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Lara, jeune artiste suisse, poursuit sa vie à Strasbourg où elle retrouve, petit à petit, son pouvoir créatif. Malheureusement, elle ne pouvait pas se douter qu'elle se mettrait en danger dans cette ville, pourtant si chère à son coeur. Agression, menaces et autres vont l'anéantir. Qui peut bien souhaiter la détruire avec autant de violence et de haine, mais surtout pourquoi ? Le Commandant Braque et son équipe mettront tout en oeuvre pour répondre à cette question et ce, avec l'aide de Sasha, ce pompier un peu rebelle mais très impliqué. Accompagnée durant ce calvaire par son amie Manon, Lara traversera ces épreuves. Mais s'en sortira-t-elle indemne ?
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Seitenzahl: 118
Veröffentlichungsjahr: 2020
Née en 1975 à Lausanne en Suisse, Frédérique Mosimann y a grandi jusqu’à l’âge de 13 ans, puis s’est déplacée dans une petite ville de banlieue, dans laquelle elle vit encore aujourd’hui.
Initiée à la lecture dès son plus jeune âge, elle se décrit comme une lectrice compulsive, mêlant les genres et les auteurs, au gré de ses envies.
Et puis un jour, elle a pris la plume. Tout d’abord, par le biais de poèmes réalisés sur le thème des toiles qu’elle réalisait, puis sur les tableaux d’amis proches et précieux, pour enchaîner et arriver à écrire des nouvelles et des romans.
Son style se veut simple et accessible à tout un chacun. La lecture remplissant une part importante de sa vie, elle souhaite que tout le monde puisse y trouver du plaisir, raison pour laquelle elle privilégie les ouvrages courts.
Retrouvez toute l’actualité de l’auteure sur :https://www.frederique-mosimann.ch
Couverture : Sortilège de Sandy Koegler
https://www.sk-paintings.com
William Monteiro
Je dédie cet ouvrage à l’amitié.
« L’amitié ne consiste pas dans ces démonstrations excessives, dans cette ardeur effrénée qui n’appartient qu’à l’amour. C’est un feu doux, mais toujours égal, qui nous réchauffe sans nous consumer. »
Denis Diderot
Prologue
Chapitre 1 : Chez Lara
Chapitre 2 : Sasha
Chapitre 3 : Réveil difficile
Chapitre 4 : Courage
Chapitre 5 : Le commandant Braque
Chapitre 6 : Manon
Chapitre 7 : Le téléphone pleure
Chapitre 8 : La toile
Chapitre 9 : Questionnement
Chapitre 10 : Pas facile…
Chapitre 11 : Coïncidence ?
Chapitre 12 : Inquiétude
Chapitre 13 : De retour au poste
Chapitre 14 : Vague à l’âme
Chapitre 15 : Soirée tranquille
Chapitre 16 : La sirène retentira
Chapitre 17 : On recommence
Chapitre 18 : Réveil enflammé
Chapitre 19 ; Intervention
Chapitre 20 : Tête brûlée
Chapitre 21 : Remontrances
Chapitre 22 : Attendre…
Chapitre 23 : Retour au poste
Chapitre 24 : Sous la suie
Chapitre 25 : Ça bouge
Chapitre 26 : Doutes évincés
Chapitre 27 : On avance
Chapitre 28 : Réalisation
Chapitre 29 : On tient le bon bout
Chapitre 30 : Si près…
Chapitre 31 : Le pourquoi du comment
Épilogue
Par cette froide nuit de février à Strasbourg, Lara avançait rapidement dans la rue des Hallebardes afin de rejoindre la place Gutenberg. Encore enivrée par le succès rencontré lors de son vernissage à la galerie des Frères, elle n'entendait que le bruit de ses talons aiguilles résonnant sur le sol pavé. Elle déambulait sans faire attention à ce qui se passait aux alentours, et c’est là que l’homme en noir décida de la stopper net dans son élan.
Il l’empara violemment par les cheveux, la tirant en arrière, tout en essayant de la saisir par la taille pour la faire chuter. Elle résista quelques secondes qui lui parurent durer une éternité, puis se retrouva au sol, ses forces l’ayant abandonnée.
Au moment où son agresseur allait se coucher sur elle afin de lui infliger d’atroces souffrances, elle entendit une voix au loin :
— Laisse-la tranquille, enfoiré, va-t’en !
L’assaillant, freiné dans son élan par le timbre grave de la voix, n’eut d’autre choix que de se relever, tirant tout de même un coup de pied dans le ventre de Lara, avant de détaler en lui disant :
— Je te retrouverai, salope. Ton tour viendra !
Lara, prise de sanglots et de soubresauts, se recroquevilla sur elle-même, n’osant se mouvoir de peur que l’homme en noir ne réapparaisse.
Son « bon samaritain » avança vers elle au pas de course, et lui demanda :
— J’espère que je suis arrivé à temps, vous n’avez rien ?
— Euh, je crois que non, balbutia Lara entre deux gémissements.
— Ne bougez pas, je vais appeler la police.
— Ne me laissez pas, je vous en supplie !
— Ne vous inquiétez pas, je vais rester avec vous jusqu’à sa venue, tout va bien aller, vous êtes hors de danger, maintenant.
— Je ne pense pas, il a dit qu’il me retrouverait.
Face à son chevalet, Lara apposa sa signature au bas de son dernier tableau. Comme toujours, elle ressentit cette sensation d’inachevé en contemplant fixement son œuvre.
Afin de prendre un peu de recul, elle se lova dans son rocking-chair en osier et s’emballa dans une couverture.
Les rayons du soleil réchauffaient la peau de son visage, et son regard voguait de toile en toile. Elle remarqua à quel point ses peintures étaient obscures depuis quelque temps.
Il faut dire que, depuis son agression, elle ne sortait que très peu, le plus souvent accompagnée, de peur que cela ne se reproduise. De fait, elle n’avait que peu de sollicitations qui pouvaient stimuler sa créativité, et seuls ses ressentis les plus sombres s’exprimaient.
La lumière du jour ayant sensiblement baissé, elle décida de quitter son atelier, qui se situait dans la partie haute de son petit duplex, afin d’aller se préparer un repas vite fait. Elle ne peindrait plus ce jour-là.
Elle descendit l’escalier en colimaçon de fer forgé noir, et arriva dans le séjour, où un feu crépitait dans la cheminée. Lara raffolait de l’odeur du bois qui brûlait, elle adorait la sensation de chaleur que dégageait le spectacle des flammes mordant les bûches.
Son intérieur était décoré avec soin, dans un style très « cosy ». Elle aimait se sentir bien chez elle, et espérait de tout cœur qu’il en était de même pour ses visiteurs. Rares étaient les privilégiés auxquels elle donnait accès à son cocon.
Elle se dirigea vers la cuisine séparée du séjour par un îlot central et ouvrit son réfrigérateur. Comme bien souvent, elle se rendit compte que son contenu était bien maigre. Elle se contenterait d’un peu de fromage après un bol de soupe « carottes, pommes de terre », sa recette favorite.
Elle se prépara, comme elle en avait l’habitude, un petit plateau, qu’elle placerait sur ses genoux pour grignoter en regardant la télé. Elle savait qu’elle ferait mieux de se mettre à table, mais elle préférait le côté douillet de son sofa.
Une fois son repas avalé, elle rangea sa vaisselle et se dirigea dans la salle de bains et fit couler une eau bien chaude dans sa baignoire. Elle y ajouta des sels parfumés aux essences de patchouli, lavande et mélisse, et alluma quelques bougies qu'elle plaça sur le rebord. Le parfait cocktail pour se détendre. Elle se fondit doucement dans l’eau chaude.
Elle ne verrait pas l’enveloppe qui venait d’être glissée sous sa porte d’entrée, à l’autre bout de son appartement, et ne la découvrirait que le lendemain à son réveil.
Sasha, confortablement installé chez lui après un week-end d’astreinte, pensait à la jeune femme qui avait failli être violée sous ses yeux en février.
Il se disait que c’était une chance qu’il ait eu le courage de crier, et ainsi de faire filer l’agresseur, mais il déplorait que celui-ci n’ait jamais été arrêté par la police pour rendre compte de ses actes.
Il se souvint de la terreur qu’il avait lue dans le regard de Lara – il lui semblait que son prénom était Lara –, mais n’en savait guère plus, ce qu’il regrettait.
Il avait attendu avec elle l’arrivée des agents, avait livré son témoignage, puis s’en était allé à la demande des policiers qui avaient pris Lara en charge.
Il aurait apprécié d’avoir de ses nouvelles, et il espérait, au fond de lui, que tout se passait bien pour elle désormais, qu’elle s’était remise de ses émotions et avait oublié sa peur. Il savait à quel point il était difficile de se relever d’un tel traumatisme.
Sasha, une fois revenu à la réalité, décida d’aller faire un peu de sport. Se dépenser physiquement lui ferait le plus grand bien.
Une fois son jogging et ses baskets enfilés, il s’orienta en direction du Parc de la République. Le jardin n’était pas très vaste, mais il était chargé d’histoire, et Sasha aimait aller y courir. Il adorait prendre le temps de récupérer en s’allongeant sous les ginkgos bilobas centenaires qui, d’après la légende, auraient été offerts par un empereur japonais vers 1880. Au printemps, il se ressourçait sous les magnolias fleuris.
Il se souvint que c’est en 1919 que cet endroit avait été nommé « Place de la République » et que le monument aux morts, situé au centre, avait quant à lui été érigé en 1936. Il lui plaisait de connaître l’origine de ces lieux qu’il affectionnait tout particulièrement, l’énergie dégagée par ceux-ci représentant bien souvent une source de bien-être.
De retour chez lui, il se sentait totalement détendu et bien dans sa peau. Une bonne douche lui permettrait de continuer sa journée dans le meilleur état d’esprit possible pour s’occuper de sa correspondance.
Il est vrai qu’hormis les affaires les plus urgentes, il s’était laissé quelque peu déborder ces derniers temps, et il avait du pain sur la planche.
Lara se réveilla tôt ce matin-là. Elle avait eu une nuit agitée, comme souvent depuis son agression. Elle se dit que si la météo qui avait été annoncée la veille se confirmait, elle n’aurait aucun scrupule à aller faire une sieste dans l’après-midi. Elle n’avait pas d’obligations ce jour-là.
Se rendant à la cuisine pour se faire couler un café, elle remarqua quelque chose au sol, devant la porte.
Elle se dirigea vers ce qui semblait être une enveloppe, et la ramassa, la déposant sur l’îlot central. Elle regarderait son contenu quand elle boirait son latte, mais elle se demandait ce qu’elle pouvait bien renfermer. Les lettres étaient généralement déposées dans la boîte qui leur était réservée, en bas de l’immeuble. C’était étrange.
Elle saisit sa tasse, s’assit sur un tabouret de bar, à la hauteur du plan de travail, et attrapa le pli. Seuls son nom et son prénom se trouvaient inscrits sur l’enveloppe, d’une écriture calligraphiée.
Elle l’ouvrit avec précaution et sortit le papier qui était à l’intérieur, pensant qu’il s’agissait d’une invitation. Quelle méprise…, c’était tout sauf un courrier festif ! Elle jeta le carton sur la table et saisit son téléphone.
— Manon, il m’a retrouvée.
— Bonjour ma belle. Au son de ta voix, je ne te demande pas comment tu vas. Que se passe-t-il ?
— Manon, mon… mon agresseur, il m’a envoyé une carte.
— Comment ça ? Calme-toi et raconte-moi ce qui t’arrive.
Lara narra à son amie ce qu’elle avait découvert.
— Il faut que tu contactes immédiatement la police !
— Tu en es sûre ? Je ne t’en ai jamais parlé, mais j’ai déjà reçu des mails à plusieurs reprises… Je ne m’en étais pas inquiétée plus que ça.
— J’imagine bien. Mais tu ne m’as pas dit ce qui est écrit ?
— Oh, pas grand-chose, juste « Tic-tac, je t’ai retrouvée, patience, ton tour viendra. »
— Et tu trouves que ça n’est pas grand-chose ? Il me semble bien au contraire que c’est à prendre au sérieux, tu ne crois pas ?
— Je… je suis totalement désemparée, je ne sais pas quoi faire.
— Tu vas remettre ce courrier au poste de police le plus proche, et, dès que ce sera fait, tu me rejoindras ici. Tu ne peux pas rester chez toi avec une telle menace sur ta tête.
— Manon, je ne suis pas sûre d’avoir la force de conduire jusqu’à Mulhouse.
— Je comprends. Alors, c’est moi qui viens !
Et Manon raccrocha, ne laissant pas le temps à son amie de rétorquer, car elle savait qu’elle essaierait d’esquiver sa visite.
Lara, dévastée par la peur, se prépara afin de se rendre au poste. Elle se demandait comment elle allait y arriver, elle qui ne sortait plus seule depuis son agression. Or le message qu’elle venait de trouver n’était pas fait pour la rassurer.
Elle se remémora ce fameux de soir de février. Une fois sa déposition enregistrée, le commandant qui s’en était chargé lui avait remis sa carte de visite. Elle ne se rappelait même pas le patronyme de cet homme.
Elle commença à chercher dans tous les recoins de son appartement. Il fallait absolument qu’elle retrouve les coordonnées de ce policier. Elle pourrait simplement lui téléphoner pour lui expliquer ce qui s’était passé, ce qui lui permettrait de rester chez elle en attendant l’arrivée de Manon.
Après plusieurs minutes de quête infructueuse, elle s’assit sur son canapé pour réfléchir. Il était inutile de retourner son appartement, mieux valait être rationnelle, elle n’en retrouverait que plus vite ce fameux morceau de carton.
Tout à coup, elle se souvint qu’elle avait rangé toutes les affaires qu’elle portait sur elle ce jour-là dans une vieille boîte à chaussures qu’elle était allée déposer dans son grenier.
Lara alla la prendre, et l’ouvrit. Le contenu ne fit qu’augmenter son anxiété : ses talons aiguilles dont l’un avait été cassé sur les pavés, sa pochette en strass, sa robe de cocktail et sa petite cape bordée de fausse fourrure. Tous ces objets lui remémoraient cette terrible soirée. Au fond, caché par la bandoulière de son sac, elle repéra enfin le bristol qu’elle avait tant hâte de trouver. Toutes les coordonnées du commandant Braque y figuraient.
Elle redescendit pour aller s’emparer du téléphone et composer le numéro, espérant qu’elle n’aurait pas à tout expliquer à nouveau. Revivre ce traumatisme en pensée la faisait frémir, devoir le relater s’avérerait plus difficile encore.
— Commandant Braque, que puis-je pour vous ?
— Bonjour Commandant. C’est Lara Mayer. Vous souvenez-vous de moi ?
— Mademoiselle Mayer ! Bien sûr ! Comment allez-vous ? Que me vaut le plaisir de votre appel ?
— Il m’a retrouvée.
— Comment ça, il ? De qui parlez-vous ?
— Mon agresseur. J’ai trouvé, glissée sous ma porte d’entrée, une enveloppe avec un mot de sa part.
— Mais comment est-ce possible ? Avez-vous eu d’autres messages auparavant ?
— Oui, j’ai reçu quelques mails. Mais je n’y avais pas accordé d’importance.
— Vous auriez dû m’en informer tout de suite. Les menaces, quelles qu’elles soient, doivent être prises au sérieux, Mademoiselle Mayer.
— Sans doute, mais je ne voulais pas vous déranger pour si peu.
