Erhalten Sie Zugang zu diesem und mehr als 300000 Büchern ab EUR 5,99 monatlich.
Ce roman répond spécifiquement aux besoins des adolescents primo-arrivants, qui apprennent le français langue étrangère, et favorise leur intégration scolaire. Il convient également à l'enseignement différencié. Accompagné d'exercices ludiques !
L’écriture de ce roman évolue de chapitre en chapitre, au rythme de l’apprentissage en classe.
- Chaque chapitre aborde un point de grammaire particulier ou propose une phase de renforcement.
- Le roman plaît aux jeunes parce qu’il leur parle de leur vécu mais aussi parce qu’une intrigue vient pimenter ce quotidien qu’ils connaissent bien.
En annexe, un dossier pédagogique comprenant :
- des exercices de renforcement des acquis
- des exercices ludiques permettant de vérifier la bonne compréhension du roman.
- de pages documentaires favorisant une découverte culturelle de nos régions.
Un texte testé auprès de plusieurs groupes de jeunes primo-arrivants.
EXTRAIT
Moustafa, Jana, Kiti, Jafer et les autres sont en classe « passerelle » : ils arrivent du Maroc, de Bulgarie ou d’ailleurs et ne parlent pas français. Ils vont suivre durant quelque mois un programme de cours particulier pour leur permettre d’apprendre le français et ensuite intégrer chacun la classe qui correspond à son niveau.
Dès qu’il la voit, Moustafa tombe amoureux de Jana, si belle, mais si incompréhensible et parfois si distante.
Et puis, il y a les cours et… le mystère Herbecq ! Qu’est-il arrivé au professeur de sciences, brusquement absent de l’école ?
Jordan Herbecq, est souvent en retard. Un jour, dans la précipitation, il laisse tomber son cartable dans l’escalier et Moustafa aperçoit parmi ses papiers un étrange objet.
Quelque temps plus tard, M. Herbecq s’évanouit en plein cours, puis disparaît durant des semaines…
Que lui est-il arrivé ? Un empoisonnement ? Une séquestration ? Des hypothèses voient le jour – son altercation avec le prof d’histoire-géo est-elle à l’origine de sa disparition ? Les élèves enquêtent… jusqu’à l’assaut final du bureau du directeur de l’école.
À PROPOS DE L'AUTEUR
Titulaire d'un master en langues et littératures romanes,
Olivier Hecquet enseigne en classe passerelle à des élèves primo-arrivants scolarisés en français.
À PROPOS DE LA COLLECTION
TEXTE + DOSSIER
La collection
Texte dossier propose des textes littéraires contemporains accompagnés de dossiers pédagogiques.
En revisitant des œuvres classiques, ces textes actualisent des questions universelles qui touchent à la société, à l'homme, à la vie.
Sie lesen das E-Book in den Legimi-Apps auf:
Seitenzahl: 175
Veröffentlichungsjahr: 2017
Das E-Book (TTS) können Sie hören im Abo „Legimi Premium” in Legimi-Apps auf:
Pour toute information sur notre fonds, consultez notre site web :www.deboeck.com
© De Boeck Education s.a., 2011 Fond Jean Pâques 4, b-1348 Louvain-la-Neuve
EAN 978-2-8041-9588-5
Cette version numérique de l’ouvrage a été réalisée par Nord Compo pour De Boeck Education. Nous vous remercions de respecter la propriété littéraire et artistique. Le « photoco-pillage » menace l’avenir du livre.
Dans la même collection
Antigone voilée, François Ost (Texte + Dossier Théâtre)
Apologie de Mélétos, Gernot Lambert (Texte + Dossier Théâtre)
Lundi 10 septembre, 7 h 30. Moustafa est dans le bus. Il va à l’école. Dans son cartable, il a un bic, des feuilles de papier et un GSM. L’école est à Namur. Où est Namur ? L’école est petite ou grande ? Qui est le professeur ? Et les élèves ? Moustafa ne sait pas : c’est le premier jour d’école.
8 h 05. Moustafa est à l’école. Il y a beaucoup d’élèves ! 1000, 2000 ? Beaucoup ! Une professeure arrive.
– Bonjour !
– Bonjour, Madame !
– Venez avec moi, nous allons en classe.
La classe est petite. Il y a 9 élèves : 5 filles et 4 garçons. 2000 élèves dans l’école et 9 élèves dans la classe ! Ce n’est pas beaucoup…
– Bonjour, tout le monde ! Je m’appelle Madame Luikmans. Je suis la professeure de français. Et toi, comment tu t’appelles ?
La professeure regarde Moustafa.
– Je m’appelle Moustafa. Moustafa Koubib.
– Quelle est ta nationalité ?
Moustafa comprend « nationalité » :
– Maroc.
– Non. « Je suis marocain ». Moi, je suis belge. Et toi, quelle est ta nationalité ?
La professeure ne comprend pas ? Il dit sa nationalité : il vient du Maroc ! Il répète la phrase de la professeure :
– Je suis belge.
– Non. « Je suis marocain. »
Moustafa répète :
– Je suis marocain.
– Bravo ! Moi, je suis belge et toi, tu es marocain. Quel âge as-tu, Moustafa ?
L’âge, Moustafa comprend !
– J’ai 15 ans.
– Bravo !
La professeure écrit au tableau : « Comment tu t’appelles ? Quelle est ta nationalité ? Quel âge as-tu ? » et « Moustafa est marocain. Il a 15 ans. ».
– Où habites-tu ?
Moustafa ne comprend pas. « Habites » ? Qu’est-ce que c’est ? La professeure dessine une maison au tableau.
– C’est une maison. Tu comprends ? Où est ta maison ? Moi, j’habite à Bruxelles. Et toi, où habites-tu ?
Moustafa répète les mots de la professeure :
– J’habite à Bruxelles… Non ! Yvoir ! J’habite à Yvoir.
– Bravo, Moustafa ! Très bien ! Et toi, comment tu t’appelles ?
La professeure regarde un autre élève. Moustafa a fini. Il est content. Il n’écoute pas. Il répète : « Je m’appelle Moustafa, je suis Maroc… Non ! Je suis marocain, j’ai 15 ans, j’habite à Yvoir… Je m’appelle Moustafa, je suis marocain, j’ai… ».
La professeure écrit les questions au tableau, et le nom, la nationalité, l’âge et la ville des élèves. Moustafa n’écoute pas. Il regarde les autres élèves. 5 filles et 3 garçons… 5 filles… Moustafa regarde une fille. Une fille, waw ! Une belle fille ! La professeure regarde la belle fille :
– Et toi, comment tu t’appelles ?
– Je m’appelle Jana.
Moustafa répète : Jana… Jana… Jana…
Jana. Moustafa regarde Jana. Il n’écoute pas la professeure…
Vendredi 14 septembre. Moustafa parle un peu français. Il va tous les jours à l’école. Il a un cartable avec beaucoup de choses : un journal de classe, un classeur, des feuilles de papier, un crayon noir, une gomme, des bics, des ciseaux, de la colle, une perforatrice… C’est beaucoup ! Madame Luikmans demande de venir avec tout à l’école.
Après cinq jours à l’école, Moustafa connait le nom de tous les élèves de la classe : Albert, Fitim, Ali, Dawoud, Julia, Carla, Kiti et… Jana. Tous les professeurs demandent le nom, la nationalité, l’âge et la ville des élèves. Moustafa sait que Jana a 15 ans. Elle est née le 2 janvier 1996 à Sofia. Sofia est une ville de Bulgarie. Où est la Bulgarie ? En Europe ? En Asie ? Moustafa ne sait pas. Il sait que Jana habite à Namur avec papa et maman. Et il sait qu’elle est belle comme une Porsche !
Moustafa comprend les questions des professeurs. Il ne parle pas beaucoup. Comprendre, c’est facile ; parler, c’est difficile. Il n’aime pas beaucoup parler ; il écoute beaucoup.
10 h 05. Le cours de français est fini. Après la récréation, c’est le premier cours de sciences. Moustafa ne sait pas qui est le professeur de sciences. Il va dans la cour de récréation. Avec Albert et Fitim, il écoute de la musique et regarde les filles. Moustafa regarde une fille : Jana…
10 h 20. Le professeur de sciences n’est pas là. Tous les élèves partent en classe mais pas le groupe de Moustafa. À 10 h 30, l’éducatrice arrive. Elle s’appelle Madame Lupstein :
– Le groupe 1 ! Vous écoutez ? Bonjour ! Monsieur Herbecq arrive mais il a du retard. Venez avec moi en classe.
Monsieur comment ? Erbac ? Comment s’appelle le professeur ? En Belgique, les noms sont difficiles à comprendre ! Madame Lupstein, Madame Luikmans et Monsieur Erbac ! C’est difficile !
Moustafa va en classe avec le groupe. Il est derrière, il parle avec Dawoud :
– J’ai un GSM. Et toi ?
– Moi, j’ai un MP3. C’est pour écouter de la musique !
C’est super !
Moustafa regarde Jana. Elle est devant, à côté de l’éducatrice. Moustafa parle avec Dawoud et il pense : « Comment parler avec Jana ? »…
En classe, l’éducatrice attend le professeur avec les élèves. Elle est au bureau du professeur. Elle parle avec les élèves.
– Comment ça va, à l’école ? Pas de problème ?
Albert répond :
– Ça va, Madame… Le français, c’est facile ! Moi, je parle russe, tchétchène, anglais et un peu français. Do you speak English ?
– Albert, à l’école, les élèves et les professeurs parlent français, d’accord ?
Jana demande :
– Excusez-moi, Madame… Comment s’appelle le professeur de sciences ?
– Monsieur Herbecq. C’est un nom difficile ? Attends, j’écris au tableau…
L’éducatrice écrit le nom au tableau : H, E, R, B, E, C, Q… La porte s’ouvre et un homme entre dans la classe. Mais… C’est le professeur ? Il est chinois !
Monsieur Herbecq est un professeur bizarre. Il est chinois. Un professeur chinois en Belgique, c’est bizarre, non ? Et Monsieur Herbecq ne pose pas les questions des autres professeurs (« Comment tu t’appelles ? Quel âge as-tu ? Quelle est ta nationalité ? »)… Non, pas de questions ! Il regarde la liste des présences et demande :
– Jana Avinova ?
– Présente, Monsieur.
– Fitim Be… Bektashi ?
– Présent.
– Julia Alimi ?
– Présente.
– Albert Inaev ?
– Je suis là, Monsieur.
– Ali Kazan ?
Pas de réponse.
– Ali Kazan ?
– Il est malade, Monsieur.
Le professeur appelle tous les élèves. Après, il se lève :
– Bien. Je suis Monsieur Herbecq, le professeur de sciences. Aujourd’hui, nous étudions le corps humain.
Le professeur donne une feuille aux élèves. Sur la feuille, il y a le dessin d’un homme et d’une femme. Mais… Ils n’ont pas de vêtements ! Est-ce que le professeur est fou ? Ali lève la main pour parler :
– Monsieur… La femme… Elle n’a pas de vêtements…
– C’est vrai. Il y a un problème ? Nous étudions le corps, pas les vêtements. En Belgique, donner le dessin d’une femme nue au cours de sciences, ce n’est pas un problème. Est-ce que vous savez écrire le nom des parties du corps humain ?
Oui, le professeur est fou ! Une femme nue ! Une femme sans vêtements !
Albert connait beaucoup de mots : les mains, les bras, les jambes, la tête… Le professeur écrit les mots au tableau. Après, il étudie avec les élèves.
Midi. Le cours est fini.
– La semaine prochaine, test ! Vous étudiez à la maison, d’accord ?
– Au revoir, Monsieur ! À la semaine prochaine…
Tous les élèves sortent. Moustafa est le dernier. Non, derrière, il y a… Jana. Moustafa attend un peu… Dans le couloir, il parle avec elle :
– Le professeur est fou, non ? Une femme nue ! Et il est chinois !
– Oui, il est chinois. Tu as un problème avec les Chinois ?
– Euh… Non. Mais nous sommes en Belgique, non ? Euh… Tu es bulgare, toi ? Moi, je suis marocain.
– Oui, je sais.
– … Il est midi. Qu’est-ce que tu manges ?
– Du pain avec du fromage. Et toi ?
– Je ne sais pas. Je mange les tartines du centre. Attends, je regarde… Oh, non ! Il y a du jambon dans mes tartines !
– Tu n’aimes pas le jambon ?
– Jana, je suis musulman ! Je ne mange pas de jambon !
– Tu veux les tartines au fromage ? Et moi, je mange le jambon.
– Oui, merci ! Tu… Tu manges avec moi ?
– Non, je mange avec Kiti et Julia. À tout à l’heure.
Jana part, Moustafa est seul. Il est triste mais il a les tartines de Jana ! Waw ! Les tartines de Jana ! Jana est loin dans les escaliers, il crie :
– À tout à l’heure ! Et merci pour le repas !
Nous sommes le lundi 24 septembre. La journée commence avec le cours de français de Madame Luikmans.
– Bonjour, tout le monde ! Comment ça va ? Et le week-end ? Qu’est-ce que vous faites à la maison ? Toi, Julia, que fais-tu le weekend ?
– Moi, je regarde la télévision.
– Très bien. Et quoi d’autre ?
– Euh… Je dors beaucoup…
– Oui, apprendre le français est fatigant. Et toi, Kiti, qu’est-ce que tu fais le weekend ?
– Moi, je… C’est un sport…
– Tu ne connais pas le mot ? Montre-nous avec les mains.
Kiti a les mains devant, derrière, devant, derrière…
– Ah ! De la natation ! Tu fais de la natation ! Tu aimes nager ! Et toi, Albert, est-ce que tu fais de la natation ?
Albert est intelligent : il répète bien les phrases et change les mots :
– Non, moi, je fais de la basket…
– Tu fais du basket.
– Oui, je fais du basket. Et je regarde les matchs de basket à la télé.
– Et toi, Moustafa, tu fais du sport ? Qu’est-ce que tu aimes ?
Moustafa n’aime pas le sport. Le weekend, il ne fait pas de sport, il joue de la guitare électrique, il joue à l’ordinateur et il lit des livres en arabe. Mais il dit autre chose :
– Moi, je fais de la boxe. Mon père est champion de boxe au Maroc.
Tous les garçons regardent Moustafa avec des grands yeux. Jana aussi regarde Moustafa… Il est content ! La professeure est étonnée :
– De la boxe ? Tu fais de la boxe ?
– Oui. Et dans dix ans, je suis champion ! Comme mon père !
– D’accord, d’accord… Et toi, Ali, qu’est-ce que tu fais après l’école ? Tu aimes le cinéma ? La musique ?…
À midi, tous les élèves mangent dans la cour. Moustafa regarde dans ses tartines : « Du jambon, s’il vous plait ! Du jambon ! Pour donner mes tartines à Jana et manger son repas ! ». Il regarde : non, c’est du poulet…
À côté de Moustafa, Ali parle avec un grand garçon du groupe 3. Moustafa ne connait pas le garçon. Il connait son nom : Jafer. C’est tout. Moustafa entend le mot « boxe » une fois, deux fois…
– Eh, toi ! Tu aimes la boxe ?
Jafer est devant Moustafa. Il regarde son visage, ses yeux : il n’est pas gentil.
– Oui…
– Moi aussi, je fais de la boxe. Tu as envie de boxer ?
À deux, maintenant… Ah ah ah !
Jafer rit. Il rit de Moustafa. Lui, il a peur : de la boxe avec Jafer, dans la cour ? Devant tous les élèves ? Devant Jana ?
– Quoi, tu as peur ? Ah ah ah ! Tu as peur ? Tu n’es pas le fils d’un champion ?
– Je n’ai pas peur ! Viens ! Viens !
Moustafa a les mains fermées devant le corps. Jafer aussi. Tous les élèves sont à côté, devant et derrière les deux garçons.
– O.K., fils de champion…
Jafer arrive, il…
– Eh, vous deux ! Stop ! Ça ne va pas ? Pas de bagarre à l’école !
C’est Monsieur Herbecq, le professeur de sciences. Il arrive au bon moment pour Moustafa !
– Pourquoi est-ce que vous vous bagarrez ? Dans la cour de récréation ! Vous êtes fous ? Regardez là : il y a un éducateur. Et là : un autre éducateur. Ils ne regardent pas ici, vous avez de la chance ! Une bagarre, c’est deux heures de retenue, minimum !
Jafer a la tête dans les épaules, il regarde le sol : il montre au professeur qu’il est désolé et calme. Mais Moustafa voit son visage : il a le regard méchant… Moustafa pense :
« Ce n’est pas fini. Après les cours… ». Le professeur continue de parler :
– Et la boxe, ce n’est pas comme ça ! Regardez : les jambes bougent, le ventre et le torse sont droits, les bras sont devant le visage. Comme ça… Les mains sont fermées comme ça…
Monsieur Herbecq bouge avec les mains devant le visage, c’est un peu comme une danse.
– Vous comprenez ? Vous bougez comme ça, et après, hop ! Hop ! Vous attaquez !
Mais… Il est fou ! Il apprend la boxe aux élèves !
– Hop ! Hop ! Et paf ! Dans le ventre !
Il est devant Jafer mais il ne touche pas le ventre. Il arrête la main avant. Jafer a un peu peur…
– Et maintenant, paf ! La tête ! Le ventre ! La tête ! Hop ! Hop ! Et vous n’oubliez pas de bouger les jambes !
Tous les élèves et les éducateurs regardent Monsieur Herbecq… Il est fou… Monsieur Farval arrive :
– Jordan, qu’est-ce que tu fais ? ! Jordan ? !
Monsieur Farval est le professeur d’histoire et de géographie. Moustafa n’aime pas beaucoup ce professeur. En classe, il crie fort, il parle vite et il ne rit pas.
– Jordan ? ! Arrête !
– Oh, ça va… Je donne une leçon de boxe à Jafer et Moustafa… C’est un problème ? Ils ne savent pas boxer…
– Tu penses que c’est bien, d’apprendre la boxe aux élèves ? ?…
– Oh, ça va… C’est pas grave… Et vous deux, attention ! Jafer, Moustafa : pas de bagarre à l’école ! Compris ?
– Oui, Monsieur…
– Oui, Monsieur…
– Si je vois une bagarre, j’écris dans votre journal de classe et vous avez deux heures de retenue !
– Pardon, Monsieur…
Monsieur Herbecq part avec Monsieur Farval. Jafer parle avec des élèves du groupe 3, Moustafa va avec les garçons du groupe 1. Les garçons parlent mais Moustafa n’écoute pas. Il pense : « Monsieur Herbecq est très bizarre ! Il fait de la boxe et il est chinois ! Il est chinois et il s’appelle Jordan Herbecq ! “Jordan”, c’est un prénom américain et “Herbecq”, ce n’est pas américain et ce n’est pas chinois ! Il est professeur et quand deux élèves commencent une bagarre, il donne un cours de boxe ! Je ne comprends pas ! »…
Nous sommes le vendredi 5 octobre. Moustafa va à l’école depuis quatre semaines, tous les jours, en bus. Les jours d’école, il se lève à six heures du matin. Il se lave, il s’habille et il mange vite pour ne pas rater le bus. Il arrive à l’école à 8 h 05. Le mercredi, il n’a pas cours. Il peut rester au lit comme le samedi et le dimanche mais le réfectoire du centre ferme à neuf heures. Ces jours-là, pour avoir un petit-déjeuner, il se lève à huit heures et demi.
Maintenant, il connait bien les autres élèves du groupe 1. Albert est tchétchène et il a 16 ans. Il habite dans le centre de Moustafa. Il a une sœur et un frère en Tchétchénie. Le soir, Albert est triste. Moustafa comprend : il est seul en Belgique. Après le souper, Moustafa et Albert travaillent à deux. Après, ils regardent la télé ou vont sur Internet.
Dans la classe, il y a aussi Fitim. Il a 14 ans et il vient du Kosovo. Il a une sœur qui s’appelle Gina. Il a de la chance : sa famille est en Belgique avec lui. Fitim ne travaille pas à l’école. Il a zéro à tous les tests. Julia aussi vient du Kosovo. Elle a 13 ans. En classe, elle parle beaucoup en albanais avec Fitim. Les professeurs n’aiment pas ça. Le grand-père et la grand-mère de Fitim et de Julia sont en Belgique mais pas le père, la mère, les frères et les sœurs. Moustafa ne sait pas combien elle a de frères et sœurs. Elle a aussi des oncles, des tantes et des cousins mais ils sont tous au Kosovo.
Ali et Dawoud sont afghans. Ils sont frères. Ali a 16 ans et Dawoud a 17 ans. Ils parlent très bien anglais. Ils viennent d’Afghanistan. Moustafa ne sait pas où est ce pays. La famille d’Ali et de Dawoud est là-bas.
Carla vient de Colombie. Moustafa n’a pas beaucoup d’informations sur cette fille : elle est toujours malade.
Jana… Moustafa a une information très importante sur Jana : elle est très belle ! Et elle a 15 ans, comme lui. Moustafa sait qu’elle a une sœur et que sa famille est en Belgique. Ils habitent à Namur. Moustafa écoute toujours quand Jana parle : il aime savoir beaucoup de choses sur elle. Elle aime le cinéma, elle fait du vélo et elle joue de la flûte. Il joue de la guitare… Pourquoi ne pas se réunir pour faire un groupe de musique ?…
Kiti est chinoise. Elle a 17 ans. Elle habite à Gembloux, dans un centre de la Croix-Rouge, avec sa mère. Le nom chinois de cette élève est « Zhou ». Beaucoup de Chinois changent de nom en Europe. Et Monsieur Herbecq ? Comment s’appelle-t-il ? Jordan ou… Wang ? Tchang ?
Monsieur Herbecq… Cet homme est un mystère. Moustafa se pose des questions. Est-ce qu’il est chinois, belge ou américain ? Fait-il de la boxe chinoise ou anglaise ? Ce matin, à 10 h 20, il a deux heures de sciences avec ce professeur. Moustafa a une idée pour connaitre sa nationalité…
À 10 h 05, à la récréation, Moustafa parle avec Kiti :
– Eh, Kiti ! Tu as une minute pour moi ?
– Oui, Moustafa. Tu as un problème ?
– Non, j’ai une chose à demander… Tu sais que maintenant, c’est le cours de sciences, avec Monsieur Herbecq… S’il te plait, c’est possible pour toi de parler chinois avec lui ?
– Chinois ? Pourquoi ?
– Pour connaitre sa nationalité.
– Ah ! Tu n’es pas stupide ! D’accord. En classe, je dis bonjour au professeur dans ma langue !
À 10 h 20, Monsieur Herbecq n’est pas là. Madame Lupstein va en classe avec le groupe 1 mais le professeur arrive avant qu’elle ferme la porte.
– Excusez-moi, Caroline, je suis en retard. Merci beaucoup…
Caroline, c’est le prénom de Madame Lupstein.
– Pas de problème, Jordan… Tout ton groupe est là. Bon, je retourne à mon bureau, j’ai beaucoup de travail. À tout à l’heure !
Le professeur entre dans sa classe et dit bonjour aux élèves. Kiti répond :
– 你 好
Monsieur Herbecq regarde la fille avec des grands yeux étonnés.
– Kiti ? Pourquoi parles-tu dans ta langue ? Tu sais qu’en classe, tout le monde parle français.
– C’est… C’est pour savoir… Vous êtes chinois ?
Le professeur sourit.
– Je viens de Chine, comme toi. Mais je suis belge. On commence le cours ou avez-vous d’autres questions ?
