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Fathi ne sait pas quelle est sa couleur. Son père dit qu’il est noir, sa mère qu’il est blanc, d’autres disent café au lait ou chocolat, et certains élèves de son école disent même qu’il est couleur de crotte. Qui croire ou qui écouter, surtout maintenant que ses parents ont divorcé ? C’est en lui qu’il trouvera la réponse : une couleur unique, unissant en un arc-en-ciel dans son cœur toutes celles que les autres lui ont donné, et ainsi, Fathi arrivera à se découvrir lui-même.
Sélectionné par l’Éducation Nationale dans ses recommandations de lecture pour la 6ème en 2013 !
Dans la sélection du prix de la Citoyenneté (2008)
À PROPOS DE L'AUTEURE
Catherine Leblanc est l’auteur de plusieurs livres dont « Un jour, ma vie s’est arrêtée » à la Martinière ou « Le problème avec les Maths » aux éditions du Rouergue (réédité chez Actes Sud Junior, en janvier 2007). Née en 1956, à Cholet, dans les Pays de Loire, elle vit désormais à Angers, où elle est psychologue. Elle écrit des poèmes, des nouvelles et des romans. Elle est membre du comité de lecture de la maison d'édition « Où sont les enfants ? ». Son recueil « Des étoiles sur les genoux » a obtenu le prix de poésie jeunesse 1999. Son dernier album paru est « Ma mauvaise humeur », aux éditions du Rouergue.
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Seitenzahl: 22
Veröffentlichungsjahr: 2022
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Colophon
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Ma couleur
Catherine Leblanc
illustré par Sophie Charpin
Balivernes Editions
Pour Léo
C.L.
De quelle couleur je suis ? Des fois, je me trouve marron, des fois, je me trouve gris.
Mon père est noir, ma mère est blanche. Je devrais être rayé comme un zèbre. Les rayures sont à l’intérieur. Mon cœur est en prison. Depuis que mes parents sont séparés, je ne sais plus de quelle couleur je suis.
Plus rien n’est comme avant, même moi.
Je demande à mon père de quelle couleur je suis. Il me répond que je suis noir, comme lui.
Je demande à ma mère de quelle couleur je suis. Elle me répond que je suis presque blanc, surtout l’hiver.
Comment je peux savoir s’ils ne sont d’accord sur rien ?
J’ai une couleur qui change. C’est embêtant.
Je deviens vert quand je suis en colère. Ma mère a ramené chez nous, un monsieur blanc comme du lait tourné et bête comme ses pieds.
Elle raconte que c’est son amoureux.
J’ai du mal à le croire.
Elle ajoute qu’il va rester.
Ils me regardent en souriant, ils ont l’air content.
Je serre les poings. Ils sont deux clairs ensemble, contre un seul qui est foncé.
Je prends une couleur de poussière quand je vois l’heure passer et que j’attends mon père.
Il ne vient pas. Il n’arrive pas. Il est en retard. Je tourne en rond dans la maison. Je joue à des jeux vidéo et je tue tous ceux qui traversent l’écran.
J’ai deux maisons, deux lits, dont un pliant, deux posters de Superman, deux bols de petits-déjeuners, deux couleurs. Mais je n’ai qu’un seul chien.
Il a des taches noires et blanches, c’est pour ça que je l’ai choisi. Quand je n’en peux plus, je lui parle. Il m’écoute. Je ne le vois plus que la moitié du temps.
Les jours où je suis chez mon père, j’essaie de me rappeler où sont ses taches.
Mon chien ne change pas. À moitié noir, à moitié blanc, il m’aime tout le temps.
Ce sont les gens qui changent, on ne m’avait pas prévenu. Les gens ne s’aiment pas tout le temps. Ma mère n’aime plus mon père.
Je croyais que tout serait toujours pareil, un noir, une blanche et de la musique.
Tout s’est cassé. J’ai perdu ma couleur de famille.
