Erhalten Sie Zugang zu diesem und mehr als 300000 Büchern ab EUR 5,99 monatlich.
Quand la vie dans le désert aide à prendre du recul...« Tu restes enfermé en préventive jusqu’à ton procès en assises, ou tu acceptes de jouer une nouvelle carte, l’aventure d’un centre d’éducation renforcée avec d’autres jeunes dans ta situation », avait proposé le juge. « Peut-être qu’une immersion totale au pays des Touaregs te remettra sur le droit chemin. »Confronté à la vie saharienne avec six autres délinquants au cœur du Ténéré, Maxou côtoie les chameaux et les scorpions, subit le manque d’eau, souffre de la faim et de la chaleur terrible… Il découvre au désert la loi de la survie, la droiture et l’éducation au respect d’une culture traditionnelle où le rapport à l’être prend le pas sur l’envie de posséder.Un roman fort qui traite des thématiques de la délinquance et des vraies valeurs de la vie.EXTRAITMaxou avait aimé faire rimer le mot délinquance au grand jeu des apparences, confondant l’amour et le manque, l’être et l’avoir…Après la sentence sans appel d’un conseil de discipline unanime, le principal du collège de son quartier des Fleurs avait mis le garçon à la porte, voulant sans doute éloigner les bêtes trop sombres de son troupeau immaculé.Exclu bien vite d’un lycée professionnel de la banlieue voisine, la méchante spirale de l’argent facile avait servi de colonne vertébrale à Maxou jusqu’à son premier séjour en prison, rapidement suivi d’un second.Enfin était arrivée cette étrange rédemption du désert, proposée par un juge des mineurs à l’allure sportive et à la voix aigrelette.CE QU'EN PENSE LA CRITIQUEVirée nomade encourage au questionnement sur les pistes à suivre pour aider des jeunes à la dérive à s’en sortir et ainsi à pouvoir jouer un rôle positif et constructif dans la société. - Brigitte Aubonnet, blog Encres vagabondesÀ PROPOS DE L'AUTEURAlain Bellet a publié de nombreux livres (polars, romans adultes et jeunesse, romans historiques, documentaires) et écrit plusieurs textes pour le théâtre. Il été directeur de MJC et de cinémas d’art et d’essai, puis journaliste indépendant. Un temps président de la Charte des auteurs et illustrateurs pour la jeunesse, il a créé des festivals, et conçu des projets culturels en osmose avec d’autres disciplines artistiques (notamment avec la photographe Patricia Baud). Investi dans de nombreux ateliers et chantiers d’écriture avec des enfants, des jeunes et des adultes, il se définit comme « un écrivain impliqué dans la Cité ».À PROPOS DE LA COLLECTIONLa collection Rester vivant est constituée de nouvelles et de romans qui parlent du monde d’aujourd’hui, en abordant sans détour les questions écologiques, sociales et éthiques qui émergent au sein de la société dans laquelle nous évoluons. Elle s’adresse en priorité aux pré-ados, aux ados… et plus généralement à tous les lecteurs qui résistent encore à l’asservissement des esprits, quel que soit leur âge. Ces livres ont pour ambition, en plus d’attiser l’imaginaire du lecteur, d’éveiller son sens critique et de poser un regard incisif sur nos comportements individuels et collectifs.
Sie lesen das E-Book in den Legimi-Apps auf:
Seitenzahl: 56
Veröffentlichungsjahr: 2017
Das E-Book (TTS) können Sie hören im Abo „Legimi Premium” in Legimi-Apps auf:
■ Faits d’hiver (Cathy Ribeiro)
■ Jours de neige (Claire Mazard)
■ Jours de soleil (Claire Mazard)
■ La peau noire des anges (Yves-Marie Clément)
■ Le 9e continent (Dominique Corazza)
■ Les mains dans la terre (Cathy Ytak)
■ Orient extrême (Mireille Disdero)
■ Phobie (Fanny Vandermeersch)
■ Pripiat Paradise (Arnaud Tiercelin)
■ Station Sous-Paradis (Jean-Luc Luciani)
■ Sur le dos de la main gauche (Anahita Ettehadi)
■ Traits d’union (Cécile Chartre)
■ Trouver les mots (Gilles Abier)
© Le muscadier, 2016 48 rue Sarrette – 75685 Paris cedex [email protected]
Directeur de collection : Christophe LéonCouverture & maquette : EspelettePhotographie de couverture : © Shutterstock.comIllustrations intérieures : Patricia BaudConversion numérique : Mariane Borie
ISBN : 979-10-90685-85-7 ISSN : 2493-6170
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
La collection
L’auteur
1
Maxou avait aimé faire rimer le mot délinquance au grand jeu des apparences, confondant l’amour et le manque, l’être et l’avoir…
Après la sentence sans appel d’un conseil de discipline unanime, le principal du collège de son quartier des Fleurs avait mis le garçon à la porte, voulant sans doute éloigner les bêtes trop sombres de son troupeau immaculé.
Exclu bien vite d’un lycée professionnel de la banlieue voisine, la méchante spirale de l’argent facile avait servi de colonne vertébrale à Maxou jusqu’à son premier séjour en prison, rapidement suivi d’un second.
Enfin était arrivée cette étrange rédemption du désert, proposée par un juge des mineurs à l’allure sportive et à la voix aigrelette.
– Tu restes enfermé en préventive jusqu’à ton procès en assises, ou tu acceptes de jouer une nouvelle carte : l’aventure d’un centre d’éducation renforcée avec d’autres jeunes dans ta situation. Peut-être qu’une immersion totale au pays des Touaregs te remettra sur le droit chemin…
* * *
Trois jours plus tard, le jeune garçon découvrait l’Afrique, l’itinéraire du voyage prévu à travers le Sahara et les six autres jeunes délinquants sélectionnés pour l’aventure.
« Encore des cailleras de banlieue! », s’était dit Maxou, décidé à ne pas trop se lier avec des jeunes comme lui. Il partait pour une sorte d’essai à transformer, et non pour se complaire dans les joies de leurs vies antérieures.
Le crâne rasé, les autres garçons affichaient volontiers leur arrogance, jurant à grands coups de langue à l’envers, truffée de lieux communs et de clichés, le refus de se prêter au jeu de l’autocritique active. Ils en appelaient sans cesse à l’incendie permanent contre tous les bouffons de la terre…
Pour eux, ce voyage à venir n’était qu’une parenthèse obligatoire. Un temps imposé avant le grand retour aux bonheurs faciles et aux mille facéties illicites qui constituaient leur existence. « Faut pas nous en promettre, des changements », disaient-ils. Leur vie leur plaisait comme elle s’était peu à peu façonnée dans la grande marmite des exclusions sociales et des rejets de l’autre.
En un instant, Maxou leur attribua des surnoms, rien que pour lui, histoire de voir s’il savait déjà juger les humains au premier coup d’œil.
Usine à glaires intempestive, Sand était le cracheur impénitent du groupe. La Masse pesait cent tonnes d’antifinesse. Mo semblait le plus rapide pour dégainer un miroir minuscule et s’admirer à tout instant. Renard apparaissait le plus espiègle du groupe, « l’as des coups fourrés, l’hypocrite de service, un garçon à éviter », s’était dit Maxou en sondant sa victime. Carpette et ses yeux trop verts se coucherait dans toutes les situations, prêt à tout négocier pour être tranquille. Le dernier garçon se la faisait poète de l’urgence et Maxou l’affubla du vilain surnom de Rapouille.
* * *
Les pieds posés sur le sable à la tombée de la nuit, l’esprit en panne et le cœur convalescent, le jeune homme regardait fixement devant lui. Il tentait de comprendre ce que le monde des adultes souhaitait le voir devenir.
Les grandes dunes blanches qui le cernaient entraînaient ses pensées des années auparavant.
« Le sable du désert, comme moteur de gamberge, cela m’amuse, et je sais que je bouge, bouge pour une fois… »
Ce soir-là, il revisitait l’école de la République.
« Si je suis sincère avec moi, je dois reconnaître que je l’aimais bien au début, l’école, mais elle, depuis toujours, elle ne m’a jamais aimé! » se disait-il. « L’école, elle ne m’a pas appris autant de choses que la rue, c’est sûr! Elle a voulu m’apprendre de force mille choses dont je ne voyais pas l’intérêt. Mille choses qui n’ont finalement pour objectif que d’avancer le plus droit possible vers le vrai monde… Moi, je rigole souvent du vrai monde, celui du chômage, des familles endettées et tout le grand défilé des laissés-pour-compte. »
Il aurait bien voulu rentrer chez lui un jour avec un baccalauréat en poche, le regard aux anges et sa pauvre mère enfin souriante.
L’école, elle l’avait lâché brusquement avant que ses rails n’épousent le mouvement de ses roues à lui. Seulement, il fallait bien reconnaître qu’il y avait un sacré jeu entre les joies du collège unique et ses rêveries intimes!
Il se souvenait qu’en primaire, le garçon à l’allure plutôt joviale qu’il était, adorait écrire des histoires de vies inventées où les méchantes sorcières étaient gommées à coups de baguettes féeriques.
Il était bon en calcul aussi, même si, chez lui, sa famille manquait de pratique pour dénombrer liasses, titres de propriété et actions au porteur! C’était davantage les factures impayées et les notes d’huissier qui s’entassaient…
« Si tu travailles bien en classe, plus tard tu seras riche, Maxou! » répétait souvent son père, avant qu’il ne s’envole au purgatoire des boit-sans-soif, un triste matin de février.
Alors, sans les conseils paternels, il avait commencé par se lasser d’être enseigné. Abandonnant la persévérance aux petits pue-la-chance de service, aux abonnés aux vacances de rêve, aux bronzés de l’hiver et à tous ceux qui cultivent leur tirelire personnelle à l’heure d’hypocrites communions.
« Dieu, il doit s’en foutre, des cadeaux dorés pour aviver la croyance… Dieu, d’ailleurs, il n’a jamais été vraiment chez lui dans ma famille. Il y a juste l’histoire de la sainte table qui a dû lui plaire une fois pour toutes, au paternel. Pour les toasts solennels, il n’avait pas son pareil, mon prophète de père! »
L’ouvrier métallo longtemps responsable syndical avait davantage prêché pour l’émancipation des travailleurs de la planète entière que pour l’épanouissement des nantis de leur quartier. Même s’ils s’étaient poliment déplacés pour son enterrement, offrant à sa veuve complètement déboussolée une bordée de condoléances et des fleurs un peu ternes. « Les moins chères sans doute » avait pensé son fils, alors, avec une cruelle lucidité.
