Les aventures de deux oursons - Nadia Chambon - E-Book

Les aventures de deux oursons E-Book

Nadia Chambon

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Beschreibung

As-tu rêvé un jour de vivre en forêt ? De décrouvrir des grottes habitées par d'étranges créatures et de connaître de folles aventures ? Oui ? Alors tu tombes à pic ! Suis pas à pas, au fil des pages, les deux oursons malicieux DADJOU et ARCOU qui passent partout et ne craignent rien du tout, sauf qu'ils n'avaient pas prévu tout ce qui allait leur arriver...

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Seitenzahl: 54

Veröffentlichungsjahr: 2024

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À tous les miens

Table des matières

Première branche

Deuxième branche

Troisième branche

Quatrième branche

Cinquième branche

Sixième branche

Septième branche

Huitième branche

Neuvième branche

Dixième branche

Onzième branche

Douzième branche

Treizième branche

Quatorzième branche

Quinzième branche

Seizième branche

Dix-septième branche

Dix-huitième branche

Dix-neuvième branche

Vingtième branche

Vingt et unième branche

Vingt-deuxième branche

Vingt-troisième branche

Vingt-quatrième branche

Première branche

Remue-ménage

DADJOU passait le plus clair de son temps à chercher sa nourriture dans la nature. Comme tous les ours, les signaux d’alerte autour de lui ne trompaient pas son subtil odorat : une brindille de sureau, une giroflée ou une grappe de myrte, faisait frétiller son museau. Il aime les senteurs corsées. Dans le sous-bois avec sa patte brune, armée de griffes, il creuse des trous et laisse des perles de résine d’acacia ou de sapin pour les autres petites bêtes de la forêt. Il est très généreux. Pas pour les perles de miel ! C'est son brin de folie ! Il s’en régale tout de suite. Cent fois, il recommence les mêmes gestes, il est perfectionniste et méticuleux. DADJOU est aussi très propre. Toutes les brindilles lui servent de balai. Il fait le ménage partout où il passe.

- Ah ! Tu ne le savais pas ?

- As-tu remarqué qu’il passait souvent sa patte derrière son oreille ?

- Non, ce n’est pas comme le chat qui annonce le mauvais temps qui arrive… Tu as dû lire cela dans les Contes du Chat Perché. Alors pourquoi fait-il ça ? Pour annoncer un danger ?

- Tiens ! Un bruit curieux du côté de la rivière…

Il humait l’air…

- Qui chassait donc sur son terrain ? Il était bien loin de s’imaginer ce qui l’attendait.

Deuxième branche

L’antilope danseuse

Aussi belle qu’une amazone, une antilope sur les rochers moussus se désaltérait près d'une rivière. DADJOU restait médusé par cette créature de rêve. Le temps soudain s’était arrêté. Il se pourléchait le museau. Pas pour la croquer comme une souris de bal, mais au contraire, pour la contempler comme une image. Il ne pourrait jamais tuer une aussi belle bête, sauf vraiment en cas de disette. Souple, à la fois danseuse et chasseuse, elle lui offrait un spectacle magique. De son œil malicieux, il la suivait avec gourmandise. Elle ne soupçonnait pas sa présence. La lumière qui filtrait à travers le bois lustrait ses flancs avec élégance.

Elle agitait son encolure à chaque touffe de lichens qu’elle arrachait au sol humide. DADJOU restait immobile derrière le tronc d’arbre et son instinct le poussait à en gratter l’écorce. Soudain l’antilope leva la tête ; à l’écoute du moindre bruit, elle détala comme un éclair ! Dépité, il venait de perdre son joyau ; il se recroquevilla sur un enchevêtrement de racines tordues et reprit son passe-temps favori. Coups de griffes, coups de pattes, il grattait comme un besogneux, il n’avait pas envie de bouger sa masse de chair et de poils. Il se sentait trop lourd. Pourquoi la nature l’avait façonné si imposant. Lui aussi aurait bien voulu quitter sa peau.

- Et toi, il t’arrive parfois de vouloir te transformer ?

- En quoi par exemple ?

- En dauphin ? En papillon ? En aigle ?

DADJOU était parti dans un nouveau rêve et une belle occasion allait se présenter.

Troisième branche

À chacun sa tanière

À la tombée du soir quand les oiseaux chantent leurs plus belles vocalises, ils annoncent qu’il est temps de préparer sa nuit. On n’improvise pas n’importe quelle cachette sur le territoire d'une autre espèce que la sienne.

- Alors comment font les bêtes de la forêt ?

Tout commence par un grand ramdam. Ça cavale dans tous les sens. Il n’y en aura pas pour tout le monde. Les bêtes laissent des traces partout. Un peu comme si tu dessinais à la craie des points de repère pour savoir que tu es passé par là. Pas des petits cailloux, ça ne suffit pas comme dans les contes. C’est trop risqué. Chacun a sa technique. L’antilope saute de rochers en talus et ses petits sabots sont comme des marqueurs invisibles à tes yeux, mais pas pour les autres animaux. Le yack se roule jusqu’en bas des versants, perdant ainsi un peu de ses poils. Le rapace tournoie dans la vallée pour repérer les cavités dans les roches saillantes.

- Et le loup que fait-il ? Hum…

Figure-toi comme l’hyène, il urine… Ce n’est pas très élégant, mais efficace, parce que ça sent mauvais.

Et DADJOU, lui, il gratte l’écorce des grands arbres en se faisant les griffes. Ce n’est pas très écologique, et pourtant, quand il le fait, il rend service au pivert qui se nourrit de petits insectes rampants. Tu vois, tout a une raison d’être. Mais pas quand le chasseur tue un animal pour en faire une descente de lit.

En attendant, la lumière du jour baisse et on voit des ombres aux détours des sentiers.

- Dépêche-toi DADJOU !

Quatrième branche

La bosse de l’arbre

DADJOU avait pris le chemin des crêtes, il arpentait lourdement un versant abrupt. Il cherchait un tronc d’arbre creux. Il en repéra un, mais habité par un plus petit que lui. Rien de bien méchant, juste une musaraigne au museau pointu qui tenait un gros ver de terre entre ses dents. Le plus petit s’en va et le plus fort reste. DADJOU se blottit au pied de l’arbre qui, maintenant, avait comme une grosse bosse.

- Mais non ! Cette bosse ne fait pas peur.

- C’est comme dans le livre du Petit Prince de St Exupéry, tu te souviens ? À un moment, un serpent boa a avalé un éléphant.

- Si, si, c’est une histoire vraie !

Les boas avalent toujours leur proie tout entière sans la mâcher. Eh bien là, l’image est presque pareille. C’est le seul arbre à bosse de cette forêt. Toi, tu comprends ça, parce que tu es un enfant… Et des images, tu en as plein la tête. Quand Jules Renard dit que : « Dans les bois, il y a des arbres fous d’oiseaux » ou il dit aussi : « La rivière à la chair de poule », pas besoin de te faire un dessin), toi tu comprends tout de suite.

- C’est fatigant les grands, car il faut leur expliquer tout le temps, tu ne trouves pas ? Bon ! Revenons à nos moutons ! Non ! À notre ours.