Erhalten Sie Zugang zu diesem und mehr als 300000 Büchern ab EUR 5,99 monatlich.
Lounic, un beau ragdoll à robe blanche, coule une vie paisible aux côtés de sa maîtresse, Agnès Sémonné, et de son petit ami. Tous deux travaillent dans la jardinerie familiale. Lounic est ami avec Virgule, une petite chatte recueillie par Marc, le grand-père d’Agnès, qui habite dans l’appartement juste en dessous, en rez-de-jardin d’une belle villa avec vue sur le golfe de Saint-Tropez. Mais Marc est assassiné en pleine nuit, alors que la saison démarre. Dès lors, les deux chats vont tout faire pour retrouver le coupable. Leur enquête va les confronter à des aventures rocambolesques. Ils vont devoir faire preuve de perspicacité, et affronter avec courage un danger omniprésent. Mais cela va-t-il suffire pour réussir à démasquer l’assassin ? Rien n’est moins sûr, d’autant plus que les policiers semblent avoir trouvé le suspect idéal.
À PROPOS DE L'AUTEURE
Après avoir travaillé pendant une quinzaine d’années dans le secteur touristique sur la Côte d’Azur,
Patricia Lasserre a souhaité changer d’orientation professionnelle, et s’est reconvertie dans le domaine de la santé. Elle habite désormais dans le sud-ouest de la France et consacre une partie de son temps à l’écriture.
Sie lesen das E-Book in den Legimi-Apps auf:
Seitenzahl: 106
Veröffentlichungsjahr: 2021
Das E-Book (TTS) können Sie hören im Abo „Legimi Premium” in Legimi-Apps auf:
Patricia LASSERRE
Lounic
Roman Jeunesse
Cet ouvrage a été composé et imprimé en France par
Libre 2 Lire
www.libre2lire.fr – [email protected]
9, Rue du Calvaire – 11600 ARAGON
Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction intégrale ou partielle réservés pour tous pays.
ISBN Papier : 978-2-38157-128-7
ISBN Numérique : 978-2-38157-129-4
Dépôt légal : 2021
© Libre2Lire, 2021
Bonjour, je m’appelle Lounic, j’ai sept ans et une vie plutôt agréable – même si j’ai passé quelques moments difficiles du temps où ma maîtresse n’était qu’une adolescente rebelle. J’habite dans un bel appartement au premier (et dernier) étage d’une villa cossue, avec vue imprenable sur le port de Saint-Tropez. Agnès, ma maîtresse, travaille depuis quelques mois dans l’entreprise familiale, de même que son petit ami, Serge Rolain. Antoine et Julie Sémonné, les parents d’Agnès, possèdent l’une des plus grandes jardineries de la région.
Virgule, c’est ma meilleure copine. Elle partage le studio du grand-père d’Agnès, situé à rez-de-jardin, juste en dessous de celui que j’occupe. Marc Sémonné est un vieux monsieur de 80 ans qui passe le plus clair de son temps à surveiller de loin tout ce qui se passe dans l’entreprise. Je dis de loin, parce qu’à une ou deux reprises Julie lui a fait comprendre qu’elle n’avait plus besoin de ses conseils, et qu’il ferait mieux de profiter tranquillement de sa retraite.
Il est 19 heures. Lové dans les coussins moelleux du canapé, j’attends avec impatience le moment où Agnès rentre de son travail. L’été, la solitude me pèse car elle est très occupée. Les horaires imposés par les tâches inhérentes au bon fonctionnement de la jardinerie familiale ne lui permettent guère de temps libre. Surtout au mois de mai, lorsque les propriétaires des belles demeures alentour commencent à vouloir agencer parcs et jardins en vue de l’été, et que la clientèle locale afflue pour fleurir les balcons. Titulaire d’un BTS en horticulture, elle a rejoint la jardinerie de ses parents depuis la fin de son stage, et s’occupe de l’accueil et des services à la clientèle. Pour lui faire plaisir, son père a embauché son nouveau copain pour la période estivale. D’après ce que j’ai entendu, il possède un diplôme en comptabilité. Quant à madame Sémonné, de santé fragile mais avec un caractère bien trempé, elle s’occupe essentiellement du personnel, sept à huit personnes au total, rarement davantage.
Exténuée par une journée bien remplie, Agnès pousse un soupir de soulagement en franchissant le seuil de son appartement. Elle se dirige immédiatement vers le salon pour me retrouver, et se laisse tomber à mes côtés.
Alors que je ronronne de plaisir, elle se lève brusquement tout en me gardant dans ses bras, et se dirige vers la terrasse qui surplombe les eaux limpides aux reflets turquoise du golfe mythique de Saint-Tropez. C’est son petit moment de détente. Il lui permet de retrouver un peu de sérénité avant d’aller vérifier que tout est bien en ordre après la fermeture, et de retrouver ses parents pour le dîner, un peu plus tard dans la soirée. Elle aime observer les mouvements des voiliers qui rentrent au port dans la lumière dorée du soleil couchant, le ballet des mouettes qui survolent les filets de pêche largement étalés sur les quais, les lumières qui s’allument peu à peu et s’agrippent aux flancs des collines mauves à l’horizon. Pendant quelques minutes elle parvient à faire abstraction du flot incessant de voitures qui se dirigent au centre-ville, lequel sera bientôt investi de milliers de touristes en quête de soirée festive.
Je la regarde fixement pour lui montrer que je m’intéresse à ce qu’elle me raconte. Mais dans le secret de mon cœur, j’attends surtout le moment où je vais pouvoir retrouver Virgule sur le rebord de la fenêtre, quand il fait nuit noire, et que tout le monde est occupé : Serge et Agnès dans la villa des parents située sur la même propriété, tout au plus à une centaine de mètres, et Marc devant le film sur Canal. Comme il approche des 80 ans, il préfère rester tranquillement chez lui, et se contente généralement d’un dîner frugal : une soupe de légumes, un morceau de fromage et un peu de confiture. Assis côte à côte nous pouvons alors contempler les étoiles, écouter la chanson du vent qui souffle dans les haubans des bateaux accostés au petit embarcadère non loin de là. Et puis, nous aimons bien aussi parler de nos maîtres et nous raconter ce qu’ils ont fait de leur journée. Virgule part ensuite à la conquête de quelques proies nocturnes pendant que je regagne mes pénates. Elle aime chasser les petits mulots qui trouvent refuge sur les terres d’un maraîcher, à quelques encablures. Un peu casse-cou et très joueuse, elle en profite aussi pour grimper aux arbres, ce que je n’ai jamais essayé de faire. De là-haut, il paraît qu’on a l’impression magique de dominer le monde, et on voit très loin, jusqu’aux petites maisons ocre entourées de vignes qui abritent quelques familles vivant principalement du travail de la terre. Virgule me raconte parfois les jeux des enfants qui s’aspergent avec les tuyaux d’arrosage, et qui courent pieds nus sur le sol sec et rocailleux. J’admire beaucoup chez elle ce sens inné de la chasse, ce besoin d’aventure en solitaire, et cette belle indépendance qui la rend parfois insaisissable. Et puis, elle est très jolie, avec un corps souple et musclé, des yeux verts aux reflets jaunes qui font penser à des pierres précieuses, une fourrure aux multiples nuances de gris et deux petites oreilles bien droites qui frémissent au moindre bruit. Moi, je suis plutôt attaché à un confort optimal, et suis du genre casanier. J’ai entendu dire que c’est une des caractéristiques de la race des Ragdoll, et que c’est même la raison principale pour laquelle j’ai été choisi. Je me souviens parfaitement de l’argument choc du vendeur lorsque Monsieur Sémonné était venu me chercher dans une animalerie du Lavandou :
Ce soir-là, après que ma maîtresse s’est pomponnée pendant une bonne vingtaine de minutes avant de rejoindre son amoureux, je descends sagement sur le rebord de la fenêtre. Virgule arrive en retard. Elle semble nerveuse.
Impossible pourtant de lui tirer les vers du nez : Je réussis seulement à savoir que Marc attend un visiteur, et que cela ne lui plait pas. Je la connais, elle est un peu jalouse de l’affection de son maître. Et quand elle est contrariée, elle se replie sur elle-même et m’ignore, ce qui est profondément frustrant. D’ailleurs je ne me prive pas pour lui signaler au passage que j’ai autre chose à faire que de subir ses sautes d’humeur, et que si elle ne veut rien dire, je préfère rentrer chez moi. J’ai ma dignité tout de même !
Vexé, je me faufile par la lucarne de la salle de bain – toujours entr’ouverte – et passe à pattes de velours devant la chambre de ma maîtresse, en y jetant un coup d’œil furtif afin de m’assurer qu’elle dort bien. Tout est calme, elle est couchée nue sur le drap blanc, avec juste une petite culotte en dentelle. Serge, lui, arrive souvent plus tard, il aime bien bouquiner un peu et fumer une dernière cigarette avant de se coucher. Quelques fois, il reste un moment dans le bureau de la jardinerie et s’amuse sur l’ordinateur. Enfin ce soir, comme il n’y a rien de particulier, à part bien sûr la nervosité de ma copine, je peux me coucher tranquillement dans ma jolie corbeille en osier. Garnie d’un épais coussin rond en velours grenat, elle enveloppe mes nuits d’une douce quiétude. Mais ce soir j’ai un peu de mal à m’endormir, je ne cesse de penser à Virgule. Je suis sûr qu’elle n’est même pas partie se promener. Pour me calmer, j’essaie de me persuader qu’il s’agit juste d’un mouvement d’humeur sans grande conséquence. Et puis, c’est bien normal qu’elle soit attachée à Marc : il l’a recueillie il y a un peu plus de deux ans, alors qu’elle errait toute seule dans les ruelles du centre historique, sauvage et affamée. Ça crée forcément des liens solides.
À 6 h 30, j’entends le réveil sonner. C’est l’heure où Serge retrouve Antoine Sémonné afin de donner à chaque fleur sa réserve en eau pour la journée. Ma maîtresse les rejoint un peu plus tard. D’habitude, dès qu’elle se lève, elle vient me réveiller avec une caresse juste entre les deux oreilles, et un petit bisou sur le nez.
Docile, je la suis aussitôt dans la cuisine, et pendant qu’elle prend son bol de café et ses tartines, je lape délicatement un dé à coudre de lait et déguste avec reconnaissance une petite assiette de croquettes de luxe. Ma maîtresse ne les achète pas en super marché parce que je dois faire attention à ma ligne. Celles-ci sont un peu chères mais pas grasses du tout, et viennent du cabinet vétérinaire de la ville voisine.
Mais aujourd’hui rien n’est pareil. Agnès s’est levée en quatrième vitesse après avoir reçu un appel de Serge. Elle semblait complètement chamboulée. Elle est partie en claquant la porte sans faire attention à moi, ne s’est pas coiffée, a laissé son lit défait avec les draps tout froissés, et n’a pas pris la peine d’ouvrir les volets de la chambre. Il a dû se passer quelque chose de grave… Et si c’était Virgule ? Pourvu qu’il ne lui soit rien arrivé ! Il faut que j’aille voir puisque tout le monde m’ignore. Ne pas savoir, c’est encore plus terrible !
Le temps que je rassemble mes esprits et voilà que j’entends à présent le vacarme effrayant des sirènes de police s’arrêter juste sous mes fenêtres. Je m’approche doucement et j’aperçois ma maîtresse en pleurs dans les bras de son père qui essaie tant bien que mal de la réconforter. Il a une sale tête lui aussi. Vite ! Il n’y a pas un instant à perdre. Rapide comme l’éclair (du moins c’est ce que je crois), je bondis vers la lucarne, et atterris sur le rebord de la fenêtre de l’appartement du dessous. Mon instinct me recommande de ne pas attirer l’attention sur moi, et je pars me cacher derrière un gros pot de géraniums rouges. Quand je me risque à regarder ce qui se passe dans le salon de Marc, je sens tous mes poils se dresser le long de mon épine dorsale. J’ai l’impression de me retrouver au cœur d’un film d’épouvante. Je découvre une scène d’horreur digne des polars les plus sombres, genre série américaine du lundi soir, que je regarde parfois l’hiver, confortablement installé sur les genoux de ma maîtresse.
Là, devant moi, je vois un corps sans vie allongé au milieu d’une flaque de sang, deux chaises renversées, et une lampe cassée. Il y a aussi des policiers qui délimitent la scène de crime. Agnès est debout, appuyée contre la porte d’entrée, à côté de ses parents. Et là, j’entends une phrase terrible, inimaginable, qui tombe comme un couperet et me glace le sang : « Marc a été assassiné cette nuit. »
Je cherche du regard si Virgule est là. C’est terrible ce qui lui arrive, elle doit avoir eu très peur. J’espère bien qu’elle va me voir et venir chercher refuge à mes côtés.
Trop tard, Serge a repéré Virgule tapie sous le petit meuble du téléphone, juste à gauche de la porte d’entrée et il essaie de l’attraper. Mais c’est une très mauvaise idée, il aurait dû me demander avant ! Comme montée sur un ressort, Virgule bondit hors de sa portée et s’échappe en poussant un affreux miaulement. Au même moment Serge pousse un hurlement de douleur et retire sa main griffée jusqu’au sang avec une grimace de douleur.
