Les contes déliés de fables et nouvelles. - Sand Canavaggia - E-Book

Les contes déliés de fables et nouvelles. E-Book

Sand Canavaggia

0,0

Beschreibung

Quand un conte est conté, c'est toujours un plongeon dans l'imaginaire profond, celui qui habite nos rêves. La raison probable du choix d'une veillée ou du soir au coucher, quand les esprits sont sur la voie d'un repos, donne à une histoire un large spectre qui habite l'ensemble de la pièce où les mots résonnent. Il ne peut exister d'âge n'ayant pas laissé aller son esprit sur le flot d'une narration de ce genre. Le souhait d'emmener le lecteur sur ces contes déliés au travers d'une réécriture plus ou moins profonde de ces textes. Le désir de remémorer différemment, sous un autre regard, au coeur d'un souvenir remanié de l'enfance. D'un conte dont la notoriété ne se fait plus à ceux d'une culture populaire régionale, une porte vers un inconnu sur la partition de la mémoire.

Sie lesen das E-Book in den Legimi-Apps auf:

Android
iOS
von Legimi
zertifizierten E-Readern
Kindle™-E-Readern
(für ausgewählte Pakete)

Seitenzahl: 119

Veröffentlichungsjahr: 2022

Das E-Book (TTS) können Sie hören im Abo „Legimi Premium” in Legimi-Apps auf:

Android
iOS
Bewertungen
0,0
0
0
0
0
0
Mehr Informationen
Mehr Informationen
Legimi prüft nicht, ob Rezensionen von Nutzern stammen, die den betreffenden Titel tatsächlich gekauft oder gelesen/gehört haben. Wir entfernen aber gefälschte Rezensionen.



Quant au sein de pages, une lecture, on embrasse une morale rimant avec l’espoir.

Sand Canavaggia.

Je voudrais vous remercier chers lecteurs de votre confiance et curiosité.

J’ai souhaité garder l’idée et la rythmique d’écriture des contes. Peau d’âne de Charles Perrault et d’autres histoires populaires, sont ici revisités.

L’esprit ouvert et sensible où chacun trouvera un sens par son émotion. En toute humilité, le souhait de vous avoir touchés d’une autre sensibilité.

Votre propre route de lecture, un autre chemin de sentiment et de passion. Je vous laisse découvrir dans le plaisir de lire, ces quatre contes déliés.

Sand Canavaggia.

SOMMAIRE

PAUVR’ANN

Titre

Préface.

Chapitre 1 — La décision.

Chapitre 2 — Marraine la Fée.

Chapitre 3 — Pauvr’Ann.

Chapitre 4 — Renaissance.

Chapitre 5 — La boulangère.

Chapitre 6 — Ni hasard ni mauvais choix.

Épilogue.

STELLA

Titre.

Chapitre 1 — Prologue.

Chapitre 2 — La renaissance.

Chapitre 3 — Oncle Mazzeru.

Chapitre 4 — La guérison.

Chapitre 5 — L’ingrat.

Chapitre 6 — Stella.

Chapitre 7 — Épilogue-Mazzeru.

LA LÉGENDE DE MAÏCIE

Titre.

Légende.

LA SOUPE DE PIERRE

Titre.

Chapitre 1 — Les yeux clos.

Chapitre 2— Les chemins.

Chapitre 3 — Les gueules cassées.

Chapitre 4 — Les torchons.

Chapitre 5 — Quelques feuilles de chou.

Chapitre 6 — La soupe de Pierre.

PAUVR’ANN

Nous avons en mémoire le conte de Peau d’âne de Charles Perrault, j’en ai ici privilégié la quintessence.

Dans cette fable, la jeune Ann va découvrir un monde au-delà des murs de sa vie et quelque part renaître.

Le croisement de routes, des personnes différentes, dévoilera une facette d’elle pour mieux se connaître.

Dans la résilience et l’acceptation totale de ce qu’elle est au fond d’elle, elle chamboulera son existence.

PRÉFACE

Il est un temps, où la beauté n’a pas d’égale,

Que le corps bien formé, un esprit peu banal,

Chaque publicité en flatte les bienfaits,

À ceux qui n’ont que le doute et la simplicité,

C’est la rue et la faim, qui leur étaient jetées,

De l’abondance à la plus grande pauvreté,

C’est dans les sentiments vides de la richesse,

Que l’on y devine la plus illustre détresse,

Répondant au format des plus avantageux,

De la magnificence, de ces aspects pompeux.

Il n’y a que dédain pour ceux de la terre,

Mais quel ne fut pas ce choix d’en dévoiler les glaires !

Tous, du manant au marchand, rêvent d’y appartenir,

Quand la douce jeune fille ne rêve que d’en fuir.

Il est un temps, où la vie résonne le bonheur,

Dont dans l’illustre paix, ces riches hommes ont horreur.

Il n’y a pas de détresse, que de vouloir rester soi,

Il n’y aura pas de peines à en trouver l’émoi.

Il était une fois, dans une demeure, la douceur d’une mère,

De leur richesse sans fond, n’en fait que des manières,

Elle apprend de gestes simples à cette fille chérie,

Chaque chose ignorée de leur niveau de vie.

Qu’il n’est point de l’argent, mais de riches vertus,

De grandir de l’enfant, de renaître après sa mue.

Sans penser qu’un jour, elle pourrait s’en aller,

Affronter ses lendemains entre souleur1 et gaîté.

Cette fille d’une dame, aux bleus purs de ses yeux,

Au noir de ses cheveux, brillant de mille feux.

La flamme en elle brillait, sous les yeux de son père,

Fut-elle incomprise, dans ce monde délétère.

Ann d’une jeunesse insoumise désire vous démontrer,

Que l’on peut exister très loin d’un mythe parfait,

Du don de quelques lignes où vous vous enivrerez,

Au plaisir de l’histoire de Pauvr’Ann, contée.

1 Souleur : saisissement, serrement de cœur.

1 LA DÉCISION.

Les temps où nous vivons sont austères,

Un instant, regardé par une loupe de verre,

De la famille bien née, des parents amoureux,

Ont vu grandir leur fille d’un regard heureux.

Depuis sa naissance, ils n’ont cessé de penser,

Qu’elle serait bien mariée, grâce à eux argentée,

Une femme, une mère, la douceur souhaitée,

Un père décisionnaire et un cœur à manquer.

Que leur fille si belle puisse avoir de l’esprit,

Une culture et une intelligence bien accomplies.

Elle soigna son instruction et ses différences,

Et de mille façons dévoila son innocence.

Dans son quotidien, elle apprend de sa maman,

Que pour bien des raisons, il n’est pas contaminant,

De côtoyer les pauvres, leur parler un instant.

Ann s’évade de songeries dans son enfermement.

Elle se surprend parfois d’une pensée s’évader,

Mais se ravise, la peur du monde, cette immensité.

Dont elle ne connaît que ses serviteurs, dominés,

Où elle souhaite en découvrir toutes les curiosités.

Parfois, de mots dits, filtrés, avec sa gouvernante,

Mais elle n’a jamais osé être très entreprenante.

Ces appartements si grands, noblement décorés,

Ne donnent de son être que l’âme d’une enfant gâtée.

Son dressing rangé, des toilettes de grands couturiers,

Des chaussures en tel nombre, on ne pourrait les compter !

La cuisinière extravertie lui parle de misère et de faim,

Mais les mets délicieux qui ravissent leur table sans fin,

La tiennent loin de la compréhension de ces réalités.

De son âge grandissant, elle est déjà à la majorité,

Alors, ce monde inconnu, elle ne peut plus l’ignorer,

Son esprit en bataille entre partir à l’aventure ou rester.

Chacun de ses rêves souvent ignorés et dans l’œuf avorté.

Sa mère mit fin aux cours pour annihiler ses désirs cachés.

Sa marraine-Fée, seul lien avec ceux en état d’impécuniosité,

Ceux qu’elle ne connaît pas, qu’elle ne peut fréquenter.

Sa Fée n’est pas très riche et son père l’ignore, condescendant,

Il méprise les choix de sa sœur, de vivre auprès de ces gens.

Elles rient ensemble de choses anodines sur certains de ses clients,

Sa marraine vend des plantes dans un quartier commerçant.

Elle prépare aussi quelques décoctions de médicaments,

Beaucoup se rendent à elle et dépensent leur argent.

Dans une autre époque on l’aurait appelée sorcière,

Pour la jeune femme, elle est une Fée, une seconde mère.

Ce jour l’agitation est là dans la somptueuse maison illuminée,

De nouveaux employés s’activent, nettoient marbres et parquets.

La cuisine boue de toutes ses marmites, chante le bruit des ustensiles,

Dans le salon l’orfèvrerie est astiquée et brille d’un coup de fil-à-fil.

Les parents de la petite princesse sont chacun dans leur rôle.

Son père dans le bureau ne cesse de rouspéter et se désole,

Quant à sa mère somptueuse préparant leur digne fête,

Tourne et virevolte entre les gens pour que la fête soit parfaite.

Il y aura ce jour-là, les personnes les plus convoitées, les plus argentés,

Car ils ne lui ont rien dit, mais son anniversaire aura quelques souhaits !

Son père vante souvent à sa tendre épouse que tant de beauté,

Leur fille ne devra pas attendre de se dévoiler, avant de faner.

Que d’un bon rang, bien étudié, avant de voir en elle son bel esprit,

Ils devront se dépêcher et lui ôter envie de toute forme de mépris !

Ils ont pensé à bien vite avec un prétendant la marier,

Dès que l’anneau sera à son doigt, elle devra se ranger !

Sa mère un peu hésitante, ne l’a pas préparée, elle craint,

Que toutes leurs idées ne seront que des efforts vains.

Il a balayé d’un geste ses réticences, en dressant le poing,

Il a nourri l’inquiétude de jurons en dressant leur plan avec soin.

Tant d’autorité a posé un silence, mais de son aimé elle a pris le parti,

Se complaisant que si belle, intelligente, elle en comprendrait le prix,

Que loin d’elle la pensée que sa fille soit à ce point balluche,

Elle s’emploie apaisée en réglant chaque temps de cette ruche.

Leur petite princesse s’éveille dans cette agitation et sourit d’aise,

Elle ne s’imagine pas qu’en plus de son anniversaire, la nouvelle pèse !

Il lui faudra, sans pouvoir en parler, attendre jusqu’au soir,

Dans cette foule qui s’anime dans chaque coin du manoir.

Quand de son père elle apprend le dessein, sa mère reste muette,

Bouche bée de ce choix, proteste à sa liberté d’une voix fluette.

Il est détestable d’être bien éduquée, quant au fond la colère gronde,

À quoi bon l’avoir bien élevée, vouloir lui taire de connaître ce monde !

Ses protestations polies ne rencontrent que contreparties,

Ann s’insurge, mais les mots dans sa gorge restent non-dits.

Elle fuit en larmes, abattue, suivie de près d’une servante,

Après un signe de la main de sa mère inquiète et compatissante,

Arrivée dans sa chambre, elle pousse un cri étouffé,

Elle se pose devant sa coiffeuse, la servante s’approche, dévouée,

Dans le silence où roulent les pleurs, elle délie ses boucles ondulées,

Ann s’appuie sur ses coudes et éclate en sanglots enfiévrés.

Deux petites mains fragiles passent dans ses cheveux si longs,

Elles lissent de la brosse les mèches, les lâchent dans un rebond.

Sa chevelure si brune fait tout alentour tant de jaloux, de malins,

On la reconnaîtrait entre mille en les voyant onduler dans ses reins,

Portant par des chuchotements mille suppositions sur son destin,

Mais à ce moment-là, elle ne voit rien et pleure de chagrin.

Au lendemain, les yeux encore gonflés, sa marraine est là, navrée,

C’est d’un regard triste qu’elle regarde sa filleule, prête à l’écouter,

Et pendant de longues heures, elle entend ses plaintes,

Elle veut fuir, ne pas aller à son anniversaire aux sombres teintes.

Sa marraine, sa Fée lui conseille de ne pas s’y hasarder,

Au long de la soirée, ses parents, elle pourra les dissuader.

Une moue de princesse se forme sur son visage désespéré,

Elle sourit des boutades de sa Fée qui ne cesse de grimacer.

De cette prochaine annonce, elles seront plus soudées,

Et ne pas se soucier si ses parents demeurent embarrassés !

Sa bonne Fée lui promet de trouver une décourageante solution,

Pour que ses parents puissent renoncer à ce projet d’union,

Elle est enfin rassurée, apaisée et son regard azur clair,

Reprends ces couleurs plus brillantes que la lumière.

Le soir arrive trop vite, ensemble, elles sont restées,

D’une robe bleue comme un ciel d’été, elle s’est parée.

Une toilette de sa marraine, ses parents en seront irrités,

Elle fait fi de leur regard, ne l’ont-ils pas cherché ?

Ils n’ont pas eu de respect de son avis, à quoi bon ces bagatelles !

Si cette robe de magasin, son père ne la trouve pas belle !

Et de piètres qualités, elle la portera en signe de liberté.

Ann ne laissera pas leurs objectifs décider de sa finalité,

Elles tournent sur elles-mêmes dédaignant la soirée,

Celle où la nouvelle funeste, pour elle, devrait être annoncée.

La sonnette d’un début du souper ne cesse de tinter,

Leurs sourires s’arrêtent et restent ainsi presque figés.

Elles descendent d’un pas, observent les différents invités,

Tous si insipides, Ann se trouve si différente, si opposée !

Sa mère parée de tous ses beaux atours rayonne, elle s’avance,

Un sourire accroché, glissant sur le sol avec élégance.

Son regard croise celui de sa Fée comme une complainte,

Mais d’un sourire esquissé, lui donne une étreinte.

Ann en deux pas décalés dans le désir de s’en éloigner,

Sa marraine saisit son poignet, murmurant : « nous verrons après ».

Et dans cette assemblée de rires surfaits, de complaisances,

Elle doit avec regrets participer en exécrant ces suffisances.

Le fil de la soirée animée s’est pour elle lentement écoulé,

Elle a accepté des danses avec des prétentieux désabusés.

Comment ses parents pouvaient-ils penser qu’elle accepterait ?

De ces hommes de nobles naissances, aux désirs viciés !

Dans ce bal, nulle annonce n’est faite, elle croit en la bonté,

Mais son père lui intime de trouver son époux dans la soirée,

Elle court vers sa marraine, la supplie de les en dissuader,

Quelques mots rassurants, demain elle viendra la chercher.

2 MARRAINE, LA FÉE.

La soirée s’achève et la princesse des lieux est désespérée,

Que dire à son père pour ne pas faire selon sa volonté !

La nuit emporte les peurs de cette dernière journée,

Elle fait foi que de sa vie, ils ne pourront la diriger,

Ann négligera les avis, les idées la privant de ses souhaits,

Ils ne trouveront que dépits sur tout ce qu’on lui soumettrait.

Sa marraine est bien venue, elle est là, elle l’attend,

Sous le regard de son père, courroucé, impatient !

Elle lui passe devant se jetant dans les bras de sa Fée,

Il fustige et lui demande de nommer ses prétendants préférés.

Sa mère lui sourit et dit qu’un cadeau, lui sera donné,

D’un signe de la main, elle s’échappe, sautillante et gaie,

Fuir un jour cette place, ne lui est pas souvent donné,

Elle a la journée pour voir sa marraine et avec elle badiner.

En ce beau jour une robe cintrée, couleur de lune,

Elle virevolte et dans ses reins, ondule sa chevelure brune,

Encore un cadeau de sa Fée, fait par des ouvrières,

Elle adore les robes offertes, les porter la rend fière.

Elles restent un instant, les yeux dans les yeux accrochés,

De quelques secondes, il y a des joies gravées d’une éternité.

Dans la voiture Auburn2, elles s’installent joyeuses,

Et elles partent sur la route, confiantes et heureuses.

Elles passent par la ville, émerveillée des rues animées,

Elle demande à sa marraine de bien vouloir s’arrêter,

Dans un quartier, elle se gare puis elles déambulent sur les pavés,

C’est un émerveillement tous ces gens sont bruyants et colorés.

Sa Fée conseille de ne pas voir en eux, confiance de trop d’honnêteté,

Elle fait la moue puis rit de ces mots et répond qu’elle le sait !

Qu’après ses parents, ces gens sont de loin la bonté incarnée !

Rien ne vaut cette balade pour ne faire que s’extasier.

La boulangerie du coin est là depuis des années,

Il est de notoriété du meilleur ouvrier boulanger,

Elle prend et dévore une volée de brioches sucrées,

Et elle s’aventure même de différents mets à son palais.

Une journée dans la découverte de ce monde à sa porte,

Un interdit dont elle ne dira rien à ses parents, elle sera forte.

Ils ne doivent plus la priver, de ses bonheurs avec sa Fée,

Elles complotent ensemble et se réjouissent d’une idée !