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Et si l'avenir que je m'étais toujours imaginé, n'allait finalement pas se concrétiser ? A seulement dix-sept ans, j'ai toujours contrôlé ma vie minute par minute. Et pourtant, cette dernière année de lycée va changer bien des choses. De nouvelles rencontres ainsi que de nouvelles histoires vont faire chavirer des coeurs et être au centre de toutes les attentions. Moi c'est Chloé, Chloé Peterson, je vis à New York, dans le quartier de l'Upper East Side et je vais vous raconter mon histoire.
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Seitenzahl: 256
Veröffentlichungsjahr: 2018
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Prologue
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11
Chapitre 12
Chapitre 13
Chapitre 14
Chapitre 15
Chapitre 16
Chapitre 17
Chapitre 18
Chapitre 19
Chapitre 20
Chapitre 21
Chapitre 22
Chapitre 23
Chapitre 24
Chapitre 25
Chapitre 26
Chapitre 27
Chapitre 28
Chapitre 29
Chapitre 30
Chapitre 31
Chapitre 32
Chapitre 33
Chapitre 34
Moi c'est Chloé, Chloé Peterson. J'ai dix-sept ans et je passe mon diplôme à la fin de l'année. Je vis avec mes deux parents, mon grand frère Josh et ma petite sœur Louisa à Manhattan dans une résidence du quartier de l'Upper East Side dont mes parents sont les heureux propriétaires de l'appartement où nous habitons. L'année prochaine, j'aimerais intégrer la célèbre université de Harward, c'est l'un de mes plus grands rêves. Mon objectif, c'est de partir étudier le droit afin de pouvoir devenir avocate. Si vous saviez combien j'ai horreur de l'injustice. Cependant, je dois bien admettre qu'il peut m'arriver d'être déstabilisée lorsque je ne contrôle pas ce qu'il se passe autour de moi. Vous savez, dans ces moments-là où vous vous dites ''mais qu'est-ce que je fais là ?''. C'est pourquoi il faut vraiment que j'apprenne à me faire confiance mais aussi à faire confiance aux autres si je veux réellement me diriger dans cette voie. Alors c'est vrai, je me donne les moyens pour réussir. Mais pour autant, je dois vous dire qu'en contrepartie ma vie sociale est tout aussi dynamique. Shopping, bals ou encore soirées rythment un nombre incalculable de mes journées depuis que je suis au lycée.
Il vous faut également savoir aussi que j'accorde une grande importance aux relations. Je considère que confiance et sincérité en sont les deux principes fondamentaux et ce n'est non négligeable. Mais moi, ce que j'aime aussi par-dessus tout, c'est imaginer un jour pouvoir parcourir le monde pour accomplir mes rêves.
Je me suis souvent sentie différente des autres de mon âge… Je ne saurais pas réellement vous expliquer comment ni même pourquoi, mais une chose est sûre, aujourd'hui c'est une réalité qui est bien ancrée dans ma vie. J'ai ce besoin de me fixer constamment des objectifs, c'est une manière pour moi d'avancer pas à pas tout en sachant pourquoi j'ai choisi de le faire. Jusqu'à présent, j'ai toujours su garder cette disparité pour moi parce qu'elle ne me gênait pas réellement. Or, plus le temps passe et plus ça devient difficile pour moi. Alors oui, c'est vrai, certainement que le décès de Molly a changé mon regard sur la vie, je ne peux pas dire le contraire. Il y a bientôt déjà trois ans que la maladie l'a emportée… Nous étions amies depuis tant d'années toutes les deux. Honnêtement, je pensais être préparée à la laisser partir, du moins un minimum… Mais en réalité, j'ai appris que l'on n'est jamais prêt à quitter quelqu'un que l'on aime, jamais.
Et enfin, au lycée j'ai toujours eu une bonne image. C'est important pour moi de faire en sorte qu'on m'apprécie, c'est peut-être idiot mais ça m'aide à prendre de l'assurance… Beaucoup se comportent comme si rien ne les affectait, mais au fond de nous, le regard des autres nous importe forcément un minimum, n'est-ce pas ?
Et puis, ce qui me facilite les choses aujourd'hui, c'est que depuis que nous sommes au lycée, Victoria et moi faisons partie des pom-pom girls de l'équipe de basket. Alors vous savez, quand on fait ce genre de choses dans notre école, on est forcément appréciée aux yeux des autres.
Victoria Weaver est ma meilleure amie depuis maintenant six longues années. C'est quelqu'un d'assez populaire, qui aime les belles choses. Elle et moi nous sommes rencontrées au collège, une époque déjà bien révolue. Celle où nous étions encore insouciantes, où nous portions des nœuds à pois roses dans les cheveux, celle où nous étions tout simplement quelqu'un d'autre. Enfin, grâce à tous ces bons moments, une alchimie entre nous s'est rapidement installée. Et puis, il faut dire que Victoria et moi avons des caractères qui se complètent plutôt bien, hormis le fait que nous avons deux forts tempéraments. Alors, dès lors que quelque chose déplaît à l'une, l'autre le sait pertinemment et en fait les frais. C'est de bonne guerre !
Mais il y a tout de même certaines choses qui nous différencient. L'amour par exemple, ou plutôt tout ce qui touche les garçons. Alors certes, Vic est tout à fait libre de faire ce qu'elle veut, mais justement, elle ne sait pas faire autre chose que s'amuser. Elle passe d'un copain à l'autre sans aucun scrupule. Bon, je tiens à préciser pour sa défense qu'elle ne se cache pas de cette réputation et qu'elle est toujours restée correcte dans ses brèves relations. Enfin, c'est ce qu'elle nous a toujours laissé sous-entendre jusqu'à présent. Bien sûr que je l'adore Victoria, elle reste ma meilleure amie quoi qu'il en soit, mais quand il s'agit de garçons, on croirait qu'elle n'a pas de cœur.
Et puis, Vic est quelqu'un qui ne se préoccupe pas de grand-chose, elle aime vivre sa vie au jour le jour sans planifier la moindre obligation. Alors qu'à l'inverse, j'ai tendance à ne jamais lâcher prise, il faut toujours que je sache où et dans quoi je m'aventure. Alors oui, c'est vrai, des fois j'envie peut-être un peu ma meilleure amie, mais c'est humain…
Je dois maintenant vous parler de Lauren Johnson. Lauren est ma plus vieille amie, voilà déjà 15 ans que je la connais. Je l'aime tellement. Nous avons un lien inexplicable toutes les deux, quelque chose d'unique, de merveilleux… Seules elle et moi connaissons l'importance de cette amitié. Elle me connaît si bien, que je ne peux rien lui cacher. Lauren est une personne naturelle, et c'est ce qui fait tout son charme. Vous savez, elle a redoublé deux fois au cours de sa scolarité et par conséquent, elle se retrouve désormais en dernière année en même temps que moi. L'avantage dans tout ça, c'est qu'on célébrera notre diplôme ensemble ! Les autres l'ont pas mal critiqué par le passé mais heureusement les choses ont fini par se tasser avec le temps. Et puis s’ils savaient… Lauren n'a pas été épargnée dans la vie ; des parents pas toujours en très bons termes, des difficultés scolaires et puis surtout, elle a perdu Yoann, son frère jumeau l'année dernière. C'était quelqu'un que j'aimais énormément, il était comme un second frère. Sa disparition nous a tous beaucoup affectés…
Mais cet événement a complètement détruit et anéanti Lauren. Durant les mois qui ont suivi, je ne l'ai plus reconnue, elle était comme une coquille vide.
J'ai essayé de l'aider du mieux que j'ai pu, j'ai été là chaque jour, autant que j'ai jugé nécessaire de l'être, mais j'ai conscience que ça ne ramènera pas Yoann. Son décès a été un drame et Lauren a malheureusement pris encore un peu plus de retard scolairement d'où son second redoublement. Mais en aucun cas, quiconque ne peut le lui reprocher, jamais elle n'aurait pensé subir une telle épreuve.
Depuis quelques mois, Lauren et moi avons très peu reparlé de Yoann car très vite, elle n'a plus voulu aborder le sujet. Je sais qu'au fond d'elle, elle ne va pas bien mais elle se comporte comme si son frère n'avait pas existé. Je crois qu'elle préfère ménager sa douleur toute seule. Après tout, chacun souffre à sa manière, Lauren a choisi le silence. Je dirai qu'aujourd'hui, elle remonte la pente doucement mais sûrement…
Mon frère Josh était le meilleur ami de Yoann depuis un sacré bout de temps. On s'est toujours beaucoup côtoyé avec la famille Johnson. Nous sortions souvent tous les quatre, Josh, Yoann, Lauren et moi. Les garçons étaient sans cesse en train de surveiller nos moindres faits et gestes, c'était trop mignon. Cette période me manque terriblement, c'est horrible… Mais Lauren sait qu'elle pourra toujours compter sur moi car elle et moi sommes véritablement liées comme les deux doigts de la main. En quelque sorte, elle est un peu la grande sœur que je n'ai jamais eue.
Vous savez, j'ai compris une chose à travers ces dernières années ; nos proches sont précieux, et c'est l'amour en dépit des rancœurs qui les rendent ainsi. Alors j'ai décidé durant les prochains mois, de vous faire partager le quotidien d'une fille de dix-sept ans, qui n'est autre que moi.
L'après-midi touche à sa fin et je ne sais plus où donner de la tête. Il faut dire que Londres est une ville tellement splendide ! Je comprends désormais la vitalité avec laquelle tout le monde a toujours pu idéaliser cette destination.
À l'heure où je vous parle, je me promène dans un parc de la capitale avec le reste des élèves. Mme Ford, notre professeur d'anglais, nous fait nous arrêter un moment pour que nous puissions faire une pause à cause de la chaleur. La plupart des filles se ruent aussitôt vers les toilettes. Je ne peux pas m'empêcher d'en imaginer déjà certaines se repoudrer le visage, pendant que d'autres doivent être en train de multiplier photos et selfies dans le miroir.
Je profite d'être seule un instant pour m'éloigner et envoyer un message à mes parents. Je communique beaucoup avec eux malgré la distance. Je crois qu'en réalité, c'est une de nos manières de nous dire indirectement je t'aime… Je prends alors le temps de rédiger mon texto avec soin puis je décide ensuite de rejoindre les autres. Je suis sur le point de me retourner vers eux lorsque j'aperçois une ombre s'approcher lentement dans mon dos.
« Ian ? Je prononce doucement en frissonnant lorsque je devine sa silhouette derrière moi. Je sens soudainement sa chair frôler ma peau. Je me retourne brusquement vers lui.
– Qu'est-ce que... ? Je lui demande calmement en plongeant mon regard dans le sien sans qu'il ne me laisse le temps de finir ma phrase.
– Chut… Me murmure-t-il en posant minutieusement l'un de ses doigts sur mes lèvres. »
Je sens à sa respiration qu'il s'avance de plus en plus vers moi. L'une de ses mains effleure mon visage, l'autre se pose sur ma main gauche. Nos corps sont si proches que je peux sentir la délicieuse odeur qui se dégage de son cou. Mon cœur bat si vite, si fort que ça en devient excitant et terrorisant à la fois. Sans que je ne puisse lui répondre quoi que ce soit, mon téléphone glisse de mes doigts et tombe à nos pieds. L'une après l'autre, ses mains se posent délicatement sur mes joues puis ses lèvres viennent finalement toucher les miennes. Mes yeux se ferment et plus rien autour n'a d’importance. Je ne contrôle plus rien, je me laisse simplement aller. C'est un sentiment tellement spécial, tellement unique et familier à la fois… Je suis littéralement envoûtée ! À cet instant précis, dans ma tête, dans mon esprit et dans mon cœur, il n'y a que lui et moi, rien d'autre que nous deux.
Quelques secondes plus tard, mes yeux s'ouvrent à nouveau. Ses mains n'ont pas quitté mon visage et son regard est toujours plongé dans le mien. D'un seul coup, quand tout me paraît redevenir réel, je le regarde sans bouger !
« Pourquoi Ian ? Pourquoi tu as fait ça ? Je t'en prie, raye-moi de ta vie une bonne fois pour toutes. Je m'exclame en lui donnant un léger coup de poing sur le torse.
– S'il te plaît, attends… »
Je ramasse mon téléphone, je le regarde une dernière fois dans les yeux et je m'éloigne. Je sens mon cœur battre la chamade et ma tête tourner, il fait si chaud… Je me dirige en courant aussi vite que je le peux vers le reste du groupe en essayant de chercher Lauren et Victoria du regard. Or tout à coup, j'observe autour de moi et je sens d'importants étourdissements me submerger.
« Chloé par ici ! Eh oh, Chloé Peterson ! S'écrie Victoria en agitant ses bras en l'air.
– Vous êtes là ! Je lui réponds avec soulagement.
– Regarde-moi, tu as l'air toute bizarre. Quelque chose ne va pas ? Me demande Lauren perplexe.
– C'est vrai ça, elle a raison ! Tu es toute pâle. Enchaîne Victoria.
– Mais qu'est-ce que vous racontez ? J'ai seulement chaud à cause de la canicule. Je riposte essoufflée.
– Arrête ! Je te connais par cœur… Proteste Lauren en croisant les bras.
– Bon, c'est vrai, j'ai juste quelques étourdissements depuis quelques secondes, rien de grave ! Je leur explique en détournant le regard.
– Tu es vraiment sûre que ça va ? Renchérit Victoria.
– Je…hum…je crois. Je bafouille en m'efforçant de tenir debout alors que je titube sur place.
– Ok ! Je crois que tu es en train de nous refaire un malaise Chloé. Viens, assieds-toi. S'exclame Lauren en me tenant le bras.
– Attendez ici, je vais prévenir Mme Loard, c'est elle qui connaît le mieux la situation ! Intervient Victoria en me tenant les poignets. »
Encore. Je me retrouve encore une fois dans cet état. Les malaises contrôlent maintenant mon corps depuis plusieurs mois, sans que je ne puisse avoir la moindre maîtrise sur eux. Je n'arrive toujours pas à comprendre ce qui peut provoquer ça en moi. Les médecins préconisent le fait que tout est d'origine psychologique, que les raisons de ces évanouissements sont simplement dus à ce qui se tourmente dans ma tête. Seulement, le souci c'est que je ne sais jamais quand j'aurai droit à un nouveau salut de ces étourdissements… Et voilà, c'est comme ça qu'encore une fois je me retrouve couchée, par terre, prête à passer le cap vers l'inconscience.
« Chloé ? Est-ce que vous m'entendez ? M'interroge Mme Loard, mon professeur de langue.
– Chloé, réponds-nous. Il faut qu'on sache si tu es toujours consciente…
Je reconnais la voix de Victoria, elle est juste là, toute proche de moi. Mais je n'arrive pas à lui répondre, je suis incapable de sortir le moindre son de ma bouche. Alors je serre sa main aussi fort que je le peux pour lui indiquer que je l'entends .
– Il faut qu'on lui mette les pieds en l'air pour faire circuler son sang. S'exclame Lauren en m'attrapant les genoux. »
Lauren et Victoria ont maintenant l'habitude de cette situation car comme je viens de vous l'expliquer c’est assez récurrent ces derniers temps. Alors après m'être donnée en spectacle tant bien que mal pendant près d'une demi-heure, je reprends doucement mes esprits. Je m'assois sur le gazon et je me retrouve au milieu d'une centaine d'individus de mon âge qui me fixe avec de grands yeux. Certains ont leur sac sur le dos et sont prêts à repartir et puis d'autres dorment à moitié allongés sur l'herbe du parc. Une fois sur pieds, nous reprenons lentement notre expédition puis nous atteignons finalement le point d'arrivée de cette journée au bout d'une heure et quart.
Victoria, Lauren et moi sommes toutes les trois hébergées dans la même famille. Ce soir est notre dernière soirée dans la capitale anglaise mais je ne me sens pas capable de rigoler jusqu'au bout de la nuit. Mon esprit divague. Je ne prends presque pas la parole du repas, ni avec nos hôtes, ni avec les filles… Je me sens ailleurs, dans un autre monde. Je mets ça sur le compte du malaise, mais en réalité c'est tout autre chose qui me préoccupe autant. Après m'être douchée, je décide de me faufiler dans les draps de mon lit sans même prendre le temps de profiter une dernière fois avec mes amies. Je peux vous assurer que la journée a été déjà bien assez riche en émotion. Il est l'heure pour moi de me coucher et de ressasser chaque événement de ce voyage en détail pour les imprimer aussi longtemps que possible dans ma mémoire.
******
Le lendemain matin, c'est le grand départ. Nous attendons pendant plusieurs heures dans l'aéroport de Londres avant de pouvoir monter à bord de notre avion en direction de New York. Je crois que jamais je ne pourrai oublier tout ce que j'ai pu vivre dans ce pays, c'était tellement exceptionnel ! Vous savez, ici je ressens une certaine liberté que je ne peux pas vous expliquer… Ce matin je me sens heureuse et apaisée car je peux désormais valider une nouvelle case de ma liste de souhaits. Maintenant je n'ai plus qu'une seule hâte, montrer à mes parents toutes les photos et tous les souvenirs que j'ai pu leur ramener. Mais avant, plus de sept heures de vol m'attendent. Autant vous dire que je vais pouvoir rattraper mon sommeil de ces derniers jours…
« Ian m'a quittée. Nous annonce Victoria pendant que nous prenons place dans l'avion.
– Attends, quoi ? S'exclame Lauren stupéfaite.
Je n'ose pas affronter le regard de ma meilleure amie. Je me sens extrêmement mal à l'aise et honteuse face à elle. C'est tellement étrange, c'est la première fois que je ne sais pas quel comportement adopter pour ne pas qu'elle s'aperçoive que je lui cache quelque chose. Pour le moment, elle ne décroche pas le regard du hublot. Lauren me demande avec de grands signes, si je connais la raison de leur séparation. Évidemment, je ne peux pas m'empêcher de lui dissimuler ce qu'il s'est passé la veille et de lui répondre que je n'ai rien à voir là-dedans. Et puis attendez, s'il faut c'est vrai, cette rupture n'a strictement rien à voir avec moi ou qui que ce soit d'autre.
– Vic, l'été approche, tu vas forcément faire de nouvelles rencontres, tu ne crois pas ? Je prononce en tentant de dissimuler ma gène.
– Hum si tu le dis… Les filles, venez voir ici. Regardez, c'est magnifique ! S'exclame tout à coup Victoria la tête posée contre la vitre de l'avion.
– J'ai vraiment une chance incroyable d'avoir pu partager ce voyage avec vous. Je leur confie avec enthousiasme.
– Moi aussi. Ça m'a fait un bien fou de m'échapper de New York quelques jours. Nous confie Lauren en nous prenant chacune une main. »
À ces mots, je lui souris pour lui montrer combien je tiens à elle. Mais cette sensation, le fait qu'elle pose sa main sur la mienne, me rappelle instinctivement ce qu'il s'est produit la veille, lorsque les mains de Ian ont reproduit exactement le même mouvement que celles de Lauren. Je sais qu'il faut absolument que j'arrête d'y penser, que je dois réellement arriver à avancer, à oublier, mais ce n'est pas simple.
Je pose alors ma tête sur l'épaule de Lauren en repensant à tout ce voyage extraordinaire que je viens de vivre durant ces derniers jours.
Après ce qu'il vient de se produire pendant le voyage, je me sens obligée de vous faire partager l'existence de ce mystérieux garçon qui a fait son apparition. Alors je vous préviens, un bol de pop-corn et un soda pourraient vous être utiles car ça risque d'être long. Avant tout, Ian Cooper est mon ami, mon voisin mais c'est aussi le premier garçon dont je suis véritablement tombée amoureuse. Oui je peux le dire, c'est mon premier amour ! Quand on était petit, lui et moi étions inséparables, exactement de la même façon qu'un frère et une sœur auraient pu l'être à cet âge-là.
Ian est fils unique. Il y a quelques années, le hasard a fait qu'il a non seulement emménagé dans la même résidence que moi, mais en plus de ça dans le seul et unique autre appartement du palier où je vis. Coïncidence vous vous dites ? À vous d'en juger. Enfin, depuis que les Cooper vivent dans l'Upper East Side il y a près de quinze ans, nos parents ont sympathisé et se fréquentent régulièrement. Malgré le temps qui passe et le fait que nous grandissons, Ian et moi sommes toujours restés plus ou moins proches. En fait, je réalise aujourd'hui que j'ai toujours vécu en sa présence. Vous ne me croirez peut-être pas mais j'ai comme cette impression que nous étions faits pour nous croiser, non pas que nous devions à tout prix nous lier d'amitié, mais j'ai ce sentiment profond qui me pousse à penser que si nos chemins se sont confondus étant plus jeunes, c'est certainement pour en tirer quelque chose de bon. Alors tout ça peut paraître totalement absurde, j'en suis bien consciente mais vous ne m'enlèverez pas cette idée de la tête.
Aujourd'hui tout a changé. Ian est devenu l'un des garçons les plus populaires du lycée. C'est quelqu'un de mignon, grand, ténébreux, sportif, aux cheveux bruns et aux yeux d'un vert incroyablement attirant. Il est celui qu'on remarque dans les couloirs, celui à qui on vient dire bonjour chaque jour. Mais après tout, c'est ce qui fait son succès aujourd'hui… En plus de cela, Ian fait partie de l'équipe de basket depuis notre entrée au lycée et je reste d'ailleurs persuadée que c'est l'un des éléments qui a su contribuer rapidement à sa popularité. Alors, en tant que pom-pom girl j'assiste et participe à chacun des matchs de ces dernières saisons.
Il y a bientôt deux ans, les choses ont commencé à prendre une toute nouvelle tournure. Petit à petit, lui et moi nous sommes à nouveau rapprochés. Un jour du mois d'août, nous avions décidé de passer la journée ensemble à nous balader dans les rues de New York. Je me souviens qu'il faisait une telle chaleur que nous n'avions pas arrêté de nous acheter à boire toutes les heures. Le cadre qui nous entourait était particulièrement idyllique ce jour-là. Tout était mis en œuvre de façon à ce que nous puissions passer un bon moment. Alors je dois le reconnaître, c'est vrai qu'avec le recul la situation devenait de plus en plus ambiguë mais ni lui ni moi n'avions prémédité qu'il se passerait quoi que ce soit entre nous. Ensuite, dans l'après-midi, nous avions décidé de nous installer au bord de Coney Island, une immense plage de Brooklyn, qui est aujourd'hui encore très prisée. Je me rappelle qu'une fois assis sur le sable face à la mer, mon dos contre son torse, tout est devenu on ne peut plus clair. Nous nous sommes longuement regardés, puis souris, comme si nous étions gênés... Puis, de manière naturelle nos mains se sont enlacées. Je crois, qu'à cet instant précis nous avons compris qu'il y avait certainement plus qu'une simple amitié entre nous et qu'il ne servait à rien de lutter contre la nature. Alors, on a fini par s'embrasser langoureusement sur cette plage de Brooklyn, au milieu d'un paysage magnifique et d'un coucher de soleil exceptionnel. Et c'est ainsi qu'est née notre histoire.
Au fond de moi, j'ai toujours eu cette crainte qu'à un moment de nos vies on finisse par céder et passer ce cap-là… Car c'est évident, qu'en nous engageant dans une relation comme celle-ci, on prend inévitablement le risque de mettre en péril notre amitié.
En revanche, à la rentrée de septembre, lui et moi avons pleinement assumé notre relation au lycée, et malgré tout, nous sommes rapidement devenus l'un des couples les plus considérés de l'école. Lui basketteur, moi pom-pom girl, je vous laisse imaginer l'engouement. En réalité, être dans ce rôle-là n'est pas aussi déplaisant et contraignant que ça peut en avoir l'air…
Sur le plan familial, nos parents ont très vite compris que nous étions ensemble. A ma grande surprise, ils nous ont révélé ne pas avoir été très étonnés. Mon père quant à lui, a eu un peu plus de mal à l'accepter. Après tout, je reste sa fille et je suppose qu'un père a toujours cette crainte de laisser son enfant grandir, vivre sa vie et en quelque sorte prendre son envol. Alors, je crois que je peux arriver à comprendre sa réaction…
Les mois se sont ainsi enchaînés et tout s'est extrêmement bien passé entre Ian et moi. Le souvenir que je garde aujourd'hui de nous deux à cette époque, c'est l'image de deux personnes absolument comblées, deux personnes totalement dans leur monde qui ne se souciaient plus tellement de grand-chose. Nous étions vraiment heureux ! Je me rappelle encore les quelques galas auxquels nous avions assisté ensemble car nos parents y étaient conviés ou encore les soirées organisées à l'improviste après les victoires de l'équipe de basket. À cette période, tout me paraissait parfait, je me sentais incroyablement chanceuse de mener cette vie-là. Petit à petit, mes sentiments envers Ian se sont amplifiés, et ont pris une place importante dans ma vie, jusqu'à ce que je tombe réellement amoureuse de lui.
Après avoir passé un an tous les deux, rempli de bonheur, les choses ont commencé à se dégrader entre nous. Ce que nous avons vécu à cette période était tellement difficile à supporter au quotidien… On était terriblement attaché l'un à l'autre c'est indéniable. En revanche, on arrivait de moins en moins à se comprendre et à communiquer. C'était comme si nous tenions tellement l'un à l'autre, qu'inconsciemment on se faisait du mal. Au début je pensais que ce n'était qu'une mauvaise passade, qu'au bout d'une année entière il fallait bien en passer par là… Sauf qu'un mois plus tard, les choses se sont finalement accélérées. Lors d'une soirée à laquelle Ian a assisté quelques jours auparavant que je sache ce que je m'apprête à vous dire, il a commis l'irréparable. D'après les bruits de couloirs, ce soir-là Ian est resté dans son coin à ruminer une bonne partie du temps puisqu'on avait certainement dû se disputer une énième fois. Une fille heureusement inconnue de notre lycée, serait venue avec insistance le chercher par la main pour l'entraîner avec elle. Et enfin pour finir, ils se seraient embrassés à plusieurs reprises et auraient terminé la soirée bras dessus, bras dessous. Ce qu'il s'est passé ensuite n'a fait qu'empirer. Ian n'a pas jugé nécessaire de m'avouer cet incident. J'ai découvert de moi-même quelques jours après sur les réseaux sociaux que ces ragots étaient finalement devenus la vérité. Alors pour moi, ce qu'il s'est produit ce soir-là, a mis un terme définitif à tout ce qui pouvait encore jusqu'ici nous rassembler, que ce soit notre histoire d'amour mais aussi notre amitié. Évidemment que je l'aimais encore, mais ça ne pouvait plus durer, la situation était devenue invivable entre nous…
Depuis, les choses entre lui et moi se sont inévitablement compliquées. Rapidement, on ne s'est pratiquement plus adressé un mot. On cherchait constamment à s'éviter pour essayer de tourner la page, ce dont je ne suis pas totalement parvenue à faire... Honnêtement, cette période reste pour moi l'une des plus difficiles à avoir vécu. Pourtant, j'ai dû surmonter plus d'un drame dernièrement ; Molly, Yoann… Mais j'ai toujours fini par en conclure que la fatalité l'emportait face au bonheur de la vie. Cette fois-là, tout était différent, Ian n'est pas mort ! Lorsque j'étais avec lui, j'avais une certaine maîtrise sur ma vie, sur ma relation. Alors depuis, j'ai toujours ces questions qui me tourmentent ; Est-ce que j'aurais pu sauver notre histoire ? Est-ce que j'ai raté quelque chose ? Ou bien est-ce que je me suis mal comportée à un moment donné ? Un bouleversement terrible s'est produit en moi, je me suis beaucoup remise en question. J'ai vécu pendant des semaines entières avec des angoisses enfouies en moi. Et puis avec le temps, les blessures se soignent sans pour autant être sûres de guérir un jour mais au moins elles finissent par s'apaiser.
La situation avec Ian s'est finalement calmée peu à peu. Quand on se croisait lors d'un événement, on pouvait déchiffrer sur nos lèvres un simple bonjour. Lorsqu'on se retrouvait lors d'un match un simple regard nous reliait. Tout ce que nous avions pu vivre depuis tellement de temps semblait être tombé dans l'oubli. Cependant, aujourd'hui encore, je ne parviens pas à tirer un trait sur Ian… Avant d'être mon amour, il était mon meilleur ami. Chaque jour, lorsque je l'aperçois dans le lycée, mon cœur bat aussi fort que la sonnerie, chaque soir lorsque je m'apprête à m'endormir je ressasse tous les bons moments que j'ai vécu avec lui depuis notre enfance. Je me demande en quoi ma vie aurait été différente aujourd'hui si on avait su se garder l'un auprès de l'autre…
Il y a maintenant un peu plus de deux mois, Ian et Victoria se sont fortement rapprochés. Vic est persuadée que j'ai complètement réussi à oublier Ian, qu'après plusieurs mois, j'ai enfin tourné la page. Je sais que je devrais mais je n'ai jamais eu le courage de lui dire que ce n'est pas le cas, que de mon côté la flamme ne s'est jamais vraiment éteinte…
Ça me fait un tel pincement au cœur de les voir si complices tous les deux… J'ai constamment envie de me confier à Victoria, mais je ne peux pas l'empêcher de vivre sa vie. Et puis, elle ne me comprendrait pas, pour elle, ça ne marche pas comme ça. Elle part du principe que les relations on doit les enchaîner sans les compter. Jamais je n'aurais pensé qu'ils oseraient agir comme ils l'ont fait vis-à-vis de moi. Je savais que la seule personne qui serait en mesure de me comprendre ce serait Lauren parce qu'il n'y a qu'avec elle que je suis exactement sur la même longueur d'onde. Alors on a parlé, longtemps, encore et encore, pour finir par conclure que si tous les deux devaient faire un bout de chemin ensemble alors je ne ferai rien pour les en empêcher, car ce qui doit être vécu, le sera.
Ce qui devait donc arriver, s'est produit. Ian et Victoria se sont mis ensemble il y a tout juste un mois. Lorsque Vic me l'a appris, je n'ai pas été surprise, une part de moi s'y attendait forcément. Mais ce que j'aurais apprécié, c'est qu'elle vienne au moins me demander ce que j'en pense. Je me souviens que ce jour-là, j'avais une telle envie de me disputer avec elle, rien que pour placer ces quelques phrases qui me démangeaient vis-à-vis de sa nouvelle idylle avec Ian, mais je n'ai pas pu. Je n'ai tout simplement pas pu lui gâcher son moment. Si elle, elle n'a pas forcément fait les choses dans les règles de l'art, moi je préfère attendre au moins quelques semaines de voir où tout cela les mène. Mais je crois qu'au fond, j'en voulais autant à Ian qu'à Victoria.
