Station 21 - La voix de la raison de Nick - Emily Chain - E-Book

Station 21 - La voix de la raison de Nick E-Book

Chain Emily

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Beschreibung

Quand l’amour devient le guide pour guérir les blessures du passé…

Nick entre à la Station 21 avec une mission délicate : gagner la confiance d’Adel et renforcer l’équipe. Mais leur première intervention ensemble réveille en lui un souvenir trop lourd, lié à un patient marqué à vie. À mesure que les émotions refont surface, Nick doit affronter la part d’ombre qu’il porte en lui.

Guidé par Speedy, il tente de défendre la station, protéger sa nouvelle famille et surtout, comprendre comment donner sa confiance — et recevoir celle des autres. Pour adoucir ses cicatrices, l’aide d’Adel pourrait bien devenir une lumière bienvenue.

Emily Chain dévoile ici l’épisode de la rédemption : entre affection naissante, traumas intimes et mission héroïque, la Station 21 révèle ses secrets.



CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE

"Une fois que vous avez commencé votre lecture vous ne pouvez plus vous en passer..." - Addy84

"Je vous conseille ce petit bijou d'adrénaline, qui offre une histoire pleine d'action." - Marine_bookine

À PROPOS DE L'AUTEURE

Âgée de 22 ans, Emily Chain écrit depuis toujours et dans des styles assez diversifiés : des récits fantastiques aux thrillers en passant bien sûr par la romance. Elle s'intéresse à des personnages auxquels les lecteurs peuvent s'identifier facilement. Elle est l'auteure aussi des sagas L'interne et Aux délices d'Amsterdam.

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Seitenzahl: 106

Veröffentlichungsjahr: 2020

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CHAPITRE 1

Quand j’entre sous la douche, je ferme les yeux pour supporter la vague de froid qui touche mon corps nu et bouillant. Pour la énième fois, j’ai rêvé d’une autre femme que celle qui partage mon lit. À vrai dire, Sabrina, si je ne me trompe pas de nom, n’a rien à voir avec la femme que je désire. Je ne suis pas du genre à fantasmer sur un style et prendre une pâle copie pour assouvir mes plaisirs, je trouve cela malsain.

Non, je suis juste avec cette femme pour ne pas exploser. Elle sait qu’il n’y a rien de sérieux à espérer de moi. Elle n’est jamais venue chez moi. Nous restons toujours dans des appartements loués pour une soirée ou un week-end et rien d’autre. Impossible de s’attacher, car elle ne sait rien de moi et c’est réciproque. Je n’ai aucun désir d’en connaître plus et j’ai bien l’impression qu’elle est très heureuse de cette situation.

Nous nous donnons du plaisir sans prise de tête et c’est si rare dans ma vie en ce moment. Je pense à cet instant au téléphone prépayé qu’on est tous obligés d’avoir depuis notre plan avec Speedy. Je ne connais pas la vie de ce gars, mais il n’a pas eu la même enfance que nous, c’est certain. Je n’ai jamais rencontré un homme aussi débrouillard, paranoïaque et à la fois si pragmatique. Il a toujours un coup d’avance et c’est frustrant. Je vois bien que Spencer pense comme moi, mais ce dernier est complètement à la ramasse. Il souffre, subit, et je ne sais même pas comment lui parler à l’heure actuelle. On dirait un zombie prêt à tomber. Sacha s’en amuse souvent avec Cameron, mais je vois bien dans les yeux de la belle blonde que cela ne lui plaît pas. Elle tient encore à lui, c’est flagrant. Tout le monde se cache des choses dans notre station. Les non-dits et les blessures dissimulées deviennent un véritable poison.

Je touche l’immense cicatrice qui barre mon ventre et je soupire. Je ne suis pas le seul à le faire, néanmoins je commence à sentir le poids du mensonge sur mes épaules. À chaque fois que j’entre dans l’entrepôt, j’ai envie de me livrer. Et étonnamment, depuis l’arrivée de Speedy bien plus.

Il lui ressemble tellement. Tout du moins, c’est comme ça que je me l’imaginais grand. Il aurait toujours choisi l’option qui ne nous plairait pas. C’était un rebelle dans l’âme, comme son grand-père. Ses bras tatoués, son cou et son torse probablement aussi. Je souris en glissant mon doigt sur le renflement que fait ma cicatrice certains jours. C’est le dernier souvenir tangible que j’ai de lui. N’est-ce pas triste d’en arriver là ? D’aimer une si grosse marque qui ne devrait être que souffrance ? Si la psychologue savait exactement ce que je ressens en la regardant chaque matin sous la douche, elle me mettrait en arrêt. Elle croirait à une rechute.

— La dépression est un fléau qui ne disparaît jamais vraiment. Elle est tapie dans l’ombre et attend la moindre faiblesse pour se réveiller, me répétait-elle.

Si elle essayait de me faire peur, c’était raté. Cela ne me faisait ni chaud ni froid de savoir ça. Pourquoi pensait-elle que j’allais être effrayé d’une si petite chose qu’est la dépression ? Ce n’est pas elle qui m’avait terrassé la première fois. Non. Je redoute la douleur, la perte, l’abandon. Oui. Ça, j’en suis même terrifié. Mais l’après, l’acceptation et la dépression, ce n’est pas tangible. Je ne brûle que de ce qui fait craqueler la peau. Le reste, vicieux et indolore, je m’en moque.

— Je pars, à bientôt.

La voix de Sabrina s’élève à travers le rideau déjà et je n’ai pas le temps de répondre qu’elle claque la porte.

C’est ce que j’aime chez cette femme. Aucune prise de tête. Elle est claire dans ses baskets. Elle ne veut rien de sérieux et pour la première fois, elle est sincère. Combien de femmes ont pensé qu’elles ne souhaitaient que ça pour finalement me faire des crises incroyables ? J’ai eu de la peine pour celles qui étaient dans ce cas, car je sais ce que cela fait d’aimer quelqu’un qui ne peut le faire en retour. C’est extrêmement douloureux.

— Tu ne peux pas changer tes règles ? C’est idiot de ne jamais s’attacher, avait hurlé l’une d’elles.

Je n’avais rien dit. Elle ne méritait pas que je m’énerve. Cette femme n’avait rien fait de méchant à mon encontre. Elle avait besoin d’être aimée et je n’étais pas la bonne personne. Elle allait s'en rendre compte, un jour ou l’autre.

— Tu ne sais pas ce que tu veux, m’avait asséné une autre après que j’ai refusé d’aller dîner dehors avec elle.

— On ne sort pas ensemble de cet appartement, avais-je répliqué. C’est le deal.

— On n’a pas signé de contrat.

Sa réplique m’avait ouvert la porte à la solution.

— Effectivement, je ne sors au restaurant qu’avec ma femme. Je ne pense pas que tu le sois.

Elle avait fermé la bouche et je n’avais pas revu cette personne depuis.

À vrai dire, les femmes bougent beaucoup dans ma vie pour cette raison. Il n’y a que Sabrina qui dure dans le temps, car elle cherche la même chose. De ce que j’ai deviné, elle a été avec un homme sévère et elle ne veut plus jamais se sentir dominée et contrôlée.

Je la comprends et j’aime nos rapports. C’est une chouette femme, j’en suis sûr. Je suis d’ailleurs heureux de lui apporter ce dont elle a besoin.

J’attrape le gel douche et commence à me savonner le corps. Les nombreuses cicatrices dans mon dos et sur mes jambes ne sont que des infimes traces comparées à celle du centre qui traverse la totalité de mon torse.

Je m’applique consciencieusement le liquide avant de passer à mes cheveux. Le shampoing mousse en un éclair et je ne perds pas de temps.

J’ai toujours été le genre de personnes à aimer profiter longuement de la douche. On m'a souvent dit que c’était une perte de temps, je ne suis pas d’accord. Du gaspillage d’eau probablement même si je transporte un économiseur à fixer au tuyau pour éviter d’être un pollueur chaque matin. Mais ce que je ne saisis pas, c’est que personne n’a essayé de comprendre à quel point cette habitude est vitale pour moi. Je ne peux commencer une journée sans le faire. En grande partie parce que cela me lave de mes cauchemars où je le vois, hurlant mon nom, sanglotant et je suis incapable de bouger.

Je le connais par cœur. C’est une torture inexprimable et pourtant mon esprit me repasse le même film en boucle depuis des mois.

L’eau chaude contraste avec les frissons que me provoque ce souvenir.

J’inspire et de l’eau s’infiltre dans ma bouche. Je l’ignore en essayant de m’éloigner de cette sensation d’écrasement qui me prend à chaque fois que mon esprit divague vers lui. Mon ventre se tord et ma paume s’appuie fortement contre la paroi de douche. Je sais pourquoi je suis dans cet état aujourd’hui. Quand Alois a parlé de son fils, que j’ai commencé à lui répondre, j’ai senti que ce n’était pas une bonne idée. Qu’il ne fallait pas ! Sauf que Spencer ne disait rien de peur sûrement de dévoiler qu’il n’était pas marié à une Camilla et qu’il avait deux bouts de chou.

Je sais que c’était à moi de répondre et de donner le change. Néanmoins, j’avais pensé que ça me toucherait moins de dire ça. Que je serais apte à passer rapidement à autre chose.

Quand je sors de la douche, mon corps humide et chaud n’aide pas à faire disparaître les frissons ni l’étau qui enserre ma poitrine.

Je marche tel un automate jusqu’à la table de chevet et ouvre le premier tiroir.

Le téléphone prépayé m’envoie un écran noir avant que je n’appuie sur les touches du côté pour l’allumer. Il lui faut plusieurs secondes pour être opérationnel et cela me permet d’observer les lumières du jour apparaître dans les immenses fenêtres vitrées de la chambre que j’ai louée jusqu’à 10h. Je ne suis encore jamais resté dans une location jusqu’au bout. Le travail, les obligations, la vie… Rien ne me donne envie de traîner et de profiter des superbes installations des appartements que je choisis sur base de photos en quelques clics. Ce n’est pas important, j’ai mon chez-moi quelque part dans le dédale de la ville qui se réveille sous mes yeux.

Mon attention revient vers le petit appareil dans mes mains et j’oublie Los Angeles qui s’étend non loin de moi. Je ne vois que les minuscules lettres s’afficher sur cet écran lumineux.

“Le plan avance. Adel doit reprendre pour que je file Brad.”

Le message d’un expéditeur inconnu ne peut venir que de Speedy. Il est le seul à pouvoir dire cash qu’il s’apprête à surveiller un homme sans la moindre preuve qu’il trempe dans des affaires louches.

J’ai eu du mal à tomber d’accord avec lui concernant la reprise d’Adel avant de finir par céder. Elle est remise, la présence de cet homme 24 h sur 24 avec elle ne me plaît pas et de toute façon, elle cherche à revenir depuis des jours. Spencer doit encore être travaillé au corps pour la faire retrouver son poste à mes côtés, mais ça ne devrait pas tarder. Il sait que Cameron ne changera pas de binôme avec moi et que Sacha n’accepterait pas de toute façon. Enfin le duo Owen et Allie semble marcher parfaitement au plus grand étonnement de tout le monde donc il est dans l'impossibilité de ne pas reprendre Adel rapidement. Il a besoin de bras pour remonter la pente.

Je serre les dents en pensant à ça. Si seulement il acceptait mon aide. Certes, l’argent que Speedy offrait était peu recommandable même si gagné à la sueur de ses courses, mais mes propositions auraient pu être exposées. Sauf qu’il est catégorique, il ne veut pas de mon aide. Je referme le tiroir du genou et commence à lui rédiger une réponse. Si on m’avait dit qu’en si peu de temps, je confierais une partie de l’avenir de la Station à ce voyou tatoué, je n’y aurais pas cru. Bien sûr, je ne garde pas que cette carte dans ma main, préférant assurer mes arrières et celles de toute l’équipe. L’entreprise est pour moi bien plus importante que l’égoïsme de Spencer. Il veut prouver à tout le monde qu’il va réussir à nous extirper d’une situation compliquée. Sauf que rien ne nous garantit que c’est possible si aisément.

Les magouilles de Speedy ne me plaisent qu’à moitié et j’ai l’habitude de prévoir toujours un matelas même si je saute avec un parachute. C’est une question de précaution.

« Aucun problème. Je vais réussir à négocier avec Spencer. »

Mon assurance par message est un peu moins véridique quand je relève les yeux pour observer mon reflet dans le miroir qui coupe la pièce en deux.

L’homme à moitié nu qui me fait face n’a rien d’un gagnant depuis bien longtemps. Je ne vois qu’une pâle copie de celui que j’ai connu il y a plusieurs années. Mes doigts s’arrêtent sur l’immense cicatrice avant de remonter jusqu’à la barbe naissante sur mes joues. En seulement vingt-quatre heures, j’ai perdu la douceur sur ma peau pour laisser place à une repousse grisâtre que de nombreuses femmes aiment.

Si j’avais mon mot à dire sur la façon d'appréhender cette crise, j’aurais probablement mis Adel dans le secret. Elle au moins a les épaules pour gérer ce genre de situations. Elle n’est pas brisée comme Speedy, Spencer ou moi. Même Sacha n’est pas aussi solide qu’elle. Il a beau dire que la mort de sa femme fait maintenant partie du passé, il est fragile. Je n’ai jamais eu beaucoup de rapports avec lui, mais j’ai appris au côté de son père et rien que pour cela, je tiens à cet homme. J’ai l’impression de devoir le protéger d’une quelconque manière que ce soit. Le fait qu’il soit impliqué ne m’enchante guère, car il idéalise bien de trop la vie. Si sa méfiance envers Spencer m’a étonné, j’ai vite compris que ce n’était qu’à cause de la petite jeune qui a fait son entrée récemment à la station. Sans elle, il n’aurait vu que du feu à la situation.

L’amour… une traîtresse si l’on veut mon avis. J’offre un faible sourire à mon reflet et compose un second numéro sur le petit téléphone. Spencer décroche rapidement et sa voix est la même que ces derniers jours, remplie de stress et d’appréhension. Je suis étonné qu’il n’ait pas encore fait un infarctus avec tout ce qu'il vit depuis quelque temps.

— Tu devais venir tôt, non ?

C’est un reproche à peine voilé que je ne relève pas. Si notre vie professionnelle part à volo, je n’ai pas l’intention de dire adieu à mes habitudes personnelles. Impossible pour lui de le comprendre puisque son existence entière est un champ de mines.