L'épouse invisible (Barren Pines — tome 2) - Kate Bold - E-Book

L'épouse invisible (Barren Pines — tome 2) E-Book

Kate Bold

0,0
2,99 €

-100%
Sammeln Sie Punkte in unserem Gutscheinprogramm und kaufen Sie E-Books und Hörbücher mit bis zu 100% Rabatt.

Mehr erfahren.
Beschreibung

« C'est un excellent livre… Quand vous commencez à le lire, assurez-vous de ne pas avoir à vous lever tôt ! » —Avis de lecteur pour Le Jeu Mortel ⭐⭐⭐⭐⭐ Dans la banlieue impeccable de Barren Pines, les maisons uniformes et les pelouses soigneusement entretenues dissimulent les vérités imparfaites et les secrets mortels de la vie de ses résidents. La liaison secrète de Lila Lawson avec l'entraîneur de fitness adoré de la ville se termine en tragédie lorsque sa mort soudaine laisse la communauté sous le choc—et Lila soupçonnant un acte criminel. Alors qu'elle plonge dans le mystère, elle doit également affronter les murmures sinistres qui la dépeignent comme une femme bafouée, capable d'actes mortels. À chaque pas qui la rapproche de la vérité, Lila doit naviguer dans un labyrinthe de mensonges et faire face à la possibilité que son amour n'ait peut-être pas été un accident. Mais à Barren Pines, rien n'est aussi étouffant que le silence—ou aussi dangereux que la vérité. Il s'agit du deuxième livre d'une nouvelle série palpitante de suspense psychologique par l'auteure de mystères et de suspense numéro 1 des ventes Kate Bold, dont les best-sellers ont reçu plus de 600 évaluations et critiques cinq étoiles. Les futurs livres de la série sont également disponibles ! « Ce livre avançait très rapidement et chaque page était passionnante. Beaucoup de dialogues, vous adorez absolument les personnages, et vous encouragiez le gentil tout au long de l'histoire… J'ai hâte de lire le suivant de la série. » —Avis de lecteur pour Le Jeu Mortel ⭐⭐⭐⭐⭐ « Kate a fait un travail formidable sur ce livre et j'ai été accroché dès le premier chapitre ! » —Avis de lecteur pour Le Jeu Mortel ⭐⭐⭐⭐⭐ « J'ai vraiment apprécié ce livre. Les personnages étaient authentiques, et je vois les méchants comme quelque chose dont nous entendons parler quotidiennement aux informations... J'ai hâte de lire le tome 2. » —Avis de lecteur pour Le Jeu Mortel ⭐⭐⭐⭐⭐ « C'était un très bon livre. Les personnages principaux étaient réels, imparfaits et humains. L'histoire avançait rapidement et n'était pas enlisée dans trop de détails inutiles. J'ai vraiment apprécié. » —Avis de lecteur pour Le Jeu Mortel ⭐⭐⭐⭐⭐ « Alexa Chase est têtue, impatiente, mais surtout courageuse avec un grand C. Elle ne recule jamais, je répète jamais, jusqu'à ce que les méchants soient mis là où ils appartiennent. Clairement cinq étoiles ! » —Avis de lecteur pour Le Jeu Mortel ⭐⭐⭐⭐⭐ « Meurtre en série captivant et saisissant avec une touche de macabre… Très bien fait. » —Avis de lecteur pour Le Jeu Mortel ⭐⭐⭐⭐⭐ « WOW quelle excellente lecture ! Parlons d'un tueur diabolique ! J'ai vraiment apprécié ce livre. J'ai hâte de lire d'autres œuvres de cet auteur également. » —Avis de lecteur pour Le Jeu Mortel ⭐⭐⭐⭐⭐ « Impossible à poser, c'est sûr. Excellents personnages et relations. Je suis entré au milieu de cette histoire et je n'ai pas pu la lâcher. J'ai hâte d'en lire plus de Kate Bold. » —Avis de lecteur pour Le Jeu Mortel ⭐⭐⭐⭐⭐ « Difficile à poser. Il a une excellente intrigue et a la bonne dose de suspense. J'ai vraiment apprécié ce livre. » —Avis de lecteur pour Le Jeu Mortel ⭐⭐⭐⭐⭐ « Extrêmement bien écrit, et vaut vraiment la peine d'être acheté et lu. J'ai hâte de lire le tome deux ! » —Avis de lecteur pour Le Jeu Mortel ⭐⭐⭐⭐⭐

Das E-Book können Sie in Legimi-Apps oder einer beliebigen App lesen, die das folgende Format unterstützen:

EPUB
MOBI

Seitenzahl: 261

Veröffentlichungsjahr: 2025

Bewertungen
0,0
0
0
0
0
0
Mehr Informationen
Mehr Informationen
Legimi prüft nicht, ob Rezensionen von Nutzern stammen, die den betreffenden Titel tatsächlich gekauft oder gelesen/gehört haben. Wir entfernen aber gefälschte Rezensionen.


Ähnliche


L’ÉPOUSE INVISIBLE

(BARREN PINES — TOME 2)

Kate Bold

L'auteure à succès Kate Bold est l'auteur de la série ALEXA CHASE SUSPENSE THRILLER, comprenant six livres (et plus) ; la série ASHLEY HOPE SUSPENSE THRILLER, comprenant six livres (et ce n'est pas fini) ; la série CAMILLE GRACE FBI SUSPENSE THRILLER, comprenant huit livres (et ce n'est pas fini) ; la série HARLEY COLE FBI SUSPENSE THRILLER, comprenant onze livres (et ce n'est pas fini) ; la série KAYLIE BROOKS PSYCHOLOGICAL SUSPENSE THRILLER, comprenant cinq livres (et ce n'est pas fini) ; la série EVE HOPE FBI SUSPENSE THRILLER, comprenant sept livres (et ce n'est pas fini) ; la série DYLAN FIRST FBI SUSPENSE THRILLER, comprenant cinq livres (et ce n'est pas fini) ;  la série LAUREN LAMB FBI SUSPENSE THRILLER, comprenant cinq livres (et ce n'est pas fini) ; la série KELSEY HAWK SUSPENSE THRILLER, comprenant neuf livres (et ce n'est pas fini) ; la série NORA PRICE SUSPENSE THRILLER, comprenant cinq livres (et ce n'est pas fini) ; la série NINA VEIL FBI SUSPENSE THRILLER, comprenant cinq livres (et ce n'est pas fini) ; et la série BARREN PINES PSYCHOLIGICAL SUSPENSE, comprenant sept livres (et ce n'est pas fini).

Fervente lectrice et fan de toujours des genres mystère et thriller, Kate adore avoir de vos nouvelles, alors n'hésitez pas à visiter www.kateboldauthor.com pour en savoir plus et rester en contact.

Copyright © 2024 par Kate Bold. Tous droits réservés. Sauf dans les cas autorisés par la loi américaine sur le droit d'auteur de 1976, aucune partie de cette publication ne peut être reproduite, distribuée ou transmise sous quelque forme ou par quelque moyen que ce soit, ni stockée dans une base de données ou un système de récupération, sans l'autorisation préalable de l'auteur. Cet ebook est sous licence pour votre plaisir personnel uniquement. Cet ebook ne peut pas être revendu ou donné à d'autres personnes. Si vous souhaitez partager ce livre avec une autre personne, veuillez acheter un exemplaire supplémentaire pour chaque destinataire. Si vous lisez ce livre et ne l’avez pas acheté, ou s’il n’a pas été acheté pour votre usage uniquement, veuillez le retourner et acheter votre propre exemplaire. Merci de respecter le travail acharné de cet auteur. Il s'agit d'une œuvre de fiction. Les noms, personnages, entreprises, organisations, lieux, événements et incidents sont le produit de l’imagination de l’auteur ou sont utilisés de manière fictive. Toute ressemblance avec des personnes réelles, vivantes ou décédées, est entièrement fortuite. Image de la jaquette Copyright Aydin Hassan, utilisée sous licence de Shutterstock.com.

CHAPITRE UN

CHAPITRE DEUX

CHAPITRE TROIS

CHAPITRE QUATRE

CHAPITRE CINQ

CHAPITRE SIX

CHAPITRE SEPT

CHAPITRE HUIT

CHAPITRE NEUF

CHAPITRE DIX

CHAPITRE ONZE

CHAPITRE DOUZE

CHAPITRE TREIZE

CHAPITRE QUATORZE

CHAPITRE QUINZE

CHAPITRE SEIZE

CHAPITRE DIX-SEPT

CHAPITRE DIX-HUIT

CHAPITRE DIX-NEUF

CHAPITRE VINGT

CHAPITRE VINGT ET UN

CHAPITRE VINGT-DEUX

CHAPITRE VINGT-TROIS

CHAPITRE UN

La sueur perlait sur mon front, l'atmosphère humide s'accrochant à chaque pore de ma peau, mais je ne laissais rien transparaître. Je resserrais ma prise sur le guidon, me penchais en avant et pédalais avec une ardeur répercutée par les vingt paires de jambes mouvant en harmonie autour de moi. L'air vibrait de détermination et d'une senteur musquée, témoin de l'effort fourni.

— Allez, mesdames, escaladez cette montée ! Poussez, poussez, poussez ! Mon cri dominait le rythme entraînant d'un tube récent émanant des haut-parleurs. Un ordre, un défi, un appel à se dépasser. Elles devaient croire en leur capacité à transcender leurs limites ; c'était à moi de les y conduire.

Je balayais du regard la nuée de têtes oscillantes ; des queues de cheval claquaient au rythme de notre ascension fictive. Leurs visages étaient empourprés par l'effort, trahissant une tension dans leurs yeux concentrés et leurs bouches crispées. Mais aucune ne renonçait, aucune ne fléchissait. Elles étaient là pour se métamorphoser, pour ressentir la brûlure gratifiante de repousser leurs propres frontières. Et je tenais le rôle du guide.

Une goutte de sueur dévalait ma colonne vertébrale, me rappelant que j'étais actrice et non spectatrice de cet effort collectif. Chaque muscle de mes jambes clamait grâce face à cet acharnement, mais je demeurais stoïque face à la douleur. La moindre faiblesse ferait vaciller mon autorité. Non, je me devais d'être imperturbable.

— Ne lâchez rien ! Vous en avez la force ! criais-je encore plus fort pour masquer le murmure sournois du découragement qui menaçait ma propre détermination. À chaque rotation des pédales, je repoussais l'image de Daniel, mon ex-mari et son sourire condescendant, avançant vers une indépendance retrouvée et une estime personnelle renforcée.

Je les voyais toutes redoubler d'efforts, domptant leurs propres vagues tumultueuses d'efforts et de volonté. Pourtant, au milieu des souffles précipités et du concert des roues tournoyantes, un détail clochait. Le rythme faiblissait ; une cycliste perdait en cadence.

— Gardez le cap, vous êtes magnifiques ! lançai-je tout en fixant Sophia dont les coups de pédale se faisaient hésitants et le visage exprimait une angoisse dessinée par les perles de sueur. Elle qui tenait toujours bon sans jamais se plaindre semblait aujourd'hui vaciller.

Je me hissais hors du vélo alors que mon cœur battait encore à tout rompre et m'approchai d'elle.

— Sophia ? dis-je doucement avec une pointe d'inquiétude perceptible dans ma voix. Tout va bien ?

Elle releva les yeux vers moi ; sa respiration était saccadée.

— Oui, ça va passer, assura-t-elle mais sa pâleur contredisait ses propos — un récit silencieux d'inconfort et d'effort intense. Je posai une main rassurante sur son épaule lui signifiant qu'il n'y avait pas de mal à faire une pause.

— Reprenez votre souffle,suppliai-je. Il faut écouter son corps.

Sophia acquiesça et esquissa un sourire faible en ralentissant progressivement le rythme. Un soupir s'échappa du groupe comme si tous avaient attendu ce signal tacite pour admettre leur propre fatigue.

Mon regard glissa vers l'horloge murale — la grande aiguille venait de franchir le cap de midi et notre temps était écoulé. Il nous avait glissé entre les doigts comme un filou sous couvert d'adrénaline et d'endorphines.

— C'est terminé pour aujourd'hui , annonçai-je en haussant la voix pour recapturer leur attention. Vous vous êtes toutes surpassées aujourd'hui affirmai-je avec un large sourire sincère empli de fierté . Excellent travail mesdames .

Des soupirs de soulagement et des éclats de rire emplissent la pièce tandis que le rythme ralentit, le vrombissement des machines s'estompant tel l'écho d'une tempête qui se calme. Descendant de leurs vélos, les jambes tremblantes mais l'esprit gonflé de fierté, elles se sentent victorieuses.

— Souvenez-vous, leur dis-je alors qu'elles ramassent leurs gourdes et serviettes, l'essentiel n'est pas d'atteindre la perfection. C'est de se présenter et de donner le meilleur de soi-même. C'est précisément ce que vous avez fait aujourd'hui.

Je croise le regard complice de Sophia et lui adresse un signe de tête approbateur. Elle a su trouver un équilibre entre écouter ses limites et les repousser.

— Pensez à bien vous hydrater et à vous reposer, ajoute-je. On se retrouve ici la semaine prochaine !

Après quelques tapes amicales sur l'épaule et des mots d'encouragement, je les observe s'éloigner, la résilience que nous avons forgée ensemble résonnant dans chacun de leurs pas.

Elles tapotent leurs joues rosies et essuient leur front humide avec les serviettes, partageant les succès du jour tout en papotant. Mes propres muscles vibrent d'un sentiment d'accomplissement après cette séance réussie. Pourtant, c'est la silhouette de Rick apparaissant à travers la vitre qui éveille en moi une excitation différente. Il se tient là, calme au milieu du tumulte du Core Studio, nos regards s'accrochent. Son sourire espiègle promet tant sans un mot et fait battre mon cœur un peu plus fort — semblable à un papillon sauvage refusant d'être apprivoisé.

— Excellent cours, Lila ! s'exclame une participante en brisant brièvement ce moment magique.

— Merci, Marianne, lui réponds-je d'une voix assurée malgré la tempête intérieure qui gronde en moi. À la semaine prochaine !

Je fais semblant de ranger tranquillement mes affaires jusqu'à ce que la salle se vide complètement, ne laissant derrière elle que l'écho des exercices passés et le parfum entêtant de persévérance. Après m'être assurée d'être seule, je me dirige discrètement vers la sortie, mes pas inaudibles sur le sol frais du gymnase.

L'attraction vers Rick est irrésistible ; il m'attend dans les vestiaires où l'électricité de nos désirs interdits charge l'atmosphère. À peine ai-je franchi le seuil qu'il m'enlace passionnément. La porte claque derrière nous, scellant ce cocon loin du monde extérieur. Son baiser est impétueux et envahissant ; une cascade d'émotions interdites déferle entre nous à chaque frôlement de peau.

— Rick.. murmurai-je entre ses baisers avec un soupçon malicieux qui trahit notre environnement professionnel.

— Cela ne compte pas maintenant, rétorque-t-il dans un murmure brûlant qui attise encore mes sens. Je te désire toi, rien que toi..

Nos lèvres se retrouvent avec avidité tandis que toute logique et toute règle s'effondrent autour de nous ; il n'existe que nous deux et le désir urgent et pressant qui nous consume. L'univers au-delà du vestiaire — jaloux et bavard — s'estompe dans l'ombre tandis que je me blottis dans ses bras protecteurs.

Adossée contre le casier dont la froideur contraste avec son corps brûlant contre moi, ses mains audacieuses me font frémir jusqu'à l'intime. Trois mois passés à voler ces moments fugaces ont renforcé notre lien secret. C'est une expérience aussi grisante que le sang pulsant dans mes veines.

Les caresses de Rick sont familières et pourtant chaque fois révèle une nouvelle facette de notre passion cachée. Ses doigts parcourent délicatement mon dos tandis qu'une pensée me traverse : cette relation complexe où nous sommes tous les deux empêtrés après des mariages défaits cherche du réconfort mutuel dans nos étreintes clandestines. Mais il y a plus qu'un simple besoin consolatoire entre nous ; c'est une addiction vive pour quelque chose que peut-être ni lui ni moi ne comprenons pleinement.

Nous vivions une relation de murmures et d'ombres depuis trois mois, tous deux hantés par la peur d'être découverts, d'être compris. C'était notre quête — non, notre besoin — dès le départ. Le secret était notre rempart contre le monde extérieur, un bouclier face aux jugements et attentes qui nous guettaient hors de ces murs. Nous n'étions que collègues au début, du moins jusqu'à l'arrivée de Rick il y a six mois pour un poste d'entraîneur personnel. Entre nous, l'alchimie fut instantanée, mais rien ne s'est concrétisé avant qu'il ne se confie sur son divorce. Cette discrétion nous protégeait..

Mais aujourd'hui, alors que je me noie dans l'éclat vert émeraude de son regard, je me surprends à envisager si le moment n'est pas venu pour la vérité de surgir et pour la lumière de dissiper l'ombre. Rick représente bien plus qu'une simple affaire clandestine à mes yeux. Il me fait vibrer, et je suis presque sûre que c'est réciproque.

— Rick.. Je marque une pause, ma voix n'est qu'un chuchotement. Crois-tu qu'il est temps ? De révéler notre histoire aux autres ?

Il réagit au quart de tour, une ombre de panique traverse son visage. L'espace d'un instant, mon cœur se serre. Aurais-je mal lu les signes, confondant désir et sentiment ?

Puis aussi rapidement qu'elle est apparue, son anxiété s'évanouit, remplacée par son sourire charmeur et familier. Il se rapproche et dépose un baiser léger sur mes lèvres qui apaise mes doutes tumultueux.

— Bientôt, chérie.. Bientôt, murmure-t-il entre deux baisers réconfortants pour mon esprit inquiet. Et comme ça, je me retrouve happée dans notre étreinte enfiévrée ; la question reste en suspens.

Pour l'instant, — bientôt  est suffisant et je me laisse emporter une fois de plus par les vagues de désir et par cette douce clandestinité.

CHAPITRE DEUX

Je serre le bracelet velcro autour de mon poignet pour qu'il adhère parfaitement à ma peau décolorée par l'hiver. L'odeur signature du gymnase mêlant détermination et désinfectant stabilise mon rythme cardiaque. Il est tôt ; les premiers rayons du soleil percent timidement à travers les grandes fenêtres et projettent leurs longues ombres sur les tapis de sol. Jenny est déjà là, fidèle à sa ponctualité habituelle; ses cheveux noirs impeccables sont tirés en arrière en une queue-de-cheval sobre.

— Bonjour Lila, me lance-t-elle avec un sourire où transparaît la fatigue ; ses yeux cernés traduisent des nuits perturbées par les pleurs de Cassandra.

— Salut ! Je l'accueille en imitant son enthousiasme tout en observant sa posture fragile. Prête à démarrer ?

— Oui.. Lance-toi.

Elle grimace légèrement en caressant son abdomen encore rond post-accouchement. Nous travaillons non seulement à remodeler son corps mais aussi à lui rendre sa confiance en elle. Ce combat m'est familier — pas celui de la maternité — mais celui du changement : ce besoin viscéral de renaître à soi-même.

— Allons-y avec quelques deadlifts légers pour chauffer tes muscles.

Je roule vers elle une barre munie de poids modérés.

— Pense bien à tout faire partir des hanches et des jambes ; oublie ton dos.

Jenny acquiesce puis s'accroupit avec précaution; ses mains crispées s'emparent du métal froid. Elle soulève la barre en expirant avec force et je ne peux m'empêcher d’admirer sa ténacité : elle peut chanceler mais jamais ne flanche. Ça c'est Jenny : indestructible.

— Comment vas-tu avec Cassandra ? Je lui demande en surveillant sa technique : une partie pour détourner son attention mais aussi par réelle préoccupation.

— La vie est.. un véritable tourbillon.

Elle repose la barre qui retombe avec un écho métallique et repousse une mèche rebelle collée contre son front.

— Elle est merveilleuse mais j'avais sous-estimé combien ce serait éprouvant. J'ai l'impression que tout ce que j'entreprends est voué à l'échec.

— Regarde-moi..

Je prends un ton apaisant qui inspire la confiance :

— Tu te débrouilles extrêmement bien ! Être parent c'est comme un entraînement exigeant : on trouve son rythme ; on trébuche ; puis on réessaie.

Tu vas y arriver.

— Merci.. vraiment.. elle soupire avant de soulever une nouvelle fois la barre.

— Pour le reste ? Ça attendra !

Je ponctue mes encouragements car c'est là notre rôle d'entraîneurs — et d'amis — soutenir sans faille :

— Maintenant place à toi ! Allez ! Haut les coeurs !

Jenny s'appliqua à soulever la barre, ses muscles se bandant, sa détermination croissant. Et l'espace d'un instant, lorsque la barre quitta le sol, le poids de ses soucis parut s'envoler avec. Elle reprit sa position, prête pour une autre tentative. La sueur perlait sur son front et ses yeux concentraient toute son attention. Totalement immergée, elle ignorait qu'elle allait perturber le calme de mon matin.

— À propos de distractions, me taquina-t-elle avec un clin d'œil malicieux, je t'ai vu avec Rick hier. Vous formez un duo.. intéressant. Ses mains serrèrent la barre alors qu'elle guettait ma réaction.

Mes joues s'enflammèrent aussitôt, me trahissant avant même que je ne puisse retrouver mon flegme habituel. Comment parvenait-elle toujours à me lire si facilement ? Un rire nerveux s'échappa de moi, sonnant faux même à mes propres oreilles.

— Rick ? On travaille bien ensemble, c'est tout.

— Il est plutôt pas mal, non ? dit-elle en exécutant son soulevé avec aisance, sa première maladresse désormais oubliée.

— Tu trouves ? répondis-je en esquivant le sujet. Je pris une serviette pour essuyer l'appareil, espérant masquer mon trouble. L'intuition de Jenny était aiguisée comme celle d'un chien de chasse ; une fois une piste trouvée, impossible de la lui faire lâcher.

— Allez Lila, tu ne peux pas nier l'évidence entre vous deux. Je le sais.

— Jenny.. interrompis-je fermement, voulant éteindre cette conversation dès le départ. Ce n'est rien. Juste des affaires professionnelles.

Elle me dévisagea avec scepticisme mais choisit de ne pas insister davantage, à mon grand soulagement. La sonnerie de mon téléphone retentit opportunément et je le sortis précipitamment de la poche de mon legging, reconnaissante pour cette interruption. Un appel manqué et un message vocal de Daniel. Mon doigt hésita avant d'appuyer sur lecture — quoi encore ?

— Jenny, attends un moment, murmurai-je en appuyant sur la touche du message vocal sur mon écran embué de transpiration. Parmi les notifications diverses et variées, celui de Daniel ressortait comme un orage imminent.

— Lui encore ? Elle souffla exagérément avant de prendre une grande gorgée d'eau.

— Qu'est-ce qu'il te veut cette fois ?

Je lui lançai un regard oblique et forçai un sourire crispé.

— Rien d'important sans doute, tentai-je de dire d'une voix assurée mais qui me trahissait néanmoins par son tremblement. Nous savions toutes les deux que cela n'avait jamais été rien concernant Daniel.

Je collai le téléphone à mon oreille en m'y préparant mentalement. Sa voix s'infiltra à travers le haut-parleur : chaque mot chargé d'une amertume familière — une intimité jadis précieuse désormais empoisonnée.

— Bonjour Lila.. Son ton méprisant empoisonnait mon prénom comme s'il était une insulte.

— Je te rappelle que tes affaires traînent toujours chez moi. Tu as jusqu'à ce soir pour les récupérer ou elles finiront à la poubelle. À toi de choisir.

Le message se conclut par un clic sec alors que Daniel mettait fin à l'appel : encore une démonstration brutale dans une longue série déjà épuisante. Mes doigts se tendirent autour du téléphone : mes ongles s'enfonçant dans sa coque protectrice.

— Ça va ? L'inquiétude perçait dans la voix de Jenny ; elle savait reconnaître les signes annonciateurs de ma tension.

— Le même Daniel que toujours.. répondis-je en affectant une légèreté que je ne ressentais pas tandis qu'une vague de frustration m'envahissait. Combien de fois ai-je dû faire face à ce genre de manipulations ?

— Typique.. soupira-t-elle en repoussant ses cheveux noirs en arrière avant de préparer une nouvelle série.

— Tu veux que je vienne avec toi pour récupérer tes affaires ? Un peu de soutien moral ça ne fait pas de mal.

Je considérai sa proposition ; l'inquiétude sincère qui se lisait sur son visage était touchante et il serait rassurant de ne pas affronter Daniel seule mais certaines épreuves doivent être surmontées en solitaire.

— Non merci, ça ira ; assurai-je en essayant de paraître convaincue.

— Bravo mademoiselle Courage ! s'exclama-t-elle en exhibant ses muscles dans une pose comique.

— Dis-moi : Daniel serait-il jaloux s'il savait pour ton petit coup de cœur pour Rick ? Elle posa la question d'un ton léger mais je détectai dans sa voix un filon curieux qui ne m'échappait pas.

— Jaloux, Daniel ? Je lève un sourcil, ironique. Il passe trop de temps à se mirer pour se préoccuper de moi. Pourtant, je sais que c'est faux. Sa jalousie n'est qu'un moyen de plus pour lui d'affirmer son contrôle, un jeu où il excelle.

— Voyons, incite-t-elle en prenant des haltères plus légers, un peu de jalousie pourrait le secouer. Ça changerait la donne. Avec un clin d'œil complice, elle me suggère qu'il y a du sérieux derrière sa plaisanterie.

Je contemple mes mains endurcies et puissantes, bien différentes des doigts fins que Daniel chérissait. C'est là que je comprends : ce que je désire — ce dont j'ai besoin —, c'est de m'affranchir de son influence. Et peut-être cela commence-t-il par me confier à Jenny. À propos de Rick et moi. Après tout, pourquoi nous cacher ? Nous sommes divorcés, nous nous entendons bien.. il n'y a rien de mal à cela.

— Jenny, je dois t'avouer quelque chose.. mais les mots ne parviennent pas à franchir mes lèvres. Lynn, ma supérieure, se présente devant nous avec une mine grave.

— Lila, puis-je te parler un instant ? La tension dans la voix de Lynn est palpable et son regard scanne la salle de sport nerveusement.

— Bien sûr Lynn, qu'est-ce qui se passe ? Je tâche de dissimuler mon trouble tandis que mon cœur s'emballe.

— Seules, insiste-t-elle en me faisant signe de m'écarter. Jenny me regarde, interloquée par cette interruption impromptue.

— Je reviens vite, lui promets-je en forçant un sourire rassurant. En m'éloignant avec Lynn, une atmosphère lourde m'envahit : un pressentiment sombre auquel je ne peux échapper. Le sentiment d'urgence qui émane de Lynn est indiscutable et en marchant vers la salle de repos — lieu où hier encore secrets et transpiration s'entremêlaient — je me prépare à une annonce funeste.

Mon Dieu.. si elle avait découvert ce que Rick et moi avions fait dans cette salle ?

Je suis Lynn dans le couloir, le crissement régulier de mes baskets sur le sol luisant contraste avec l'agitation grandissante en moi. La porte entrebâillée de la salle de repos s'ouvre sur un espace chargé d'échos lointains et coupables.

— Ferme la porte derrière toi, dit Lynn sans se retourner. Elle se tient près d'une petite fenêtre ; adieu son dynamisme habituel. Je m'exécute ; le cliquetis du verrou résonne lourdement dans le silence.

— Qu'est-ce qui se passe ? demandé-je, la voix tremblante malgré moi. Cette pensée obsédante resurgit : quelqu'un a dû nous voir avec Rick ; notre secret est percé à jour.

Face à moi, Lynn se retourne enfin et son regard traduit une vérité que je redoute d'affronter : pas de colère ni d'accusation mais quelque chose de bien plus déchirant — une tristesse abyssale.

— Lila.. commence-t-elle avant que sa voix ne flanche, il y a eu un accident.. C'est Rick.

— Rick ? Sa silhouette semble soudain lointaine et irréelle dans ma mémoire.

— Quel genre d'accident ? Je peine à croire que quoi que ce soit aurait pu le mettre en défaut : il s'en sortait toujours avec aisance.

Mais Lynn secoue la tête doucement et ses prochains mots viennent briser toutes mes illusions.

— Il est décédé Lila.. Retrouvé ce matin très tôt.. Les mots flottent dans l'atmosphère confinée refusant obstinément de prendre sens pour moi.

— Décédé ? Cela ne peut être vrai ! Rick débordait d’énergie ; impossible qu'il soit réduit au silence si abruptement..

— Es-tu certaine ?

Elle souffle tout bas

— Je suis si désolée.. Elle tend une main vers moi comme pour offrir du réconfort mais je recule involontairement. Décédé.. Ce simple mot frappe mes pensées telles des vagues érosives. La panique commence à effleurer les contours de ma contenance effritée. Que va-t-il advenir maintenant ? Nos échanges précédents, ses caresses familières, sa présence rassurante deviennent subitement des vestiges clandestins d'une histoire qui n'aurait jamais dû exister.

Rick est mort.

Je n'arrive plus à respirer.

Une crise de panique s'empare de moi et je commence à hyperventiler.

Ma vision se brouille alors que la réalité se délite autour de moi. J'entends au loin Lynn qui essaie de me stabiliser, sa voix s'éloignant comme dans un tunnel. — Lila.. respire.. Lila !  Mais le silence accablant qui a pris la place du rire de Rick est tout ce que j'entends.

À genoux, le linoléum froid contre ma peau me ramène fugacement à la réalité. C'est ironique, c'est ce même sol où Rick et moi échangions des baisers furtifs, cachés de Lynn. Hier encore, nous étions là, entrelacés, vibraient de promesses et de vérités à cœur ouvert. Et maintenant, il a disparu — dissipé comme les restes d'un rêve au lever du jour.

Je lutte pour inhaler une bouffée d'air saccadée, mon corps tremble sans retenue. Les néons scintillent sans arrêt, projetant une lumière qui accentue mon malaise. On dirait que l'univers lui-même suffoque en apprenant la mort de Rick.

— Oh mon Dieu, murmurai-je en me tenant l'estomac car la nausée monte en moi. Son goût est encore sur mes lèvres — cette touche de menthe dans son baiser, l'effluve discret de son parfum mêlé à la sueur — tout reste gravé dans ma mémoire. Il ne me reste plus que ces souvenirs.

Des échos du futur volé.

— Lila, tu as besoin d'une ambulance ? interroge Lynn. Avant même que je puisse répondre, elle ouvre précipitamment la porte du gymnase et hurle : — À l'aide — il nous faut quelqu'un ici !

C'est Jenny qui vient rapidement à mon aide tandis que je suis effondrée sur le sol.

— Allons, ma belle, on va te relever, murmure Jenny en venant près de moi. Sa voix est douce mais il y a urgence dans ses yeux bruns. Elle tend sa main mais je ne sais si j'ai la force de me lever. Ne comprend-elle pas que le monde s'est écroulé sous mes pieds ? Rick n'est plus là. Le poids de cette réalité pèse sur ma poitrine tel un glaçon paralysant ma respiration.

— Non.. je murmure faiblement en refusant son aide. J'ai besoin.. juste un instant. Mes mots s'évanouissent dans l'air, empreints d'une tristesse abyssale. Je me laisse glisser contre le mur, le froid s'insinue dans mon dos et m'emporte encore plus loin dans cet abîme d'incompréhension. Je perçois à peine Jenny reculer pour me donner de l'espace, son regard mêlant inquiétude et perplexité.

Rick est mort. Comment cela peut-il être réel ?

—--

CHAPITRE TROIS

Allongée sur le tapis rugueux de mon appartement, la lumière douce projette des ombres mouvantes sur les murs autour de moi. Mon téléphone gît inerte dans ma main ; son écran affiche nos dernières conversations avec Rick. Chaque mot est une pierre dans mon ventre, lourd et glacial. Des banalités parsemées d'émoticônes espiègles composent nos derniers échanges textuels, transformés désormais en artefacts d'une existence arrêtée nette. Je fais défiler notre histoire numérique à la recherche d'un indice manquant qui pourrait élucider cet impensable événement. On prétend qu'il s'agit d'un accident — qu'il a chuté sur un sentier — mais comment Rick a-t-il pu connaître pareille fin ?

Les larmes floutent les caractères lumineux alors que je relis son dernier message envoyé hier matin avec un emoji souriant : — Excité pour la randonnée aujourd'hui, on se voit ce soir . Ce soir n'est jamais venu pour lui. Son impatience pour cette sortie transparaît à travers chaque mot et maintenant cette normalité me tourmente — ignorant ce qui allait se passer ensuite. Comment quelqu'un peut-il simplement .. disparaître ? Un moment ici et l'instant suivant — envolé.

Je m'oblige à me redresser en essuyant mes yeux humides du revers de la main. Cet appartement est trop silencieux, trop vide sans lui. Emménagée ici pour repartir à zéro après avoir échappé à Daniel ; maintenant chaque silence pèse comme une chape de plomb sur mes épaules. Je marche jusqu'à la fenêtre pour contempler les rues sombres de Barren Pines. Quelque part là-bas se trouve ce sentier fatal qui a pris Rick ; celui-là même que nous avions arpenté ensemble tant de fois auparavant.

On prétend que c'était un accident de vélo. Cette version ne tient pas la route. Rick était plus à l'aise sur deux roues que bien des gens sur leurs pieds ; il faisait du sentier à l'extérieur de la ville son domaine. Je me rappelle sa manière de prendre les virages serrés et les pentes abruptes en riant, repoussant sans cesse ses limites, mais toujours en pleine maîtrise. Il me mettait en garde contre le précipice, toujours si soucieux. Tout cela n'a aucun sens.

La question me hante sans relâche. Il devrait y avoir une explication, une erreur humaine, un défaut mécanique, quelque chose auquel me raccrocher. Mais je n'ai que des interrogations qui virevoltent dans ma tête, emportées par le tourbillon du chagrin. Je m'affaisse par terre. Si seulement j'avais été là.. Peut-être aurais-je pu faire quelque chose, n'importe quoi, pour changer le cours des événements. Mais les regrets ne servent à rien face au temps qui s'écoule, sourd à nos pleurs.

Le visage de Rick s'impose à moi, avec ce sourire aisé quand il me devançait sur le sentier. Ce n'est pas un mystère à résoudre mais une tragédie, et pourtant.. je ne peux m'empêcher de chercher à assembler les morceaux du puzzle.

Perdue dans mes pensées, je sursaute au bruit sec des coups portés à ma porte. Certainement Jenny ou Lynn qui apporte des nouvelles susceptibles d'éclaircir tout ça.

Mais derrière la porte, c'est Daniel qui apparaît. Mon souffle se coupe. La dernière personne que je m'attendrais à voir, celle que je souhaite le moins voir — d'autant plus qu'il tient une boîte entre ses mains. Une boîte symbolisant nos liens brisés, la vie que j'ai laissée derrière moi.

— Je peux entrer ? demande-t-il d'une voix plus douce que dans mes souvenirs, empreinte d'un soupçon de regret.

Le voir sans sa carapace habituelle de dédain désoriente. Il paraît même contrit, vêtu d'un costume qu'il n'a sûrement pas changé depuis le bureau. Ses cheveux bruns courts sont coiffés en arrière comme toujours, ce charme naturel opérant encore malgré moi. Malgré le passé où il se montrait tendre et patient avec moi — un temps révolu.

Un instant figée par sa présence et les souvenirs qui remontent malgré moi, mon regard traverse ses yeux sombres à la recherche de leur froideur habituelle pour y trouver une sorte de tristesse.

— Entre, dis-je en lui cédant le passage. Le mot me semble étrange alors que je l'autorise à pénétrer dans cet espace qui est désormais le mien, libéré de son emprise.

Il avance et je prends conscience du gouffre entre nous — creusé par des mots acerbes et des silences plus glaciaux encore. Serait-il si facile de l'accueillir, de m'appuyer sur quelqu'un qui comprend la douleur du deuil ? Mais l'image éclatante de Rick surgit en moi : ce qui est simple n'est pas forcément juste et certaines distances doivent être maintenues.

La boîte est rugueuse sous mes doigts tandis que Daniel me la tend :

— J'ai apporté tes affaires.

— J'avais oublié ton message vocal, murmurai-je sans oser croiser son regard, ironique alors que je dépose la boîte sur une table. Merci pour ça..

Son regard vacille mais il ignore mon sarcasme. Pris d'un malaise évident, il se balance légèrement et se racle la gorge.

— J'ai entendu pour Rick.. Il hésite avant d'aborder un sujet que nous n'avons pas exploré depuis longtemps. Je suis désolé, Lila.. Vous étiez proches professionnellement..

Sa tentative maladroite pourrait presque effleurer mon cœur si celui-ci n'était pas si lourd du poids de la perte subie.

C'était plus qu'une simple collaboration, je le pensais avec amertume. Sans me laisser le temps de m'y préparer, il s'approchait et m'étreignait dans un geste aussi rigide qu'inattendu. Mon corps se raidissait, réagissant instinctivement au contact avec quelqu'un qui s'était transformé en un étranger plutôt qu'en époux. Je le repoussais doucement, mes mains appuyées sur sa poitrine, sentant la chaleur de son corps à travers sa chemise — un souvenir indésirable du lien que j'avais tant tenté de dissoudre.

— Pourquoi cette soudaine gentillesse ? demandais-je d'une voix teintée de méfiance, mon regard se posant enfin sur ses yeux sombres. Il avait toujours su me surprendre, flairer mes faiblesses et les exploiter.

— Tu vois ? C'est exactement ce que je disais, rétorquait Daniel, une pointe d'irritation dans la voix. Tu prends plaisir à me peindre comme le vilain. Même quand je tente d'être prévenant avec toi. Sa phrase planait entre nous, lourde de non-dits et de reproches tus.