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Tout aurait pu être simple, beau, sentimental et romantique, même dans un polar. Une idylle de jeunes, un vieil autobus parisien. Mais l'histoire en a décidé autrement.et tout est parti en quenouille. Parce que l'amourette était intense, le bus ni à l'heure ni au bon arrêt, comme le TGV, quand ça déraille, c'est mal parti et tout s'emballe. Il faudra aux gendarmes et à l'auteur trente-cinq chapitres pour arriver à l'épilogue et au terminus pour le bus, terminus de la ligne pour dénouer le drame qui a enseveli des existences, des illusions et des espoirs entrainant la volupté de quelques égarés Seul rescapé, le TN 4 F de la RATP, made in France par Renault qui arrivera au Musée au prix d'un écart impromptu à la case Casse en direction de l'Eternité. L'aventure physique inespérée de Maurice et Roger fait de ces témoins du premier rang des suspects, mais pas davantage que le binôme Jeannot et Eddie ou le couple Gentilhomme. Ce mari volontairement cocufié paiera ses beaux-frères d'armes pour un émoi salutaire offert tant à sa belle qu'au duo affrêté. Cette femme donnée, mais Dieu soit louée pas vendue. L'argent qui circule permettra juste de requinquer des bourses voire rincer la gorge asséchée par l'effort pour la bonne cause. Une fois de plus, l'auteur nous entraine dans une éprouvante course d'obstacles.
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Seitenzahl: 294
Veröffentlichungsjahr: 2022
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Un grand merci à AUTOCARS ANCIENS DE FRANCE,
son président et ses membres pour leur participation à cette aventure de tourisme policier…
Chapitre I : La grande vadrouille
Chapitre II : La tournée des grands-ducs
Chapitre III : La campagne accueillante
Chapitre IV : La nuit de samedi
Chapitre V : L’enquête
Chapitre VI : La bicyclette rose
Chapitre VII : Goutte à goutte de cercueil
Chapitre VIII : L’aire des « Grands Cerf » ou Le fantasme du camionneur
Chapitre IX : Le musée
Chapitre X : Les gendarmes
Chapitre XI : La piste bisontine
Chapitre XII : Aveux ?
Chapitre XIII : Les bourgeois de Franche-Comté
Chapitre XIV : Albert
Chapiste XV : Les Gentilhomme
Chapitre XVI : L’autopsie
Chapitre XVII : Tous mécontents
Chapitre XVIII : Raphaël
Chapitre XIX : Edouard
Chapitre XX : Parents
Chapitre XXI : Gendarmes à tous les étages
Chapitre XXII : Raphaël
Chapitre XXIII : Rataut et Lavignac
Chapitre XXIV : Psychologie
Chapitre XXV : L’autre fille
Chapitre XXVI : Plus au nord
Chapitre XXVII : Reconstitution
Chapitre XXVII : Confrontation
Chapitre XXVIII : Gendarmeries
Chapitre XXIX : La fin d’abord
Chapitre XXX : La voiture qui parle
Chapitre XXXI : Le deuil, considérable
Chapitre XXXII : Le retour du Labrador
Chapitre XXXIII : Le plongeon
Chapitre XXXIV: Las scientifiques
Chapitre XXXV: Conclusions
Chapitre XXXVI: Epilogue
Un cadavre dans le placard, c’est comme l’araignée au plafond de l’hôpital psychiatrique, un lieu commun de toutes les histoires banales qui commencent bien et n’en finissent pas. C’est précisément le fond d’une malle, pas encore soûte à bagages des vaisseaux de transports Intercités modernes que sont les autocars Pullman de haut confort et de grand tourisme avec toilettes, chauffe-pieds, wifi et autres platitudes excentriques de la modernité déchéante, non mais le bus de la ligne dix, rescapé de tous les transferts et autres calvaires de décharges et de cimetières automobiles en ferrailleurs, ici et au-delà chaotiques, ce Renault TN 4 à quatre cylindres fonctionnant péniblement avec un mélange d’essence, d’huile lourde et d’alcool de la RATP des années-trente à plate-forme avec son moteur puant plus que poussif avait atterri dans l’escarcelle du collimateur de Jean-Louis que nous appellerons JLE par confort et commodité, en vue aussi de faire gagner quelques cents à la marge à notre éditeur concupiscent. JLE avait entendu parler par un ami toulousain de l’épave roulante qui avait fini d’espérer au bord de la départementale 24 d’un canton adjacent et après avoir vécu une adolescence tumultueuse du temps parisien du Front Populaire, avait survécu à l’Occupation sans passer au gazogène, réintégré la nation indemne voire indemnisée en 1945 et longtemps encore parcouru le pavé de la capitale au bénéfice de ses prolétaires en leur tirant sa révérence parfois irrévérencieuse à l’improviste, faisant échapper outre des volutes de carburant imbrulé, sa plate-forme arrière à leurs désirs inassouvis de jumping de dernière seconde autant que l’envie de rejoindre une hypothétique promise. Justement promis, juré, craché, ledit autobus parisien devenu entretemps provincial en Pays d’Oc, avait été promis à JLE par son copain d’avant, qui l’était resté après, avec comme simple, et c’est un euphémisme, contrepartie, de l’enlever à ses frais, de JLE s’entend. Coutumier du fait ce dernier, Alsacien du Grand-Est, et président du déjà célèbre Conservatoire, rassembla ses collaborateurs pour faire démarrer la mission de sauvetage dont la première étape serait de récupérer cet ancêtre. Les vétérans seraient à l’œuvre. Maurice un copain de Krautergersheim serait de la partie et conduirait le porte-engins nécessaire au transport sécurisé de la relique. Bien entendu tous les participants avaient une idée précise du voyage à accomplir, des distances, des étapes et des obstacles à surmonter, mais aucun a priori n’avait la moindre idée des virages et dérapages qu’occasionnerait la réanimation de la victime déjà partiellement désossée. Il y aurait comme d’habitude à charger en plus de la carcasse sur roues, tout un lot de pièces ou divers accessoires déjà démontés, regroupés ou non, avec ou sans signalétique que l’on supposerait faire partie de l’ensemble, mais évidemment, l‘important dans ce travail de tri serait une fois de plus de ne rien oublier. Cette intéressante aventure d’anecdotes en péripéties n’est à la portée que des plus vaillants qui savent d’expérience que l’important est d’entreprendre à tel point que l’objectif se situe alors souvent dans le parcours qui y mène.
Maurice était parti la veille avec son coéquipier et avait fait étape aux environs de Clermont-Ferrand, histoire que le lendemain, ils soient à pied d’œuvre dans les horaires pour leur rendez-vous avec JLE qui viendrait avec son gros 4X4. Celui-ci était à dessein équipé de treuils et de vérins de tous types et servirait comme d’habitude de camion-atelier. Il faisait désormais partie des habituelles missions de sauvetage qu’ils effectuaient depuis quelques années. C’était une mission unique et spécifique pour un objet, presque rien en comparaison du déménagement du musée lors du changement de site ou du rapatriement massif d’une quarantaine de poids-lourds encore en devenir.
En effet, les monuments historiques sur quatre, six roues ou plus n’étaient pas toujours aisés à déplacer ni à charger sur le porte-engins. Ils se faisaient alors selon le cas aider par un confrère, une connaissance, un cariste ou un transporteur local qui leur prêtait la main dans certaine situation inédite, précaire ou imprévue, certaines configurations où les matériels anciennement roulants et dont la rouille en avait çà et là fait avec son œuvre des statues de sel aux couleurs mordorées. C’est ainsi que l’expérience leur avait appris qu’on peut beaucoup prévoir mais qu’il faut assurément toujours improviser, qu’alors la meilleure improvisation est celle qui est bien préparée, et c’est bien pour cela qu’ils avaient peu à peu peaufiné leur système. Le gros véhicule tous-terrains était à la fois spacieux et confortable pour le repos et le trajet, costaud et puissant quand le cas échéant il fallait au dernier moment, pousser, tirer, retenir ou apporter quel qu’àpoint, véloce aussi, si au dernier carat il s’agissait de récupérer là ou ailleurs un équipement complémentaire.
Bien entendu lorsqu’il s’agit de charger une épave roulante comme ce TN 4 en bordure de la départementale 24 chez un casseur plus ou moins connu, l’affaire est d’emblée dans le sac, il y aurait du monde sur place, le chantier de démolition est équipé d’une grue, de tracteurs et autres engins massus. Ces outils sont disponibles, et même si comme c’est souvent le cas dans ces entreprises, le matériel n’est plus de toute première jeunesse, ni compétitif pour une exposition de beauté ou une parade de miss univers, il n’en demeure pas moins vrai qu’il serait parfaitement opérationnel. L’affaire serait donc rondement menée, et deux jours, plus tard, savoir, en fin de semaine, le nouveau venu, ancien autobus de la capitale, ferait une entrée attendue et remarquée à défaut d’être déjà triomphante dans les locaux de l’avenue de Lauterbourg. C’est là qu’il subirait avant sa renaissance les derniers outrages à sa vie précédente. En attendant il serait parqué provisoirement entre le camion Saviem ex-pompiers arrivé peu avant lui, alors que derrière un Latil forestier continuerait de moisir à loisir en attendant une vie nouvelle dans un scénario où ce campagnard des forêts pourrait s’intégrer à une histoire de transports en communs individuels particulière.
Racontée comme cela, l’histoire parait facile et bientôt le TN 4 aurait sa place, son histoire, son devenir dans la grande saga wissembourgeoise du vingt-et-unième siècle.
Pour comprendre enfin le fin du fin il faut pourtant revenir deux semaines en arrière.
Les Ducs d’Aquitaine, Gascogne et Guyenne avaient leurs habitudes de beuveries épiques en exagérations pantagruéliques de gastronomies locales avec goutages intermittents et concomitants d’accortes jeunettes, servantes serviles ou soubrettes habiles qui apprenaient de leurs ainées ce que les sieurs d’alors et d’ici-bas aiment aussi à côté des libations et plats avantageux. Mais cela c’était au Moyen-Age et les siècles passant, les habitudes assagies avaient perdu de leurs exagérations tandis que perduraient leurs effets. On était passés des mauvais chemins creux aux départementales occitanes bombées puis à celles mieux marquées par panneaux, traits médians, signalisations horizontales et balises, et aux virages conviviaux.
Les petits ducs du samedi soir – qui a dit « samedi noir ? », s’appelaient Jeannot et Edouard, n’étaient pas comtes ou marquis mais bien nés quand même et s’étaient copieusement envoyé quelques verres. Leurs comptes s’étaient finis en lampées pour se payer des volumes litrés en bouteilles. Mais justement quand on aime on ne compte pas… Ils avaient mangé aussi mais apparemment n’avaient consommé ni drogue ni chair vertueuse, cela serait pour plus tard, pour peu qu’il leur reste en puissance, la vigueur nécessaire à l’action. Jeannot conduisait l’auto, assez bien du reste. Il voyait bien ce qu’il voyait et comme d’habitude, ce qu’il ne discernait pas lui restait aussi étranger. Peu importait d’ailleurs, son copilote était attentif et ils partirent dans le bon sens. Au sortir du parking de la petite « Auberge du Loup », ils abordèrent la départementale entre Labastide et Porchemont en prenant à droite, chemin certain pour rejoindre la Nationale en direction de Toulouse.
Inès Blanchard, la jeune lycéenne profitait du dernier week-end de ses vacances scolaires après lesquelles elle entrerait en Terminale et avait passé en compagnie de quelques amies l’après-midi au Lac de la Geniette où elles s’étaient baignées en toute liberté. Elle ne le savait pas encore à seize heures, mais elle pourrait peut-être profiter de cette opportunité et découcher, à savoir passer une dernière nuit de vacances hors du domicile familial. Son père Jules, viticulteur et agriculteur, un peu fruste et borné dans une rigidité intellectuelle dépassée, n’aurait pas accepté qu’elle ne rentre pas de la nuit au risque de la passer avec un jeune, un jeune homme, un homme tout court. Mais avec l’argument des copines et la complicité de sa maman, une telle aventure était envisageable. En tout bien tout honneur d’ailleurs, puisque le prévisionnel n’avait pas prévu de rencontre masculine, pas plus d’ailleurs que la rigidité non seulement mentale, c’est tout dire, du paternel, n’avait envisagé une quelconque aventure saphique.
Dix-sept heures, le vent sans s’être levé, tourna à l’avantage de la jeune fille. L’appel inopiné de Raphaël, un copain de classe avec lequel elle avait de bonnes relations amicales, ils avaient déjà quelque peu flirté certes, sans que celui-ci n’ait poussé quel qu’avantage ou autre argument plus incisif dans la direction estimée, posa quelques jalons. Prenant réserve et timidité présumées entre ses dents, et par textos interposés, contourna la rougeur de l’émotion déjà naissante au su de la folle entreprise, l’invita à ce qu’ils se rejoignent de l’autre côté du plan d’eau dans la petite clairière abritée qui recevrait, il ne le précisa pas cependant, leur intimité naissante par complicité implicite.
Inès ne s’en offusqua pas. Elle n’attendait que cela et déjà n’osait plus y croire pour le présent été. Sa surprise déferla en un bonheur interne si intense qui lui fit déjà prendre quelques heures d’avance par l’émoi anticipé qu’il provoqua. Ah, coquine culottes, témoins de nos sentiments ! Mais à cet âge, on est de taille à ne pas frémir d’un tel petit malaise, ce n’était pas la mort, pas même encore sa petite sœur. Et elle serra les cuisses instinctivement. C’est toujours ça de gagné.
Vers cinq heures, elle quitta ses copines sans mot dire et se dirigea en poussant sa bicyclette vers le lieu du rendez-vous. La fin de l’après-midi et la soirée passèrent rapidement. Raphaël avait fort bien fait les choses. Il avait tout prévu. Fleurs, confort, boissons, petit encart à mi-parcours aussi, afin de pouvoir procéder par étapes et ne pas brusquer sa conquête mais amener celle-ci à une collaboration croissante et une acmé « juvénile ». Dans le sport, et son esprit olympique, l’important est la participation, l’exploit en lui-même n’est qu’un corollaire. C’était sans compter l’esprit d’initiative de la jeune fille, qui ne semblait pas vouloir de ces pseudo formalités de politesse romantique. Elle n’y alla pas par quatre chemins ni en quelque sorte de mainmorte, tant celle-ci aussi fut active, mais droit au but marquant l’objectif à la culotte et prenant les choses en mains. D’ailleurs Raphaël ne se fit pas prier, exonéré de maladroites fioritures, ses efforts préparatoires et liminaires devenus ainsi inutiles, la prise en main habile voire une mise en bouche savante qui économisa des libations apéritives apportées. On pourrait effectivement consommer d’abord et se rafraichir ensuite. Sauf qu’ensuite, mais les deux jeunes s’en rendirent compte plus tard, ils en voulaient encore de ce gouter simultané de deux êtres qui après avoir semble-t-il tant attendu n’en pouvaient plus de retarder encore.
Mais ils ne regrettaient déjà plus les précédents atermoiements, prenant au présent et en cadeau le bonheur du moment sans s’occuper d’occasions précédentes manquées ou d’accessits intermédiaires, ni des suivantes à venir auxquelles on laisserait le temps d’arriver. Ils vécurent leur après-midi et la soirée au présent sans voir l’heure tourner, se soucier du passé ou d’un autre avenir.
Raphaël avait ben prévu son coup, mais ne voulait pas tirer sur la ficelle trop longtemps et se souvint à temps que lui-aussi devait rentrer à l’heure, l’heure des braves, pas celle du laitier, ce qu’après coup…. Bon, certes ce n’était pas à la minute près à la maison mais tout de même. De longs bécots plus tard, ils se séparèrent donc repus et pleins d’espoirs pour un avenir prometteur. Le cyclomoteur du jeune partit au quart de tour, tel son propriétaire à l’étape précédente, puis à gauche dans la nuit. Rapidement le feu rouge de celui-ci s’estompa dans le lointain. Il était vingt-trois heures.
La jeune fille rassembla ses effets, rajusta sa robe avant d’enfourcher maintenant sa bicyclette et d’entamer le chemin de retour dans la nuit. Elle hésita un instant. La maison, non, on lui demanderait probablement des explications au sujet d’un retour inexplicable en lieu et place d’un retard impromptu. La solution de la copine complice était bien la seule thèse plausible. Bah ! Elle la mettrait dans la confidence et cette extraordinaire aventure, ce tout récent vécu lui donnait tous les courages. C’est à peine si au moment d’attraper le guidon de son destrier elle se rendit compte qu‘elle n’avait pas remis sa petite culotte. Mais qu’à cela ne tienne. Ce n’est pas à cette heure de la nuit qu’elle fouillerait à-tâtons les buissons à sa recherche pour la retrouver, pas si sûr d’ailleurs, et dans quel état. La perte du tissu n’était rien en regard du gain engrangé. Elle aborda la route en direction de Lagardère et ….
Les deux compères n’avaient rien vu. Un choc, un éclair et un crissement de pneus. La voiture conduite par le jeune homme s’arrêta une centaine de mètres plus loin dans un cirement de pneus et un bruit de gravillons emportés, entrainés par le freinage tardif mais efficace. Sauf que ledit ralentissement avait eu lieu après la collision et que l’automobile avait bel et bien, autant dire mal, percuté un obstacle dans la nuit.
Dans la pénombre de la route mal éclairée par une lune défaillante, les deux amis rebroussèrent chemin pour voir s’il y avait des dégâts. L’obstacle, un animal sauvage peut-être, un poivrot au milieu du chemin et qui serait blessé, mais à cette heure ! Ils avançaient, l’oreille aux aguets, à l’écoute des plaintes éventuelles. Arrivés là où débouchait le petit chemin, la lucidité de son copain lui fit analyser.
- C’était surement là, il devait attendre à hauteur de cet embranchement ; mais pourquoi au milieu de la route ?
Ce n’est qu’après avoir pivoté de 180° degrés qu’ils aperçurent à une dizaine de mètres une bicyclette endommagée qui gisait dans les ronces en contrebas du petit fossé bordant la vicinale. Ils s’approchèrent prudemment et ne touchèrent pas l’objet, au demeurant un peu éloigné de l’autre côté du petit canal aquatique. Le véhicule dans l’obscurité semblait déformé, les orties rebelles et herbes folles étaient nouvellement écrasées. Manifestement l’incident s’était produit peu de temps auparavant. Pourtant aucune trace suspecte ne permettait d’attester la présence d’un conducteur de ce deux-roues. Il était malgré tout peu probable qu’il ait atterri là tout-seul encore que la propulsion de la voiture, c’était une chose, mais il ne devait pas avoir été couché sur la route. Dans ce cas le passage des roues l’aurait tout simplement écrasé, pas projeté. Penauds, ils prirent pourtant, sans avoir de réelle réponse à leur question implicite, le chemin du retour vers leur véhicule pour poursuivre leur route.
Ils avançaient à petits pas. D’un coup, l’un d’eux tressaillit et empoigna le bras de son compère. Dans l’ombre ils avisèrent une forme allongée qui gisait au pied d’un petit monticule de gravier laissé là vraisemblablement par des cantonniers lors d’un ouvrage précédent. Une femme, à en croire la robe déchirée et retroussée sur son corps blême laissait entrevoir ses cuisses claires. Horreur et malédiction. Prenant leur courage à quatre mains, une seule surement aurait suffi à le porter tant ce zeste de bravoure était ténu, les deux hommes, pas des héros, mais conscients que sauver une vie en voie de s’éteindre est un devoir citoyen, se prirent par la main et approchèrent piteusement.
Le plus hardi, l’autre guère plus âgé, approcha sa main du corps frêle et frôla doucement la joue de la fille, évitant de la brusquer.
- Mademoiselle, risqua-t-il, peut-on vous aider ?
Ce terme, mademoiselle, que plus personne n’emploie plus pour interpeler une jeune fille de nos jours et ce pour diverses raisons dont le féminisme et la mode ne sont que deux exemples entre autres, était adapté à la circonstance et prouvait l’embarras et la déconnexion de cette situation nouvelle et inconnue pour les deux bambochards.
Mais, même pour nos deux érudits du sauvetage, la cause fut rapidement claire et entendue, plus claire que la nuit et n’entendant que le silence de la mort. Morte, elle était morte. Et maintenant qu’ils l’avaient trouvée, frôlée voire touchée, ils se sentaient pris au piège. Parce qu’ils étaient témoins d’un homicide, d’un féminicide, nouvelle formule pour présumer le prédateur comme étant forcément de sexe masculin. Et encore, homicide, ce mot-même ne leur venait pas à l’esprit, cette élévation du niveau de langage ne leur était pas adaptée ou familière. Ils ne pouvaient plus se défiler. Aucune circulation, pas de passage, pas le moindre véhicule ne s’était aventuré sur cette portion d’itinéraire depuis leur arrêt machinal. Dans une espèce de transe, ils prirent l’initiative. Plutôt que d’alerter, en témoins soucieux et se mettre en avant, presque en légalité, ils échafaudèrent muettement mille, c’est beaucoup, cent projets pour se tirer d’affaire et il leur apparut distinctement que la seule solution était de faire disparaitre ce corps gênant sans évidemment penser aucunement aux conséquences de leur inconséquence. La seconde étape était précisément de faire la fille de l’air, frais au demeurant et de s’éclipser itou.
Le chauffeur approcha la voiture et ensemble, ils chargèrent la dépouille inerte dans le coffre de leur automobile. L‘idée du plus hardi était de déposer discrètement le corps plus loin, là où on ne le découvrirait peut-être jamais et où ce cadavre désormais anonyme effacerait toute possibilité future d’établir un lien avec ce premier déplacement posthume de jeune fille à robe en fleurs, pas plus pensaient-ils, qu’avec le vol mal plané qui avait précédé celui-ci dans un reste de vie antérieure.
Une fois le cadavre hissé dans le véhicule, il suffisait maintenant de lui trouver un point de chute. L’euphémisme échappa aux deux incultes que cette notion même n’effleurait pas et qui pour cette seconde chute avaient obéré de leur souvenir la première chute de la morte à l’époque encore vivante. Mais cela, c’était déjà du domaine de l’histoire ancienne, de l’hypothèse conditionnelle que l’école avait tenté de leur inculquer sans succès aucun. Les deux vivaient au présent. A titre indicatif, la voiture prit la direction de Lagardère, petit village où ils étaient souvent passés et où un vague oncle de son copain Julio possédait un terrain de même nature qui lui servait de réserve de vieux matériels à fonds éperdus. Si l’entreprise commerciale avait été inscrite aux registres, si son activité avait été ordonnée on aurait pu appeler ce terrain vague, une casse automobile, mais on était à mille lieues de ce luxe superflu. Pourtant, géographiquement, Lagardère et cet enclos n’étaient qu’à quelques kilomètres. Ils s’approchèrent à la lueur blafarde de l’éclairage parcimonieux de leur véhicule à la batterie aussi défaillante que leur honneur.
La grille, à vrai dire, le grillage pendant qui s’offrait à leur vue, était ouverte et ils pénétrèrent dans l’enceinte. Ils iraient loin derrière. Là, ils seraient à bonne distance de la route, à l’abri des regards les plus audacieux, et surtout là où personne n’irait chercher quoi que ce soit avant des années et surtout pas des poux sur des crânes mal rasés. Contournant quelques carcasses de véhicules hors d’âge et d’usage, utilitaires de tout poil devenus inutiles et largement assoupis vu l’heure avancée de la nuit et leur âge cacochyme, pour aviser derrière un monticule indistinct de métaux essentiellement ferreux, une caisse en bois. Une marche arrière plus loin et hop, le corps maintenant désarticulé de la jeune fille était enfui dans le cercueil improvisé dont ils refermèrent doucement le couvercle en évitant, tant qu’à faire, de provoquer un bruit quelconque qui au demeurant n’aurait dans ce lieu gêné personne, ni réveillé aucun vivant ni même un mort, pas davantage qu’un quelconque souvenir pour l’éternité.
Raphaël n’était pas tranquille. L’air de la route, la sueur conjointe de l’effort et de l’émoi, le doux souvenir des heures passées, le retour tout de même précipité vers son lit étroit où déjà lui manquait le contact chaud et onctueux de sa belle, ce cocktail de sentiments et sensations, une imagination débordante et l’ondoiement entre sommeil et flottement, entre rêve et éveil, entre volupté et crainte de sa perte emportèrent la palme sur un sommeil réparateur. Cette torpeur le poursuivit jusqu’au petit matin et le laissa choir dans une phase de transe. Ce n’était pas le bon sommeil du juste au devoir accompli la conscience en paix ; il se réveilla en sursaut, en nage et en érection. Certes ce phénomène n’est pas anormal, « les matins triomphants de Victor Hugo » en témoignent qui concernent jeunes et vieux. Mais l’excitation fut rapidement relayée par une anxiété sourde, une angoisse insolite autant qu’inconnue. Il faudrait qu’il la revoie, plus jamais il ne la quitterait aussi précipitamment l’étreinte révolue, ce goût d’inachevé le laissait incertain.
La journée du lendemain fut une longue attente ! Non qu’il ait pensé qu’elle le rappellerait pour lui dire en paroles enflammées la gratitude qu’elle éprouvait pour les instants partagés. Certes, sa fierté de mâle en eut connu une satisfaction sans bornes dont il se serait volontiers embaumé, mais il savait bien que cela ne se faisait pas et que toute exceptionnelle que soit la relation sincère et profondément exaltée de leur nouvelle intimité, il est de ces bonheurs dont on se repait mais avec mesure. Il attendait donc un signe, discret soit, de forme adaptée, tout dans la nuance et comme il imaginait son Inès, mais un signe tout de même, pas le silence de l’ignorance. Il s’était tout de même passé quelque chose entre eux.
Pour Amandine, la copine de référence, l’alibi de préférence, la situation était différente. Certes elle avait bien compris que les plans anciens de la soirée de rigolade et de bonne camaraderie entre filles qu’elles avaient envisagés étaient tombés à l’eau, au bord du lac. Elle avait compris la manœuvre dès le premier texto de Raphaël suivi d’un premier appel ponctué de gloussements, de non-dits, rires, rougeurs et autres émois rubiconds ainsi que de silences parfois embarrassés. Tout ça, elle l’avait accepté et compris, enregistré et absous, tout comme elle avait admis le départ sans mot dire pour une destination à elle inconnue dans sa géographie mais concrète dans son abstraction et son sens émotionnel dont au moins elle aussi imaginait la profondeur sentimentale ou psychologique et l’élévation sensuelle ou romantique. Pas de problème, elle n’éprouvait ni jalousie ni concurrence car ce Raphaël était celui d’Inès et ne présentait pas d’attraits à son goût. Heureusement, mais elle comprenait. Qu’ensuite elle ne l’ait pas rejointe comme prévu initialement, elle avait volontiers imaginé que l’étreinte champêtre pouvait s’être poursuivie par une nuit partagée. Mais le lendemain fut long et le manque d’explications commença à peser pour elle. Une bonne copine, une « meilleure amie » disent les annales, raconte ses réussites, ses exploits parfois, aussi ses insatisfactions, à une confidente. Ce silence fut long, douloureux, incompris, puis devint lancinant, angoissant, incompréhensible, pour atteindre son paroxysme lorsque la maman d’Inès le lendemain soir vint aux renseignements.
Amandine se doutait bien de cette éventualité mais fut prise au dépourvu tout de même et balbutia dans un embarras inéduqué :
- Je ne sais pas, madame, en tous cas, pas chez moi.
Elle ne se rendit compte de sa maladroite bévue, de sa presque trahison, que lorsque la mère lui rétorqua.
- N’a-t-elle donc pas passé la nuit chez vous ?
La jeune fille crut bien qu’elle allait défaillir et dut à deux reprises tenter de déglutir pour finalement éructer la gorge sèche et sans avoir avalé la moindre goutte de salive :
- C’était effectivement prévu, nous avons passé l’après-midi ensemble au lac ….
La maman d’Inès devant son désarroi manifeste, vint à sa rencontre et en aide et finit la pensée entamée :
- Raphaël ?
- Euh, oui, madame, mais comprenez-vous, je ne devais surtout pas le dire.
- Amandine, nous avons tous été jeunes, pourquoi croyez-vous toujours devoir réinventer le monde.
En fait, par les seuls mots d’acquiescement d’Amandine qui lui confirmaient que sa fille avait passé le reste de la journée précédente, la soirée, peut-être la nuit avec Raphaël la rassurait plutôt. Ainsi, perdue pour perdue, elle ne le serait pas pour tout le monde. Elle, en effet, n’avait aucun grief fondamental à l’encontre du garçon, ni une prévention majeure contre le fait que sa fille fréquente des jeunes de son âge, ou un en particulier et que cela finisse par des rapprochements que la vie engendre naturellement. En clair, personne n’était dupe et que sa fille ait des relations de quelque nature et dans quelles conditions avec Raphaël était dans le fond positif. Elle n’était pas une « fille perdue » pour autant même si pour l’instant elle avait perdu sa trace. Elle attendit cependant encore pour passer à l’étape suivante en mentant effrontément à Jules, son rustre d’agriculteur et mari qui ne cessait de la harceler pour réintégrer ses droits paternels. Même si le patriarcat n’est qu’une antique survivance dans nos sociétés contemporaines, Jules avait conservé pour sa smala cette illusion. Et ses manières avaient fait que les siens avaient accepté de jouer de duplicité en même temps que le jeu pervers du mensonge, ce qui finalement ravalait mal la façade et ne faisait de bien à personne. On ignorait si Jules lui-même y voyait le feu qu’on lui prêtait. Inès était donc présumée rester encore chez Amandine et la maman rongeait son frein et remit au lundi la recherche de sa fille.
Raphaël
Lundi à dix heures du matin, un Raphaël qui n’avait pas dormi et après moult textos restés sans réponse puis des appels tombant désespérément sur une boite vocale sibylline le faisant hésiter entre disgrâce et panne de batterie s’était donc décidé à affronter la mauvaise humeur de la jeune fille pour une faute par lui commise qu’il ne discernait pas mais envisageait par toutes sortes de folles interprétations, ça c’était la version facile, il envisageait aussi le pire, dangereux mais chevaleresque, il affronterait l’ennemi, le Jules, la mère ligués contre Inès et lui et qui séquestraient leur fille. Mais il serait fort, il serait vaillant, courageux voire téméraire et quoiqu’il en coute, il la sauverait de leurs griffes.
Il arriva à dix heures quinze dans la propriété. Ce petit domaine n’était pas gardé, ouvert à tous vents, mais propre. Il ne donnait pas l’impression d’une chiourme ou d’un asile où qui que ce fut soit enfermé contre sa volonté. Il carillonna à la porte d’entrée et la maman d’Inès se précipita à leur rencontre. Du moins le croyait-elle, puisqu’elle prit Raphaël dans ses bras et le gratifia d’une embrassade magistrale et généreuse en guise de bienvenue, montrant bien et par avance qu’elle leur était reconnaissante de leur retour au bercail. Mais lorsqu’elle s’aperçut que Raphaël était seul, elle resta bée et coite.
- Mais où est Inès ? Demanda-t-elle.
- Bonjour madame, j’allais dire, je me posais la même question, elle ne me répond plus au téléphone depuis avant-hier soir. Elle n’est pas malade, au moins ?
- Entre, Raphaël !
La maman prit les choses en mains. Pas faire d’esclandre. Craignant le pire sans en connaitre ni la forme, ni les dimensions, elle en était déjà à prudemment tenter de limiter la casse. Pas qu’on la voie, le personnel, les employés, et surtout Jules, en palabre avec Raphaël et pire qu’on entende leurs propos. Elle le fit entrer au grand salon, celui où les persiennes toujours closes garantissent la nécessaire discrétion.
La discussion fut affable, Marguerite avait déjà assimilé que sa grande avait eu un amant, que ce Raphaël prendrait le cas échéant ses responsabilités. Il était d’ailleurs en voie de le faire, comme il avait déjà pris de l’avance l’avant-veille dans la nature. Au bout de cinq minutes, elle avait compris que le samedi après-midi les jeunes n’avaient pas compté seulement les fleurs de la clairière, que s’il lui avait compté fleurette, ils étaient arrivés largement au bout de l’addition, peut-être du conte, et tout compte fait, autant il s’était clairement exprimé, le compte était bon manifestement, sauf celui du temps passé qu’ils devraient ensemble à présent reprendre à rebours.
Ils avaient dû abréger leurs activités en raison de l’heure tardive qui ne leur était pas spontanément apparue. Les contraintes plus familiales que temporelles en avaient disposé différemment. Oui mais voilà, alors que lui était rentré à l’heure, manifestement ce n’avait pas été le cas de la jeune fille.
La maman finalement fit le bon choix. Passant outre les conséquences internes à son couple qui restaient pendantes, elle proposa au jeune homme de faire équipe dans la recherche de la présumée disparue.
On avait l’heure, on avait un lieu, la clairière de l’autre côté du lac de la Geniette,, la route vers Labastide que Raphaël avait lui-même empruntée et tous ces éléments étaient tangibles.
Plutôt que de s’embrouiller au téléphone, elle embarqua son coéquipier et ils se rendirent tout de suite au chef-lieu de canton, à la gendarmerie, histoire de n’être pas interprétés comme des clampins et que les forces de l’ordre prennent sérieusement l’affaire entre leurs mains. On était lundi matin tout de même.
Le chef Clochard sentit d’emblée devant la percutante personnalité de la dame appuyée de la sincérité touchante de son accompagnateur qu’il ne ferait pas le poids et les annonça sans tarder chez l’adjudant Bernard qui venait de prendre son service. Affable mais peu surpris du désarroi d’une mère, il prit la plainte placidement comme un dépôt ordinaire. N’eut été la ferme intransigeance et la presque juvénile assurance de Raphaël, il aurait surement classé sans suite autant que sans raison d’ailleurs.
Mais la courtoise honnêteté qui ressortait du discours de l’amant, toute partisane qu’il convint de l’analyser, n’était pas feinte. Et père de famille lui-même, Bernard, on ne sut pas s’il compatissait à la détresse du jeune qui avait perdu sa conquête et confessait sa faute irrémédiable de n’avoir pas fauté encore et encore pour le mieux protéger, ou si l’adjudant était père d’une jeune fille présumée fautive d’une « découche » impromptue. Toujours est-il qu’il déclencha les recherches, impressionné tout de même par l’engagement d’un jeune qu’il aurait positivement apprécié lui-même comme gendre futur en cas de concordance. Cela le rassurait quelque part de voir que de telles personnalités existent encore.
La topographie et le timing furent ses premiers jalons. Pour donner du corps à son enquête, il enregistra la disparition de la jeune fille dans le cadre d’une recherche dans l’intérêt des familles. Il fit noter séparément les dépositions des deux témoins, la maman d’une part, fut entendue par son adjointe Marine Defossez. Cette gendarme aguerrie était très à l’écoute, probablement prédestinée à parcourir les chemins creux de l’intimité des arrière-cours. Habituellement le chef lui affectait en priorité les affaires de mœurs ou de familles où sa sensibilité faisait merveille. Là encore elle comprit de suite le dilemme de cette maman qui assurait la paix au sein de sa famille, arrondissait les angles entre son « Jules » d’époux et la jeune Inès, jeune femme sage certes mais dont les besoins de libertés et les aspirations à l’indépendance et l’autonomie étaient constantes. Elle approuvait officiellement certes, bien que du bout des lèvres, la liaison avec Raphaël qu’elle prétendait ne pas ignorer tout en affirmant ne pas le connaitre jusqu’à présent autrement que d’ouï-dire. Elle avait apprécié la présentation du jeune homme au cours de l’heure qu’elle venait de passer en sa compagnie autant que son maintien. Elle indiqua à l’enquêtrice les coordonnées d’Amandine, la complice de toujours qui devait servir de chaperon le cas échéant, de couverture en tous cas et d’alibi aussi et qui bien que peu diserte sur l’instant, pouvait en savoir davantage, surtout si elle était interrogée par la maréchaussée. Au plan pratique la maman ne savait pas grand-chose. Elle connaissait le plan d’eau mais n’aurait pas mis sa main au feu pour garantir que celui-ci ait été le lieu du débat voir des ébats. Elle n’en savait pas plus. Elle supputait que le mode de locomotion était la bicyclette rose pâle de la jeune fille dont elle précisa le type et promit de trouver une photographie qui permettrait le cas échéant de l’identifier ; la gendarme prudente demanda à vérifier que la monture manquait bien à son emplacement de garage habituel. Ce que la gendarme ne put éviter d’exiger, serait la rencontre avec le père. En effet il fallait voir le cas échéant si un contact fortuit ou non entre fille et père n’aurait pas pu provoquer finalement la disparition volontaire de cette dernière pour se soustraire à l’autorité patriarcale ou à l’inverse volatilisation provoquée par un père possessif dans un but protecteur.
Raphaël, entendu par son collègue Lavignac, fut plus explicite sur son emploi du temps de l’avant-veille. A l’aide de son téléphone portable, il vint au-devant des enquêteurs. Les premières étapes de sa « conquête de l’ouest » furent évoquées, le timing au bord du lac, tout d’abord. Il n’avait rien à cacher. Ensuite il précisa la rencontre dans la clairière, le petit diner, l’offrande, la grande réception, la soirée et enfin vers 23 heures, la levée de la séance au grand dam des deux amants qui devaient rejoindre leurs pénates respectifs.
Inès avait donc effectivement disparu après le départ de Raphaël ; dans l’esprit de celui-ci, elle était rentrée à la maison, lui n’ayant pas la notion d’une escapade de remplacement prévue avec le secours d’Amandine.
Les gendarmes s’activèrent.
