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La Réunion. Un hôpital psychiatrique. Une infirmière fraîchement diplômée. Mélangez le tout: vous aurez un résultat des plus farfelus.
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Seitenzahl: 153
Veröffentlichungsjahr: 2015
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Dédicaces
Préface
Chapitre I
Chapitre II
Chapitre III
Chapitre IV
Chapitre V
Chapitre VI
Chapitre VII
Chapitre VIII
Chapitre IX
Chapitre X
Chapitre XI
Epilogue
Annexes
Bibliographie
Du même auteur
Remerciements
A toutes les Lila.
A mes proches…
… dont celle qui m’a rédigé ces jolis mots sur la page de garde du carnet où fut couché ce récit :
« A ma sœur adorée, parce qu’une écrivaine partant vivre sa plus grande aventure ne saurait s’en aller sans un beau carnet pour l’immortaliser. Bon voyage. Titi »
« Toute ressemblance avec une personne existant ou ayant existé serait purement fortuite, ce roman étant une pure fiction. »
« J’ai ouvert la fenêtre et mon cœur. Le soleil a inondé la chambre et l’amour a inondé mon âme. »
J'arrivais devant l'institution les mains tremblantes, moites de sueur. La foule de mes camarades se massait devant la porte principale. Une étrange agitation régnait dans l'atmosphère. Un mélange de joies et de peurs entremêlées. Je retrouvais mes amies qui, toutes, se trouvaient dans le même état que moi. Pas le temps d'échanger sur nos vacances respectives : la secrétaire se tenait droite devant nous, les précieux feuillets serrés dans sa main gauche. Elle les afficha comme elle le put, bousculée par de nombreux étudiants forts impatients.
Et enfin le moment tant attendu arriva. Je me jetais moi-aussi à corps perdu dans la masse de mes collègues. Et c'est alors que je vis mon nom... J'étais diplômée!
Après ces trois ans et demi de galère, de larmes et de sourires... Après ces trois semaines d'un intense stress... J'étais maintenant "infirmière diplômée d'état"! Quel bonheur! Ma vie professionnelle allait pouvoir débuter.
« Le véritable amour est celui qui résiste à l‘éloignement. »
Après onze heures de vol et seulement deux heures de sommeil à la clef, j’atterrissais sur le tarmac de l’aéroport Roland Garros de SAINT-DENIS. Enfin j’allais pouvoir réaliser mon rêve, ce rêve. Vivre sur une île au grand sud de la métropole et découvrir ce qu’elle contenait comme richesses : sa culture, ses habitants… J’avais hâte de pouvoir débuter mes explorations à la Réunion, anciennement nommée « île Bourbon ».
Ce vieux rêve datait de l’époque où, petite fille, mon grand-père me narrait ses voyages dans des lieux pour moi totalement mystérieux… Il évoquait souvent l’île où il avait fait la connaissance de ma grand-mère. Un heureux hasard puisque les personnes peu fortunées comme elle l’était alors ne séjournaient pas aussi loin. Tous les deux y avaient résidé durant deux ans environ avant de rentrer en Bretagne, leur fief natal. Ils avaient donné le jour à de beaux enfants dont ma mère, qui m’avait à son tour transmis le gène des voyages.
Enfant, nous partions, ma famille et moi, explorer différents coins de la France et même de l’Europe. C’est ainsi que je pus me rendre en Espagne, au Portugal, en Croatie, en Dordogne, en Alsace, en Corse… et j’en passe car la liste est longue ! Ces envies de voyage se développèrent au fur et à mesure de nos divers séjours et des récits des péripéties rocambolesques de mes aïeux.
Ainsi, très jeune, je décidais de partir dès que j’aurai fini mes études. Le diplôme d’Etat obtenu, je me mis à donner le peu d’affaires en ma possession et à fouiller sur le Net à la recherche d’une destination où me rendre. La Réunion s’imposa de suite. Néanmoins le billet restait assez cher malgré mes recherches sur les différents sites de comparateurs de prix des vols. Mes petites économies ne suffisaient pas à payer le billet d’avion… Je désespérais.
Cependant, à ma plus grande joie et à ma plus vive surprise, je reçus pour mon anniversaire le plus splendide des présents. Je suppose que vous devinez lequel : un aller simple pour l’île aux Trésors ! L’ensemble de mes proches s’était cotisé pour m’offrir ce cadeau. Je les remerciais du fond de mon cœur. Il n’existait pas de mots assez forts pour leur exprimer ma gratitude…
Et voilà que quelques semaines plus tard je me retrouvais à destination, patientant dans l’attente de mes trente-cinq kilogrammes de bagages qui ne semblaient pas vouloir pointer le bout de leur nez. Mon énorme sac Astérix et ma valise rose bonbon, je ne pouvais pourtant pas les manquer ! Je commençais à trépigner lorsque je les vis sur le tapis roulant. C’est avec un large sourire aux lèvres que je m’en saisis et passais les douanes sans problème en direction de l’inconnu…
Ma location provisoire m’attendait en plein centre-ville de SAINT-DENIS. Je pris navette et bus afin de m’y rendre. Le propriétaire m’y attendait, clefs en main. Le logement semblait telle une chambre d’étudiants mais je m’en contenterai le temps de trouver une colocation. Où ? Je n’en avais aucune idée. Quand ? Le plus tôt possible. Je souhaitais rencontrer de nouvelles personnes et me créer un réseau de gens sur lesquels je pourrai éventuellement compter en cas de pépin. Comment ? Vive Internet et les différents sites proposés…
Mais il n’y avait pas que le logement qu’il me fallait dénicher… Je devais aussi trouver un nouveau téléphone portable, une voiture pas trop chère et… un emploi.
La question du GSM fut vite réglée. Celle de la voiture aussi. Peut-être un peu trop rapidement d’ailleurs. J’avais acheté mon automobile un jour de soleil et, mis à part une portière bloquée et une vitre qui ne s’ouvrait pas, je la trouvais adaptée à mes besoins et à mon budget. Le seul souci c’est que je me rendis compte qu’elle ne démarrait pas par temps de pluie. Je la baptisais donc Yoyo, en référence à ses caprices mécaniques…
En ce qui concernait la colocation, j’en visitais plusieurs qui ne me convinrent pas : trop bruyantes, trop sales, trop petites… Oui, je suis quelqu’un qui a un bon caractère mais aussi une certaine exigence. Lorsque je vis l’annonce qui proposait une colocation à Salazie, j’hésitais un instant : trop loin de tout, trop haut dans les montagnes… Bon gré malgré, je décidais d’aller y faire un tour.
L’appartement était en fait une jolie case créole qu’occupaient deux filles et deux garçons. L’une des filles s’en retournait auprès de sa famille en métropole, les trois autres compères cherchaient par conséquent une nouvelle habitante afin de la remplacer. Et cela n’était pas chose aisée de dénicher quelqu’un qui acceptait de vivre dans l’est de l’île, qui plus est dans un cirque.
La maison était très agréable, propre, assez large pour que l’on ne se marche pas sur les pieds et avec un jardin à faire pâlir d’envie n’importe quel pépiniériste ! Quant aux colocataires à proprement parler – Anne, Lucien, Jérémie et Priscilla (qui partait) – ils avaient l’air drôlement chouette. Calmes et fêtards à la fois… Si, si, cela existe. Le loyer était raisonnable et j’avais à présent Yoyo pour mes déplacements. Je dus convenir moi-aussi aux quatre amis car ils me dirent que je pouvais aménager dès que je le souhaitais. Je dormirai dans le canapé en attendant le départ de Priscilla. L’accord fut donc rapidement conclut.
Puis vint la recherche d’emploi. Pas le plus simple sur une île rongée par le chômage. Je rédigeais moult curriculum vitae et lettres de motivation mais n’obtenais que peu de réponses, et la plupart du temps négatives. Je reçus tout de même un appel de Mme YAMILE, directrice dans une crèche du Centre Commercial d’Action Social de SAINT-LOUIS… Elle me proposa de me recevoir pour un poste qui débuterait à la fin du mois d’octobre. Nous étions à la mi-août ! J’acceptais le rendez-vous qu’elle me posa en septembre tout en désirant ardemment être contactée avant par de potentiels employeurs…
Une semaine plus tard je recevais un nouvel appel, d’une certaine Mme DE LA COLLENTIERE, cadre de santé dans un hôpital de santé mentale. Elle avait reçu mon courrier et souhaitait savoir si j’étais toujours disponible. Je lui répondis par la positive et rendez-vous fut pris pour le mardi matin suivant. Rien n’était encore sûr mais j’exultais déjà de joie. La psychiatrie, c’était vraiment mon dada ! Je n’étais pas faite pour les soins généraux, à la longue les soins techniques me barbaient. Tandis que les entretiens infirmiers, les sorties thérapeutiques, les aides dans les différents gestes et démarches de la vie quotidienne… J’adorais !
Je patientais difficilement jusqu’au mardi, tout en attendant vainement d’autres réponses.
Arriva enfin le jour fatidique. Flageolante, je m’asseyais sur l’un des sièges de la salle d’attente. Un patient s’approcha de moi et se mit à me faire la causette. Il se nommait Elihadi et souffrait d’une dépression ainsi que de troubles obsessionnels compulsifs dus à un manque de soins et surtout d’affection durant son enfance. Elihadi RANDRIANOMALO devait sortir de l’unité d’ici ce soir. Si jamais j’étais embauchée, je ne pourrai donc pas le compter parmi mes patients. « Mes patients » ! Je m’y voyais déjà ma parole !
Mme DE LA COLLENTIERE vint me chercher en personne et je saluais de la main M. RANDRIANOMALO, lui souhaitant un prompt rétablissement.
Mme DE LA COLLENTIERE esquissa un sourire tout en me disant « qu’il était de bonne augure que j’ai déjà pu échanger avec les patients ». Elle me pria ensuite de m’asseoir et l’entretien à proprement parler débuta. La cadre de santé veillait au moindre détail, toutefois je pensais lui répondre correctement puisqu’elle acheva notre rendez-vous en me précisant que « le seul désagrément de mon curriculum vitae était mon manque d’expérience mais que cela pourrait se compenser par un apprentissage en doublure », c’est-à-dire que je passerai quelques jours en compagnie d’un collègue infirmier qui me montrerait le fonctionnement du service. Je n’en cruspas mes oreilles… Cela signifiait-il que j’étais prise ?
En effet. Je signais mon contrat à durée déterminée le jour-même, emplie de joie.
Lorsque je rentrais à ma case – par chance il ne pleuvait pas ce jour-là – j’annonçais sans tarder la nouvelle à mes colocataires. Anne et Priscilla sautèrent de leurs fauteuils, Lucien et Jérémie me prirent dans leurs bras. Puis nous options pour sabrer le champagne… Pour ce contrat mais aussi pour le retour de Priscilla parmi les siens. La jeune femme avait hâte de les retrouver après quatre ans d’éloignement… Or elle partait le soir-même.
C’est ainsi que je retournais à l’aéroport Roland Garros pour faire mes adieux à Priscilla, lui souhaitant un excellent retour chez elle. Mais cette fois-ci je n’étais plus aussi perdue : j’avais bagages, téléphone, automobile, logement et… travail !
Voilà, ma petite sœur s’est envolée vers de lointains horizons ! Elle va me manquer, ma Lila adorée. Nous sommes tellement complices, nous nous racontons nos moindres faits et gestes… Néanmoins je comprends son choix. Ce voyage, c’était son rêve depuis si longtemps !
Je crois que mes parents et mes grands-parents le vivent de la même façon que moi. Seules mes deux autres sœurs – Mimoz et Violette, mes parents ont eu de chics idées pour nos prénoms ! – appréhendent ce départ plus difficilement. Il est vrai que dans la fratrie nous sommes extrêmement soudés.
Heureusement nous savons également nous réjouir du bonheur les uns des autres. Je rassure donc mes sœurettes. Lila est loin mais elle est bien. Elle a déjà un certain réseau social – par le biais de ses colocataires –, un bolide et un poste ! Elle s’est vraiment bien débrouillée la p’tite. C’est ça que je kiffe chez elle : elle est à la fois si réservée et si pleine de caractère ! Malgré sa timidité, elle ne recule devant aucun obstacle.
Ma puce à l’esprit bouillonnant d’idées et de doux rêves… Ma petite sœur qui a bien grandi.
Mon grand-père me sort de mes pensées en me tripotant l’épaule. Il éclate de rire et me dit de ne pas m’en faire, que Lila va sans doute revenir avec un beau créole... Tout comme lui était rentré avec sa bien-aimée. Je ne m’en fais pas pour ma sœur.
Nous passons ensuite à table, tous ensemble. Mimoz essuie une larme et Violette se mouche bruyamment. Je trouve qu’elles exagèrent. Ce n’est pas la fin du monde tout de même ! Que pourrait-il arriver à Lila là-bas ?!
Pendant le déjeuner les discussions fusent, toujours à propos de ma sœur, de son tout nouveau diplôme et de l’île sur laquelle elle a choisi de s’exiler.
Mes grands-parents nous narrent « la vie lontan », comme ils disent. Leur existence à la Réunion pendant deux années. Ils pensent que, depuis tout ce temps, l’île s’est beaucoup modifiée. Qu’elle s’est modernisée, industrialisée, occidentalisée. Papi a encore des contacts avec un homme de son âge qui vit là-bas, à SAINT-GILLES-LES-BAINS, et qui lui a confirmé ces changements. SAINT-GILLES est maintenant nommée « zoreille land » du fait de la venue de nombreux métropolitains (surnommés les « zorey ») dans cette cité de l’ouest où bars et boîtes de nuit ont poussé comme des champignons.
L’est serait demeuré plus « authentique ». Et c’est là que Lila a choisi de résider. Elle va pouvoir vivre au sein d’une nature luxuriante… et sous un climat plus que pluvieux.
Le repas se poursuit. Une raclette en plein mois d’août ! Elle est timbrée ma reum... Quoique c’est un véritable régal. J‘arrose mes pommes-deterre de fromage fondu et me sers copieusement en charcuteries lorsque la sonnerie de notre logiciel Skype retentit.
C’est Lila, évidemment. Et tout le monde se précipite pour aller la voir et lui parler, évidemment. Et c’est une véritable cacophonie où personne ne s’entend, évidemment.
Ma sœur affiche une mine déjà bronzée. Elle resplendit, le bonheur émanant de tous les pores de sa peau. Son sourire monte jusqu’à ses oreilles. Elle nous raconte son adaptation à l’île, ses occupations et son nouveau travail qui débutera bientôt. Mimoz et Violette ont retrouvé un faciès réjouit. Voir que Lila se porte au mieux leur fait un bien fou.
Mais la connexion est mauvaise. L’image ne s’affiche plus et le son ne tarde pas à couper lui-aussi. Sans doute parce qu’elle vit dans les hauts de l’île. Lila m’envoie un texto pour me dire qu’elle nous téléphonera d’ici une heure ou deux, depuis un endroit où elle captera mieux.
Nous retournons donc à notre repas, égayés par cette « visite » impromptue.
« Aujourd’hui je dois comprendre la douleur.
Elle est dans notre quotidien, dans la souffrance cachée, dans le renoncement à l’amour. »
Dans le département français le plus au sud de tous, quelque temps après l’obtention du précieux sésame représenté par mon diplôme d’Etat, je débutais la semaine par ma première journée de travail. J’avais réellement été surprise par l’entretien d’embauche. Jamais je n’aurai pu imaginer qu’il se déroule de la sorte. J’avais conscience du manque de personnel relatif au secteur de la psychiatrie mais j’étais à mille lieues de penser que je serai employée si rapidement !... Surtout que je ne parlais pas le créole et peinais même à le comprendre.
Mais ce matin la joie n’est plus au rendez-vous. J’appréhende énormément ce premier jour. Je ne suis plus considérée comme une étudiante et, par conséquent, ai de fait encore moins le droit à l’erreur ! Il va falloir que je m’adapte vite au fonctionnement du service, d’autant plus qu’il n’y a qu’un seul infirmier par jour.
Le réveil lance pour la troisième fois sa stridente sonnerie. Je le jette aux pieds de mon lit et me lève, les cheveux dans les yeux et les yeux encore clos. Transpirante sous l’effet de la chaleur ambiante, je me coule sous une agréable douche. Puis je bois mon café brûlant et me mets en route.
Je suis accueillie par un aide-soignant de nuit. Il éclate de rire en me voyant arriver à une heure si matinale. Mon service ne débute qu’à six heures trente… autrement dit dans deux heures ! Jean-Louis me présente donc les locaux ainsi que les quelques patients déjà debout. Il m’explique l’organisation de l’équipe et me donne force documents. L’homme me rassure et je le remercie de nombreuses fois pour le temps qu’il m’accorde.
Puis, peu à peu, le personnel de jour fait son arrivée. Nous nous présentons et je suis enchantée par leur gentillesse. Je savais que les équipes des secteurs de psychiatrie étaient souvent accueillantes mais, comme tout un chacun devant l’inconnu, j’avais peur de les rencontrer, peur de ne pas être sur « la même longueur d’ondes » qu’eux, si je puis m’exprimer ainsi.
Après le temps des transmissions orales arrive pour moi celui de la préparation des traitements. Ayant déjà effectué plusieurs stages en santé mentale, je ne suis pas étonnée devant l’ampleur des médicaments prescrits par les psychiatres. Seuls quelques noms génériques me posent soucis. Heureusement que mon collègue de nuit a laissé bien en évidence le fameux Vidal, bible des soignants.
Les patients arrivent chacun à leur tour, venant chercher leur « potion magique », comme certains aiment à appeler les comprimés de toutes les couleurs qui s’étalent sur ma paillasse. Les gens m’observent à la volée, nouvelle tête – et zoreille qui plus est ! – dans ces lieux qu’ils connaissent sur le bout des doigts. Certains sont là depuis plusieurs mois, presqu’un an pour l’un d’entre eux. J’exerce certes dans un pavillon d’entrants mais il arrive que des personnes ne puissent rentrer chez elles du fait de la gravité de leur pathologie, tout en étant « intransférables » par manque de place dans les autres unités.
Paul, un homme immense à la carrure impressionnante, fait son entrée. Il a été diagnostiqué autiste par le médecin. Paul n’a de cesse de hocher la tête de haut en bas, détournant son regard du mien. Je me présente, comme je l’ai fait pour tous les patients précédents, mais lui ne prononce mot. Je lui tends alors ses traitements et il me remercie à voix basse tout en s’empressant de sortir de la pharmacie.
