Louise - Éliza Renaut - E-Book

Louise E-Book

Éliza Renaut

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Beschreibung

Louise Pendant l'adolescence, Sandrine a fait du cinéma avant d'être rattrapée par son manque de talent. À quarante ans, pour expliquer le succès de celle que l'on nommait Sakaïla et de son premier film, elle raconte son enfance en guenilles. Comment est-elle passée d'une pauvreté noire et misérable, digne de Victor Hugo au Technicolor du cinéma ? Morgane, la journaliste qui recueille ses confidences a du mal à imaginer son parcours : partie de la misère, elle reprend sa place, sans un mot, sans aigreur après, avoir effleuré la gloire.

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Seitenzahl: 32

Veröffentlichungsjahr: 2017

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Louise

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Éliza Renaut

Chapitre 1

— Justement Morgane, je vous ai désignée parce que vous ne connaissez pas cette ancienne actrice. Vous en tracerez un portrait sincère, c’est mon idée, insiste le rédacteur en chef.

— Je suis sortie de l’école la semaine dernière, je ne sais pas si… j’ai les capacités, proteste la nouvelle journaliste.

— Ici, c’est moi qui décide ! allez, au boulot, elle vous attend !

Désespérée, Morgane sonne à la grille d’une maison au nord du Bassin d’Arcachon. Une femme l’invite à entrer, et lui désigne le confortable fauteuil qui fait face au sien.

Sans être délicats, les traits de son visage sont réguliers, sa coiffure brune ramassée en tresse lui donne une apparence juvénile. En l’observant mieux, il est visible qu’elle approche de la quarantaine.

— C’est vous la grande journaliste dont m’a parlé votre rédacteur ?

— Bonjour madame : Morgane Goupil. Grande, je confirme, un mètre quatre-vingt-deux. Journaliste, je ne le sais pas encore, j’ai obtenu mon diplôme la semaine dernière.

— Modeste en plus ! nous allons nous entendre.

L’entretien dure longtemps, pour ne pas interrompre la discussion, l’ancienne comédienne invite la jeune fille à déjeuner. Le courant passe bien entre elles. Morgane est satisfaite.

— J’ai tout ce dont j’ai besoin pour évoquer la gamine actrice que vous étiez. Avez-vous autre chose à ajouter ? demande-t-elle avec un sourire engageant.

— Je ne sais même pas si je dois vous remercier. La lecture de votre article parlant d’une petite actrice oubliée depuis vingt ans va réveiller quelques souvenirs. À part cela, est-il réellement utile ? questionne la femme qui lui fait face.

Morgane fixe des yeux l’escalier, où il lui a semblé entrevoir un mouvement furtif. Elle a dû se tromper, elle ne voit rien, elle reprend.

— Je trouve cet oubli injuste. Vous étiez un « personnage », vous n’avez aucune raison de vous lamenter.

— Je regrette ma jeunesse, c’est tout.

— Personne n’accepte facilement de vieillir. À vingt ans, je m’en désole déjà, c’est tout dire !

— Ce n’est pas la jeunesse qui me manque, c’est l’époque, le bon vieux temps. Je vous ai parlé de Skaïla, la cabotine que l’on poursuivait avec des bouts de papier à autographes. Avant, lorsque j’étais Sandrine, on essayait aussi de m’attraper lorsque j’avais chapardé quelques pommes ou des cerises. C’était plus amusant.

— Nous avons tous des souvenirs de ce genre, vous savez. Dans les rues, nous tirions les sonnettes, est-ce mieux ?

— Vous habitiez en ville, c’est différent. Je préfère cette période de ma vie, c’est tout. Nous étions plus pauvres que pauvres. Nous habitions une masure avec des trous dans le toit et des carreaux cassés. Notre seul confort, c’était l’électricité. Le maire s’était chargé de nous faire brancher, il avait peur que je ne mette le feu à cabane avec les bougies. Nous n’avions pas de chauffage, simplement une petite cheminée fumeuse. La fontaine était loin. Nous en avions marre de charrier l’eau. Nous nous lavions peu, nous faisions une petite toilette de chat, à l’eau froide, au pied de la source. À l’école, j’étais surnommée La Fauve, est-ce à cause de la délicate odeur que je répandais autour de moi ou de mon caractère difficile, qui le sait ?

— Vous étiez isolée en pleine campagne dans un milieu hostile. Aucun confort pour faciliter votre vie, cela ne devait pas être simple tous les jours pour une gamine, avance la fille.