Station Sous-Paradis - Jean-Luc Luciani - E-Book

Station Sous-Paradis E-Book

Jean-Luc Luciani

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Beschreibung

Une histoire sous le signe de l'écologie et de l'environnementAprès avoir racheté une station-service moribonde, Gorki y végète en prenant le temps de vivre, sous le regard critique de Gus, un enseignant en dépression.Mais bientôt, de nouveaux venus vont perturber la tranquillité de la petite commune… Leur présence dans ce coin sans histoire serait-elle liée à la construction de ce terrain de golf que le maire de la ville tient absolument à installer… en dépit de tout bon sens écologique ?Un roman coup de poing en hommage à Rémi Fraisse, à lire absolument !EXTRAITLa clarté du jour nouveau s’étire par les persiennes entrebâillées. Des milliers de grains de poussière en suspension tourbillonnent dans le rayon de soleil que Gorki suit du regard. La lumière traverse la chambre et vient mourir sur le cadre en bois, éclairant sa photo préférée. Celle où il pose sur le pont d’un voilier en compagnie de Viviane. Bronzés et jeunes tous les deux. Un été en Grèce, le temps du bonheur.Sur la même étagère, se trouve un autre cadre, encore plongé dans l’obscurité. Une autre photo également, toujours Viviane et lui, mais cette fois-ci l’image est floue.Gorki l’aime ainsi.CE QU'EN PENSE LA CRITIQUECe roman évoque de nombreux thèmes comme les commerces dans les milieux ruraux, la solidarité, l'environnement, l'écologie et la lutte. [...] Station Sous-Paradis est une histoire forte et une collection qui mérite d'être découverte. - Blog Chardonette lit...Une lecture qui invite à la réflexion, qui s'implique sans pour autant imposer de point de vue. Un roman qui surprend, une bonne découverte. - Blog Parfums de livresÀ PROPOS DE L'AUTEURNé en 1960 à Marseille, Jean-Luc Luciani a exercé de nombreux petits boulots, a fondé une maison d’édition utopique et provisoire, animé des émissions cultes sur les premières radios libres, bourlingué dans pas mal de pays, avant de devenir enseignant de 1985 à 2007. Depuis, il vit de sa plume, avec une quarantaine d’œuvres à son compteur. Station Sous-Paradis est sa première publication au Muscadier.À PROPOS DE LA COLLECTIONLa collection Rester vivant est constituée de nouvelles et de romans qui parlent du monde d’aujourd’hui, en abordant sans détour les questions écologiques, sociales et éthiques qui émergent au sein de la société dans laquelle nous évoluons. Elle s’adresse en priorité aux pré-ados, aux ados… et plus généralement à tous les lecteurs qui résistent encore à l’asservissement des esprits, quel que soit leur âge. Ces livres ont pour ambition, en plus d’attiser l’imaginaire du lecteur, d’éveiller son sens critique et de poser un regard incisif sur nos comportements individuels et collectifs.

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Seitenzahl: 70

Veröffentlichungsjahr: 2017

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STATION SOUS-PARADIS

Jean-Luc Luciani

Dans la même collection

■ Faits d’hiver (Cathy Ribeiro)

■ Jours de neige (Claire Mazard)

■ Jours de soleil (Claire Mazard)

■ La peau noire des anges (Yves-Marie Clément)

■ Le 9e continent (Dominique Corazza)

■ Les mains dans la terre (Cathy Ytak)

■ Orient extrême (Mireille Disdero)

■ Phobie (Fanny Vandermeersch)

■ Pripiat Paradise (Arnaud Tiercelin)

■ Sur le dos de la main gauche (Anahita Ettehadi)

■ Traits d’union (Cécile Chartre)

■ Trouver les mots (Gilles Abier)

■ Virée nomade (Alain Bellet)

© Le muscadier, 2016 48 rue Sarrette – 75685 Paris cedex [email protected]

Directeur de collection : Christophe LéonCouverture & maquette : EspelettePhotographie de couverture : © Jean-Luc LucianiConversion numérique : Mariane Borie

ISBN : 979-10-90685-84-0 ISSN : 2493-6170

Table des matières

Dédicace

Chapitre 1

Chapitre 2

Chapitre 3

Chapitre 4

Chapitre 5

Chapitre 6

Chapitre 7

Chapitre 8

Chapitre 9

Chapitre 10

Chapitre 11

Chapitre 12

Chapitre 13

Chapitre 14

Chapitre 15

Chapitre 16

La collection

L’auteur

« La lutte pour la liberté ne consistait pas seulement à faire des discours, à tenir des meetings, à faire passer des résolutions et à envoyer des délégations : il fallait aussi une organisation méticuleuse, des actions militantes de masse, et par-dessus tout, la volonté de souffrir et de se sacrifier.

Nelson Mandela, Un long chemin vers la liberté

En souvenir de Rémi Fraisse,

dont la mort est encore très présente dans la mémoire de tous.

Début juillet, un samedi après-midi.

L’heure des lézards.

La sonnette d’entrée retentit depuis une bonne minute déjà, mais ni Max ni Eddy ne trouvent le courage nécessaire pour s’extirper de la banquette. Une autre minute passe encore avant que Corinne ne se décide à quitter la salle de bain en petite tenue.

— Bon sang les garçons, leur lance-t-elle en traversant le salon, vous pourriez faire un effort!

Aucun des deux ne prend la peine de lui répondre, mais Eddy pense que si c’est bien le plombier espéré, le pauvre gars risque de faire une crise de tachycardie tant leur mère est peu couverte.

Malheureusement pour Corinne, la perspective d’une douche s’éloigne un peu plus, ce n’est que Miranda.

— Ah! c’est toi, dit-elle sur un ton qui cache mal sa déception.

Faut dire, à sa décharge, qu’elle attend un réparateur depuis le matin, et ça commence à sérieusement l’énerver de ne pas pouvoir se laver alors même qu’elle s’apprête à sortir.

— Entre, ils sont dans le salon.

L’instant d’après, Miranda déboule dans la pièce et s’installe dans le fauteuil en cuir croûté.

— Alors les gars, c’est quoi votre plan? leur demande-t-elle comme si c’était si difficile à comprendre qu’ils n’en ont aucun.

Trois longues heures déjà qu’ils sont avachis devant la télé, à mater des émissions débiles sans parvenir à s’y intéresser plus de dix secondes d’affilée.

— Tu vois bien, marmonne Eddy sans conviction, on zappe…

Pour conforter son propos, il appuie négligemment sur la télécommande et un programme de téléréalité remplace le téléachat. Des gars et des filles sont enfermés dans une villa à Malibu et passent leur temps à s’injurier et à se taper dessus.

— Vous n’avez pas l’impression de gâcher votre journée? s’inquiète Miranda, bien décidée à ne pas lâcher l’affaire.

Max est tenté un court instant de lui expliquer qu’ils sont en vacances et qu’aucune loi ne les oblige à rentabiliser leur temps libre, que c’est ça aussi la démocratie, que chacun a le choix, y compris celui de ne rien foutre, mais cela lui demanderait beaucoup trop d’énergie et, pour finir, il renonce.

Puis Eddy zappe à nouveau, sur un tournoi de catch cette fois, alors Miranda pète un câble.

— Mais comment vous pouvez regarder toute cette merde? Vous n’avez pas honte?

Les garçons ne se sentent pas vraiment honteux, ni même concernés d’ailleurs. Ce ne sont que deux loques affalées devant un écran plasma 148 pouces, 3D intégrée et sortie-son branchée sur des enceintes acoustiques, qui développent une puissance de 4 × 80 watts.

Miranda n’est pas du genre à renoncer.

— Allez les mecs, y fait super beau dehors! On part pour une balade en forêt?

Max jette un œil vers la fenêtre. Le soleil brille en effet, un bon point pour elle.

Eddy zappe encore. Il tombe sur une rencontre de curling, la pétanque des pays froids.

— On peut aussi aller traîner du côté du skate-parc, insiste Miranda. Vous en pensez quoi?

Max et Eddy n’en pensent rien, mais se regardent d’un air entendu. Ils le savent bien qu’elle finira par les avoir à l’usure. Autant abréger leur calvaire.

— C’est bon, t’as gagné! déclare Eddy en éteignant la télé, tandis que Max se redresse lentement et s’étire.

Les jumeaux récupèrent leurs planches de skate et Max hurle « on file! » à l’intention de leur mère.

Une réponse incompréhensible leur revient de la salle de bain.

Ils quittent la baraque.

— Elle va faire comment pour la douche? demande Miranda.

Eddy esquisse un sourire.

— T’inquiète, c’est une guerrière!

Leur père est parti alors qu’ils n’avaient pas quatre ans, depuis leur mère s’est toujours débrouillée seule.

Plus qu’une guerrière.

Une fière guerrière.

Les trois amis filent tranquilles vers le skate-parc. L’air est moite. Miranda remonte ses cheveux en chignon, dégageant sa nuque suintante. Ils longent le cimetière municipal lorsque, soudain, son visage s’éclaire.

— Changement de programme! s’exclame-t-elle.

Le temps de vérifier que personne ne peut la voir, et la voilà qui escalade le mur d’enceinte du cimetière.

— Suivez-moi, on va jouer à la mort!

Du Miranda tout craché. Imprévisible et virevoltante comme la bourrasque. Ses parents sont des militants écologistes professionnels. Toujours à courir la planète pour sauver une espèce protégée ou faire barrage à un convoi de déchets nucléaires. Miranda a grandi sans eux. De là sans doute lui vient cette faculté de n’en faire qu’à sa tête.

La plupart du temps, elle se laisse guider par son instinct avec un mépris quasi systématique pour les lois en vigueur.

C’est, entre autres, pour cette raison que les jumeaux l’adorent. Pas assez malgré tout pour la suivre les yeux fermés.

Eddy fronce les sourcils.

— Ça consiste en quoi ton jeu?

Perchée sur le mur, Miranda leur balance un sourire moqueur.

— Chacun de nous va se choisir une tombe…

Vus d’en haut, ils ressemblent à deux poissons rouges identiques. Leurs bouches grandes ouvertes laissent entendre qu’ils ne captent rien au projet de leur amie.

— Et c’est tout? s’étonne Max.

Miranda opine.

— Presque. Après, on s’allonge sur la tombe et on s’imagine à l’intérieur.

Un long silence. Les deux frères sont en train de se noyer dans un verre d’eau.

— Comme si on était mort quoi! précise Miranda.

Dire qu’ils sont emballés par l’idée serait sans doute excessif. Eddy tente une dernière pirouette pour éviter une incursion dans un lieu qui lui file la chair de poule.

— Ça n’a pas l’air d’un jeu où l’on bouge beaucoup.

Miranda secoue la tête d’un air navré.

— On peut aussi y aller de nuit si vous préférez, leur propose-t-elle.

Les garçons se consultent du regard.

— Le jour nous convient très bien, répond Max.

— Alors suivez-moi! leur ordonne Miranda en sautant de l’autre côté du mur.

Cinq minutes plus tard, ils sont allongés sur des tombes voisines.

— J’ai froid, balbutie Eddy.

— C’est la mort qui te gagne, ricane Miranda.

Max préfère quand même rassurer son frère.

— T’inquiète, c’est juste le marbre qui est glacé.

Les jumeaux font silence et s’imaginent, comme Miranda l’a suggéré, au fond du trou.

Une perspective peu réjouissante. Ils se doutent bien qu’une sorte de message subliminal est supposé leur être délivré à travers cette mise en scène macabre. Malgré tous leurs efforts, ils ne voient toujours pas où Miranda veut en venir.

— Vous ne trouvez pas qu’on mène des vies lentes? leur demande-t-elle soudain.

Elle fixe le ciel d’un air absent et marmonne :

— Des vies lentes, tristes et froides…

Max et Eddy approuvent d’un hochement de tête.

— Si on reste là durant nos vacances, poursuit Miranda, on va mourir d’ennui.

Max sourit.

— C’est sûr qu’il y a mieux comme endroit pour faire la fête.

Eddy en remet une couche.

— Tu t’imagines toi, passer tout l’été dans un cimetière…

Ils se bidonnent comme deux vieux cachalots complices.

— Assez plaisanté