Les Magiciennes des Eaux - Yvonne Andurand - E-Book

Les Magiciennes des Eaux E-Book

Yvonne Andurand

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Beschreibung

Lorsque Einstein, le fidèle bouledogue français de Sarah disparaît dans la forêt, elle se sent mourir. Mais la recherche de son chien va l’amener sur les pas d’un endroit insolite caché derrière un passage. Elle y découvre le domaine des Koad.
Un jour, une de ces magiciennes de la rivière s’aventure en dehors de la clairière et demeure introuvable. Sarah fait appel à son frère Tom et à leurs amis pour venir en aide aux Fées Koad afin de retrouver Stella dans le monde des Hommes.
Peu à peu, Sarah se sent appartenir davantage à la famille Koad qu’à sa famille humaine.
Quel choix fera Sarah : restera-t-elle vivre dans le monde magique où tout est plus simple, ou retournera-t-elle chez les humains ?

Quand le fantastique s’invite dans la vie réelle, les rêves deviennent une force pour tous les enfants qui savent pleinement les vivre…


À PROPOS DE L'AUTEURE

Yvonne Andurand est membre des Romanciers Nantais et de l’AEB, l’Association des Écrivains de Bretagne. Elle écrit pour la jeunesse et pour un public adulte.

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Seitenzahl: 121

Veröffentlichungsjahr: 2022

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Yvonne ANDURAND

Les Magiciennes des Eaux

Roman

Cet ouvrage a été composé et imprimé en France par

Libre 2 Lire

www.libre2lire.fr – [email protected]

9, Rue du Calvaire – 11600 ARAGON

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traductionintégrale ou partielle réservés pour tous pays.

ISBN Papier : 978-2-38157-332-8ISBN Numérique : 978-2-38157-333-5

Dépôt légal : Novembre 2022

© Libre2Lire, 2022

Avant-propos

Des élèves de cinquièmes, du collège St Stanislas à Nantes, ont participé à ce roman dans le cadre du projet My Book 2.

Les discussions sur les détails ont souvent été animées.

Les collégiens m’ont soumis des choix de prénoms pour les correspondants canadiens ; ils ont fait des recherches sur les spécialités québécoises ; ils ont découvert l’existence d’une légende : les fées de la marmite. Autant que possible, j’ai inséré leurs propositions dans la partie qui se déroule outre-Atlantique. Un garçon m’a demandé de glisser dans l’histoire sa passion pour le jujitsu. Chers amis lecteurs, vous y trouverez ce sport pratiqué par un des personnages.

Les documentalistes Laëtitia Dixneuf et Anne Renaud se sont beaucoup impliquées dans le projet. Sans elles, il n’aurait pas pu se réaliser.

My Book 1 a abouti à la sortie en librairie de Disparitions, l’histoire de six collégiens ; My Book 2 se termine par la publication de Les Magiciennes des Eaux, dans lequel les lecteurs auront le plaisir de retrouver les mêmes personnages.

Au CDI, où je suis allée à la rencontre des collégiens, je leur ai lu les premiers chapitres. Ils ont eu l’opportunité de commenter, de donner leur ressenti.

L’idée de ce projet était surtout d’inciter les adolescents à la lecture. Le résultat semble à la hauteur de l’intention puisque les retours d’expérience s’avèrent très positifs. La participation à ce projet avec une auteure en a incité plus d’un à lire. Certains ont même développé ou renforcé un désir d’écrire des romans.

Y. Andurand

1.

— Tom !
— Qu’est-ce qu’il t’arrive Sarah ?
— Devine qui j’ai comme prof de Math ?
— Je ne sais pas mais tu n’as pas l’air d’apprécier.
— Monsieur Grégoire !!!
— Et alors ?
— Tu te rappelles qu’il dévore des romans à glacer le sang avec des décapitations et tout un tas d’horreurs ?
— On ne juge pas les personnes en fonction de leurs lectures. Regarde ! Nous on lit de la fantasy et on ne se transforme pas pour autant en dragons.
— Toi, je te verrai plutôt te transformer en elfe avec des oreilles pointues, bougonne Sarah.
— Et toi en vieille sorcière !
— Tom, réplique la petite fille en soupirant, il me fait peur.
— Qui ? L’elfe ?
— Monsieur Grégoire.
— Ne t’inquiète pas. Il n’est pas dangereux. Allez, viens avec moi, je vais rejoindre Lisa, ça fait une éternité qu’on ne l’a pas vue.
— C’est vrai, elle m’a manqué.
— Salut Sarah ! Salut Tom ! s’écrie Lisa.
— Trop contente de te retrouver, s’exclame Sarah, c’était comment la Suisse ?
— Bof ! En été j’aime moins. La neige me manque tellement. Mes parents m’ont promis qu’on irait aux sports d’hiver l’an prochain. Par contre ç’a été le bonheur de revoir mes amies. On a fêté nos retrouvailles tous les jours.
— Cool. On avait hâte que tu reviennes. Deux semaines sans toi, c’est long.
— On va se rattraper. Qu’est-ce que vous diriez de célébrer la rentrée ensemble au self. Le menu du jour affiche un festin royal : assiette de crudités ; colin sauce hollandaise/riz ; mousse au chocolat.
— On y va, rugit Tom, en s’élançant vers la cantine. Des fois qu’il ne resterait plus de dessert !

Durant les deux mois de vacances, ils avaient oublié le vacarme de la cafétéria. Un brouhaha assourdissant de chaises, de voix, de rires, les accueille. Parmi des dizaines de collégiens, ils aperçoivent Hortense, Louise et Alexandre qui leur font signe ; ceux-ci ont gardé des places pour eux. À cause du virus qui circule encore, au lieu de s’embrasser, ils entrechoquent leurs poings dans un geste amical. Les nouveaux arrivés s’installent autour de la table.

— Le club des six enfin réuni ! s’exclame Hortense.
— Sarah et moi, on est toujours dans la même classe, s’enthousiasme Alexandre. C’est génial.
— Nous aussi, réplique Louise, avec Lisa et Hortense, on se retrouve en 4ème E. Et cerise sur le gâteau, Tom est dans notre classe !
— Nous, on est en 5ème C, précise Alexandre. La plupart de nos copains de l’année dernière sont dans notre classe. Sinon, les autres on les verra en récré.
— Liam a déménagé, murmure Sarah. Quel dommage, je l’aimais bien.
— Tu aimais surtout qu’il te porte ton cartable. Tu as perdu ton chevalier servant, s’esclaffe Louise.
— Pas seulement, réplique Sarah.
— Ces crudités sont immangeables, se plaint Lisa, rien à voir avec les légumes du marché bio.
— Oh là là ! Redescends de ton carrosse Marquise, c’est la bouffe de la cantine ici ! pouffe Alexandre.
— Oh ça va ! J’ai le droit d’apprécier la bonne nourriture, grogne Lisa, vexée.

Le repas avalé, les amis sortent dans la cour où un beau soleil de fin de saison les attend. Ils montent sur le terrain sportif pour s’adonner à une partie de basket.

— Tu as remarqué que ta sœur n’a presque pas desserré les lèvres pendant le repas, s’étonne Lisa. D’habitude on a du mal à en placer une.
— Je sais, confirme Tom.
— Je l’ai toujours vue joyeuse et aujourd’hui ça fait bizarre de la voir si triste.
— Depuis deux semaines elle ne va pas bien. Elle subit le contrecoup des événements des mois passés : le décès de nos parents, l’enlèvement de Tante Pauline, notre kidnapping. Sarah s’est montrée très forte face aux épreuves mais aujourd’hui, elle craque.
— Vous avez vécu des circonstances terribles. Ce n’est pas étonnant que ta petite sœur s’écroule. Je ne comprends pas comment toi, tu tiens le choc.
— Sarah et moi, on voit une psychologue depuis quelques jours. Elle a pris Sarah en urgence.
— Ça va aller Tom ?
— Ne t’inquiète pas pour moi, ça ira.

2.

Comme tous les soirs après l’école, Sarah promène son chien dans les bois qui longent la rivière. D’ordinaire, Einstein est calme et obéissant, cependant, en cette fin d’après-midi, il se montre réticent aux ordres de sa jeune maîtresse. Il semble perturbé. À l’improviste, il part en courant.

— Reviens Einstein, ici mon chien ! hurle Sarah.

Le vieux bouledogue français court vers le fourré pour disparaître bientôt derrière les buissons enchevêtrés. En vain, Sarah se lance à sa poursuite ; Einstein s’est évaporé dans la nature.

La fillette s’avance le plus loin possible dans les broussailles, s’arrachant les jambes au passage. Mais ses appels se perdent dans la profondeur du bois. Elle sent son cœur battre fort dans sa poitrine. Si son chien ne revient plus, elle meurt. Elle ne le supporterait pas.

Sarah revient sur ses pas, désespérée. La nuit commence à tomber, il faut absolument qu’elle rentre. Tante Pauline lui a fait promettre de ne jamais se promener seule dans un endroit désert, le soir en particulier. Ces bois sont d’autant plus dangereux dans la mémoire de la famille que c’est exactement là que Tante Pauline a été kidnappée l’année dernière.1 À l’évocation de cet épisode horrible, Sarah se met à trembler de tout son corps.

Ne tenant plus debout, elle finit par s’asseoir sur une grosse pierre. Des larmes coulent désormais abondamment sans qu’elle cherche à les retenir. De bruyants hoquets secouent ses muscles inspiratoires jusqu’à lui faire mal.

Des images défilent dans sa tête : le visage de sa mère, de son père, les souvenirs de son collège à Paris, de l’internat après l’accident mortel de ses parents, le séjour en famille d’accueil, la cabane où elle était enfermée avec Tom et Tante Pauline.

Puis, Liam qui l’a abandonnée. Et maintenant Einstein qui disparaît.

Une immense tristesse l’envahit. Elle ressent un grand vide qui la dévore de l’intérieur.

L’obscurité s’intensifie, la quiétude enveloppe la nature. Les arbres s’étirent et changent de forme. Sarah ne reconnaît plus les bois derrière chez elle. Les sons, les distances, les reliefs ont changé. Elle entend soudain des froissements à quelques pas mais elle n’a pas la force de se lever. Lentement, elle tourne la tête. Un chevreuil l’observe de ses yeux doux. L’espace d’un instant, le petit cervidé reste immobile, le regard plongé dans celui de l’enfant. Puis il s’éloigne dans les profondeurs de la nuit.

Tout à coup, des souffles brisent le silence de la nuit. La vision de Sarah s’est habituée à ce nouvel environnement. Elle y voit plus clair que tout à l’heure. Elle aperçoit un homme qui marche seul sur le chemin. Rassemblant toute son énergie, elle réussit à se cacher dans les buissons. L’homme approche, elle sent sa respiration à deux pas d’elle. La petite fille retient son souffle et ne bouge plus. Hélas, elle s’est appuyée sur une branche morte. Le bruit retentit dans les ténèbres.

Le cœur de l’enfant bat la chamade : les pas se sont arrêtés sur le chemin.

L’homme regarde autour de lui. Le bruit vient de là, il en est certain.

Il va venir vers elle, elle en est sûre.

Brusquement, les pas reprennent, conduisant l’homme vers une autre direction. Sarah respire profondément. Elle l’a échappé belle. Elle se frotte les mains contre les bras pour se réchauffer.

Elle attend que tout danger soit écarté puis jette un dernier regard vers l’endroit où a disparu son fidèle compagnon. Sans lampe, elle avance à tâtons entre les arbres, puis, le cœur lourd, regagne enfin le chemin qui longe la rivière.

Inconsolable, elle marche vers la maison, laissant seul dans la nuit son meilleur ami. Elle navigue à la bordure du monde, entre le rêve et la réalité lorsqu’elle perçoit dans son dos une cavalcade effrénée. Elle se retourne avant de recevoir Einstein qui se jette dans ses bras. Tous les deux tombent au sol. Pour se faire pardonner son escapade nocturne, son chien lui lèche tout le visage de sa langue râpeuse. Beurk, gronde Sarah, en pleurant et en riant à la fois.

Elle se demande ce qu’elle va pouvoir trouver, elle, pour se faire pardonner son retour dans la nuit.

À son arrivée, aucun cri ne résonne dans la maison. Sarah fait le tour des pièces. Personne. Elle met la main sur son portable qu’elle avait laissé dans sa chambre. Pas de message. Son téléphone indique qu’il est 21 heures. Puis, à son grand soulagement, elle se souvient que Tom est à son cours de jujitsu et Tante Pauline doit faire les courses tard ce soir après une réunion de travail. Elle ne devrait pas tarder à rentrer ainsi que Tom. Ouf ! tout est bien qui finit bien. Épuisé, Einstein s’endort à ses pieds dans le salon.

À travers les fenêtres, Sarah fixe la nuit sombre autour de la maison.

3.

Samedi après-midi, Lisa, Tom et Sarah ont décidé de se retrouver à la patinoire du Petit Port.

Dans le vestiaire, après avoir lacé leurs patins, les trois amis s’avancent au bord de la piste.

Tous les jeunes du quartier semblent s’y être donné rendez-vous. Quelques parents et leurs enfants, désireux de passer du bon temps ensemble, évoluent lentement sur la glace.

Un peu intimidée, Sarah examine le public qui tourne en rond, rendant difficile le franchissement de la porte.

Elle s’accroche à la balustrade tandis que son frère, beaucoup plus confiant, entame ses premières glissades. Lisa accompagne Tom et lui explique le principe de la glisse : les carres dehors et dedans ; les poussées et les pliés. Puis, elle allie la pratique à la théorie par quelques démonstrations. La jeune fille adore skier et à défaut de neige à Nantes, le patinage artistique lui fait oublier les pentes immaculées, tapissées de poudre blanche.

En Suisse, dès son plus jeune âge, elle a fréquenté assidûment les pistes de ski et les patinoires, en plein air, en intérieur.

Tom enregistre vite les conseils de Lisa et se lance. Un mètre, deux mètres, trois mètres. Maintenant, il amorce les croisés afin de poursuivre son parcours. Très concentré, il effectue ses mouvements sans regarder autour de lui. Une poussée avec le pied droit, glisser en carre dehors gauche. Passer le pied droit devant. Glisser en dedans droit. Lisa l’observe. Au bout du troisième essai, il s’en sort plutôt bien. La patineuse avertie s’émerveille de son aisance. Tom a pris seulement quelques cours de patinage, et apprend seul sur des tutos.

Sarah réussit à quitter la balustrade avec l’aide de Lisa. Fébrile, elle se dirige vers le sens de la marche en levant bien les pieds et en faisant des petits pas.

Sous les encouragements de Lisa, elle commence à prendre le rythme et entreprend des mini poussées qui lui permettent de glisser d’un pied sur l’autre. Malgré la crainte de tomber, elle se sent très fière. Le plus délicat pour elle est de conserver son équilibre tout en évitant les débutants ou les patineurs entraînés qui foncent de plus en plus vite en fonction de la musique d’ambiance diffusée dans la salle.

Lisa s’est rapprochée de Tom et lui prend la main pour le conduire vers le centre de la piste où se concentrent les plus expérimentés. Avec un sourire qui en dit long sur le plaisir qu’il éprouve, il se laisse guider.

Elle lui montre la marche arrière, le freinage, et lui explique les rudiments de la pirouette, des sauts et des pas de danse. L’élève appliqué écoute attentivement son professeur, et s’exerce à son tour.

Avec en mémoire tout ce qu’il a enregistré durant ses tutos, n’y tenant plus, Tom propose à Lisa de patiner en couple. Devant tant d’audace, Lisa éclate de rire. Le garçon lui tend alors la main. Il pose son autre main sur la hanche de la jeune fille. Et ils s’élancent.

Tom lâche Lisa, puis la fait glisser. Légère, elle tourne autour de leurs mains désormais enlacées. Enfin, ils se rassemblent pour exécuter une pirouette debout face à face. Si près l’un de l’autre, les yeux dans les yeux, ils éprouvent un trouble étourdissant.

Sarah qui a atteint le centre de la piste avec difficultés, les encourage à tenter un saut en parallèle en décrivant ce qu’elle a vu à la télévision lors de championnats. Des figures aisées pour Lisa mais pas faciles pour Tom. Ils optent pour un axel (un tour et demi), qu’ils réussissent à la perfection ! Ils ne s’attendaient pas à un tel résultat.