Station 21 - Sous l'aile d'Owen - Emily Chain - E-Book

Station 21 - Sous l'aile d'Owen E-Book

Chain Emily

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Beschreibung

Elle a disparu sans un mot. Mais dans son silence se cache bien plus qu’un simple départ...

Owen pensait avoir vécu une simple parenthèse avec Allie. Pourtant, au matin, elle a disparu sans laisser de trace. Inquiet mais résolu à rester professionnel, il prend sous son aile un groupe de stagiaires venus découvrir la Station 21.

Mais entre les interventions à haut risque, les souvenirs douloureux de son passé et l’inquiétude croissante autour d’Allie, le doyen de la station va devoir affronter ses propres démons. Que cache son silence, et pourquoi ce retour de mémoire si brutal ?

Emily Chain nous plonge dans un épisode fort en émotions, révélations et tensions, porté par un personnage masculin charismatique et vulnérable à la fois.



CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE

"Une fois que vous avez commencé votre lecture vous ne pouvez plus vous en passer..." - Addy84

"Je vous conseille ce petit bijou d'adrénaline, qui offre une histoire pleine d'action." - Marine_bookine

À PROPOS DE L'AUTEURE

Âgée de 22 ans, Emily Chain écrit depuis toujours et dans des styles assez diversifiés : des récits fantastiques aux thrillers en passant bien sûr par la romance. Elle s'intéresse à des personnages auxquels les lecteurs peuvent s'identifier facilement. Elle est l'auteure aussi des sagas L'interne et Aux délices d'Amsterdam.

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Seitenzahl: 103

Veröffentlichungsjahr: 2020

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CHAPITRE 1

Je ne suis pas un grand fan des réveils matinaux, mais pour une fois, la sonnerie qui se répand dans la pièce ne me réveille pas.

Comment peut-on tirer un homme du sommeil alors qu’il ne dort plus ? Cela fait des jours que mon esprit n’arrive plus à se déconnecter. Quand mes paupières se ferment, c’est elle que je vois. Son visage... sa bouche... ses yeux. Parfois, j’entends même sa voix et son rire. Est-ce que je deviens fou ? Probablement, et être ici, dans cet appartement qui n’est pas le mien, n’aide pas.

Je devrais partir, mais je n'y arrive pas.

À mon réveil, le matin de sa disparition, j’ai cru qu’elle allait franchir le seuil avec des croissants et du café. J’ai pensé qu’elle serait prête à m’accueillir avec un sourire coquin et ce regard énigmatique qui me rend fou. J’avais même pensé à ce que je pourrais lui dire si elle prenait peur. C’est vrai, nous devons avoir à peu près vingt-cinq ans d’écart et elle n’a pas l’air d’être très à l’aise avec les relations humaines. Ce matin-là, je n’avais pas eu envie de bousculer les choses, juste de lui parler.

Je me suis réveillé un peu en retard comparé à mes habitudes, mais je ne travaillais pas le matin. Je ne commençais qu’à 13 heures, ce qui me laissait largement le temps d’émerger et d’avoir une conversation avec ma coéquipière.

J’ai vu comment mélanger amour et vie professionnelle a été compliqué à la 21 pour les autres et je n’avais pas envie d’être eux. J’ai plus d’expérience et j’ai cru à cet instant que ça changerait la donne, que l’on pourrait peut-être avoir une relation mature et sans prise de tête. Sauf qu’au lieu de la voir rentrer avec le petit-déjeuner, j’ai attendu.

Au début, cela ne m’a pas paru trop long. J’ai découvert son appartement. Je l’ai trouvé très vide et impersonnel, mais il y avait quelques photos, dont plusieurs avec un homme qui l’enlaçait beaucoup. Mon cœur s’est un peu serré avant de me souvenir que la façade de mon réfrigérateur aurait été bien pire à découvrir pour Allie.

Je n’ai pas voulu juger. J’ai été honnête puisqu’elle n’a jamais posé de questions, mais cela n’empêche que je n’ai pas parlé de la femme qui partage une partie de ma vie. Je ne suis peut-être pas prêt. Il y a tellement de zones d’ombre chez ma collègue que je ne sais pas si me livrer est une bonne idée.

Et je ne pourrais sans doute jamais le savoir puisqu’après presque deux heures d’attente, j’ai senti qu’il se passait quelque chose.

J’ai appelé Spencer qui m’a hurlé dessus. Il m’a rappelé qu’on ne devait plus utiliser nos téléphones portables personnels entre nous. Je n’en avais rien à faire.

— Allie est à la 21 ?

Il a soupiré avant de répondre :

— Non, qu’est-ce que tu veux qu’elle fasse ici. Elle a eu son jour de congé comme Cameron. J’ai reçu la demande à minuit de la part de Cam’, je trouve ça d’ailleurs très limite. Il faudra que je les recadre, car on n’est pas dans une colonie de vacances, on a un service à assurer tout de même !

Mon cœur a palpité.

Elle était avec Cameron.

C’était donc ça.

La première sensation a été du soulagement, la seconde de l’agacement. Elle avait osé me laisser en plan pour une pseudo amie qui ne lui adressait pas la parole avant la semaine passée ?

J’étais remonté. Sans trop réfléchir, j’ai pris mes clés, le trousseau de l’appartement et je suis parti.

Dans un second temps, j'ai conduit à travers la ville pour me planter dans le parking de Cameron.

Quelques jours plus tôt - immeuble de Cameron

Trois voitures dans un immense parking souterrain, dont mon gros 4x4 que j’ai garé entre une BMW et une petite citadine. Rien ne ressemble à la voiture de Cameron, mais je ne suis même pas sûr qu’elle en ait une. Si mes souvenirs sont bons, elle utilise souvent le 4x4 de Sacha.

Je me frotte la barbe et prends une grande inspiration avant de décider de monter par les escaliers.

La porte de la cage grince et je pense qu’il n’y a pas beaucoup de monde à l’utiliser ces derniers temps. Par déduction, selon la façon dont Sacha a parlé de l’appartement, je l’imagine entre le 3ème et le 5ème étage. Comme il n’y a qu’un appartement par étage, la recherche devrait être plus simple. En arrivant sur le palier du troisième, je lis un nom masculin n’ayant rien à voir avec elle. Je décide de tenter ma chance à l’étage supérieur en me souvenant qu’elle a un voisin au-dessus. Le cinquième étant le dernier, il doit s’agir de l’appartement que j’ai en face de moi.

Je frappe à la porte. Mon poing s’abat même lourdement sur la lourde entrée et j’attends. Une conversation se joue de l’autre côté, personne ne prend le temps de m’accorder un instant. Je tends l’oreille pour écouter et la colle contre la serrure sans résultat.

Je me rappelle alors que Sacha m’a parlé d’un ascenseur ouvert qui communique entre les étages mais qui ne s’ouvre qu’avec la bonne clef à chaque appartement. C’est une vieille méthode qui a son charme malgré le fait qu’elle nuit en partie à l’intimité, je trouve.

Je m’approche donc de cette fameuse cage d’ascenseur et tend l’oreille au bord. Comme je l’avais espéré, l’isolation est plus que rudimentaire et je parviens à capter le son de deux voix.

Au départ, mon cœur palpite en reconnaissant deux voix féminines. Puis, je me raisonne. La première est bien celle de Cameron, mais la seconde n’est pas celle d’Allie. Elle est plus sèche et typée, comme celles du sud. Je dirais qu’il s’agit d’une mexicaine ou d’une chilienne. Je ne suis pas très doué pour reconnaître les accents, mais je sens une chaleur étrangère dans sa voix. Ses intonations sont marquées et cela me permet de comprendre plus aisément ses paroles que celles de Cameron.

— C’est terminé. Tu crois qu’on va te laisser aussi aisément tranquille ? Si elle n’a pas rappelé, c’est qu’il y a une raison. Tu devrais déjà faire tes valises.

Je fronce les sourcils, ne comprenant pas le sujet de la conversation.

— Je ne t’ai pas... et puis je...

La voix de Cameron est entrecoupée, comme si elle était au téléphone et passait sous un pont.

Le rire de l’inconnue me fige avant d’entendre des pas venir vers la porte d’entrée. Sauf qu’au lieu de l’ouvrir, j’entends des loquets se refermer. Les choses sont claires, elle ne s’apprête pas à m’ouvrir.

Je recule et hésite. Dois-je recommencer ? Après tout, je n’ai pas entendu la voix d’Allie de l’autre côté et ce n’est qu’une intuition. Elles ont pu prendre deux jours de congés toutes les deux sans que cela ait un lien, ce n’est peut-être qu’une coïncidence. Cameron a simplement communiqué l’information en même temps...

Même si je suis perplexe, je ne cherche pas plus loin et pars.

Je suis déboussolé quand je décide d’aller tout de suite à la 21. Allie s’y trouve probablement.

Je n’ai de toute façon aucun autre endroit à aller voir.

Je monte dans mon 4x4 en remarquant que la rutilante BMW n’est plus là. Ce genre de modèle est plutôt tape à l’œil, je pourrais d’ailleurs un jour me laisser tenter si j’ai l’argent.

Je soupire. Les moyens... On en vient toujours à ça depuis un moment. C’est pour ça que je fais pas mal d’heures supplémentaires que Spencer ne me refuse jamais. Il est dépité de voir à quel point trouver du personnel est compliqué en ce moment. Je lui ai dit de recruter en masse à cause de la défection souvent importante des nouveaux collaborateurs. Mais au lieu de ça, il vire des types comme Speedy.

Je n’ai jamais rien eu contre ce petit jeune. Peut-être un peu extravagant et tatoué pour le milieu, mais la génération change. J’essaie d’évoluer avec.

Je suis déjà le plus vieux de la 21, alors si je me laisse aller à penser comme un vieux, je n’ai pas terminé de recevoir des réflexions des autres ambulanciers que je croise dans les hôpitaux.

Si j’avais été Spencer, j'aurais gardé le petit. Nick n’a pas à donner son avis, surtout qu’il n’est pas toujours très objectif. Pourtant, de ce que j’ai compris, son intervention a été la principale raison de son départ.

Je ne suis pas proche de mon collègue au tempérament héroïque et au regard ténébreux. Il veut prendre la place de Spencer et je n’aime pas ça. Je suis loyal et honnête. Ce n’est pas le cas de Nick. D’ailleurs, en revoyant Liss, je me suis demandé ce qu’elle pouvait bien lui trouver comme qualité. Augustin aussi l’adorait. Tout le monde, en fin de compte. Même Spencer l’a toujours admiré, dans un sens. De mon côté, je n’ai pas cherché à savoir ce qui se cache derrière ce monsieur perfection. À vrai dire, je m’en fiche. J’ai déjà pu voir des échantillons qui ne me plaisaient pas. La façon dont il s’est comporté dernièrement avec Adel m’écœure.

C’est sur cette pensée que je me gare devant la station. Je suis exténué et je rêve de me réveiller de ce cauchemar. Quand j’arrive dans l'entrepôt, personne. Une ambulance de garée et aucun signe d’activité. Je me racle la gorge, tend l’oreille, rien...

Puis le son d’une conversation. Je lève la tête et regarde la lumière sortir du bureau de mon patron. Je n’ai qu’à monter les escaliers en métal. Mes immenses jambes me permettent de monter les marches par trois.

Si je fais un mètre quatre-vingt-seize, ce n’est pas pour perdre du temps à faire des petits pas. Une fois sur le seuil, j’hésite. Allie doit probablement parler avec Spencer de problèmes personnels et n’a pas envie de me voir débarquer sans prévenir.

Je me racle la gorge et frappe, chose que je ne fais jamais d’habitude, puisque je ne monte ici que lorsque je suis appelé par Spencer. J’attends un instant avant que ce dernier m’ouvre, étonné de me voir là.

— Il y a un souci ?

Je le fixe et essaie de voir derrière lui.

— C’est que...

Je me sens idiot de lui dire que je suis là parce que je n’ai aucune nouvelle depuis quelques heures de ma binôme, avec qui je viens d’avoir une relation intime et qui a simplement dû se sentir mal et fuir loin de moi. N’ayant aucune autre alternative que l’esquive, je réponds :

— Je voulais savoir si je pouvais faire quelques heures en VSL ?

— Sans problème !

— Génial, ça me... tu...

J’ai bégayé. Une partie de mon esprit a voulu lui poser la question et il l’a bien remarqué.

— Oui ?

Spencer tient toujours la porte comme s’il ne fallait pas que je voie ce qu’il y a à l’intérieur. Allie est-elle là, à lui demander de changer de binôme ? Notre nuit a-t-elle eu un si terrible impact sur elle ? Je me sens tout d’un coup très sale.

J’ai même la nausée qui monte et ma peau perd de sa couleur.

— Tu vas bien ?

À vrai dire, non. Je n’ai pas été avec une femme comme elle, dans un lit, dans l’intimité et dans l’échange depuis des années. Je me l'interdisais. J’avais d’autres choses à faire et à penser. Des soucis à régler et peut-être même un cœur à réparer. Sauf qu’avec elle, je n’ai pas pensé à mettre des barrières, à me protéger ou à anticiper. C’est arrivé sans que je m’y attende. Nous avions une belle connexion, mais de nombreuses fois nous avons été en désaccord. Je suis de la vieille école et même si j’essaie de m’améliorer et d’évoluer, certaines choses ne peuvent pas se changer. Je reste tout de même un homme de ma génération et j’ai certains réflexes qui agacent foncièrement ma collègue. J’ai eu envie plusieurs fois de lui démontrer qu’elle avait tort, mais Allie a un sacré tempérament. À vrai dire, elle m’épate d’avoir une telle force quand on sait à quel point sa famille n’a pas été tendre. Bien que je n’aie eu que des bribes d'histoires, j'ai vite compris qu’elle n’avait pas été élevée dans la fierté et l’assurance. Elle a grandi et évolué au fil des obstacles. J’aime ce genre de femmes. C’est peut-être pour ça que j’ai craqué, malgré la forme professionnelle de notre relation ou notre écart d’âges pourtant important. En temps normal, j’aurais fui. Mais pas avec elle.

Elle m’a pris les tripes et m’a retourné le corps entier. Ça faisait si longtemps que je n’avais pas vécu ça...

— Owen ?

Les yeux de Spencer se sont posés sur moi quand j’ai réussi à articuler.

— Allie est là ?