Erhalten Sie Zugang zu diesem und mehr als 300000 Büchern ab EUR 5,99 monatlich.
Serpentin est un petit garçon de 10 ans qui habite le pays merveilleux d Alicorne. Sa vie bascule le jour où sa mère et son roi tombent subitement malade, atteints par le terrible mal bleu. Le seul remède connu à ce jour pour les sauver se fabrique à partir d ingrédients très rares, présents uniquement dans les royaumes maudits, des zones mystérieuses et inhospitalières d où personne n est jamais revenu. Serpentin intègre l escadron de secours chargé de récoler ces ingrédients. Aux côtés des chevaliers de la garde royale et de la princesse Ezélée, ils parcourent les routes dangereuses d Alicorne, prêts à affronter tous les dangers. Serpentin et ses amis réussiront-ils à surmonter les nombreuses épreuves qui se dresseront sur leur chemin ? Rien n est moins sûr, d autant que de terribles cavaliers noirs se sont lancés à leur poursuite. Dans le premier tome de ce roman multimédia, le lecteur devra aider Serpentin et la princesse Ezélée à résoudre des énigmes afin de débloquer des vidéos cachées. Découvrez la bande-annonce sur http://www.serpentin-lelivre.fr/bande-annonce/
Sie lesen das E-Book in den Legimi-Apps auf:
Seitenzahl: 160
Veröffentlichungsjahr: 2017
Das E-Book (TTS) können Sie hören im Abo „Legimi Premium” in Legimi-Apps auf:
Bien le bonjour cher lecteur. Te voilà au début des aventures de Serpentin. Comme tu le sais peut-être déjà, ce livre est un roman multimédia. Tu vas vite rencontrer, à la fin de certains chapitres, des encadrés te demandant de répondre à une question pour débloquer une vidéo.
Pour la visionner, tu as deux possibilités : la première est de te rendre sur le site www.serpentin-lelivre.fr et de naviguer par toi-même pour découvrir la vidéo.
La seconde est de scanner, avec une tablette ou un smartphone connecté à Internet, le petit carré noir et blanc que l’on appelle un QR Code. Il te permettra d’accéder directement à la séquence animée. Tu auras préalablement dû installer sur ton appareil un logiciel gratuit de lecture de QR Codes.
Bien souvent, il te faudra aider Serpentin à résoudre des énigmes pour lancer les vidéos. Rassure-toi, si tu n’y arrives pas du premier coup, il existe sur le site une page spéciale pour te donner des indices et je suis certain que tu finiras par entrer la bonne réponse.
Voilà, tu as toutes les informations nécessaires pour profiter au mieux de ton livre. Je te souhaite une bonne lecture !
Bruno Thienard
Avant de débuter
Chapitre I : Un messager dans les champs
Chapitre II : Une nouvelle bouleversante
Chapitre III : Le grand départ
Chapitre IV : La mine de la Montagne noire
Chapitre V : La forêt maudite
Chapitre VI : Le canyon de Calocaye
Remerciements
– Serpentin, il est l’heure de te lever, lui murmura une douce voix sortie de nulle part.
Le jeune garçon mit son oreiller sur sa tête en grommelant quelque chose d’incompréhensible, mais sa mère, qui connaissait bien ses habitudes, le lui enleva aussitôt.
– Allez, c’est une belle journée qui s’annonce ! Le soleil est déjà haut. Habille-toi vite, je t’ai préparé du lait chaud.
Serpentin passa péniblement ses vêtements et descendit dans la pièce principale où l’attendait son petit-déjeuner. Heureusement, quelques bonnes tartines de pain beurré et une gorgée de lait de chèvre finirent de dissiper ses derniers rêves.
– Tiens, voilà ton casse-croûte. Je t’ai mis du saucisson, celui que tu préfères. Allez, il faut que tu te dépêches, tu vas être en retard !
Serpentin attrapa son baluchon et embrassa sa mère. C’était une femme tendre. Elle avait légué à son fils unique ses yeux noisette, doux et profonds ainsi que le brun de ses cheveux. Par contre, sa coupe en bataille, elle n’avait cessé de lui répéter qu’il la tenait de son père.
Serpentin ne l’avait jamais vraiment connu. Tolis, c’est ainsi qu’il se nommait, était mort quelques années après sa naissance lors de la grande bataille de Lanimbal. Il faisait partie des chevaliers de la garde royale du château d’Alicorne, un corps d’élite de soldats composé de seulement quelques membres.
À cette époque, ils avaient dû repousser une invasion des barbares du Nord, de terribles mercenaires sans foi ni loi. Son père était tombé lors du dernier combat. Il avait eu droit à des funérailles de héros, mais aujourd’hui peu s’en souvenaient encore…
Serpentin avait donc grandi avec sa mère et son grand-père. Le potager, quelques poules, deux broutix, une sorte de mouton à poils longs, ainsi qu’une chèvre, suffisaient amplement à nourrir la famille et à vivre heureux.
– Passe une bonne journée mon grand, lui lança sa mère sur le pas de la porte.
Le jeune garçon quitta la maison et descendit vers le centre du village. Serpentin venait de fêter ses dix ans la semaine passée. Il était habillé comme tous les garçons d’Alicorne, avec un pantalon en toile et une tunique en laine. La sienne était rouge. Il aimait bien le rouge, car c’était la couleur préférée de sa mère.
Arrivé devant une petite chaumière, il siffla trois fois et son ami Albion en sortit aussitôt.
Albion avait le même âge que Serpentin, ils se connaissaient depuis qu’ils étaient tout petits et ils passaient la majorité de leur temps libre ensemble. Albion avait de grandes lunettes rondes plaquées sur les yeux, qui lui donnaient un air intelligent. Ses cheveux étaient bouclés et parfois pour se moquer, d’autres enfants le surnommaient « le broutix ».
Sa grande passion était de créer toutes sortes d’inventions, pas toujours très utiles, mais dont il était très fier. Il avait par exemple inventé une machine à casser la coquille des œufs à la coque ou encore un système pour piquer le derrière des vaches qui traînaient en tirant la charrue. Mais son chef-d’œuvre restait un fauteuil à bascule qui n’arrêtait jamais de se balancer, grâce à un ingénieux système de contrepoids. Trois grands-pères du village l’avaient d’ailleurs adopté.
– Messay n’est pas avec toi ? lui demanda le jeune inventeur, à peine arrivé.
– Non. En retard, comme d’habitude. Il a encore dû oublier de se lever…
Messay était le troisième larron de cette bande de copains inséparables. C’était le roi de la bêtise. Il avait le don de toujours se mettre dans des situations abracadabrantes, qui se terminaient systématiquement par une catastrophe. Serpentin et Albion parlaient de « messaynette » dès qu’il faisait une gaffe.
Sa dernière messaynette datait de deux jours. Alors qu’il essayait de refermer la porte d’une clôture, il avait réussi à la faire s’écrouler entièrement. Tous les piquets étaient tombés les uns après les autres comme des dominos. Évidemment, les bêtes ne s’étaient pas fait prier pour s’échapper et le pauvre Messay avait dû passer une partie de la nuit à regrouper le troupeau.
En cette saison, au moment des récoltes, les trois copains n’avaient pas école, mais ils devaient aider les gens du village à réaliser divers travaux agricoles. C’était la tradition.
En hiver et au printemps, ils étudiaient différentes matières. Serpentin adorait l’Histoire, Albion était un génie en calculs et Messay aimait… rien du tout en fait ! Ce qu’il préférait par-dessus tout à l’école, c’était s’assoir près de la fenêtre et regarder au dehors le soleil et la pluie.
Les deux amis s’assirent sur un petit muret pour laisser le temps au retardataire d’arriver. Serpentin en profita pour inspecter le repas que lui avait préparé sa mère. Ça sentait bon le saucisson. Il avait déjà hâte d’être à midi. Albion l’observa jalousement.
– Tu en as de la chance, dit-il, moi ma mère ne m’a donné que des légumes, elle dit que c’est bon pour la santé… Des endives en plus, je déteste ça.
– On partagera, ne t’inquiète pas, répondit Serpentin pour le réconforter.
Quelques instants plus tard ils entendirent des bruits de pas sur le chemin. Messay dévalait la pente à toute allure. En arrivant, il tendit sa main droite et les trois amis firent leur rituel de bienvenue. Un petit enchaînement chorégraphié qu’eux seuls connaissaient et qu’ils avaient pris pour habitude de réaliser dès qu’ils se voyaient. Il ressemblait à ça : « un doigt, deux doigts, tournez, le poing, ouais ! ».
– Alors, demanda Messay un peu essoufflé, on y va ou quoi ? Le Vieux va nous crier dessus si on est en retard.
– Tu rigoles, ça fait au moins cinq minutes qu’on t’attend ! s’indigna Albion.
– C’est parce que…enfin bon, je vous expliquerai plus tard. On coupe par le jardin de Mme Barbade ?
Serpentin et Albion se regardèrent en hésitant. Mme Barbade détestait les enfants.
– Heu, je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée, avertit le jeune inventeur. Il paraît qu’elle a un nouveau varap. Elle a même mis une pancarte sur sa porte pour prévenir.
Mais il était déjà trop tard, Messay avait commencé à escalader le mur qui délimitait la propriété.
– Allez venez, ne vous inquiétez pas ! Je suis sûr qu’elle a écrit des bêtises juste pour faire peur.
On trouvait dans le pays d’Alicorne certaines créatures qui n’existaient pas ailleurs. Le varap en faisait partie. Cet animal ressemblait à un chien croisé avec un rat. Il était trapu avec des grandes oreilles tombantes, de petites pattes et une queue de rongeur. Il pouvait être très affectueux, mais aussi très agressif avec qui embêtait son maître.
Serpentin suivit Messay et Albion fut obligé d’en faire autant. Le crack des mathématiques n’était pas le plus téméraire, mais il savait surtout que toute idée proposée par Messay ne pouvait que mal se finir…
Mme Barbade avait une grande propriété. Les trois amis coupèrent à travers le jardin en passant par un verger. Soudain, ils entendirent derrière eux un aboiement vif et répété. Au loin, ils virent un gros molosse marron lancé à leur poursuite.
– Ho, vous aviez raison ! s’exclama Messay en écarquillant les yeux, elle a bien un nouveau varap.
– Et il n’a pas l’air très sympa, ajouta Serpentin. Vous faites ce que vous voulez, mais moi je ne reste pas pour lui faire un câlin.
– Qu’est-ce que je vous avais dit… soupira Albion.
Ils piquèrent un sprint jusqu’au bout du jardin, tout droit par le potager en écrasant au passage quelques belles tomates. Arrivés de l’autre côté de la propriété, ils jetèrent leurs baluchons par-dessus le mur et se mirent à l’escalader.
Juste derrière eux, le varap se rapprochait à toute allure. Serpentin et Messay n’eurent aucun mal à grimper, mais Albion, beaucoup moins à l’aise en escalade qu’en calcul, resta bloqué en bas.
– Hé les gars, vite, aidez-moi, je vais me faire dévorer ! cria-t-il paniqué.
Ils lui tendirent la main et réussirent à le tirer juste avant que la bête ne déboule. Toutefois, emportée par son élan, elle sauta si haut qu’elle parvint à lui mordre les fesses. Le jeune garçon cria de surprise plus que de douleur, un bout de son pantalon se déchira et retomba avec l’animal.
– Aïe ! Je suis touché, hurla-t-il en se contorsionnant.
Après être redescendus de l’autre côté du mur, Serpentin et Messay inspectèrent le derrière de leur ami. Albion gesticulait comme si sa dernière heure était arrivée. Ils constatèrent en souriant que le jeune inventeur en rajoutait des tonnes.
– Ça va, tu n’as rien, chochotte, s’amusa Messay. Il n’y a même pas de traces de dents.
– Ah bon ? s’écria Albion en arrêtant subitement de bouger. J’ai pourtant entendu un « crac ».
– Ah ça, par contre, poursuivit Serpentin, tu as, heu… comment dire..., un trou dans le pantalon.
– Eh oui mon vieux, on voit un peu tes fesses !
– Mais je ne peux pas aller travailler comme ça, se plaignit le jeune inventeur.
– Ça ne se voit presque pas, rassure-toi. Allez, on repart ou bien ?
Ils arrivèrent bientôt au village. La petite bourgade baignait dans l’agitation du matin : les boulangers étaient aux fourneaux, les marchands ouvraient boutique alors que les paysans attendaient les enfants près de la fontaine.
– Il faut encore qu’on passe chez Akim récupérer nos outils, rappela Serpentin.
– Ah oui c’est vrai, j’avais complètement oublié, confirma le roi de la bêtise. Le Vieux va crier si on ne les a pas.
Akim était le forgeron du village. C’était un grand gaillard blond aux yeux verts, de près de deux mètres. Il s’était taillé une certaine réputation dans les environs, car il avait gagné l’année précédente le concours de lancer de rondins lors des Jeux d’Alicorne. C’était une discipline très populaire dans laquelle les hommes les plus forts s’affrontaient en jetant des rondins de bois le plus loin possible.
Serpentin aimait beaucoup Akim. Il le considérait un peu comme son grand frère. Il adorait le regarder travailler le métal chaud tout juste sorti de la forge. Le jeune garçon se serait bien vu forgeron plus tard, s’il ne parvenait pas à réaliser son rêve : devenir chevalier de la garde royale, comme son père.
– Salut Akim, ça va ?
– Hey les gars, quel bon vent vous amène ?
– On vient récupérer nos outils, tu n’as pas oublié j’espère ?
– Bien sûr que non, ils sont dans la remise.
Les trois amis en ressortirent avec de superbes faucilles parfaitement aiguisées. Ils pouvaient presque se voir dedans tant les lames étaient affutées.
– Attention ! Elles coupent mieux que l’épée du roi, précisa fièrement le forgeron.
– Merci Akim, c’est gentil. Allez on file, on est déjà en retard. À plus tard.
Ils se remirent à courir en direction de la fontaine où les groupes de travailleurs s’étaient déjà mis en route.
– M. Paduc, on est là, cria Albion. Attendez-nous !
– Ah ceux-là, jamais à l’heure, ronchonna le vieil homme. Allez, dépêchez-vous garnements !
Le tant redouté M. Paduc était le responsable des travaux agricoles. Il était connu pour être un peu grincheux, mais sacrément efficace pour faire avancer les choses. Les garçons le surnommaient « le Vieux ».
C’était le père de Messay qui avait insisté pour que son fils soit sous ses ordres, « afin qu’il apprenne un peu ce que c’est que la rigueur », avait-il précisé. Serpentin et ses amis devaient donc supporter ce chef bougon tous les jours de la semaine.
Les trois copains sautèrent à l’arrière d’une carriole qui les transporta jusqu’aux champs. Aujourd’hui au programme, il fallait couper du ganou, une céréale qu’on récoltait en cette saison, avec laquelle on réalisait de succulentes crêpes.
Le soleil était levé depuis à peine une heure, pourtant ses rayons cognaient déjà. La journée s’annonçait plus que pénible.
À leur arrivée, M. Paduc répartit les enfants par secteur et comme il connaissait bien le peu de productivité de Messay, il le garda à ses côtés pour mieux le surveiller.
Quelques heures plus tard, les trois amis se réunirent pour la pause déjeuner. Serpentin partagea son saucisson et gagna en retour quelques « succulentes » endives bien amères.
Plus loin, M. Paduc avait entamé une petite sieste à l’ombre d’une charrette, son chapeau placé sur la tête. Étrange, pour une fois, il n’avait pas l’air pressé de reprendre le travail.
– Et si on allait s’assoir dans l’arbre, proposa Messay à la fin de leur festin.
– On n’a pas le temps, déplora Albion. Le Vieux va bientôt terminer sa sieste.
– Hum, crois-moi, aujourd’hui il n’est pas prêt de se réveiller, souffla le jeune garçon en affichant un large sourire espiègle.
– Non ! Tu n’as pas osé, s’exclama Serpentin. Tu as encore fait tremper des feuilles de besusier dans sa gourde ?
Messay secoua la tête de haut en bas avec un air narquois.
– Il n’arrêtait pas de me crier dessus aujourd’hui, se justifia-t-il. Alors dès qu’il a eu le dos tourné, je suis passé à l’action. Et crois-moi, avec la dose que j’ai mise, on a au moins deux heures devant nous !
Comme chacun le savait au pays d’Alicorne, le besusier était un petit arbuste qui poussait en abondance à la campagne. Ses feuilles, plongées dans l’eau, agissaient comme un somnifère. Les mères en donnaient souvent aux bébés pour qu’ils fassent leurs nuits. Albion en avait trouvé une utilité plus malicieuse.
Les garçons profitèrent de ce temps libre pour grimper dans leur arbre. C’était un grand chêne facile à escalader. Il était situé sur une colline derrière les champs et du haut de ses branches, on pouvait distinguer l’imposant château d’Alicorne.
La forteresse avait été construite sur un immense rocher. On l’apercevait de très loin, elle était réputée imprenable. Ce château était la demeure d’un roi juste et bon, le seigneur Léosside, épaulé dans sa tâche par les fameux chevaliers de la garde royale.
Depuis qu’ils étaient petits, les trois amis se rendaient au château une fois par an pour la grande fête du Roi. Pour eux, c’était le plus beau jour de l’année. Il y avait des spectacles et un grand banquet où chacun pouvait manger en abondance des plats raffinés.
Mais ce que la petite bande de copains préférait par-dessus tout, c’était le défilé des chevaliers de la garde. On comptait parmi eux des hommes mais aussi des femmes. Pour en faire partie, la seule force physique ne suffisait pas, ils devaient exceller dans tous les domaines.
Chaque chevalier possédait une arme extrêmement rare forgée dans des cristaux d’armélide. On leur prêtait des pouvoirs magiques, car une fois dans les mains des chevaliers, elles se mettaient à briller et devenaient plus tranchantes encore. Serpentin rêvait d’une épée comme celle de son père. Il ne l’avait pourtant jamais vue, mais il l’imaginait magnifique, avec une lame au reflet bleu.
La prochaine fête du Roi aurait lieu dans deux semaines. Les trois amis l’attendaient avec impatience.
Ils restèrent ainsi à se reposer sur leur branche en discutant de tout et de rien, et environ deux heures plus tard, M. Paduc se mit enfin à remuer.
– Tiens, on dirait que le Vieux se réveille, annonça finalement Albion. Il va falloir y retourner les gars.
Ils redescendirent en vitesse, attrapèrent leurs faucilles et firent semblant de travailler.
– Alors, bien dormi M. Paduc ? demanda Messay. Ca fait déjà un moment qu’on a repris le travail. Heureusement que c’est bientôt l’heure de la pause.
Le vieil homme n’avait pas encore retrouvé tous ses esprits, il baragouina quelques mots à travers sa moustache et s’éloigna pour inspecter une autre parcelle. Les trois amis se renvoyèrent un clin d’œil complice.
L’après-midi était déjà bien entamé. Seulement une heure d’effort encore et ils seraient libres de cesser le travail. Ils avaient évoqué l’idée d’aller ensuite se baigner à la rivière, mais une nouvelle allait bientôt changer leurs plans.
– Vous avez vu, interrogea Serpentin en levant la tête, tout là-bas sur le chemin… on dirait un messager du Roi.
– C’est trop loin pour moi. Je ne vois rien à cette distance, avoua Albion en réajustant ses lunettes.
– Serpentin a raison, le bigleux, c’est bien un messager, confirma Messay. Ho… Regardez, on dirait qu’il a placardé un parchemin !
Messay déposa aussitôt sa faucille et prit la direction du sentier.
– Alors, demanda-t-il à ses deux amis, vous comptez rester là longtemps, ou on va voir ce qu’il veut ?
Pour visionner la vidéo, scanne le QR Code suivant ou rends-toi sur :
www.serpentin-lelivre.fr/un-messager-dans-les-champs/
Pour débloquer la vidéo, réponds à la question suivante :
« Quelle est la couleur préférée de la mère de Serpentin ? »
Après cette annonce, la dernière heure de travail ne fut pas très productive. Chacun se demandait pourquoi ils étaient conviés au château le lendemain. Même M. Paduc s’était finalement départi de sa traditionnelle rigueur pour en discuter avec un voisin.
Sitôt la journée terminée, Serpentin, Albion et Messay se rendirent à l’endroit le plus approprié pour avoir des explications, le lieu de tous les ragots et des histoires les plus rocambolesques : la taverne du village.
Elle était interdite aux enfants mais les trois amis avaient aménagé un passage secret pour s’y rendre en passant par la grange attenante. Par les trous du plancher, ils pouvaient voir et entendre tout ce qu’il se passait en dessous.
– Fais moins de bruit Messay, chuchota Albion, tu vas nous faire repérer.
– C’est pas ma faute, mon pantalon s’est coincé sur un clou. Alors, comment ça se présente ?
Serpentin s’était déjà allongé et observait la salle.
– J’ai l’impression qu’il y a plus de monde que d’habitude, murmura-t-il.
En effet, la taverne était déjà bondée. Les gens affluaient de tout le village pour venir aux nouvelles. Un paysan racontait que les grilles du château étaient restées fermées toute la journée et que seuls les messagers en étaient sortis pour faire leur annonce.
– Crois-tu crevindiou qu’une nouvelle guerre se prépare avec les barbares du Nord ? demanda son voisin avec un fort accent.
