L'instant maternelle - Marion Hirsinger - E-Book

L'instant maternelle E-Book

Marion Hirsinger

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Beschreibung

Rien de mieux que le témoignage et l'humour pour contrer les clichés !

« La maternelle consiste essentiellement à faire faire des siestes à des enfants et à leur changer les couches » Xavier Darcos , ministre de l’Education Nationale juillet 2008. Cette remarque a dû faire tousser les quelques 150 000 enseignant.e.s de maternelle. L’ouvrage de Marion Hirsinger nous propose, à travers de nombreuses anecdotes vues, entendues, vécues et illustrations, une plongée au cœur de l’école maternelle – administration, parents, enfants…Cet univers est méthodiquement décortiqué avec humour et tendresse : depuis le jour de la rentrée, ambiance de la cour de l’école - cantine - piscine - récréation - coopérative - activités de loisirs, d’éveil ( très réveillés les enfants ! ) et sorties. Relations avec les parents et collègues, poux, épidémies, virus et sécurité, météo, bruit, bulletin de santé, ces séquences du quotidien sont ici illustrées par Laurence Houot, camarade de bac à sable de l’auteure. Elles nous dévoilent les coulisses , poncifs et autres idées reçues sur ce premier apprentissage de la vie en société qu’est l’école maternelle. A partir de 2019, la scolarité sera obligatoire dès l’âge de 3 ans.

Un ouvrage plein d'humour dans le quotidien d'une école maternelle, à la recontre des instits, des enfants et de leurs parents et du regard des autres, joliment illustré par Laurence Houot.

EXTRAIT

Les clichés sur le métier
« C’est sympa, comme job »
Entendu un peu partout. Les grandes vacances y sont pour beaucoup.
En consultation, un chirurgien me disait l’autre jour :
– Vous faites quoi ? Ah, instit, c’est sympa. Des petites sections, c’est encore mignon à cet âge-là ! Et ça vous laisse du temps pour vous…
Lui faire avaler son stéthoscope ? Bad idea, aucune envie d’être charcutée.
Un enfant peut être mignon. Mais fois 25 ou 30, pas toujours.
Et la bourgeoise en mal d’occupation. Le mari, lassé de voir son épouse déprimer, s’interroge sur notre « hobby » :
– Ce serait bien que Valentine trouve un petit job. Comment as-tu fait pour devenir instit ? Il y a un examen, quelque chose ?
Bonne question.

À PROPOS DE L'AUTEUR

Originaire de Saint-Dié, Marion Hirsinger est professeure des Écoles. Elle exerce en banlieue parisienne. Elle est l'auteure de "Pourquoi les clés jouent-elles à cache-cache avec nous ? Et autres énigmes du quotidien" publié chez First en 2014.
Laurence Houot est née à Paris en janvier 1969 soit exactement 9 mois après les événements de mai 68… Elle a ensuite grandi dans les Vosges. Petite, elle était fort bavarde et fort curieuse et elle adorait dessiner. Elle ne savait pas trop quoi faire dans la vie alors elle est devenue journaliste. Un beau métier qui lui a permis de rencontrer le monde. Pendant tout ce temps, elle ne s’est jamais arrêtée de dessiner…

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Seitenzahl: 36

Veröffentlichungsjahr: 2018

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Couverture

Page de titre

Pour Mutti, Adrien et Adèle

MH

Pour les Jaquots et pour Simon

LH

L’homme de France le plus méritant, le plus misérable, le plus oublié, c’est le maître d’école.

Bon, si c’est Michelet qui le dit…

Maternelle

La maternelle consiste essentiellement à « faire faire la sieste aux enfants et à leur changer les couches »

(Xavier Darcos, Ministre de l’Éducation nationale, lors d’une audition au Sénat le 3 juillet 2008)

École maternelle. Elle n’a pas toujours porté ce joli nom. Les premiers lieux d’accueil pour enfants sont créés par Jean-Frédéric Oberlin en 1771 dans les Vosges. Ce sont les « Écoles de tricots » ou « Poêles à tricoter ». Ce pasteur pense que la communauté doit prendre en charge l’éducation de la petite enfance grâce à ses « conductrices de la tendre jeunesse ». On chauffe une pièce de la maison et on enseigne aux enfants, notamment, le tricot.

Moins poétiques dans l’appellation, les salles d’asile apparaissent dès le début du 19e siècle. Ces « salles d’hospitalité » sont avant tout des établissements à vocation sociale.

L’école « maternelle », base du système scolaire, apparaît officiellement en 1887 avec Pauline Kergomard, institutrice nommée première inspectrice générale. Favorable au « développement naturel de l’enfant », elle souligne l’importance du jeu, premier travail du tout-petit, et réclame un mobilier adapté à la taille des élèves, précédant en cela Maria Montessori.

La première rentrée en petite section

Bon ben, on va y aller…

Beaucoup d’énergie. Blanquer1 a proposé un accueil en fanfare pour la rentrée. Faut voir. Faut surtout pouvoir entendre.

La chorale oui, mais pas le premier jour, de grâce !

1. Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale, et Françoise Nyssen, ministre de la Culture, ont proposé une rentrée en musique : « Élèves, professeurs, parents, chorales et orchestres, artistes et acteurs culturels pourront jouer dans les écoles le jour de la rentrée. » (education.gouv.fr le 27/06/2017).

Ma première année

Ma première classe n’était pas facile. J’ai appris, au fil du temps, que l’expression : « j’ai une classe pas facile cette année » revenait pas mal dans les écoles. « J’ai une classe pas facile cette année ». On a envie d’enlever le « cette année », du coup. Et puis le « une classe pas facile », comme c’est tous les ans pareil. Il nous reste le « J’ai ». C’est concis.

– Salut, comment est ta classe, cette année ?

– J’ai !

Mon poste était « segmenté ». Aïe… Ça veut juste dire qu’on a plusieurs classes. On complète des mi-temps, par exemple, ou des « décharges ». Re-Aïe. « Décharge », moi aussi, la première fois, j’ai trouvé ça un peu électrique. Rien de grave, on prend la classe du directeur le jour où il est principalement dans son bureau.

C’était un mi-temps en CE2 et deux quarts de temps en maternelle dans des écoles différentes. J’ai un souvenir très particulier de cette année. Dans une ZEP bien costaud. Les petits règlements de compte, les affaires de la cité, mais pas au sens grec, la cité.

Les CE2 étaient déjà durs à tenir. En récréation, ils étaient franchement mignons. En classe, c’était autre chose. Je me souviens de la première expression entendue : « Eh maîtresse, il m’a traité ! ». Mais de quoi, bon sang, de quoi ? La seule instit sympa de l’école était un ange, sa classe respirait le calme et la sérénité, elle avait un beau contact avec les enfants. Un îlot de paix sur cette terre guerrière. Sa salle se situait juste à côté de la mienne. Elle était vraiment gentille ; elle me disait juste, de temps en temps, que je faisais « un peu trop de bruit » alors que je faisais tout le temps trop de bruit. Quand ce n’était pas les élèves qui criaient, c’était moi. Quel enfer ! Certains jours bénis, pourtant, ça allait, j’en étais presque étonnée. Mais si je n’étais pas en forme ou que l’excitation les gagnait, ça tournait vite au Far West.

La femme dont je complétais le mi-temps me disait que tout allait bien avec elle, qu’ils étaient tranquilles et attentifs, mais je voyais, à l’ambiance de classe survoltée et à l’épaisseur des quelques boulettes oubliées les jours précédents, que ce n’était pas le cas. C’était l’omerta. The big one.