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Entrez dans le Cercle...à vos risques et périls....
Connaissez-vous le Attractive Circle, où tous vos fantasmes deviennent réalité ?
Rejoindre cette agence très sélecte, très chère et très mystérieuse, c’est l’assurance de faire des rencontres…particulièrement uniques et inoubliables...
Voilà en tout cas ce qu’espère Anna, qui rêve d’en devenir membre pour pouvoir enfin rencontrer un homme, un vrai, et si au passage elle s’amuse avec ses aventures d’un soir…
Si elle ne lésine devant aucun argument dans sa lettre de candidature, elle va bien vite être remis à sa place…
Car son « chargée d’admission », un très bel homme de 5 ans son aîné, ne se laisse guère impressionner par sa beauté, ni par ses prétendues prouesses sexuelles.
Elle faire l’objet d’un terrible chantage pour obtenir ce qu’elle veut…mais si tout cela n’était pas une sorte de bizutage pour tester sa motivation ?
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Veröffentlichungsjahr: 2021
Rose Dubois
Tu Te Soumettras
L'INTEGRALE
Rose Dubois
Tu Te Soumettras
Vol. 1
Connaissez-vous le Attractive Circle, où tous vos fantasmes deviennent réalité ? Rejoindre cette agence très sélecte, très chère et très mystérieuse, c’est l’assurance de faire des rencontres…particulièrement uniques et inoubliables. Voilà en tout cas ce qu’espère Anna, qui rêve d’en devenir membre pour pouvoir enfin rencontrer un homme, un vrai, et si au passage elle s’amuse avec ses aventures d’un soir…
Si elle ne lésine devant aucun argument dans sa lettre de candidature, elle va bien vite être remis à sa place… Car son « chargée d’admission », un très bel homme de 5 ans son aîné, ne se laisse guère impressionner par sa beauté, ni par ses prétendues prouesses sexuelles. Elle faire l’objet d’un terrible chantage pour obtenir ce qu’elle veut…mais si tout cela n’était pas une sorte de bizutage pour tester sa motivation ?
La fin d’année scolaire était l’occasion de toutes sortes de réjouissances, notamment pour les élèves de droit, qui s’étaient particulièrement échinés durant ces derniers mois.
Une fois de plus, ce cher Elias Minski venait supplier Anna de lui servir de cavalière pour un tel bal. Mais la jeune fille n’était pas intéressée ; c’était bien ce qui lui valait ce soudain isolement, à présent que ses camarades d’études se dispersaient, quittaient les cités dortoirs de l’Université, et rejoignaient chacun leur carrière et leur destin ; certains à Paris, beaucoup en province, auprès des leurs.
Elle était trop sérieuse pour mettre les pieds dans un bar, même accompagnée d’un brave garçon comme Elias ; et elle était coupée de sa famille, restée en Martinique. Elle n’avait que ses professeurs, ses cours, et maintenant… la perspective des futurs collègues qui formeraient sa nouvelle famille. Et ça lui convenait très bien.
D’ailleurs, avec les notes et mentions brillantes qu’elle avait obtenues, elle ne doutait pas de trouver une place dans l’un des meilleurs cabinets de droit de la capitale.
Il en était de même pour ses fréquentations masculines. Elle préférait rester seule que mal accompagnée ; mais elle avait confiance en son potentiel. Un jour, elle tomberait sur l’homme idéal, celui qu’elle méritait. Et il reconnaîtrait ses mérites au premier regard. Alors, elle ne serait plus jamais seule, et elle se réjouirait d’avoir attendu aussi longtemps.
Elias lui disait souvent, avec une admiration béate qui la faisait lever les yeux au ciel : tu es la femme la plus ambitieuse de ma connaissance.
Il admirait tout chez elle, mais il savait qu’elle n’était pas intéressée ; alors, il se contentait de rester le bon copain, le camarade toujours prêt à lui porter son sac ou à lui prêter un livre, tout en sortant avec des filles faciles ; celles de la fac d’art ou de lettres, qui ne voyaient aucun inconvénient à son look négligé et à son manque de personnalité.
Elles voulaient seulement un garçon souriant et conciliant, avec une belle carrière devant lui. Avocat, c’était parfait. Tout à fait capable de nourrir une artiste et sa ribambelle d’enfants. Elles ne le croiseraient pas si souvent que ça, de toute façon.
Elias sortait quelques mois avec l’une, quelques mois avec l’autre, et ça se terminait toujours de la même façon, au grand désespoir d’Anna qui espérait toujours en être débarrassée : la fille réclamait de fonder une famille, Elias disait non, et ils en restaient là. Il était tout juste assez malin pour ne jamais se laisser passer la corde au cou.
Parfois, Anna se demandait sérieusement s’il n’avait pas un petit fond sadique, bien dissimulé sous ses airs avenants de fils à maman.
Il s’en alla finalement en quête d’une autre cavalière, laissant la jeune femme dans sa chambre d’étudiante, dont elle avait presque terminé de retirer la décoration. C’était étrange de savoir qu’elle allait quitter cette chambre, mais qu’elle n’avait aucune idée de sa nouvelle destination. En attendant, ce qui avait fait le décor de sa vie pendant toutes ces années d’étude s’entassait dans ses valises : photos, cartes postales, affiches…
Le plus bizarre, c’était de se retrouver complètement désœuvrée, mis à part la rédaction de ses candidatures pour les firmes de droit qui l’intéressaient. Elle était devenue tellement hyperactive depuis presque cinq mois qu’elle était presque stressée, à présent, de se retrouver sans recherches à faire. Elle jeta un coup d’oeil à son ordinateur.
Depuis quelques temps, une certaine tentation l’habitait ; et il était peut-être temps d’y céder. Anna voyait toujours, aux arrêts de bus voisins de la fac, une publicité représentant une femme distinguée, aux longs cheveux noirs et lisses, mis en valeur par d’étranges reflets dorés, presque roux ; une chevelure très particulière, qui ressemblait beaucoup à la sienne. C’était la première fois qu’elle voyait une femme qui lui ressemblait autant.
Cette publicité vantait les mérites d’un club de rencontre en ligne. Jusque là, rien de très original, mais en se rapprochant un peu de l’affiche un jour de pluie, Anna avait constaté que cette offre s’éloignait des habituels sites de drague, pour lesquels elle n’avait que mépris. Comme pour les hommes et les offres de carrière, Anna était très exigeante par rapport aux services pour lesquels elle investissait de l’argent.
Et justement, c’était le mot qui était mis en avant par le slogan :
« Les célibataires les plus exigeants trouvent leur bonheur sur Attractive Circle. »
Les lettres semblaient ciselées dans un métal précieux ; il y avait quelque chose de froid, de tranchant presque, dans le design choisi. Mais cela faisait partie du charme de cette image. Une impression de danger, d’aventure, le tout dans un cadre très select, réservé à une élite intellectuelle et financière qui respectait certains codes bien précis.
C’était en tout cas l’opinion que s’était faite la jeune femme, qui se targuait d’être assez observatrice et intuitive, à partir de ces quelques éléments.
Et à présent qu’elle était docteur en droit, avec des notes aussi impressionnantes que les siennes, elle pensait amplement faire l’affaire pour rejoindre ce cercle, certainement pas gratuit, mais peut-être gratifiant : un club privé qui respecterait son anonymat dans un premier temps, et lui permettrait de tisser des liens prometteurs avec des hommes à sa hauteur.
Elle décida de se lancer. Après tout, elle avait bien le droit de fêter la fin d’année à sa façon, elle aussi…
Elle récapitula mentalement ses charmes divers, en se connectant à la page d’accueil, qui réclamait un certain nombre de renseignements, assez personnels – mais il lui était assuré qu’il ne s’agissait que d’une présélection, et que seul le personnel du site aurait accès à ces données.
La jeune femme avait mené une partie de ses études sur le droit de l’internet et de la confidentialité ; elle se faisait confiance pour identifier les sites dont les normes la protégeraient efficacement. Elle n’eut donc aucun scrupule à entrer son âge, son adresse actuelle, ainsi que ses préférences sexuelles – qu’elle détailla avec un certain lyrisme, fière de cette occasion de démontrer à la fois son libertinage et sa culture.
Une fois le formulaire envoyé, elle se surprit à éprouver une certaine fébrilité. Elle avait hâte de savoir comment les juges de cet étrange jury allaient recevoir sa candidature. Après tout, elle était dans une dynamique de quête d’acceptation, entre la présentation de son dossier de mémoire, quelques jours plus tôt, et sa recherche actuelle de travail.
Elle fut donc infiniment déçue et vexée de découvrir, au bout de quelques heures, une réponse négative :
« Nous vous remercions de votre intérêt pour Attractive Circle, mais nous sommes au regret de vous annoncer que votre profil ne correspond pas à la ligne d’exigences du club. Nous vous invitons à retenter votre chance dès que vous l’estimerez possible. »
Qu’est-ce que cela voulait dire ? Elle n’était pas assez bien pour eux ? En tant qu’ex-étudiante et momentanément chômeuse, est-ce qu’ils ne la considéraient pas comme assez solvable pour leur payer leurs honoraires ?
Elle se convainquit que c’était cela. Après tout, elle n’avait pas envie de se dire que son profil n’était peut-être pas parfait. Elle ne voyait sincèrement pas ce qu’elle aurait pu y changer pour l’améliorer ; elle avait évoqué quelques partenaires sentimentaux, pas une cinquantaine, mais plus des deux ou trois dont se vantent les débutantes…
Enfin ! Anna n’avait pas l’habitude de s’appesantir sur un échec. Elle trouverait l’homme digne d’elle plus tard – peut-être sur son prochain lieu de travail, après tout. Quoi de plus approprié, pour débuter une vie de couple harmonieuse ?
Trois semaines plus tard, elle entrait au barreau de Paris comme avocate. Elle commença à remettre ses photos de famille au mur, dans un petit bureau gris souris, charmant mais un peu exigu à son goût, qu’elle partageait avec son nouveau collègue… Elias Minski.
Elle était fière d’entrer dans la vie active à un poste si honorable, si utile à la société, mais quelque chose la décevait. Peut-être les hommes du cabinet ? Elle les trouvait excessivement normaux, sans rien qui lui permette de s’enthousiasmer. On aurait dit de braves fonctionnaires qui venaient pointer tous les matins, puis racontaient leurs anecdotes du week-end autour de la machine à café. Cette voie professionnelle lui avait vendu plus de rêve que ça.
Elle se consola à demi en se disant que maintenant, avec sa fiche de paye à l’appui, elle avait peut-être acquis le statut nécessaire à son inscription sur Attractive Circle.
Impossible d’oublier le club : ses publicités, rares en ville mais ciblées auprès des lieux de pouvoir et d’échanges intellectuels, semblaient lui adresser de petits clins d’œil. Parfois, lorsqu’elle se tenait à côté d’une telle affiche, les vieilles dames qui attendaient leur bus faisaient silence pour la regarder avec réprobation, pensant visiblement qu’elle était la dévergondée qui prêtait son image à un tel lieu de débauche – qui sait comment elles imaginaient le club…
Cela dit, être reçue lui aurait apporté une sorte de validation. Elle se moquait finalement d’y trouver son bonheur tout de suite, il aurait fallu être bien naïve pour être aussi… exigeante. Non, elle avait juste envie de recevoir la confirmation de son inscription, comme une petite vengeance à l’égard du refus essuyé naguère.
Comme elle en était venue à considérer Elias Minski comme une bonne copine, un eunuque familier, à peine trop collant mais inoffensif, elle lui confia sa tentative et son appréhension du résultat ; elle en parlait comme si elle avait déjà été rebutée pour la seconde fois. Il lui assura que c’était peut-être une arnaque, et qu’il n’y aurait rien à regretter.
Et soudain, la réponse tomba… positive.
« Nous vous remercions de votre intérêt pour Attractive Circle, et nous avons le plaisir de vous annoncer que votre profil correspond tout à fait à la ligne d’exigences du club. Veuillez trouver ci-dessous les coordonnées de l’agent qui prendra en charge la suite de votre dossier. Vous êtes invitée à le contacter dès que possible, dans la mesure où un rendez-vous de validation est nécessaire à votre entrée définitive au sein du club. Encore toutes nos félicitations. »
