Erhalten Sie Zugang zu diesem und mehr als 300000 Büchern ab EUR 5,99 monatlich.
Soupochou, chat travailleur, rencontre des difficultés à garder son travail face à la concurrence…
C'est avec beaucoup d'humour que Soupochou, un joli matou tigré, affronte les aléas du chômage, de la délocalisation, de l'expatriation ou encore de la solidarité. Son aventure initie les enfants aux notions qu'ils entendent tous les jours dans les médias sans forcément les comprendre. Ce livre leur permet, à travers la vie de Soupochou et de ses camarades, d'appréhender ces notions avec humour.
A travers cette histoire pleine d'humour, abordez en famille des concepts de l'actualité !
EXTRAIT
Ainsi, au grand dam de la concierge, Mme Centi parvint à faire remonter ses ventes et retrouva un bon bénéfice. Elle dut bien sûr le partager avec Mme Dendur... bien qu’elle eût préféré garder la totalité de l’argent pour elle. Cette réussite commerciale mit Mme Égère de très mauvais poil. Elle ne parvenait plus à vendre que quelques capes, alors que ses voisines détestées accroissaient leur chiffre d’affaires. La concurrence entre les mamies devenait de plus en plus rude.
A PROPOS DES AUTEURS
YAYO est institutrice dans la région de Marseille, à St Chamas. Elle a une licence de lettres modernes, et une autre de sciences de l'éducation. Elle adore son métier, les chats, les langues, et l'écriture. Avec son compagnon, Patrizio Di Mino, ils ont réuni leurs talents pour parler de la culture sicilienne aux enfants de France dans
Les enfants de Sicile, dans la collection
La-marmite-O-langues. Elle récidive seule pour un ouvrage en occitan provencal,
Des garçons et des filles, dans la même collection. Entre les deux, une parenthèse sous la forme d'un roman jeunesse en solo :
Monsieur Soupochou, chat, salarié, et bien décidé à ne pas laisser marcher sur les pattes... .
Né à Argentan en 1967,
Bruno Robert vit actuellement dans l'Orne. Après l'obtention de son diplôme (DNAP communication visuelle) aux Beaux-Arts de Caen, il a travaillé plusieurs années dans le domaine du multimédia. Il fait ses premiers pas dans l'édition jeunesse en 2002 avec un album
Qui tire la langue ? aux éditions Magnard. Depuis il a dessiné pour la presse jeunesse (Milan, Fleurus), l’édition (Ricochet, Fleurus, Milan, Magnard, Larousse, Atlas, Child’s Play, Franklin Watts, Wayland, Hemma, Gulf Stream, Cartes d’Art, Le Senevé) et l’édition scolaire (Magnard, Sed). En 2012, Bruno illustre chez Dadoclem
Monsieur Soupochou, chat, salarié, et bien décidé à ne pas se laisser marcher sur les pattes.... Il anime régulièrement des ateliers avec les enfants.
Sie lesen das E-Book in den Legimi-Apps auf:
Seitenzahl: 73
Veröffentlichungsjahr: 2018
Das E-Book (TTS) können Sie hören im Abo „Legimi Premium” in Legimi-Apps auf:
À Talia qui, je l’espère, grandira dans un monde meilleur et à Soupochou qui a inspiré ce livre par ses miaous revendicateurs.
Yayo
© DADOCLEM Éditions26, rue de la Jalle – 33000 Bordeauxwww.dadoclem.fr
Graphisme et mise en page : Virginie Thomas
Tous droits de reproduction, même partielle, réservés pour tous pays.Loi n° 49956 du 16 juillet 1949 sur les publications destinées à la jeunesse.
Imprimé en Italie par M.P. Stampa, Turin.
Dépôt légal : mars 2012ISBN : 978-2-916637-63-1
M. Soupochou apprécie depuis toujours la douce chaleur des boîtes en carton.
La sienne n’est pas très grande, certes, mais M. Soupochou l’a aménagée et décorée selon ses goûts. Des marques de griffes font de jolies rayures sur la façade, une petite balle colorée habille magnifiquement son intérieur et, çà et là, des bouts de vieux tissus tout doux ont rendu bien moelleux le fond de son habitat.
Mais, pour avoir tout cela, M. Soupochou n’a pas chômé. Il a dû beaucoup travailler. C’est que le prix des loyers a énormément augmenté ces derniers temps...
Il a donc dû prouver à ses maîtres qu’il méritait d’avoir une boîte si confortable, et a été obligé de chasser trois souris supplémentaires par jour. Croyez-moi, il courait toute la journée, comme un dératé, pour attraper ces quelques rongeurs de plus. Cela lui demandait beaucoup d’efforts et de volonté... Bonjour l’épuisement !
Et comme cela ne suffisait pas pour obtenir ce qu’il voulait, il décida de faire aussi de grosses économies sur les croquettes : pas question pour lui de retourner à la gamelle tant que son ventre ne criait pas famine. Il pouvait parfaitement se tenir, et garder son repas pour plus tard !
Cette fois-ci, en montrant qu’il était capable de se serrer la ceinture, il reçut une estime très sincère de ses maîtres. Et ces derniers lui donnèrent peu à peu ce qu’il désirait.
En décembre, la balle colorée fut leur premier cadeau : une petite prime de Noël. Sous le grand sapin vert, M. Soupochou découvrit avec joie le présent qui l’attendait. Il s’amusa avec son petit joujou multicolore toute la nuit qui suivit.
Puis, lors d’un mois de février glacial, il reçut les bouts de chiffons que les maîtres dispersèrent au départ dans un coin de leur appartement, en gage de reconnaissance. Il se roulait dessus en s’étirant de tout son long, et ronronnait de contentement pendant des heures. Comme ces tissus étaient doux !
Enfin, un beau jour d’avril, de retour de la supérette, sa maîtresse vint déposer le cadeau tant espéré : la boîte en carton dont il avait toujours rêvé. Elle était là, placée à côté du vaisselier, parfaitement cubique, et toute marron comme du bon chocolat. M. Soupochou n’en revenait pas de sa splendeur. Il ne l’imaginait pas autrement : c’était comme si elle avait été faite pour lui. La maîtresse disposa les vieux chiffons au fond de la boîte en disant : « Au moins, ça ne traînera plus par terre. Ras-le-bol des nids à poussière ! » Mais M. Soupochou ne fut nullement heurté par ces propos un peu abrupts. Il se prélassait déjà dans sa nouvelle maison, en frottant son ventre contre le carton qui, désormais, n’était rien qu’à lui. Bref, il était comblé.
Pourtant, quelques jours après son installation, M. Soupochou commença à ressentir une grosse fatigue. Sans doute son combat pour obtenir un logement décent l’avait-il beaucoup affaibli. Il avait tout de même fourni un travail bien plus conséquent qu’à l’habitude. C’était bien normal d’être un peu ramolli entre la chasse aux souris supplémentaires et les économies de croquettes !
De fait, il jugea bon de réduire son quota de proies à attraper : à présent, il en attraperait en moins grand nombre. Il fallait bien tenir le coup et se ménager pour arriver à assurer un minimum de bon travail les jours suivants. Cela restait difficile, mais M. Soupochou était un chat persévérant. Il n’aimait pas qu’on le prenne pour un fainéant.
Néanmoins... les reproches de ses maîtres ne tardèrent pas à se faire entendre : « Regarde-moi ce chat ! Pas capable de nous attraper plus de trois bestioles par jour ! Après tout ce qu’on lui a donné, tu ne crois pas qu’il pourrait se bouger un peu plus ?! » M. Soupochou était très déçu, et vexé qu’on le considérât comme un incapable. Et puis, il avait peur qu’on ne veuille plus de lui et qu’on lui reprenne sa boîte en carton... Alors, inquiet de cette épée de Damoclès* suspendue au-dessus de son museau, il tenta de se reprendre en patte. Il voulait absolument prouver qu’il était apte à accomplir ses tâches : il devait y arriver !
Mais, malgré tout le mal qu’il se donna, il ne parvint à rien de mieux... Oui, ce fut un échec cuisant : épuisé par tant d’efforts, il lui fut vite impossible d’attraper un seul rongeur. Notre petit chat fut donc obligé de prendre une décision qui le peinait beaucoup. Mais il n’avait vraiment plus le choix, il était bien trop fatigué... Voilà : il dut se mettre en arrêt maladie. Il pensait qu’un peu de repos lui permettrait de reprendre du poil de la bête. Malheureusement, il ne se doutait pas que cet arrêt de travail lui coûterait si cher...
Ses maîtres voyaient la situation d’un très mauvais œil : tout de suite, ils établirent un lien avec l’obtention de la boîte en carton. Ils étaient persuadés que M. Soupochou faisait semblant d’être épuisé pour pouvoir profiter de sa boîte. Ils pensaient que leur animal avait décidé de flemmarder, maintenant qu’il avait eu ce qu’il voulait. Et ils trouvaient cela très malhonnête : « Ce chat... il a vraiment un poil dans la patte ! Quel paresseux ! On n’aurait jamais dû lui donner tout ça... Si ça continue, on va devoir l’abandonner ! »
Et ils parlaient de plus en plus souvent de cette situation à leurs voisins. Ils en vinrent même à en discuter avec Mme Égère, la concierge. C’était une dame d’un certain âge qui n’aimait pas grand-chose ni grand monde. Elle trouvait que rien ne tournait rond aujourd’hui. Elle avait l’impression que certains, comme elle, fournissaient beaucoup de travail, pendant que d’autres, comme M. Soupochou, s’autorisaient à se reposer. Elle ne comprenait pas cela parce que, elle, même lorsqu’elle avait de la fièvre, elle venait faire le ménage dans l’immeuble. Et elle en était très fière ! Chaque fois, les gens lui disaient : « Mais enfin, Mme Égère, le ménage peut attendre quelques jours ! Ne soyez pas ridicule, allez vous coucher un peu ! » Mais non. Elle restait quand même, l’air stoïque*, bien que blanche comme un linge et toute courbée de fatigue. Et, soit dit en passant, le ménage était très mal fait quand elle était malade... Mais au moins, on ne pouvait pas la traiter de fainéante. C’était bien là le principal...
Vous l’aurez compris, cette histoire de matou choquait profondément la bonne dame. Elle ne se gênait pas pour dire à tout le monde que c’était anormal, selon elle, de laisser dormir une bête toute la journée, alors que des souris rôdaient partout dans les couloirs.
En attendant, les maîtres acceptaient peu à peu l’idée que leur chat n’était plus le bienvenu dans le voisinage, et qu’ils devraient bientôt s’en séparer. Ils se laissaient encore du temps pour en être sûrs, mais un jour viendrait où ils ne pourraient plus continuer à lui donner ses croquettes. Car il était devenu, aux yeux de tous les occupants de la résidence, ni plus ni moins qu’un squat-teur*. Tous trouvaient scandaleux que cet animal puisse jouir d’un toit gratuitement, sans avoir à accomplir sa part de travail au sein de la communauté. « Et dire qu’il se vautre à volonté dans son carton sans qu’on lui demande quoi que ce soit en retour ! » s’exclamaient-ils.
Face à ces dires, notre petit chat ne se décourageait pas : ces accusations étaient injustes. Hors de question qu’il y accordât la moindre importance ! Il était en droit d’avoir un petit coup de fatigue, après tout le mal qu’il s’était donné. Et il était aussi en droit de s’accorder quelques jours de repos. Plus tard, il reprendrait son activité et prouverait sa bonne volonté. Mais... il aurait dû se douter que les choses ne seraient pas si simples...
