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Raphaël, un garçon de dix ans, fils unique,vit dans une famille où l'on a enseveli un lourd secret. Cet enfant sensible, calme et observateur, dont les parents sont peu disponibles,est choyé par ses grands-parents. Toute la famille vit dans une vaste demeure dans un village provincial, bâtisse qui deviendra un véritable terrain d'exploration pour Raphaël à partir du moment où il cherchera à percer les mystères contenus dans un vieux carnet mystérieusement apparu dans son cartable. Au fur et à mesure de ses découvertes, avec l'aide et le soutien de Léna, sa meilleure amie, il va devoir combattre ses angoisses,ses retenues, pour aller jusqu'au bout de sa quête. Ce parcours initiatique va le faire brutalement sortir de son enfance douillette et naïve en bouleversant tous ses repères, et le mener jusqu'à l'impensable vérité. Cette aventure aux confins de la vie et de la mort, destinée à des préadolescents, amène à réfléchir sur les non-dits et sur la réécriture de l'histoire familiale opérée par certains en pensant protéger ceux qu'ils aiment. Le tout dans un contexte de suspense, de frissons et de manifestations surnaturelles.
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Seitenzahl: 140
Veröffentlichungsjahr: 2020
Deux copains en pleine mer, Sylvie Dumez, Edilivre, 2019
Poudre d’escampette, Sylvie Dumez, BOD, 2020
Les Matthéo, l’été des aventures, Cathy Jardry & Sylvie Dumez, Edilivre, 2020
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Pour tous ceux qui m’aiment,
et ceux que j’aime.
Cathy
Pour Dalya, Agathe et Fabien.
Pour Nicolas, Jonathan et Bernard.
Sylvie
Un craquement se fit soudain ; fou d’épouvante, Ayant poussé le plus terrible hurlement Qui soit jamais sorti de poitrine vivante, Je tombai sur le dos, roide et sans mouvement.
Guy de Maupassant (1850-1893)
Des vers
PROLOGUE
Chapitre I
Chapitre II
Chapitre III
Chapitre IV
Chapitre V
Chapitre VI
Chapitre VII
Chapitre VIII
Chapitre IX
Chapitre X
Chapitre XI
Chapitre XII
Chapitre XIII
Chapitre XIV
Chapitre XV
Chapitre XVI
Chapitre XVII
Chapitre XVIII
Chapitre XIX
Chapitre XX
Chapitre XXI
Épilogue
Absorbé par sa leçon d’histoire, le jeune garçon semble coupé de son environnement. Il a un contrôle demain et ne parvient pas à retenir la plupart des dates… Il faut absolument que ça rentre !
Seul le chat enroulé à ses pieds soulève une paupière, inquiet. Il a perçu quelque chose, il est sur le qui-vive, il attend… Mais tout semble normal… Il se rendort.
Tout à coup, une autre vibration, plus forte : le chat bondit, fait le dos rond, toutes griffes dehors, oreilles en arrière, le poil hérissé. Il se met à feuler…
— Pichu, laisse-moi travailler ! J’ai vraiment pas le temps de m’occuper de toi !
Le chat ne se calme pas. Au contraire, il semble de plus en plus apeuré. Tous ses sens sont en éveil. Le garçon est trop concentré pour s’en apercevoir. Il ne veut pas être dérangé : il se lève et pousse gentiment le félin hors de la chambre.
Il n’a pas perçu les signaux. C’est la cinquième fois qu’il n’entend pas l’appel… Il va falloir passer à l’étape supérieure.
Raphaël se réveilla très tôt. Il avait mal dormi, des rêves étranges avaient surgi pendant la nuit. Bizarre… D’habitude il ne rêvait pas ou, pour être plus précis, il ne se souvenait jamais de ses rêves. Il avait appris récemment que tout le monde rêvait et avait eu beaucoup de mal à le croire…
Il faisait encore nuit et c’était la pleine lune. Sa mère, du genre insomniaque, répétait souvent qu’elle ne pouvait pas fermer l’œil les nuits de pleine lune : était-il en train de suivre le même chemin ? Qui plus est, il avait mal accroché les volets de sa chambre et ils avaient claqué pendant des heures au rythme du vent violent qui s’était levé vers minuit. La vieille demeure dans laquelle il vivait avec ses parents et ses grands-parents aurait eu besoin de réparations : la toiture était à refaire, les volets à repeindre, les portes grinçaient, les fenêtres laissaient passer l’air et plusieurs pièces n’avaient pas encore été rénovées. Ses ancêtres avaient vécu depuis plusieurs générations dans cette immense bâtisse, qui fut probablement bourgeoise en son temps. Aujourd’hui ses grands-parents n’occupaient que quatre vastes pièces au rez-de-chaussée. Raphaël et ses parents, quant à eux, disposaient de huit pièces situées sur deux niveaux, mais en réalité n’utilisaient que leur salle de bains et leurs chambres. Ils prenaient leurs repas avec les grands-parents, comme cela se faisait encore parfois à la campagne. La maison avait été bâtie en haut de la rue de l’église, dominant ainsi tout le village. Aujourd’hui, seule sa taille en imposait, ainsi que le splendide jardin d’agrément réaménagé par les grands-parents, jardin visible depuis la grille du portail qui donnait sur la rue à l’arrière de la propriété. Parfois quelques visiteurs s’arrêtaient pour photographier les massifs resplendissants où mamie Luce montrait son habileté à marier les couleurs des vivaces aux tailles et formes variées. Ces clichés étaient le plus souvent postés sur les réseaux sociaux, du coup, lorsque l’on tapait le nom du village dans un moteur de recherche, les images obtenues présentaient régulièrement les fleurs de Luce ! Quant à papi Philippe, il avait davantage investi la partie potager, qui s’était agrandie avec le temps, jusqu’à devenir une de ses plus grandes fiertés. Depuis sa plus tendre enfance, Raphaël avait passé des journées entières dans ce jardin qu’il avait exploré sous toutes les coutures dès qu’il avait su marcher. Il adorait s’installer sous le grand tilleul pour écouter de la musique, lire ses mangas ou simplement rêvasser en regardant son papi s’occuper de ses plantations avec amour… Gare aux limaces qui tentaient de s’approcher des laitues ! Ce jardinier talentueux avait plus d’un tour dans son sac, ne serait-ce que l’utilisation du marc de café autour des salades. Il cultivait des légumes bio depuis toujours et pouvait se vanter d’avoir converti toute sa famille aux vertus d’une alimentation saine, et au respect de la nature. À commencer par Laure et Thierry, les parents de Raphaël. La trentaine bien avancée, un brin idéalistes et surtout très motivés, ils s’étaient lancés dans la réalisation du projet de leur vie : redynamiser le centre-bourg, renforcer les liens humains, l’entraide, la convivialité entre les habitants. Transformer l’ancienne échoppe fermée depuis quinze ans avait nécessité pas mal de travaux et de sacrifices. Le résultat en valait la peine, se disaient-ils chaque matin en relevant le rideau de leur boutique moderne, écologique, agrémentée d’un coin restauration. On pouvait consommer sur place diverses variétés de café et des thés biologiques et équitables, des jus de fruits frais, des pâtisseries locales entre autres. La philosophie de l’établissement était de favoriser les circuits de distribution les plus courts possibles et de valoriser les petits producteurs et l’artisanat de la région. Ils avaient dû emprunter beaucoup d’argent et ne pouvaient se permettre un second emprunt afin de restaurer leur propre maison. En fait, la grande demeure appartenait à mamie Luce et papi Francis, mais ils avaient seulement pu faire rénover le rez-de-chaussée, limités par leur modeste pension de retraite.
Raphaël se tournait et se retournait dans son lit, impossible de se rendormir. Il essaya de se rappeler son dernier rêve. Les autres s’étaient déjà évaporés ! Qu’est-ce qui avait bien pu l’agiter à ce point ? Ah oui, il était en classe et s’apprêtait à sortir sa trousse et sa règle, comme chaque matin, quand ses doigts avaient effleuré quelque chose d’étrange. Comme si un animal s’était glissé dans son cartable… Un frisson lui avait parcouru la colonne vertébrale et il s’était mis à hurler, provoquant la colère de Monsieur Lesévère, son maître. On peut dire qu’il portait bien son nom celui-là ! C’est à ce moment précis qu’une claque monumentale avait retenti sur sa joue droite, en même temps que le claquement des volets. Était-ce la gifle ou le vacarme qui venait d’interrompre son rêve… ou plutôt son cauchemar ? Difficile de le savoir, mais comment retrouver le sommeil après ça ? Raphaël se frotta la joue où s’était imprimée une horrible sensation de brûlure. J’comprends pas comment ça peut faire aussi mal, on dirait que ma peau est en feu !
Un coup d’œil au réveil lui indiqua qu’il était quatre heures. Pas moyen de se lever sans réveiller ses parents avec le parquet qui grinçait. Il décida donc de réviser ses leçons, il avait déjà mal au ventre en pensant au contrôle qui l’attendait à l’école aujourd’hui… Sans parler de la récitation à « interpréter devant la classe », pour reprendre les mots de Monsieur Lesévère. Faire vivre un texte avec le talent d’un acteur, c’était au-dessus des forces de Raphaël, élève plutôt timide, et manquant de confiance en lui. Léna, sa meilleure copine, dotée d’un talent théâtral inné, avait beau lui dire que c’était drôle et qu’il ne risquait rien, sa voix devenait inaudible au moment de réciter. Pire, la récitation s’effaçait de sa mémoire ! Et pour couronner le tout, le maître l’accusait de ne jamais apprendre ses récitations. À chaque fois, le garçon se tapait la honte devant tout le monde.
— Que vas-tu devenir en 6ème l’an prochain ? Tes professeurs n’auront pas ma patience, je peux te l’affirmer ! Quand te mettras-tu au travail, Raphaël Duchemin ? Il s’agit de faire travailler ta mémoire, ce n’est quand même pas sorcier ! Je dois dire que « du chemin », il t’en reste à parcourir, Duchemin ! hurlait le maître, fier de son méchant jeu de mots.
Le jeune garçon rougissait et se mettait à bafouiller de plus belle. Il aurait voulu rentrer sous terre pour échapper au regard moqueur de certains élèves qui n’hésitaient jamais à se ranger du côté du maître, les traîtres ! Malheureusement pour lui, la seule chose qui se volatilisait, c’était le texte de la récitation… Il était toujours honteux d’avoir échoué quand il retournait s’asseoir. Sans compter les jours où Monsieur Lesévère convoquait sa mère pour lui parler de son manque de travail. La tristesse se lisait dans les grands yeux bleus de cette maman affectueuse, inquiète pour l’avenir de son fils. Elle était déçue. Résultat, Raphaël était désespéré de lui faire tant de peine.
— Raphaël ! Debout ! Ton petit-déjeuner est prêt ! s’écria joyeusement mamie Luce, comme chaque matin.
C’était elle qui s’occupait des repas. Laure et Thierry partaient souvent très tôt et ne rentraient jamais avant 20 h 30. Ils ne fermaient l’épicerie qu’une heure, vers 14 heures, et encore… La priorité était de rendre service à la clientèle locale, qui appréciait la disponibilité des jeunes entrepreneurs, et n’hésitait pas à les déranger pendant leur pause s’ils avaient oublié d’acheter une bricole. Se montrer aimable en toutes circonstances était la clé de la réussite dans un petit village, et c’était souvent au détriment de leur vie privée ou de leur tranquillité. Ils considéraient qu’ils n’avaient pas le choix – tout au moins les premières années – d’autant que l’affaire n’était pas encore rentable, il était primordial de fidéliser la clientèle.
— Bonjour Mamie ! dit Raphaël en lui faisant une grosse bise.
Raphaël portait son éternel sweat gris, trop large pour lui, une façon de dissimuler son étroite carrure. Il n’était pas très grand pour son âge et surtout très mince, ce qui le désespérait… Sa grand-mère l’accueillit comme tous les matins avec un « bonjour mon grand » affectueux, sans réaliser qu’elle mettait l’accent sur son complexe.
— Je t’ai préparé ton chocolat et tes tartines. Et surtout, ne t’avise pas de quitter la table sans avoir tout fini ! Il faut prendre des forces à ton âge, j’ai l’impression que tu grandis à vue d’œil ces derniers temps.
J’espère que mamie a raison… J’en ai ras-le-bol d’être un des plus petits de ma classe !
Mamie Luce chouchoutait Raphaël, elle veillait à ce qu’il ne parte jamais à l’école le ventre vide. Assise en face de son petit-fils adoré, elle buvait une grande tasse de café noir, tout en s’assurant que Raphaël mangeait un solide petit-déjeuner. Ce rituel était immuable. Ce matin, il eut bien du mal à finir ses tartines, mais difficile de laisser ne serait-ce qu’une miette de pain grillé avec mamie.
— Dépêche-toi sinon tu vas être en retard, lui dit sa grand-mère en lui donnant une petite tape sur le bras. Et n’oublie pas tes affaires de sport pour cet après-midi ! Mardi dernier, il a fallu que je te coure après pour te les apporter, ce n’est plus de mon âge…
— Oui, mamie. Ne t’inquiète pas, j’ai toutes mes affaires. À ce soir !
Raphaël hésita. Il aurait voulu vérifier qu’aucun animal ne s’était faufilé dans son cartable comme dans son cauchemar, mais sa grand-mère le regardait descendre la rue en direction de l’école. L’inspection du cartable attendrait. En plus, il pleuvait, ce n’était pas le moment d’ouvrir son sac dans la rue ! Il pressa le pas pour se mettre rapidement à l’abri sous le préau. Juste le temps de saluer Léna et Léo avant la sonnerie. Les élèves se rangèrent et montèrent en classe sous le regard vigilant de Monsieur Lesévère qui ne tolérait aucune agitation dans les escaliers.
Pendant que le maître faisait l’appel, les élèves devaient sortir leurs affaires. « Et en silence ! » L’enseignant était réputé pour sa tolérance zéro. Pire, il dépassait les bornes : cet homme qui exigeait le respect de la part de ses élèves était incapable de montrer l’exemple… Toutefois une véritable appréhension empêchait les jeunes de réagir. Même les plus téméraires comme Léo, qui n’avait pas sa langue dans sa poche, ou Léna, qui ne se laissait pas marcher sur les pieds, n’osaient pas répondre aux jeux de mots ou aux allusions de fort mauvais goût.
— Léo Bontemps, qui se la coule douce…
— Présent !
— Bontemps, j’ai dû mal entendre ! rugit le maître de sa voix de stentor.
— Présent, Monsieur !
— Alex Briant, enfin brillant, c’est vite dit !
— Présent, Monsieur !
— Pauline Brun, qui n’a rien trouvé de mieux que d’être blonde !
— Présente, Monsieur !
C’est ainsi que se déroulait l’appel tous les matins. Chacun encaissait tant bien que mal. Sachant qu’ils allaient tous y passer, ils étaient solidaires. Ils n’auraient jamais esquissé l’ombre d’un sourire, ce qui les aurait rendus complices de la maltraitance verbale d’un vieil homme aigri qui passait son temps à regretter ses premières années d’enseignement… Le refrain de Monsieur Lesévère, ils le connaissaient par cœur : « Le niveau n’a jamais été aussi bas ! Vous êtes tous une bande de paresseux au QI d’un ver de terre ! Vous n’arriverez jamais à rien dans la vie ! » Traiter son auditoire de la sorte était un comble à une époque où les enseignants étaient censés motiver leurs élèves par tous les moyens… Vivement la 6ème !
Au moment où Raphaël s’emparait de sa trousse, il sentit quelque chose de rugueux sous ses doigts. Quelque chose qu’il n’avait pas mis dans son cartable… Il ne savait pas ce que c’était…
Un frisson lui parcourut le dos…
En frôlant la chose effrayante et répugnante logée sous sa trousse et ses cahiers, Raphaël parvint à ne pas hurler comme il l’avait fait dans son cauchemar. Il reposa rapidement son cartable par terre, ce n’était pas le moment d’attirer l’attention du maître sur lui… Avec un peu de chance, aujourd’hui il échapperait au supplice de la récitation. C’est Léo qui fut désigné pour commencer « l’épreuve ». Raphaël ne parvenait pas à se concentrer, il se demandait quelle mystérieuse chose avait élu domicile dans son cartable ou encore qui avait pu cacher quoi que ce soit à son insu. C’était incompréhensible ! Il décida qu’il valait mieux attendre d’être seul chez lui pour vérifier ce que c’était… Son cœur battait à tout rompre, ses mains étaient crispées, un léger tremblement s’était emparé de lui, une sueur froide lui glaçait le dos… Calme-toi. Respire profondément. Pour le moment, tout va bien. Inspire… Expire… Inspire… Expire…
Les heures lui semblèrent encore plus interminables que d’habitude. Cependant il parvint à dompter son angoisse jusqu’à midi. Après le déjeuner à la cantine, il joua au foot avec Léo, Maxime, Lucas, Hugo, Emma et Dalya, même si le cœur n’y était pas. Il aurait bien voulu parler de son étrange découverte à son amie Léna, mais impossible de partager le moindre secret avec quelqu’un dans cette maudite cour de récréation où l’on ne pouvait se soustraire au regard des autres, et surtout pas aux yeux perçants de Monsieur Lesévère qui observait les élèves comme s’ils étaient systématiquement coupables des actes les plus répréhensibles qui puissent exister !
De retour à la maison, Raphaël s’empressa de goûter sous le regard affectueux de mamie Luce qui lui avait préparé des crêpes.
— On dirait que tu as faim, mon grand ! Ce n’était pas bon le déjeuner de la cantine ? s’inquiéta mamie Luce qui était aux petits soins pour Raphaël, son unique petit-fils.
— Si, ça allait, mais j’adore tes crêpes, expliqua-t-il à la hâte.
Il lui tardait tellement de regarder ce que contenait son cartable qu’il avait avalé cinq crêpes sans prendre le temps de respirer ! D’habitude, il n’était jamais pressé de monter faire ses devoirs dans sa chambre et profitait du goûter et du réconfort que cette pause lui procurait pour différer le moment de se mettre au travail…
— Tu veux encore une crêpe ?
— Non merci, mamie. Elles sont délicieuses, mais je dois garder de la place pour le dîner !
— À tout à l’heure, mon grand. Si tu veux me réciter tes leçons, tu sais où me trouver. Et si je suis occupée à préparer le dîner, ton grand-père se fera un plaisir de t’aider.
— Merci mamie, mais ça ira. On n’a pas trop de leçons pour demain.
Raphaël s’empara de son cartable et grimpa l’escalier quatre à quatre. Il venait certainement de battre son record de vitesse ! Il referma la porte de sa chambre et plaça une grosse pile de livres derrière. Simple précaution au cas où sa mère rentrerait plus tôt de l’épicerie. Cela lui
