Le Roi de Bréhat - Yolande Catelain Robion - E-Book

Le Roi de Bréhat E-Book

Yolande Catelain Robion

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Beschreibung

Comment un petit chien des villes va devenir le roi de Bréhat ?
Il ne faut jamais se fier aux apparences, parfois, elles sont trompeuses !
Et la vie réserve bien des surprises.
Wolf nous montre que dans les circonstances les plus dramatiques, il ne faut jamais baisser les bras et toujours garder espoir.

À PROPOS DE L'AUTEURE

Yolande Catelain Robion, auteure et illustratrice de romans jeunesse, s’identifie à une locomotive qui emmène dans ses wagons les lecteurs au pays de l’imaginaire où l’amour déferle comme un tsunami sur les êtres maléfiques.

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Seitenzahl: 38

Veröffentlichungsjahr: 2020

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Cet ouvrage a été composé et imprimé en France par Libre 2 Lire

www.libre2lire.fr – [email protected], Rue du Calvaire – 11600 ARAGON

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

ISBN papier : 978-2-38157-090-7ISBN Numérique : 978-2-38157-091-4

Dépôt légal : 2020

© Libre2Lire, 2020

Yolande CATELAIN-ROBION

Le Roi de Bréhat

Poussés par un vent froid, les badauds s’empressaient de rentrer chez eux, sans même regarder l’homme assis par terre à l’abri du porche. Tout son corps tremblait dans ses vêtements usés. Il avait le visage terne, les traits creusés par une vie misérable, qu’il partageait avec une pauvre bête aussi maigre que lui. Sur notre passage, son compagnon d’infortune se leva et nous fixa. Azénor et Océane attirées par la puissance de son regard, s’approchèrent de l’animal.

— Il n’est pas méchant ! dit l’homme en se redressant, surpris de l’intérêt que nous lui portions.

Après avoir caressé le chien, les deux petites filles remarquèrent le chapeau posé à même le sol et désespérément vide. Attristées, elles y déposèrent une multitude de pièces amassées jour après jour et destinées à s’offrir quelques friandises. Le garçon répondit par un sourire qui malgré tous ses efforts ressemblait à une triste grimace. Puis, le cœur un peu lourd, la maman et ses deux filles remontèrent la rue de Siam. Envahie par ses pensées, Azénor se laissa emmener sans s’en rendre compte, mais au bout d’un moment, elle demanda.

— Maman, pourquoi ce chien nous regardait-il ainsi ?
— Eh bien, vois-tu ma chérie, il y a dans les yeux des chiens de clochard l’espoir, parce qu’ils connaissent l’histoire.
— Laquelle ? Maman, dis-nous !
— C’est une très belle histoire, si vous êtes sages, je vous la raconterai ce soir.

Au cours du dîner, Azénor et Océane eurent un appétit vorace. Sans rechigner, elles terminèrent leur assiette de soupe et réclamèrent la suite du repas qu’elles consommèrent dans un recueillement absolu. Ni bagarre ni bouderie ne s’ajoutèrent au menu. Puis, lorsque tout fut raclé, nettoyé, Azénor et Océane demandèrent la permission d’aller dans leur chambre. Leur papa me regarda étonné de constater par je ne sais quel miracle, la transformation de nos diablotins en anges. Dans l’éventualité de nouvelles bêtises, je décidais d’en surprendre les auteurs. Mais à ma grande surprise, je vis les petites blotties l’une contre l’autre, sages comme des images.

— Vous n’avez pas sommeil, les enfants !
— Non, maman ! Nous attendons « l’histoire ».
— Ah, je comprends maintenant !

Je m’installais confortablement à leurs côtés, pris une profonde respiration. Elles étaient suspendues à mes lèvres, attentives, la bouche entrouverte, ne laissant échapper qu’un souffle lent et régulier.

Alors, je commençais…

Il faisait encore nuit lorsque Eugène sortit de chez lui, étriqué dans un costume qu’il réservait pour les grandes occasions. Il manquait d’aise et le cuir de ses chaussures lui coupait les pieds. Puis, au premier coup de vent, ses cheveux peignés avec soin reprirent leur liberté. Il jeta sur son épaule le sac contenant le casse-croûte et marcha d’un pas ferme décidé à ne pas rater le bateau. En chemin, une bande de fêtards lui cria :

— Eh ! Gégène, viens boire un verre avec nous à la santé de la nouvelle année.

Mais fermement, il repoussa l’invitation, sa sœur l’attendait ! Cela ne se faisait pas de faire patienter la famille, surtout un jour comme celui-là. Les vœux, c’étaient sacrés, il fallait les présenter le jour même, sinon, cela ne comptait pas ! Eugène continua à développer ses idées jusqu’au port. Par chance, la mer était haute, il n’y avait pas trop de chemin à parcourir pour embarquer à bord de la Messaline. Le capitaine sourit en accueillant son premier passager, il lui tapa amicalement sur le dos et lui dit :

— Alors Gégène, tu vas à Saint-Brieuc ?
— Oui, mais je serai de retour ce soir.
— Si le temps le permet ! répond le second en riant.

Le capitaine connaissait les appréhensions d’Eugène à quitter Bréhat, alors il le rassura.

— Les prévisions météorologiques sont bonnes, n’écoute pas ce grand dadais, il raconte n’importe quoi !

Les manœuvres accomplies, le bateau s’éloigna doucement de l’île endormie, laissant dans son sillage une écume blanche qui dansait sur les vagues éclairées par la lune.

Sur le continent, le car pour Paimpol attendait. Eugène fut encore le seul à bord.

—