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300 questions et réponses pour mieux comprendre les technologies ainsi que leurs implications au sein de notre société. Cette nouvelle édition, liée aux dernières avancées technologiques, contient 50 questions supplémentaires.
Nous vivons incontestablement dans une société où les sciences et les technologies jouent un rôle essentiel. Étant donné le nombre grandissant de questions cruciales, possédant un ou plusieurs aspects technoscientifiques, il est nécessaire que chacun puisse se faire une idée, personnelle, mais justifiée. Mais, entre le spécialiste, le technicien et le citoyen, une étape est généralement manquante. Lorsqu’on essaye d’en savoir plus sur une technologie donnée ou un problème scientifique complexe pour essayer d’effectuer des calculs d’ordres de grandeur, on trouve peu de données utiles. C’est le point de départ de cet ouvrage : associer des connaissances suffisantes de notions fondamentales de sciences à des données techniques afin d’en savoir plus sur une technologie donnée ou un problème scientifique complexe.
C’est donc au travers de 300 questions et réponses que le lecteur pourra appréhender des thématiques aussi diverses que le bâtiment, l’informatique, les énergies ou encore les transports. Ce livre s’adresse à plusieurs catégories de lecteurs. D’abord, au citoyen désireux de se faire une opinion sur certains thèmes à caractère technoscientifique. Au curieux aussi, qui veut savoir sur quoi reposent différentes technologies, quels sont leurs liens et implications avec la société. Aux enseignants, qui trouveront des données numériques, des formules de base pour illustrer leur cours de sciences. La volonté de cet ouvrage est de démontrer qu’il est possible d’appréhender des problèmes de société majeurs, à partir de notions scientifiques vues dans le secondaire. N’est-ce pas une voie à suivre pour recréer une dynamique nouvelle dans l’enseignement des sciences, et pour montrer aux enseignants et aux jeunes l’utilité des cours de sciences ? Ce livre s’adresse aussi à tous ceux qui ont mission d’informer le public. Ils trouveront ici des données, des raisonnements utiles pour, selon leurs propres sources, réévaluer certains chiffres officiels, analyser certains discours techniques ou politiques à l’aide de faits scientifiques et techniques.
La plupart des réponses aux 300 questions qui suivent sont donc accessibles au plus grand nombre, ce qui fait de cet ouvrage un guide pratique à l’usage de tous !
À PROPOS DE LA COLLECTION
ACTION!
La pédagogie dans l'enseignement secondaire.
Une collection de pédagogie, pluridisciplinaire, qui propose aux enseignants des pistes concrètes et des outils pour optimaliser leurs pratiques.
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Seitenzahl: 405
Veröffentlichungsjahr: 2017
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Cette nouvelle édition comporte des dessins inédits de
Pour toute information sur notre fonds, consultez notre site web : www.deboeck.comL’éditeur remercie tous ceux qui ont accepté de lui accorder l’autorisation de publier dans le présent ouvrage les extraits dont ils détiennent les droits de reproduction. En dépit de ses recherches et sollicitations, l’éditeur n’a pas réussi à joindre certains ayants droit. Qu’ils soient avertis ici qu’il reste à leur disposition pour satisfaire, le cas échéant, à la législation sur le droit d’auteur.Photo de couverture : probabl. Exposition internationale de Charleroi 1911 © coll. privée Rémi Bertrand Maquette : Communications Mise en pages : Nord Compo Crédits : © Jean Imhof/Fotolia (question 209).
© De Boeck Éducation s.a., 2014 Fond Jean Pâques, 4 – 1348 Louvain-la-Neuve
Même si la loi autorise, moyennant le paiement de redevances (via la société Reprobel, créée à cet effet), la photocopie de courts extraits dans certains contextes bien déterminés, il reste totalement interdit de reproduire, sous quelque forme que ce soit, en tout ou en partie, le présent ouvrage. (Loi du 30 juin 1994 relative au droit d’auteur et aux droits voisins, modifiée par la loi du 3 avril 1995, parue au Moniteur du 27 juillet 1994 et mise à jour au 30 août 2000.) La reprographie sauvage cause un préjudice grave aux auteurs et aux éditeurs.Le « photocopillage » tue le livre !
EAN 978-2-8041-8665-4
Cette version numérique de l’ouvrage a été réalisée par Nord Compo pour le Groupe De Boeck. Nous vous remercions de respecter la propriété littéraire et artistique. Le « photoco-pillage » menace l’avenir du livre.
ACTION
Une collection pluridisciplinaire pour les enseignants, replaçant les grands enjeux de société au cœur de l’école !
BADA Fr., ROBINET C.,Poésie et oralité. Comprendre le texte poétique pour le dire, 2014 (sciences humaines)
COBUT G.(sous la direction de), Comprendre l’évolution 150 ans après Darwin, 2009 (sciences et mathématiques)
CONDÉ M., FONCK V., VERVIER A.,À l’école du cinéma. Exploiter le film de fiction dans l’enseignement secondaire, 2006 (ouvertures)
DE KEERSMAECKER M.-L., DETRY A., DUFAYS J.-L.(sous la direction de),Interdisciplinarité en sciences humaines. Huit disciplines, cinq projets pédagogiques,
2014 (sciences humaines)
DERROITTE H.,Donner cours de religion catholique. Comprendre le Programme du secondaire, 2009 (sciences humaines)
ETIENNE D., Enseigner les langues étrangères. Quels sont nos objectifs et nos priorités ? 2011 (sciences humaines)
GERARD F.-M., BIEF, Évaluer les compétences. Guide pratique, 2e édition, 2009 (pédagogie générale)
KOSTRZEWA F., Ateliers d’écriture. 26 lettres en quête d’auteurs, 2007 (sciences humaines)
LELEUX F., Pour une didactique de l’éthique et de la citoyenneté.
Développer le sens moral et l’esprit critique des adolescents, 2010 (sciences humaines)
MÉRENNE-SCHOUMAKER B., Didactique de la géographie.
Organiser les apprentissages, 2e édition, 2012 (sciences humaines)
PEETERS L., Méthodes pour enseigner et apprendre en groupe, 2e édition, 2009 (pédagogie générale)
REY B., Discipline en classe et autorité de l’enseignant. Éléments de réflexion et d’action, 2e édition, 2009 (pédagogie générale)
REY B., STASZEWSKI M.,Enseigner l’histoire aux adolescents, Démarches socio-constructivistes, 2010 (sciences humaines)
SOUVERYNS P., HEINS P., [Re]lire Magritte. 7 clefs pour comprendre une œuvre d’art, 2009 (ouvertures)
SPROD T.,La science dialoguée. Une autre approche de l’enseignement des sciences, 2013 (sciences et mathématiques)
WAUTELET M., DUVIVIER D.,Sciences, technologies et société. Guide pratique en 300 questions, 4e édition, 2014 (sciences et mathématiques)
WIAME B.(sous la direction de), Enseignant et neutre ? Les obligations en Communauté française de Belgique, 2e édition, 2009 (pédagogie générale)
Les auteurs
Michel Wautelet est physicien, professeur e.r. de l’Université de Mons (Belgique). Ses travaux concernent, notamment, l’étude des relations entre sciences, technologies et société. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages, dont Les nanotechnologies (dir.) (Dunod, Paris, 3e édition, 2014) et Vivement 2050 ! Comment nous vivrons (peut-être) demain (L’Harmattan, Paris, 2007).
Damien Duvivier est physicien, docteur en Sciences de l’Université de Mons (Belgique). Sa thèse de doctorat portait sur la mouillabilité des surfaces. Il reste impliqué dans des projets de vulgarisation scientifique.
La première édition de Sciences, technologies et société a reçu le prix Joseph De Keyn de l’Académie royale des Sciences, des Lettres et Beaux-Arts de Belgique.
Nous vivons incontestablement dans une société où les sciences et les technologies jouent un rôle essentiel. Après la Seconde Guerre mondiale, notre société occidentale a découvert la puissance de la science et des technologies. S’en est suivie une époque d’euphorie scientifique dans les années 1960-1970 – les Golden sixties. Tout le monde était persuadé que les sciences représentaient le sommet du génie humain. Les sciences allaient permettre de résoudre tous les problèmes. La conquête de l’espace, l’avènement de l’électroménager, l’automobile pour tous, la télévision, le confort domestique, l’abondance de biens étaient des facteurs qui ne pouvaient que développer notre croyance dans la toute puissance des sciences et des techniques.
Puis, retour de manivelle, dans les années 1970-1980, les hommes découvrent la fragilité de ce nouveau monde. La crise pétrolière de 1973, les accidents de pétroliers, la chute de quelques avions porteurs de bombes nucléaires, la pollution de rivières et des villes, le réchauffement de l’atmosphère, la course effrénée aux armements entraînent un insidieux sentiment de catastrophisme. Tout cela est-il aussi sûr qu’on a voulu nous le faire croire ?
Au catastrophisme des années 1980 succède la mise en perspective des problèmes dans la décennie 1990 avec, en prime, la fin de la Guerre froide et l’éloignement – mais pas la disparition – du spectre de la guerre nucléaire. Simultanément, on se rend compte que le développement anarchique ne peut se poursuivre indéfiniment. Et la préservation de l’environnement devient une préoccupation de toutes les générations. Il s’agit donc d’initier un système de « développement durable », dans lequel tout le monde devra trouver son compte.
Le passage au nouveau millénaire voit le début de prises de décision importantes pour la survie de l’humanité. Ceci a lieu en même temps que l’arrivée de la crise pétrolière de 2008, suivie de celles des finances, de l’économie, etc. Mais il faut prendre des décisions. Et il ne s’agit pas que de nous, les citoyens des sociétés développées. Mais de toute l’humanité. Il ne faut pas que les habitants des régions en voie de développement atteignent un niveau satisfaisant de développement en répétant nos erreurs. Mais comment faire ?
Un élément important de toute solution passera indubitablement par la prise en compte des aspects scientifiques et technologiques. On ne peut résoudre la question des énergies, de la pollution, etc. en oubliant ou négligeant les technosciences. Or, le monde est complexe, et les solutions le sont aussi.
Étant donné le nombre grandissant de questions cruciales, possédant un ou plusieurs aspects technoscientifiques, il est nécessaire que chacun puisse se faire une idée, personnelle, mais justifiée. Pour cela, des données numériques, des évaluations simples (mais non simplistes) sont nécessaires. À ce stade, on se retrouve souvent confronté à un dilemme : moi, non spécialiste, suis-je suffisamment informé pour me forger ma propre opinion, ou dois-je faire appel – et confiance – aux experts ? La réponse n’est pas évidente. Néanmoins, le point de départ de ce livre est que, moyennant des connaissances suffisantes de notions fondamentales de sciences – telles que vues dans l’enseignement secondaire – plus des données techniques, il est possible, dans de nombreux cas, de faire soi-même des calculs d’ordres de grandeur. Ceux-ci peuvent nous permettre de faire la part des choses dans les discours de politiciens ou de décideurs, ou dans les articles généraux des journaux, les renseignements (pas toujours exacts) fournis sur Internet. Il s’agit d’une démarche citoyenne essentielle.
Entre le spécialiste, le technicien et le citoyen, une étape est généralement manquante. Lorsqu’on essaye d’en savoir plus sur une technologie donnée ou un problème scientifique complexe pour, à partir des principes scientifiques fondamentaux, essayer d’effectuer des calculs d’ordres de grandeur, on trouve peu de données utiles. Il est assez facile de trouver des articles ou ouvrages de vulgarisation, des sites Internet. On trouve aussi, parfois, des données techniques pointues. Mais, entre les deux, il n’y a guère d’informations utiles. Ce fut la principale difficulté de la rédaction de ce livre : la collecte de données numériques, le « décorticage » de technologies et de questions scientifiques. Trouver un chiffre nécessaire à une évaluation requiert parfois plusieurs heures de recherche. Si le présent ouvrage permet aux lecteurs de trouver des informations manquantes, un de nos objectifs serait atteint.
Ce livre s’adresse à plusieurs catégories de lecteurs. D’abord, au citoyen désireux de se faire une opinion sur certains thèmes à caractère technoscientifique. Il trouvera ici de quoi nourrir sa réflexion. Au curieux aussi, qui veut savoir sur quoi reposent différentes technologies, quels sont leurs liens et implications avec la société. Aux enseignants, qui trouveront des données numériques, des formules de base pour illustrer leur cours de sciences. Notre volonté est de démontrer qu’il est possible d’appréhender des problèmes de société majeurs, à partir de notions scientifiques vues dans le secondaire. N’est-ce pas une voie à suivre pour recréer une dynamique nouvelle dans l’enseignement des sciences, et pour montrer aux enseignants et aux jeunes l’utilité des cours de sciences, des mathématiques élémentaires ? Ce livre s’adresse aussi à tous ceux qui ont pour mission d’informer le public. Ils trouveront ici des données, des raisonnements utiles pour, selon leurs propres sources, réévaluer certains chiffres officiels, analyser certains discours techniques ou politiques à l’aide de faits scientifiques et techniques.
Le présent ouvrage est basé sur notre intérêt, sur nos opinions également. Lorsque l’on traite de problèmes de société, même à caractères scientifique et technique, il ne faut pas perdre de vue que l’être humain est subjectif. Nous en sommes conscients. Il convient que le lecteur le sache également. Le but de l’ouvrage est, certes, de donner des chiffres utiles, mais surtout de montrer comment traiter différents problèmes. Les données numériques sont tirées d’ouvrages, d’articles, de sites Internet trop nombreux pour être tous cités. Mais les chiffres évoluent, le lecteur peut avoir des informations différentes de celles présentées ici. Le but du livre est que tout lecteur puisse, à partir de ses propres informations, refaire ses propres calculs pour se forger sa propre opinion.
Bien entendu, les thèmes impliquant les sciences, les technologies et la société sont nombreux. Nous avons dû opérer une sélection en fonction des questions, nombreuses, que nous nous posons. C’est pourquoi, plutôt que de fournir un texte continu, nous avons préféré une suite de questions-réponses, aussi progressive que possible. D’autres questions sont possibles. Nous invitons le lecteur à nous les faire connaître. Ce livre n’est pas un texte fini, ni doctrinal. Il se veut honnête, le plus exact possible. Et lorsqu’il y a un doute ou matière à contestation des chiffres, cela est noté. Mais nous ne sommes pas omniscients. Bien entendu, pour rédiger l’ouvrage, des discussions, des échanges avec divers spécialistes ont eu lieu. Il ne faut pas perdre de vue que, ici, nous nous limitons à des problèmes simples. Nous nous intéressons à des questions du style « Yaka ». Restons cependant conscients que la solution pratique peut être – et est le plus souvent – complexe. Il est évident qu’il y a loin du principe de base à la réalisation technique pratique.
Un livre comme celui-ci repose sur un certain nombre de connaissances de base, que nous supposerons acquises. Pour en profiter pleinement, le lecteur doit connaître, ou se rappeler, les notions fondamentales de sciences vues dans le secondaire. Pas de complexes, cependant. Moyennant un minimum d’efforts, le lecteur curieux pourra, nous le croyons, tirer profit de ce livre ! Il n’y a pas de formules mathématiques compliquées. À quelques rares exceptions près, il n’y a que des additions, soustractions, multiplications et divisions. De plus, il n’est pas nécessaire de comprendre chaque formule pour appréhender l’esprit de toutes les réponses faites aux problématiques abordées. La plupart des réponses aux 300 questions qui suivent sont donc accessibles au plus grand nombre, ce qui fait de cet ouvrage un guide pratique à l’usage de tous !
Michel Wautelet Damien Duvivier
Aujourd’hui, il est évident que nous vivons dans une société dans laquelle les sciences jouent un rôle important. Ceci se remarque principalement dans les technologies diverses, qui résultent des applications des sciences. Toutefois, les technologies ne sont pas que des applications des sciences, mais le résultat d’interactions entre divers acteurs scientifiques, techniques, commerciaux, psychologiques, politiques, financiers, etc. Par ailleurs, si les sciences influencent la société, il est tout aussi évident que la société influence les sciences. Ceci se voit dans la manière dont le public perçoit les sciences et les scientifiques, dont les politiciens et les industriels financent les recherches scientifiques et techniques, etc.
Selon leurs implications sur le fonctionnement de la société, on peut classer les problèmes scientifiques de différentes manières. La première est de les classer selon leurs implications indirectes et directes. Il y a d’abord la connaissance « pure » (cosmologie, particules élémentaires) qui, en soit, a peu d’implications directes pour le fonctionnement de la société (nous ne considérons pas ici les retombées indirectes, dues à la mise au point d’appareils qui, plus tard, pourront être appliqués à des problèmes plus terre à terre). Ensuite, il y a la connaissance de ce qui nous entoure dans la nature (la météo, les orages...). Puis viennent les objets de notre vie quotidienne (outils, électroménager, automobile...). Les technologies industrielles et les applications militaires des technosciences viennent ensuite. Et enfin les problèmes globaux, comme les changements climatiques. Du premier type de problème aux suivants, le nombre d’acteurs non scientifiques intéressés au problème croît continûment, de quelques-uns à toute l’humanité.
On peut aussi classer les problèmes selon leur degré de complexité. Dans les relations entre les sciences et la société, plusieurs niveaux de « complexité » existent. Ces niveaux sont associés à des rôles différents de la science dans la société même, mais aussi à des méthodes scientifiques différentes. On peut classer les problèmes scientifiques en trois catégories, liées à trois catégories d’expertise scientifique.
Ces catégories sont définies en termes de deux paramètres : l’incertitude des systèmes et l’enjeu des décisions.
Lorsque les deux paramètres sont faibles, on est dans le domaine de la science appliquée. Tous les acteurs du domaine appliquent les mêmes conventions, les mêmes modèles et résolvent les problèmes de la même manière. Ils sont donc aussi d’accord sur les conclusions à tirer et les décisions (techniques) à prendre, qui concernent d’ailleurs des problèmes sur lesquels ils sont seuls experts. C’est le cas, notamment, des ingénieurs d’une entreprise, qui mettent au point un procédé interne de fabrication, ou réparent un appareillage en panne. C’est aussi le cas des applications militaires, dont les spécialistes savent comment les fabriquer. Ici, les connaissances scientifiques seules peuvent permettre d’appréhender la majeure partie du problème. Pour comprendre les effets des explosions nucléaires, par exemple, ou les caractéristiques et l’emploi des missiles intelligents, les connaissances scientifiques sont suffisantes (moyennant, évidemment, la connaissance de l’état actuel d’avancement des technologies).
Lorsque les deux paramètres ont une valeur plus élevée, quelque chose de plus doit être introduit. Ce que l’on peut appeler le jugement, ou le savoir-faire ou l’expérience personnelle. C’est le domaine de la consultance professionnelle. Si les enjeux de la décision ne sont pas faibles, il faut faire appel à d’autres que des techniciens. Et il peut y avoir désaccord entre eux. Néanmoins, souvent, les différentes parties peuvent se mettre d’accord sur une méthodologie pour résoudre le problème et pouvoir prendre la décision adéquate. Donc, ici, les scientifiques ne sont plus seuls compétents et d’autres acteurs sont nécessaires, comme, souvent, des économistes. Un exemple est celui des énergies. Savoir quel type d’énergie utiliser dans le futur n’est pas qu’un problème de technologies ; il y a des questions économiques (le coût du kWh), écologiques (les conséquences environnementales), sociologiques (le public sera-t-il d’accord), politiques (la dépendance vis-à-vis d’un approvisionnement extérieur), géographiques (où placer des éoliennes), etc.
Lorsque les deux paramètres sont élevés, et une nouvelle méthodologie, une nouvelle conception de la sorte de science appropriée sont nécessaires. C’est le domaine de ce que l’on peut appeler la science post-normale (post-normal science). Les incertitudes sont grandes, comme le sont les enjeux. Un exemple-type est celui du changement climatique. Les incertitudes sur les effets, individuels et combinés, de l’accroissement de CO2, du rôle de l’océan, du Soleil, des changements de climats, de la déforestation, de la démographie, de la pollution, des émissions volcaniques... sont grandes. Les effets sont peut-être contradictoires et un petit changement d’un des paramètres (même inférieur aux « incertitudes de mesure ») peut modifier complètement les scénarios prévus. D’autre part, aucun spécialiste des disciplines invoquées (météorologue, chimiste de l’atmosphère, océanologue, écologiste, démographe, informaticien...) ne possède tous les éléments en main et ne peut honnêtement pas être certain des incertitudes des autres. Donc il ne peut tirer lui-même de conclusion certaine, pas plus qu’aucun autre individu, à quelque niveau d’information ou de décision qu’il soit. Pourtant, il faut prendre des décisions, aux enjeux importants pour le futur de l’humanité. Et ce sans négliger l’entrée d’autres acteurs dans le débat, qui n’est pas exclusivement scientifique, comme les citoyens du monde, les politiciens, les économistes. En résumé, dans ces domaines, «
