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Un conte pour les enfants, les adolescents et les adultes. Il relate l'histoire d'une jeune fille surnommée "Peau de plumes" à cause de son apparence mi-oiseau, mi-jeune fille. Elle part en quête d'elle-même et rencontre des péripéties captivantes pour le lecteur : un monstre du vent, des ogres mangeurs d'enfants, un poisson qui a peur de l'eau, un homme-singe terrifiant. Voici une histoire remplie d'émotions, de courage, qui apprend à chacun qu'il faut s'aimer soi-même pour être pleinement aimé des autres.
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Seitenzahl: 89
Veröffentlichungsjahr: 2020
Remerciements à mes parents
et à mon compagnon
qui me soutient dans cette aventure littéraire,
à mes fils, Matteo et Raphaël
Le vieux sage
La plaine venteuse
Le lac asséché
Le faux roi et sa reine
Le pont vivant
Le bout du monde
Par un sombre jour d’hiver, le soleil recouvert par un épais brouillard éclaire une grande forêt garnie d’arbres aux rares feuilles marron glacé. Sous un vieux chêne aux branches peuplées de feuilles de couleur cuivrée aux reflets d’or se trouve un berceau accueillant un bébé né quelques heures auparavant. Perchées sur de grandes roues en fer, la nacelle noire et la capote du berceau sont ornées de motif en forme de cœurs entrelacés en bois.
Emmitouflé dans des draps de satin blanc, le bébé dort dans son berceau.
Sa mère, assise sur un banc au pied du vieux chêne, se lamente :
— Mon bébé, comment t’appelles-tu ? Toujours, avant ta naissance, j’ai caressé mon ventre rond, attentive au moindre signe. Ton père ne sait comment te nommer. Auras-tu un prénom un jour mon tendre enfant ?
Un oiseau vient et se pose sur le bord de la nacelle et entame un dialogue muet avec l’enfant. La mère les admire. Le bébé est une jolie fillette. Dotée d’un visage au teint de porcelaine rond et joufflu, elle rayonne de santé.
En revanche, ses pleurs et ses cris sont curieux aux yeux de tous car ils s’apparentent plus à des cris aigres et rocailleux qui repoussent certains. De plus son apparence est curieuse. Sa peau se couvre chaque jour de plumes comme un oiseau. A cause de cette apparence, le bébé est rejeté par les habitants de son village.
L’oiseau est encore penché sur le bébé et continue son dialogue avec lui. Il vole gaiement au dessus du bébé, papillonne joyeusement au-dessus de la nacelle. Puis il vole vers la mère et lui susurre à l’oreille :
— Colombe !
La mère ferme les yeux un instant et entend ce mot doucement susurré à son oreille. Elle ouvre les yeux, avance vers son bébé et proclame :
— Colombe, tu t’appelleras Colombe !
L'enfant grandit. Dès sa naissance, son prénom suscite de la moquerie. Mais la mère refuse d’en changer, présageant une grande destinée pour son bébé qu’elle entoure d’amour. A l’âge de devenir une adulte, Peau de plumes développe une physionomie d’oiseau : son duvet, auparavant presque blond et transparent, devient des plumes blanches aux reflets bleutés ; ses cheveux d’un blanc intense ressemblent à des plumes, surtout au toucher ; des ailes de même couleur et parées de grandes plumes remplacent ses bras.
A cause de cette apparence, tout le monde la surnomme « Peau de plumes ».
Ses pieds sont pareils à ceux des oiseaux. Son apparence est remarquée par les habitants du villages et Peau de plumes se sent méprisée par eux.
C’est pourquoi elle demande un jour à sa mère de lui confectionner des habits capables de dissimuler son corps et sa tête, de couleur blanche, la couleur de ses plumes.
Sa mère lui donne alors de grandes chaussures pointues, un grand feutre blanc pour cacher sa chevelure, un gilet de soie, une culotte courte et un grand manteau en soie blanche et en laine qui traîne au sol.
Malgré le mépris que les villageois lui témoignent, Peau de plumes n’hésite pas à aider son prochain. Grâce à cela, les habitants du village la laissent déambuler dans la rue, même s’ils se montrent répugnés ou apeurés en la voyant arriver.
Alors dans ce cas, à son passage, Peau de plumes trouve les portes closes, ou entend les personnes crier d’effroi ou claquer leur porte violemment. Peau de plumes se sent seule.
Heureusement, l’amour de son père et de sa mère la console tous les jours. Pour noyer son chagrin, elle part souvent dans la forêt où elle a rencontré l’oiseau le jour de sa naissance.
Ce lieu a un effet apaisant et réconfortant pour elle.
— Ciel ! Ne suis-je pas une enfant comme une autre ?, se demande-t-elle les yeux pleins de larmes.
Un oiseau vole au dessus du vieux chêne. Peau de plumes l’admire et l’envie d’être si beau et si libre.
Elle vit sa vie comme chacun jusqu’au jour où un jeune homme arrive dans son village. Cette rencontre est l’élément déclencheur de son exil. Son cœur est meurtri depuis cette rencontre. Lorsqu’elle voit arriver ce beau jeune homme vers elle, Peau de plumes se sent pousser des ailes. Il est si beau et il lui fait un si beau sourire. Ils sont seuls car les villageois, voyant arriver Peau de plumes se barricadent chez eux et claquent leurs portes.
Le jeune homme demande alors à Peau de plumes son chemin. Que de doux mots pour Peau de plumes.
— Enfin, un jeune homme m'adresse la parole, soupire-t-elle, les yeux pleins d'étoiles.
Le jeune homme, apercevant le visage joufflu et rond de Peau de plumes au teint de porcelaine habilement dissimulé sous une cape blanche, tombe sous son charme. Avec le plus beau des sourire, il supplie Peau de plumes de la revoir. La jeune fille est bouleversée au point d’oublier son apparence et les tristes conséquences. Sans réfléchir, lorsque le jeune homme insiste pour lui baiser la main, elle la lui tend et dévoile une partie de ses ailes aux plumes blanches.
A la vue de cette étrange main, le jeune homme pousse un cri horrifié et son visage se fige de terreur. En menaçant de la battre, il crie :
— Quelle vieille sorcière es-tu donc ?
Peau de plumes s’enfuit jusqu’à la maison de sa mère. A partir de ce jour, elle se laisse mourir et son visage si rond et joufflu devient tout maigre.
Depuis, sa mère et son père sont au désespoir.
Puis un jour, un sage venu d'ailleurs frappe à leur porte et leur dit :
— Votre fille se laisse mourir. J'ai un remède. Qu'elle vienne dans la forêt interdite. Je l'attends. Qu'elle vienne seule.
Les parents, ne sachant plus quoi faire, demande à Peau de plumes de se rendre à la forêt interdite.
La forêt interdite se trouve à quelques lieues du village de Peau de plumes. Ses parents la conduisent devant la forêt. Mais Peau de plumes est inquiète ; la végétation est si dense qu'elle ne sait pas comment faire pour pénétrer dans la forêt sans danger. Elle voit d'épaisses ronces aux épines tranchantes comme la lame d'une épée qui brillent à la lueur du pâle soleil d'hiver et elle a froid. Elle refuse de pénétrer dans la forêt. Mais ses parents insistent, l'embrassent tendrement et la quittent.
— Ma fille, c'est l'unique solution, dit sa mère en partant. Va et trouve le vieux sage. Il t'aidera. Tu le trouveras dans cette forêt.
Peau de plumes tremble de peur. Elle se tourne vers la forêt et marche droit devant elle. Soudain, comme par magie, les épaisses ronces aux épines tranchantes s’écartent sur son passage et un sentier apparaît à ses pieds. Celui-ci la conduit au pied d’une grotte. La forêt est silencieuse et figée par le froid piquant. Soudain, une voix qu'elle ne connaît pas résonne autour d'elle :
— Pars chercher la rose blanche ! Ta vie en dépend.
Elle se retourne mais ne voit personne. Elle frissonne de frayeur et avance d'un pas hâtif. Nous sommes en hiver et le froid l'oblige à resserrer sa grande cape autour d’elle.
Soudain, elle distingue la silhouette d'un vieil homme. Il est assis devant une grotte, il est vêtu d'un simple tissu blanc attaché autour de lui. Le vent glacial souffle sur lui sans le faire trembler de froid. Peau de plumes est stupéfaite.
Elle murmure :
— C'est le vieux sage dont mes parents m'ont parlé. Quel curieux homme. Il ne semble pas avoir froid. Quels habits curieux. En plus, il ne semble pas avoir froid si simplement vêtu.
Le vieux sage reste immobile : assis les jambes croisées l’une sur l’autre, ses bras sont posées sur ses genoux, il a les yeux fermés et la bouche close.
— Approche plus près !, retentit à nouveau la voix mystérieuse.
— Qui parle ?, interroge Peau de plumes en regardant partout autour d'elle.
— C’est moi, mon enfant. Je suis l'homme assis devant la grotte.
Peau de plumes regarde l’homme, fixe ses lèvres et remarque qu'elles restent closes. La voix continue.
— Tu n’as plus beaucoup de temps devant toi. Tu te laisses mourir. Or tu as besoin de force pour construire ton avenir, accomplir ta destinée.
— Vous me parlez, vieil homme ? Comment faites-vous ?
— Je ne parle pas. Je communique dans ton esprit. Je suis dans ta tête.
— Il y a de la magie dedans ?, s’inquiète Peau de plumes.
— Non, c’est de la sagesse. Je connais ta destinée, poursuit le vieux sage. Tu es Colombe, n’est-ce pas ? Mais on te surnomme Peau de plumes.
Peau de plumes est stupéfaite ; le vieil homme connaît tant sur elle alors qu’elle ne le connaît pas.
Ensuite elle s’interroge sur les raisons de sa présence face à ce vieux sage. Elle se demande :
— Est-ce que ce vieil homme réussira à me soigner !
— Te soigner ?, interroge le vieil homme qui a lu dans ses pensées. Tu n’es pas malade, dit le vieux sage. Je te raconte ton histoire. Ton apparence n’est pas le fruit du hasard. Tu es choisie dès ta naissance pour créer le premier être de son espèce par le dieu.
— Je veux être une jeune fille comme une autre avec un corps sans plumes, avec des mains sans ailes, dit-elle en brandissant ses grandes ailes.
— En es-tu sûre ? Pour quelle raison veux-tu être cette jeune fille. As-tu sondé le fond de ton cœur ? Est-ce pour toi-même ou pour faire plaisir aux autres ? Ou à un beau jeune homme ? D’autre part, si tu deviens une jeune fille, es-tu sûre d’être plus aimée qu’avant ?
— Vous me posez toutes ces questions, dit Peau de plumes désabusée. Mais je ne sais pas quoi répondre.
— Tu souffres d’amour ma fille. Mais il faut s’aimer d’abord pour être aimé des autres. Sinon la vie n’a pas de valeur.
Le vieux sage reste immobile et silencieux devant Peau de plumes. Dans un grand froissement d’ailes et de cape, elle s’assoie à la manière du vieux sage, l’air résigné.
Puis elle demande :
— J'ai une peau de plumes. Comment faire pour m'en débarrasser ?
— Je te le répète, tu n'es pas malade. Ta peau de plumes fait partie de toi-même. Tu es un être au destin particulier.
