enjeux touchant l’Éducation, je trouve que l’on entend trop peu la voix des profs. En cela, nous avons tous le droit d’être en accord ou en désaccord avec Simon Landry, mais il ne faut pas oublier une donnée essentielle : contrairement à beaucoup de personnes qui prennent la parole dans les débats touchant l’école québécoise, Simon Landry enseigne dans une classe et il l’est 180 jours par année, depuis 20 ans.
Patrick Lagacé
L’éducation est au cœur de ma vie professionnelle ; j’en ai fait mon métier, et c’est devenu carrément ma passion. Je travaille dans les écoles depuis maintenant 20 ans. Après avoir complété mon baccalauréat en 2003, j’ai eu la chance d’intégrer immédiatement la force enseignante du réseau public dans la grande région métropolitaine et j’y œuvre encore à ce jour.
Comme tous ceux qui sont frais émoulus de l’université et qui se retrouvent en début de carrière, j’ai trimballé mes boîtes d’une école à l’autre pendant quelque temps, cherchant simplement à franchir la barrière à l’entrée, ainsi que tous les obstacles des premières années en enseignement : découvrir la matière à explorer avec les élèves, développer des stratégies de base de gestion de classe, comprendre les différentes structures scolaires, apprivoiser les aspects administratifs de mon travail et dompter la bête bureaucratique qui contrôle tout le système.
J’ai eu la chance que plusieurs n’ont pas eue et que d’autres n’auront jamais durant leur carrière, de trouver rapidement un emploi à temps plein dans une merveilleuse école secondaire, celle que j’ai fréquentée en tant qu’élève. J’y ai fait ma place. Après 17 ans dans la même institution, on pourrait presque dire que je fais partie des meubles. Dès ma première journée, j’ai eu le plaisir d’y faire une rencontre qui entraînera plus tard des répercussions significatives dans ma vie personnelle et professionnelle : j’ai été accueilli par un enseignant qui me salua par mon prénom. J’étais troublé : comment me connaissait-il ? Peut-être était-il responsable de l’accueil des nouveaux membres du personnel ? Mais comment diable avait-il su me reconnaître sans que je me présente en premier ? C’est à ce moment que tout a basculé ; cet enseignant aux cheveux blancs et au sourire engageant était celui qui m’avait drillé en français en première secondaire. Il se souvenait de moi ! Je n’avais pourtant pas été un élève si exceptionnel dans cette matière — loin de là — ni un élève turbulent qui marque à vie celui ou celle qui lui enseigne. D’ailleurs, alors que lui se souvenait très bien de moi, pour ma part, je nageais dans la choucroute. Ce moment, où Monsieur Gauthier m’a accosté pour me souhaiter la bienvenue, changea drastiquement ma vision de l’éducation. Alors que j’y voyais, à la sortie des rangs universitaires, un simple emploi stimulant et respectable, car j’ai toujours aimé être en contact avec les jeunes, cette rencontre éveilla quelque chose d’inconnu en moi. J’avais finalement compris de façon empirique comment les enseignants pouvaient exercer une influence majeure sur la vie de leurs élèves. Là-dessus, je ne vous apprends rien. Mais l’inverse est aussi vrai : des garçons et des filles laissent également une empreinte indélébile dans la vie de leurs profs. L’enseignement devint alors plus qu’un métier, plus qu’une passion, c’est devenu en quelque sorte pour moi, une mission.
J’ai passé les années suivantes à m’investir dans toutes les facettes imaginables de la vie scolaire : conseil d’établissement, vie syndicale autant au niveau local qu’au niveau fédératif, comités à la commission scolaire (avant qu’on les rebaptise Centres de Services Scolaire). Je m’impliquais partout où je pouvais, mais je n’avais jamais pris la parole ouvertement, car comme beaucoup de mes collègues, je sentais les regards et la pression du fameux “devoir de loyauté” envers mon employeur.
Les années ont filé et j’ai gagné en expérience, me sentant de plus en plus en contrôle dans ma pratique, malgré qu’une certaine réserve me turlupinait encore.
C’est au printemps 2020 que tout a basculé, que j’ai choisi de rompre le silence.
Alors que l’année scolaire se terminait, je commençais à planifier avec ma conjointe l’entrée en maternelle de notre fille à l’automne suivant. Ce moment magique, que tous les parents connaissent bien, était teinté d’une certaine anxiété, puisque ce moment charnière de la vie de mon aînée se déroulait en pleine pandémie, avec masques, distanciation sociale et Purell en tutti quanti. Quand le ministre de l’Éducation de cette période, Jean-François Roberge, annonça à ce moment que la prochaine rentrée scolaire se passerait sous le concept de “bulles de 5 ou 6 élèves”, qui devraient se côtoyer toute la journée, ce fut la goutte qui fit déborder le vase. Je n’en voulais pas spécifiquement à Mon-sieur Roberge — il ne faisait que suivre les recommandations de la Santé Publique—, mais dans ma tête de parent et de prof, c’était trop ! J’ai donc décidé de dénoncer cette mesure qui ne faisait aucun sens à mes yeux, mais j’ai aussi proposé des pistes de solutions qui me semblaient plus adéquates (Ferah, Mayssa, Reconsidérer le concept de bulles à la rentrée scolaire, exige un groupe. La Presse, 26 juin 2020.). Cette première prise de parole fût un déclencheur qui me donna enfin la confiance de me prononcer en tant que prof sur les enjeux qui touchent l’éducation.
Puis, au printemps 2022, ma famille et moi avons pris la décision d’accueillir une famille de cinq réfugiés ukrainiens qui avaient fui la guerre (Lagacé, Patrick. Ma maison, c’est votre maison. La Presse. 12 juin 2022.). Cela fût une des expériences les plus enrichissantes de toute ma vie. Quand fût venu le temps d’inscrire à l’école les deux fillettes ukrainiennes de cinq et sept ans, j’ai à nouveau constaté l’importance cruciale de l’école dans une société. Nous prenons malheureusement l'éducation pour acquis au Québec. C’est lorsqu’on la perd, comme ce fût le cas pour la famille Balva, qu’on comprend mieux l’importance et le rôle central qu’elle doit jouer dans notre société. Cette expérience a renforcé ma volonté de dénoncer les dérives du système et mon désir d’améliorer l’éducation au Québec.
Il y a très peu d’enseignants qui osent s’afficher, craignant des représailles quant à un potentiel manque de loyauté.Lorsqu’on est un enseignant, on est aussi un fonctionnaire de l’État. Je dois d’ailleurs avouer en toute candeur qu’à chaque lendemain de publication ou d’entrevue, je me demande si ce sera le fameux matin où on m'annoncera que j’ai perdu mon emploi, car mes propos auront froissé la mauvaise personne en haut lieu. Cependant, je persiste dans mes revendications, car je considère que mon devoir de loyauté est d’abord et avant tout envers mes enfants et mes élèves bien avant mon employeur.
Toutefois, je me fais un point d’honneur de ne pas blâmer les individus, mais plutôt le système, et de proposer des pistes de solutions lorsque je relève une problématique rencontrée dans le milieu de l’éducation. C’est le principe de base qui guide l’écriture de ce livre. Nombreux sont ceux qui dénoncent, mais sans offrir de moyens ou de solutions de rechange. Cela constituera peut-être ma planche de salut, et très humblement, je suis prêt à me prêter à l’exercice et à prendre ce risque.
Fort de mon expérience de plus de 20 ans, plus à l’aise dans ma pratique professionnelle, j’ai donc pris la décision de repousser mes limites quant à ma passion. À l’automne 2022, j’ai entrepris une maîtrise en politique de l'éducation en Ontario, à temps partiel, afin de découvrir de nouveaux modèles, de nouvelles pratiques et de nouvelles idées qui pourraient inspirer le Québec de demain. Et si je prends la plume pour écrire, c’est avec l’espoir que les idées mises de l’avant dans cet essai puissent faire leur chemin et être des catalyseurs de changement.
Quand je pense à mes élèves, anciens et actuels, à mes enfants et à mes futurs petits-enfants, je me sens l’obligation d’agir. Je vise l’excellence en éducation, pour moi, pour vos enfants et pour les miens.
Rien de moins.
Le premier enjeu qui doit être réglé en éducation est celui de la lourdeur bureaucratique. Tant que cet obstacle ne sera pas retiré, toute possibilité de réforme sera inévitablement vouée à l’échec.
Ayant tout récemment bouclé ma vingtième année de carrière, j’en suis au moment d’écrire ces lignes à mon treizième ministre de l’Éducation, soit en moyenne un nouveau grand patron tous les dix-huit mois. Existe-t-il un seul autre domaine professionnel où un tel roulement de leadership serait toléré ? Comment peut-on espérer accomplir quoi que ce soit, alors que la tête dirigeante d’un organisme change si souvent ?
Alors que le gouvernement caquiste promettait de réduire la taille de l’État, c’est plutôt le contraire qui s’est produit (Lajoie, Geneviève. L’État québécois plus obèse que jamais. Journal de Québec. 4 août 2021.) et le monde de l’éducation n’y échappe pas. Alors que la pénurie de main-d’œuvre dans les écoles (éducatrices, enseignants, personnel de soutien, etc.) fait les manchettes depuis quelques années déjà et ne semble pas sur point de se résorber, il ne semble pas avoir de telle pénurie dans les tours à bureaux du ministère de l’Éducation du Québec et dans les Centres de Services Scolaires. D’ailleurs, on dirait que ces organismes ont passé plus de temps à changer de noms au cours des dernières années qu’à faire quoi que ce soit d’autre.
Il est nécessaire de se questionner sur l’origine et sur les aboutissants d’une telle bureaucratie. À mon avis, il y a deux raisons principales expliquant une telle lourdeur bureaucratique dans l’État québécois, notamment en éducation.
La première est une crainte viscérale de l’imputabilité. La quantité phénoménale de paperasse qui doit être remplie pour quelque décision que ce soit vise fort probablement à protéger les fonctionnaires contre toute forme de reddition de comptes. En s’assurant que toutes les cases soient dûment cochées et que tous les formulaires soient bien remplis, la fonction publique s’assure ainsi de se dégager de toute responsabilité. La lourdeur de procédures vise à garantir que personne ne puisse prendre une décision sans que le protocole n’ait été respecté à la lettre. Ainsi, si en cours de route une problématique est soulevée, on peut facilement se cacher derrière ladite procédure pour éviter d’être tenu responsable de quoi que ce soit.
L’autre explication provient probablement de la nécessité de justifier la bureaucratie elle-même. Comme disait l’auteur Oscar Wilde : “La bureaucratie croît pour répondre aux besoins de la bureaucratie croissante”. En ce sens, il y a une nécessité de justifier l’existence de certains postes de fonctionnaires. J’ai vécu un tel scénario lors de mon année scolaire 2022-2023. Alors que les écoles québécoises tentaient de leur mieux de se relever de deux années de pandémie et de rattraper les retards académiques des élèves dans les classes, nous nous sommes vus imposer l’implantation de ce qu’on appelle les COSP (Les Contenus en Orientation Scolaire et Professionnelle) par le gouvernement. L’objectif de ce projet, qui nous a été imposé en plein cours d’année, alors que notre planification était toute montée, est de mousser l’intérêt des jeunes envers certaines professions méconnues, notamment dans le secteur professionnel. L’idée à la base est louable, et je ne dénigre aucunement ces métiers. Au contraire, j’en fais déjà la promotion en classe à travers différents projets avec mes élèves. Le problème vient plutôt du fait que nous avons dû faire face à une imposition d’activités en classe par le gouvernement. Il fallait obligatoirement choisir des activités clé en main(d’ailleurs les enseignants détestent quand les fonctionnaires utilisent les mots clé en main, tant les contenus sont mal adaptés à la réalité de la classe) et ensuite remplir une myriade de formulaires pour attester de notre complétion de ce projet. Comme mentionné plus tôt, les écoles travaillaient d’arrache-pied afin de rattraper les retards des deux années de pandémie, avions-nous vraiment le luxe d’amputer des cours pour cette mesure ? Il arrive fréquemment qu’on exige des écoles de participer à d'innombrables projets pour lesquels il faut par la suite remplir formulaires par-dessus formulaires. Parfois, les élèves eux-mêmes nous demandent : “À quoi ça sert de remplir cette feuille-là ?”. La grande majorité du temps, nous n’avons pas de réponse à leur fournir. En fait, la réponse qui nous vient en tête est : “Parce que, sans cette feuille-là, il y a un employé de bureau qui ne pourrait pas justifier son emploi ou son salaire”. Par souci de professionnalisme, nous ne répondons pas ainsi, mais la question demeure valide : combien de réformes et de projets ont été enclenchés au fil du temps simplement parce que des employés du Ministère ou des Centres de Services devaient “s’occuper” ?
