La colombe - Alexandre Dumas - E-Book

La colombe E-Book

Alexandre Dumas

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Beschreibung

En mai 1637, La colombe Iris revient chez sa maîtresse, une religieuse du nom d'Isabelle de Lautrec, au bout d'une semaine d'absence. Quelle surprise pour Isabelle de retrouver, accrochée à la patte de sa colombe, une lettre d'un correspondant mystérieux. Piquée par la curiosité, elle veut en savoir plus et un échange régulier de lettres commence alors. Extrait : Vous n'accusez ni Iris, ni moi, n'est-ce pas ? Je n'étais point dans ma chambre lorsque votre messagère est arrivée : seulement la fenêtre était ouverte pour cueillir les premiers souffles de la brise du soir. Iris est entrée, et, comme si la charmante petite créature avait compris qu'elle avait une lettre à rendre et une réponse à emporter, elle a patiemment attendu mon retour, et, lorsque je suis rentré, de la planche sur laquelle elle était posée, elle avait volé sur mon épaule... Hélas ! dans la chute que j'ai faite à travers les divers degrés de la grandeur humaine, j'ai, aux deux côtés du chemin, trouvé bien des émotions tristes ou joyeuses. Eh bien ! nulle n'a été plus triste que celle dont je me sentis saisi, lorsqu'en vous renvoyant votre colombe, dont je ne savais pas même le nom, nom prédestiné, vous l'avez dit vous-même, j'ai cru me séparer d'elle à jamais. Nulle n'a été plus joyeuse que celle que j'ai éprouvée, lorsque, croyant m'être séparé d'elle à jamais, je l'ai aperçue dans ma chambre et que j'ai senti la fraîcheur de son aile caresser ma joue en venant se poser sur mon épaule.

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Seitenzahl: 135




La colombe

Pages de titrePremière lettreDeuxième lettreTroisième lettreQuatrième lettreCinquième lettreSixième lettreSeptième lettreHuitième lettreNeuvième lettreDixième lettreOnzième lettreDouzième lettreTreizième lettreQuatorzième lettreQuinzième lettreSeizième lettreDix–septième lettreDix–huitième lettreDix-neuvième lettreVingtième lettreVingt et unième lettreVingt-deuxième lettreVingt-troisième lettreVingt-quatrième lettreVingt-cinquième lettreVingt-sixième lettreVingt-septième lettreVingt-huitième lettreVingt-neuvième lettreTrentième lettreTrente et unième lettreTrente-deuxième lettreTrente-troisième lettreTrente-quatrième lettreTrente-cinquième lettreTrente-sixième lettreTrente-septième lettreTrente-huitième lettreTrente-neuvième lettreQuarantième lettreQuarante et unième lettreQuarante-deuxième lettreQuarante-troisième lettreQuarante-quatrième lettreQuarante-cinquième lettreQuarante-sixième lettreQuarante-septième lettrePage de copyright

Alexandre Dumas

La colombe

Édition de référence :

Bruxelles, Alphonse Lebègue, 1850.

Première lettre

5 mai 1637.

Belle colombe au plumage d’argent, au collier noir et aux pieds roses, puisque ta prison te semble si cruelle que tu menaces de te tuer aux barreaux de ta prison, je te rends la liberté. Mais, comme tu ne veux me quitter sans doute que pour aller rejoindre une personne que tu aimes mieux que moi, c’est à moi de te justifier de tes huit jours d’absence. J’atteste donc que j’ai voulu te faire payer d’une captivité éternelle le service que je t’avais rendu, tant le cœur humain est égoïste, qu’il ne sache rien faire sans exiger le paiement de ce qu’il a fait, souvent au double de sa valeur. Va donc, gentille messagère, va donc rendre ta présence et porter mes regrets à celui ou à celle qui t’appelle malgré la distance et que tu cherches des yeux malgré l’espace. Ce billet, que j’attache à ton aile, est la sauvegarde de ta fidélité. Adieu donc encore une fois ; la fenêtre s’ouvre, le ciel t’attend... Adieu !

Deuxième lettre

6 mai 1637.

Merci, qui que vous soyez, qui m’avez rendu ma seule compagnie ; mais, vous le voyez, votre sainte action a sa récompense, comme si le charmant messager qui m’a apporté votre billet eût compris que j’avais des grâces à vous rendre, et que ma seule crainte, ne sachant pas où vous habitez, était d’être accusée par vous de froideur. Cette même inquiétude qui l’avait prise chez vous, l’a prise chez moi. Hier, son retour a été tout à la joie de me retrouver ; mais ce matin, voyez la changeante qu’elle est, ce matin je ne lui suffis plus : elle heurte de son bec et de ses ailes non pas les barreaux de sa cage, car jamais elle n’a eu de cage, mais les carreaux de ma fenêtre : elle ne veut plus être à moi seule ; elle veut être à nous deux. Soit ; contre l’avis de beaucoup, je pense, moi, que l’on double ce que l’on possède en le partageant. Nous aurons donc désormais deux Iris ; et remarquez que je l’avais appelée Iris dans la prévision sans doute qu’elle serait un jour notre messagère, votre Iris qui vous portera mes lettres , mon Iris qui m’apportera les vôtres : car, je l’espère, vous voudrez bien dire quel est le service que vous lui avez rendu, et comment elle était tombée entre vos mains. Il vous étonne peut-être que je me livre ainsi tout d’abord et du premier coup à vous inconnu ou inconnue. Mais vous êtes bon ou bonne, puisque vous m’avez renvoyé ma colombe ; ensuite, vous me l’avez renvoyée avec un billet qui dénonce celui ou celle qui l’a écrit comme personne de distinction et d’esprit ; or, toutes les âmes élevées sont sœurs, tous les esprits supérieurs sont frères ; traitez-moi donc en frère ou en sœur, comme vous voudrez, car j’ai besoin de donner à quelqu’un ce titre de frère ou de sœur que je n’ai donné à personne.

Iris, ma belle amie, vous allez retourner d’où vous venez, et vous direz à celui ou à celle qui vous a renvoyée à moi que je vous renvoie à lui ou à elle, et ajoutez que j’aimerais mieux que ce fût à elle qu’à lui.

Partez, Iris, et songez que je vous attends.

Troisième lettre

Même jour l’angelus sonne.

Ma sœur,

Vous n’accusez ni Iris, ni moi, n’est-ce pas ? Je n’étais point dans ma chambre lorsque votre messagère est arrivée : seulement la fenêtre était ouverte pour cueillir les premiers souffles de la brise du soir. Iris est entrée, et, comme si la charmante petite créature avait compris qu’elle avait une lettre à rendre et une réponse à emporter, elle a patiemment attendu mon retour, et, lorsque je suis rentré, de la planche sur laquelle elle était posée, elle avait volé sur mon épaule...

Hélas ! dans la chute que j’ai faite à travers les divers degrés de la grandeur humaine, j’ai, aux deux côtés du chemin, trouvé bien des émotions tristes ou joyeuses. Eh bien ! nulle n’a été plus triste que celle dont je me sentis saisi, lorsqu’en vous renvoyant votre colombe, dont je ne savais pas même le nom, nom prédestiné, vous l’avez dit vous-même, j’ai cru me séparer d’elle à jamais. Nulle n’a été plus joyeuse que celle que j’ai éprouvée, lorsque, croyant m’être séparé d’elle à jamais, je l’ai aperçue dans ma chambre et que j’ai senti la fraîcheur de son aile caresser ma joue en venant se poser sur mon épaule. Ô mon Dieu ! pour l’homme, cet éternel esclave de tout ce qui l’entoure, vous faites donc des joies et des douleurs relatives ! et tel qui n’a pas pleuré en perdant presque un royaume, tel qui n’a pas frissonné au vent de la hache qui abattait les têtes autour de lui, celui-là pleurera un jour en voyant fuir un oiseau dans l’espace ; celui-là frissonnera en sentant l’agitation que fait dans l’air la plume agitée d’une colombe. C’est là un de vos mystères, ô mon Dieu ! et vous savez si vos mystères divins ont un plus humble et plus fervent adorateur que celui qui se prosterne en ce moment au pied de la croix de votre divin fils pour vous glorifier et pour vous bénir !

Voilà donc tout ce que je me suis dit en revoyant la pauvre colombe que je croyais perdue ; avant même que j’eusse lu le billet dont elle était porteur. Puis, lorsque j’eus lu ce billet, je suis tombé dans une rêverie profonde.

– À quoi bon ? me demandais-je, pauvre naufragé que je suis, quand j’avais déjà pactisé avec la tempête et fraternisé avec la mort ; à quoi bon m’accrocher, perdu dans l’immensité de l’Océan, à cette poutre flottante, dernier débris peut-être d’un navire brisé comme le mien et que le hasard bien plutôt que la Providence pousse à la portée de la main ? N’est-ce pas, si je me laisse prendre à l’espérance, n’est-ce pas me laisser prendre en même temps à la tentation ? Avais-je donc, sans le savoir, quelque pan de mon habit pris dans cette porte qui ouvre sur le monde, et ne m’étais-je pas, comme je le croyais, arraché tout entier aux vanités et aux illusions de la terre ?

C’était, vous le voyez, ma sœur, une ample matière à rêver et à réfléchir : Dieu sur ma tête, l’abîme sous mes pieds, tout autour de moi le monde que je ne voyais plus parce que je fermais les yeux, que je n’entendais plus parce que je fermais les oreilles, mais que je vais entendre bruire comme par le passé, mais que je vais voir tourbillonner de nouveau. Si imprudent que je sois, je rouvre les oreilles et les yeux.

Mais peut-être vois-je avec mon imagination au-delà de la réalité ; peut-être ai-je élevé un fait sans force et sans portée à la hauteur d’un événement.

Vous demandez un simple récit, ma sœur ; je vais vous le faire. Il y a huit jours, j’étais assis dans le jardin, je lisais ; voulez-vous savoir quel livre je lisais, ma sœur ? Je lisais ce trésor d’amour, de religion et de poésie qu’on appelle les Confessions de saint Augustin. Je lisais, et ma pensée tout entière était absorbée dans celle du bienheureux évêque qui eut une sainte pour mère et qui fut saint à son tour.

Tout à coup j’entends au-dessus de ma tête comme un battement d’aile ; je lève les yeux et à mes pieds, me demandant secours, se précipite une colombe, serrée de si près par un épervier, qu’elle avait laissé quelques-unes de ses plumes déjà aux serres et au bec de l’oiseau de proie. Dieu, pour la majesté duquel un passereau qui tombe est l’égal d’un empire qui croule, Dieu lui avait-il dit, à ce pauvre oiseau, qu’en moi était la protection, comme dans l’épervier était la menace.

Quoi qu’il en fût, je la pris toute tremblante et même un peu ensanglantée ; je la mis dans ma poitrine où elle se blottit les yeux fermés, le cœur bondissant ; puis, à la vue de l’épervier qui s’était reposé à la cime d’un peuplier, je l’emportai dans ma cellule.

Pendant cinq ou six jours l’épervier ne quitta son observatoire que pour quelques instants, et je le voyais jour et nuit immobile sur la branche sèche où il guettait sa proie.

De son côté la colombe sentait sa présence, sans doute, car, pendant ces cinq ou six jours, triste mais comme résignée, elle n’alla même point à la fenêtre.

Enfin, avant-hier, l’épervier disparut, et l’instinct de la prisonnière lui dit que son ennemi s’était lassé, car presque aussitôt elle s’élança vers la vitre transparente, si rudement qu’elle faillit la briser.

Dès lors, je ne fus plus pour elle un protecteur, mais un geôlier ; ma chambre cessa d’être un asile, et devint une prison. Pendant tout un jour, j’essayai de la réconcilier avec moi ; pendant tout un jour, je la retins, et elle se débattit. Enfin, hier, j’eus pitié d’elle : j’écrivis la lettre que vous avez reçue, et, les larmes aux yeux, j’ouvris la fenêtre par laquelle je croyais la voir disparaître pour toujours.

Depuis, j’ai pensé bien souvent à cet épervier qui se tenait immobile et guettant sur la plus haute branche de ce pin, et dans lui je vis le symbole de cet ennemi du genre humain qu’on entend rugir, mais qu’on ne voit pas, et qui tourne sans cesse autour de nous, quaerens quem devoret, cherchant quelqu’un pour le dévorer.

Et maintenant, si je n’éprouvais un plaisir qui m’effraie à revoir cette colombe et à recevoir vos lettres, je vous dirais : Racontez-moi, ma sœur, comment Iris vous a quittée, maintenant que je vous ai dit comment Iris est venue à moi.

Demain, le rayon du jour trouvera ma fenêtre ouverte, et sur ce premier rayon votre messagère partira, vous portant cette réponse.

En attendant, que tous les enfants ailés qu’on appelle les songes se penchent respectueux sur votre couche et rafraîchissent votre front du battement de leurs ailes.

Quatrième lettre

10 mai, après matines.

J’ai été trois jours à vous répondre, comme vous le voyez par la date de ma lettre ; c’est que la vôtre ne me laissait aucun doute. J’espérais vous appeler ma sœur, et il faut que je renonce à vous écrire ou que je vous appelle mon frère.

Vous craignez, dites-vous, d’avoir un pan de votre habit pris dans la porte qui ouvre sur le monde. Vous êtes donc passé du monde dans la solitude ?

Vous avez chu à travers les divers degrés de la grandeur humaine, dites-vous encore. Vous étiez placé au premier rang de la société, pour que votre chute traversât tant d’espaces intermédiaires.

Vous avez perdu presque un royaume, et vous n’avez pas frissonné au vent de la hache qui abaissait les têtes autour de vous, dites-vous aussi. Vous avez donc vécu de la vie des grands, vous avez donc pris part aux luttes des princes ?

Comment voulez-vous que je concilie tout avec votre âge, car vous êtes jeune ; avec votre humilité, car vous parlez à genoux ?

Et cependant, quel intérêt auriez-vous à me tromper ? vous ne me connaissez pas ; vous ne savez pas si je suis noble ou vassale, jeune ou vieille, laide ou jolie ?

Au reste, il ne vous importe pas plus à vous de savoir qui je suis qu’à moi de savoir qui vous êtes. Nous sommes deux créatures étrangères l’une à l’autre, séparées l’une de l’autre, inconnues l’une à l’autre, et qu’aucune puissance ne saurait matériellement réunir.

Mais au dehors de la réunion matérielle, il y a la communion de la pensée ; en dehors du toucher et de la vue des corps , il y a la fraternité des âmes, agape mystérieuse où l’on boit dans la même coupe la parole du Seigneur et les rayons de flamme de l’Esprit-Saint.

Voilà tout ce que je désire de vous, voilà tout ce que vous pouvez vouloir de moi.

Ceci arrêté, s’il y a quelque sympathie entre nos esprits, quelque affinité entre nos âmes, quel mal peut-il y avoir aux yeux du Seigneur à ce que nos esprits et nos âmes communiquent à travers l’espace, comme feraient les rayons de deux étoiles amies qui se croiseraient dans les solitudes éthérées du firmament ?

Maintenant, voici comment la pauvre Iris avait quitté ma chambre :

La veille du jour où vous lui avez sauvé la vie, je priais, agenouillée : ma lampe était posée près des rideaux de mon lit. Vers minuit, tout en priant, je m’endormis. Dix minutes après peut-être, ma porte, mal fermée, s’ouvrit, poussée par le vent ; mes rideaux soulevés flottèrent, atteignirent la lampe et prirent feu. En un instant, ma chambre, qui est petite, fut pleine de flamme et de chaleur. Je m’éveillai suffoquée à demi. Ma pauvre colombe voletait au plafond se débattant au milieu de la fumée. Je courus à la fenêtre et l’ouvris. À peine la fenêtre fut-elle ouverte qu’elle s’élança et que je l’entendis se heurter dans l’obscurité aux branches des arbres bien connus, aux branches desquels elle se joue une partie de la journée. Espérant qu’elle rentrerait au point du jour, je laissai ma fenêtre ouverte ; mais le jour vint et s’écoula sans que je la revisse. Épouvantée par l’incendie, elle avait fui sans doute tant qu’elle avait eu d’ailes. Le lendemain, à son retour, elle aura été poursuivie par l’épervier, contre lequel elle a été vous demander secours. Vous l’avez recueillie, gardée, et je la croyais perdue, quand tout à coup j’ai entendu battre de l’aile à mon carreau. J’ai ouvert ma fenêtre : c’était la fugitive qui apportait son excuse avec elle, mais qui, ne l’eût-elle pas apportée, était pardonnée d’avance.

Voilà l’histoire de la pauvre Iris. Est-ce tout ce que vous voulez savoir ? et n’avez-vous plus autre chose à me demander ? Dans ce cas-là, notre messagère reviendra sans lettre et sans billet. Je saurai ce que cela veut dire, et d’ici je vous écrirai.

Adieu, mon frère, le Seigneur soit avec vous !

Cinquième lettre

Le 11 mai au point du jour.

Iris est revenue sans lettre ni billet. La pauvre petite avait l’air tout attristée de reparaître ainsi déchue de son rang de messagère ; elle levait d’elle-même son aile comme pour m’interroger sur ce que cela voulait dire.

Cela veut dire, chère Iris, que tu es à moi toute seule, que le jour qui s’était fait sur notre ciel sombre s’est éteint, que le frère était un étranger, que l’ami était un indifférent.

Et ceci, chère petite, je l’écris pour moi seul. Cette plainte de mon âme qui se lamente dans son isolement n’arrivera pas jusqu’à lui ; je le dis à toi que je souffre, je te dis à toi que je pleure, je te dis à toi que je suis malheureuse.

Hélas ! hélas ! mon Dieu, votre justice ne s’égare-t-elle pas quelquefois, et les coups que vous réservez aux coupables, détournés par quelque ange invisible et mauvais, ne vont-ils pas frapper les innocents ? Les douleurs de cette vie préparent la félicité de l’autre, nous dit-on ; mais pourquoi des douleurs à celle qui n’a rien fait, qui a peut-être une faute, mais qui n’a certes pas un crime à expier ? pourquoi le pardon de Jésus à la Madeleine ? pourquoi l’indulgence du Christ pour la femme adultère ? pourquoi cette rigueur pour moi, pour moi seule, mon Dieu !

J’ai aimé, c’est vrai : mais j’ai répondu en aimant à un autre amour ; j’étais née pour la vie du monde et non pour la vie du cloître. J’ai suivi en aimant la loi imposée par vous aux animaux, aux hommes, aux plantes. Tout aime dans ce monde : tout cherche à se joindre et à se fondre dans une même vie : les ruisseaux aux rivières, les rivières aux fleuves, les fleuves à l’Océan. Ces étoiles qui, la nuit, traversent le ciel partant d’un horizon, rayant le firmament d’une ligne d’or et allant s’éteindre à l’horizon opposé, vont s’éteindre dans le sein d’une autre étoile ; nos âmes elles-mêmes, ces émanations de votre souffle divin, ne cherchent une autre âme sur la terre que pour se faire une compagnie d’amour, et lorsqu’elles quittent notre corps pour aller d’un même vol se fondre en vous qui êtes l’âme universelle et l’amour sans fin.