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Une belle histoire à lire dès 9 ans !
À la fête foraine, Léo, un enfant adopté après avoir été abandonné à la naissance, dépense son dernier billet sur un coup de tête pour consulter une voyante.
Celle-ci lui annonce qu'il retrouvera sa mère en suivant les traces d'un ours polaire. Troublé par cette révélation, dans le plus grand secret, Léo va tenter l'aventure, accompagné par son amie Laura.
Question ô combien délicate que celle de l’adoption car tout enfant adopté finit toujours par poser la question : qui est ma vraie mère ?
Un petit roman plein de pudeur et de tendresse sur la question que finissent toujours par se poser tous les enfants adoptés.
EXTRAIT
La voyante releva la tête, lâcha la main de Léo et dit le plus sérieusement du monde :
- Il faut suivre la trace des ours polaires.
Cette fois, c’est Léo qui ouvrit des yeux ronds comme les billes dans la coupe sur la table. Puis, il offrit un sourire à la voyante. Celle-ci pinça les lèvres et ajouta :
- Je n’en dirai pas plus !
Léo fut à la fois rassuré et déçu. Il trouvait la réponse si abracadabrante qu’il ne s’en émut pas. D’un autre côté, il avait dépensé tout l’argent qui lui restait pour cette petite phrase qui n’avait aucun sens. Il trouvait que c’était cher payé.
À PROPOS DE L'AUTEUR
Valérie Lacroix est née à Lyon où elle a vécu jusqu’à l’âge de 25 ans. Bien sûr, elle aime les ours polaires mais aussi les baleines et les fennecs ! C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles elle a fait des études de Sciences de la Vie et de la Terre.
Actuellement enseignante, elle écrit des histoires pour la jeunesse où elle peut laisser son imagination vagabonder en toute impunité. Car rêver, elle l’avoue, reste un de ses passe-temps favoris…
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Seitenzahl: 74
Veröffentlichungsjahr: 2017
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Table des matières
Table des matières
Né sous X
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ÉPILOGUE
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Né sous X
ValérieLacroix
Illustrations :LaurenceSchluth
1
Léo et Katia déambulaient au milieu des stands colorés et bruyants. Léo aurait bien voulu tirer à la carabine mais il savait que Katia n’aimait pas cela. Elle lui serrait la main très fort. Elle lui serrait toujours la main à la fête foraine. Elle avait peur de le perdre, elle disait.
Léo aurait bien retiré sa main ; il pensait qu’à dix ans, on ne donne plus la main à sa mère.
Katia n’aimait pas la fêteforaine et n’acceptaitd’y faire un tour que pour lui faire plaisir. Léo venait de finir sa barbe à papa et suçait les petits morceaux de sucre rose collés sur ses doigts. Katia sortit une lingette de son sac à main pour les essuyer : elle était très prévoyante.
Ils passèrent devant les ballons qui voletaient dans leur cage de bois et semblaient rigoler en attendant les coups de feu.
Juste derrière, le cône pointu d’un minuscule chapiteau rouge perçait le ciel ennuagé. Une pancarte indiquait en lettres soigneusement peintes en bleu
Léo fronça les sourcils en accents circonflexes comme il en avait l’habitude :
- Katia, que veut dire « Bonne Aventure »?
- La bonne aventure, c’est... la voyance. Tu comprends ?
- Non, pas vraiment.
- C’est quand une personne connaît l’avenir. L’avenir, tu comprends ?
- Oui. Oui, cette fois je comprends. L’avenir, c’est le futur, c’est ce qui va se passer demain ou plus tard.
- Oui, c’est ça.
Ils repartirent dans l’allée qui grouillait de têtes d’enfants. Certains sautillaient devant eux, cramponnant la ficelle d’un ballon argenté en forme de cœur, d’autres se bousculaient devant le stand de pêche aux petits canards. Léo avait déjà fait trois tours d’autos-tamponneuses et il était même monté sur la grande roue avec Katia. Il se retourna et vit la pointe du petit chapiteau rouge derrière la foule.
- Je voudrais retourner là-bas voir ce qui estécrit à côté de
Katia tapota le bout du nez de Léo avec son index,sur les taches de son,elle disait, puis ils firent demi-tour et s’avancèrent tout près du chapiteau :
indiquait une pancarte plus petite que la première.
Léo fouilla dans le fond de ses poches. Il sentit le billet bleu-vert froissé que lui avait rendu la femme aux autos-tamponneuses : juste cinq euros.
- Je voudrais qu’on me dise la bonne aventure ! s’écria Léo.
Katia sourit.
- Alors, attends un peu ! Regarde, il y a déjà quelqu’un !
En effet, une troisième pancarte indiquait :
Un peu plus tard, une jeune fille sortit de la tente, le sourire aux lèvres. Léo lâcha la main de Katia, souleva un coin de la toile rouge et regarda à l’intérieur plongé dans la pénombre.
Une femme aux cheveux noirs et bouclés était assise dans un fauteuil en velours sombre. Devant elle, se trouvaient une grande table et plusieurs objets dont une bougie qui éclairait la scène.
- Mais entre donc ! Je n’ai encore jamais mangé personne !
Léo entra timidement, s’assit sur la chaise en face de la voyante et posa son billet froissé sur le rebord de la table, à côté de la bougie qui vacillait.
- Tout d’abord, tu dois savoir que je réponds seulement aux questions sérieuses, celles qui viennent du cœur, annonça- t-elle en se frappant doucement la poitrine. Ensuite, regarde ! Tu peux choisir les cartes, les lignes de la main ou la boule de cristal. Mais pour la boule de cristal, il faudra ajouter cinq euros.
Léo regarda les cartes, les paumes de ses mains la boule de cristal. Il annonça :
- Les lignes de la main !
La voyante lui prit la main gauche.
- Celle du cœur ! expliqua-t-elle.
Mais Léo n’avait pas encore réfléchi à sa question. Pourtant, il pinça les lèvres et demanda d’une traite :
- Où se trouve ma mère ?
2
La voyante ouvrit des yeux ronds comme les billes qui se trouvaient dans une coupe sur la table. Une odeur d’encens venait de quelque part qui tournoyait dans la pénombre.
- Ta mère, ta mère, répéta-t-elle. Oui, bien sûr ! La femme aux cheveux blonds qui t’attend dehors n’est pas ta mère !
- C’est Katia. C’est ma mère adoptive. Je suis né sous X. Vous savez ce que ça veut dire ? Je voudrais savoir où se trouve ma vraie mère, répondit Léo d’une voix qui commençait à trembloter.
- Pour une question sérieuse, c’est une question sérieuse. Ce n’est pas souvent que l’on rencontre des gens comme toi, qui comprennent ce que veut dire : « qui vient du cœur », ajouta-t-elle en se frappant la poitrine à nouveau.
- D’habitude, reprit-elle, les femmes me demandent si l’homme qu’elles aiment les aime ; les hommes, eux, demandent s’ils vont gagner au loto. Alors que toi... Bon, laisse-moi regarder...
La voyante rapprocha encore un peu la main de Léo près d’elle et fronça les sourcils.
- Et j’ai oublié de te dire : une question, une seule réponse, il faudra t’en contenter, déclara-t-elle en relevant les paupières.
Léo se recroquevilla un peu plus sur sa chaise, il n’était plus tout à fait sûr de vouloir savoir, il voulait même revenir en arrière, ne pas être entré dans cette tente, ne pas avoir posé de question. Et puis Katia tenait à lui, elle lui demanderait sûrement ce qu’ils s’étaient dit. Il ne voulait pas lui faire de la peine...
La voyante releva la tête, lâcha la main de Léo et dit le plus sérieusement du monde :
- Il faut suivre la trace des ours polaires.
Cette fois, c’est Léo qui ouvrit des yeux ronds comme les billes dans la coupe sur la table. Puis, il offrit un sourire à la voyante. Celle-ci pinça les lèvres et ajouta :
- Je n’en dirai pas plus !
Léo fut à la fois rassuré et déçu. Il trouvait la réponse si abracadabrante qu’il ne s’en émut pas. D’un autre côté, il avait dépensé tout l’argent qui lui restait pour cette petite phrase qui n’avait aucun sens. Il trouvait que c’était cher payé.
Il tendit cette fois la main droite à la voyante pour lui dire au revoir et souleva le coin sombre de la toile pour sortir.
Katia l’attendait en souriant. Ses cheveux blonds brillaient dans un rayon de soleil.
- Alors, l’aventure était-elle bonne ? dit-elle avec un sourire. Mais Léo sentit que c’était une question pour rien, qu’elle n’attendait pas de réponse particulière et qu’elle respecterait son silence. Il en fut rassuré.
Pourtant, jusqu’au soir, il ne put s’empêcher de penser à la petite phrase de la voyante :il faut suivre la trace des ours polaires.
Et la voix se faisait de plus en plus forte dans sa mémoire :il faut suivre la trace des ours polaires!
Dans son rêve, cette nuit-là :ilfaut suivre la trace des ours polaires !
Et le paysage de sa nuit devint aussi blanc qu’au Pôle Nord. Tout était blanc, si blanc qu’on ne distinguait plus la ligne bleue de la banquise et des igloos. Aucun relief, c’était comme une page blanche.
Dans le même temps, la voix s’amplifiait toujours plus. Cela devenait presque assourdissant. Léo se réveilla et se dit qu’il fallait peut-être prendre la réponse de la voyante au sérieux ; il se mit alors à réfléchir.
Pourquoi avait-il posé cette question à la voyante ? Sa mère, il n’y pensait jamais. Il n’avait pas envie de savoir où elle se trouvait. Il était heureux avec Katia et Olivier. Il avait bien quelques moments de tristesse, quand il se disputait avec Laura, sa meilleure amie, et que les sanglots montaient jusqu’à ses yeux. Il les retenait, les empêchait de sortir et de couler, très fort, en serrant les poings. Oui, ces soirs-là, il lui manquait quelque chose. Jusqu’alors, il ne savait pas ce que c’était mais cette nuit, il se dit que c’était peut-être sa mère qui lui manquait dans ces moments-là.
Et les ours polaires !
Les ours polaires l’avaient toujours intéressé, certes ! Mais de là à s’envoler pour le Groenland...
Il se rappela qu’en sciences, il avait fait un exposé sur les conséquences du réchauffement climatique. Il avait trouvé sur Internet une histoire dramatique liée à la fonte de la banquise : deux ours avaient dérivé dans l’océan depuis le Groenland jusqu’à l’Islande. Ils étaient arrivés affamés dans une ferme, avaient mangé les poules et tous les œufs qu’ils avaient trouvés, jusqu’à ce que le fermier les découvre et les abatte d’un coup de carabine.
C’est à ce moment-là qu’il s’était passionné pour les espèces menacées, pas seulement les ours mais les tigres, les éléphants...
