Aimer à l'école du rosaire - Nigel Woollen - E-Book

Aimer à l'école du rosaire E-Book

Nigel Woollen

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Beschreibung

Prêts pour un grand voyage au coeur de l’Évangile ? Votre but, si vous l’acceptez : aimer et être aimé ; votre guide : Marie ; votre carte routière : les mystères du rosaire. Main dans la main avec Marie, vous revivrez les grands épisodes de la vie de Jésus, vous changerez de regard sur votre propre vie, vous avancerez sur un véritable chemin de gloire et de sainteté. Fous-rires garantis tout au long de la route, grâce aux délicieuses anecdotes dont l’auteur a le secret. Un itinéraire aussi profond qu’original adressé à ceuxqui prient le rosaire, mais aussi à tous ceux qui désirent grandir dans l’amour et expérimenter la joie de l’Évangile. Bon voyage !

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Seitenzahl: 178

Veröffentlichungsjahr: 2020

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Nigel Woollen

Aimer à l’école du rosaire

Petites histoires et grands mystères

Traduit de l’anglais par Monique Plassard

Éditions Emmanuel

Imprimé avec autorisation ecclésiastique donnée le 5 juin 2020 par Mgr Patrick Chauvet, vicaire épiscopal à l’Imprimatur de l’archevêque de Paris.

P. Gérard PELLETIER, Cens. dep.  Mgr Patrick CHAUVET

Conception couverture : © Christophe Roger

Composition : Soft Office (38)

Traduction française : © Monique Plassard

Édition originale : Learning to Love : Journeys Through Life With the Rosary

© Veritas Publications, Dublin, Ireland, 2018

www.veritasbooksonline.com

Édition française : © Éditions de l’Emmanuel, 2020

89, bd Auguste-Blanqui – 75013 Paris

www.editions-emmanuel.com

ISBN : 978-2-35389-840-4

Dépôt légal : 3e trimestre 2020

En mémoire de mes parents, Rosemary et Anthony, amis fidèles du Seigneur et familiers du rosaire.

Introduction

Tu aimeras le Seigneur ton Dieu

Une surprise-party pour Barty

« Que veux-tu que je fasse pour toi ? » Réfléchissez un peu à cette question. Si on vous la posait, à vous ? Je suis sûr que vous commenceriez par examiner celui qui vous la pose, en vous demandant s’il peut vous être utile. La question n’est pas : « Y a-t-il quelque chose que je peux faire pour toi ? » Posé de cette façon, c’est tout de suite moins engageant ! Mais quand on vous demande : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? », c’est une question sérieuse, qui exige une réponse sérieuse. Par ailleurs, si la personne qui la pose veut votre bien, si elle a du pouvoir, de l’influence, de l’argent, des relations, alors, ça vaut vraiment le coup de formuler une réponse adéquate.

Eh bien, cette question, figurez-vous qu’on la trouve dans les évangiles (Marc 10, 51 et Luc 18, 41). C’est Jésus lui-même qui la pose ! Alors, si nous croyons que Dieu nous parle à chacun personnellement – et à nous, tous ensemble, comme communauté – à travers sa Parole dans les saintes Écritures, nous pouvons être assurés que Jésus nous la pose aujourd’hui. Est-ce que Jésus nous veut du bien ? Assurément. Est-ce qu’il a pouvoir, richesse et amis haut placés ? Pour sûr ! Il est le Seigneur des seigneurs, le Fils Éternel du Père tout-puissant, à qui rien n’est impossible – et il fait tout contribuer au bien de ceux qui l’aiment (cf. Romains 8, 28). Nous avons donc intérêt à bien réfléchir à ce que nous allons répondre.

Dans l’Évangile, Jésus pose cette question à un mendiant, aveugle, nommé Bartimée – appelons-le Barty ! – qui crie vers Jésus, au moment où celui-ci entre à Jéricho. Ce mendiant perturbateur sème le trouble dans la foule quand il supplie Jésus d’avoir pitié de lui. On essaie de le faire taire, mais il est dit : « Jésus s’arrête » (Marc 10, 49). Car Jésus arrête ce qu’il est en train de faire quand nous l’appelons de tout notre cœur ! Il fait alors appeler Barty ; Barty bondit sur ses pieds et court vers Jésus, ce qui n’est pas chose aisée quand on est aveugle. Jésus lui demande : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » Certes, on pourrait se dire que le problème de Barty est évident, mais Jésus veut entendre sa réponse. Le Seigneur sait ce dont nous avons besoin, il a bien conscience de chacun de nos soucis, de chacune de nos peurs, et pourtant, il aime nous entendre lui formuler nos désirs. « “Maître, fais que je voie !” Et Jésus lui dit : “Va, ta foi t’a sauvé.” Aussitôt il se mit à voir et il suivait Jésus sur la route » (Marc 10, 51-52).

Avez-vous réalisé que nous avons là un aveugle qui voit pour la première fois de sa vie – ou du moins, pour la première fois depuis des années – et que la première chose qu’il voit, c’est le visage de Jésus ? Parce qu’il a cru en ce Jésus dont il avait entendu parler, à présent, il voit. Et il voit son Maître, celui qui vient pour restaurer et pour guérir. « Je suis venu pour qu’ils aient la vie, et qu’ils l’aient en abondance » (Jean 10, 10). Barty a retrouvé la santé, il n’aura plus besoin de mendier sur le bord du chemin. Mais alors, qu’est-ce qu’il va faire ? Il suit Jésus sur la route ! Il a rencontré celui qui est la Vie même, celui qui nous invite au banquet du Ciel, à cette grande fête pleine de joie et de rires qui n’aura pas de fin. Une « surprise-party » pour Barty, pourrait-on dire ! Et voilà que Barty se retrouve en chemin, sur un chemin qui le conduira à la vie éternelle, parce que maintenant, il suit Jésus qui est le Chemin vers le Royaume.

À nous de faire aussi bien que Barty ! À nous de répondre à Jésus : « Fais que je voie », que je voie ce qui compte vraiment, que je voie au-delà des apparences souvent moroses de ce monde bouleversé et de nos vies si malmenées. Que je voie la grandeur de ma vocation à l’amour, et, ultimement, que je voie la gloire de Dieu (cf. Jean 11, 40). La vie du Ciel est souvent appelée vision béatifique : « Ce que nous serons ne parait pas encore clairement. […] Nous serons semblables à lui, parce que nous le verrons tel qu’il est » (1 Jean 3, 2). Si nous présentons à Dieu notre cécité, notre incapacité à voir le Ciel présent au milieu de nous, il pourra soulever un coin du voile et nous donner un aperçu des merveilles qui nous attendent de l’autre côté. Alors, si nous le suivons, nous sommes déjà sur le bon chemin, le chemin qui conduit à la vie en plénitude.

La question de Jésus nous pousse à poser un vrai regard sur nos vies. Qu’est-ce que nous voulons vraiment ? Comment pouvons-nous être heureux ? Où notre cœur trouve-t-il la paix ? « Mets ta joie dans le Seigneur, il comblera les désirs de ton cœur » (Psaume 36, 4), lit-on dans l’Écriture. Très bien, mais que va-t-il se passer, si nous ignorons ce que notre cœur désire ? En fait, tout au fond de nous-mêmes, nous le savons : nous désirons aimer et être aimés. Aimer, c’est difficile, voire impossible pour nous, les êtres humains. Nous sommes si blessés. Oui, mais « rien n’est impossible à Dieu » (Luc 1, 37). Comment pouvons-nous apprendre à aimer ? « Dieu est amour » : nous avons entendu ça quelque part, n’est-ce pas (1 Jean 4, 8) ? Le problème, c’est que nous aspirons à aimer mais que nous ne sommes pas franchement à la hauteur. Nous voulons être aimés, acceptés, accueillis pour ce que nous sommes, mais dans ce monde imparfait, l’amour véritable est difficile à trouver. Où donc est la solution ?

Tu aimeras

La parole de Dieu offre une réponse à chacune des questions que nous nous posons, et en même temps, elle nous engage, car nous devons laisser Dieu nous parler à travers elle : « Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’Unique. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force. Ces paroles que je te donne aujourd’hui resteront dans ton cœur. Tu les rediras à tes fils, tu les répéteras sans cesse, à la maison ou en voyage, que tu sois couché ou que tu sois levé » (Deutéronome 6, 4-7).

Nous avons bien sûr entendu parler des Dix Commandements (qu’on appelle aussi le Décalogue, ou encore les Dix Paroles), ces commandements que Dieu a donnés à Moïse sur le Mont Sinaï (Exode 20, 1-17)1. Nous avons parfois de la peine à en réciter la liste complète, mais au fond, tous les commandements sont contenus dans le premier : « Tu n’auras pas d’autres dieux en face de moi. » (Exode 20, 3). Si nous ne gardions que celui-là, nous serions sur la bonne route, celle qui mène au Royaume ! Car nous avons tellement tendance à nous laisser attirer par des biens qui deviennent nos dieux… Telle est la triste réalité de chacune de nos vies et de l’histoire du monde. Ces biens, ce sont nos relations, ou encore des biens matériels, des plaisirs terrestres, le besoin de dominer, toutes sortes de distractions, tous ces aspects variés de notre existence quotidienne, si éparpillée… Ces biens ne sont pas nécessairement mauvais en eux-mêmes, mais le problème, c’est qu’ils peuvent nous faire oublier l’unique bien suprême qu’est notre Dieu. Et Dieu nous appelle à entrer dans une extraordinaire relation d’amour avec lui, une relation qui donnera du sens et du prix à toutes nos amitiés, et à chaque facette de nos vies.

Avant le Décalogue, il y a un petit verset qui risque de nous échapper, alors qu’il est fondamental pour comprendre les commandements, et finalement toute la vie chrétienne. Écoutez bien : « Je suis le Seigneur ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte, de la maison d’esclavage » (Exode 20, 2). Commençons par reconnaître que le Seigneur notre Dieu est celui qui nous a délivrés de l’esclavage du péché pour nous conduire vers la Terre promise. Alors, nous ne verrons plus les commandements comme de simples interdits : « Ne fais pas ceci ou cela ! », mais plutôt comme des promesses : « Si tu vis de cette manière, alors, tu seras vraiment humain, vraiment libre ! »

Ce que Dieu nous dit dans les commandements – dans tous ses commandements –, c’est ceci : si tu m’accueilles comme le Dieu qui te libère de l’esclavage, si tu acceptes de me mettre au centre de ta vie, alors, tu seras rendu capable de vivre les commandements et tu découvriras une vraie liberté en gardant mes préceptes. Alors, tu deviendras ce que j’ai voulu que tu sois de toute éternité !

Si nous donnons à Dieu la première place dans nos cœurs, le « tu ne feras pas… » des commandements ne signifiera pas : « tu n’as pas le droit de… », mais plutôt : « tu n’auras même pas envie de… ». Tu seras gardé du désir d’avoir d’autres dieux, du désir de tuer et de voler, du désir de convoiter le bien d’autrui, etc. Une manière complètement nouvelle de comprendre les chemins du Seigneur s’ouvrira pour nous ! Car Jésus évoque et accomplit le Décalogue, quand il dit, juste après avoir donné à ses disciples l’enseignement des Béatitudes et du Notre Père : « Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît » (Matthieu 6, 33). Par « justice », nous pouvons comprendre ici la fidélité de Dieu qui accomplit les promesses de l’Alliance en son Fils, et qui nous invite à lui être fidèles en retour.

Notre sanctuaire intérieur

Ce qui nous amène au Shema, qui signifie en hébreu « entends » ou « écoute », ce passage du Deutéronome cité plus haut, que les juifs pieux récitent encore quotidiennement. Nous pouvons lire ce texte comme une série de commandements, comme autant de choses que nous aurions à faire pour plaire à Dieu. Ce n’est pas faux, mais cela ne suffit pas. Encore une fois, nous ne devons pas passer à côté du verset initial, qui est fondamental : « Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’Unique. » Notre Dieu nous parle, et nous sommes capables d’entendre ce qu’il nous dit. Nous sommes capax Dei, « capables de Dieu ». Autrement dit, notre suprême dignité, en tant qu’êtres humains, se fonde sur le fait que nous sommes appelés à entrer en communion avec Dieu2. Quand nous entrons dans notre sanctuaire intérieur, nous découvrons l’unique Seigneur qui demeure en notre cœur, et son commandement devient alors une promesse : tu aimeras le Seigneur ton Dieu !

Le drame de l’existence humaine, c’est que nous avons été créés pour accueillir l’amour infini de Dieu et y répondre en l’aimant de tout notre cœur et de toute notre âme – et en nous aimant les uns les autres –, mais nous mesurons chaque jour que nous ne sommes pas à la hauteur. Voilà notre plus sérieux handicap dans la vie : nous ne savons pas aimer ! Si seulement nous pouvions apprendre à l’écouter, de sorte que sa douce voix nous guide en toutes nos actions… Alors nous pourrions découvrir son amour qui emplit notre cœur et notre esprit, et nous rend capables de grandir dans cet amour. Dieu est fidèle, il tient ses promesses et il ne reprend jamais ses dons (cf. Romains 11, 29). Si nous croyons qu’il nous parle à travers son Fils Jésus, venu nous apprendre à écouter le Père et à vivre en plénitude, croyons qu’il fera s’agrandir notre cœur, pour aimer comme il aime.

Le texte du Deutéronome continue : « Ces paroles que je te donne aujourd’hui resteront dans ton cœur. Tu les rediras à tes fils. » Jésus a promis à ceux qui croyaient en Lui : « Si vous demeurez fidèles à ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; alors vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres » (Jean 8, 31-32). Si nous laissons sa parole pénétrer dans notre cœur, nous découvrirons la vérité : nous sommes aimés, nous sommes créés pour l’amour et le vrai bonheur, telle est la vérité. La Vérité est aussi une personne, la Parole même de Dieu, ce Dieu pour qui nous avons été créés. Nous serons alors capables de marcher sur le chemin de la vraie liberté ! Notre vie parlera de l’amour de Dieu. Nos « fils » ne sont-ils pas ceux que nous rencontrons et qui aspirent à la vie, ceux qui cherchent un sens à l’existence et qui sont assoiffés d’amour authentique ?

Dans tous les cas, nous aurons besoin de patience, car la vie est un chemin, un long pèlerinage jalonné d’étapes, jusqu’à notre arrivée dans la Terre promise de l’amour et de la liberté. Ces étapes, le Shema les précise ensuite : « [Ces paroles], tu les répéteras sans cesse, à la maison ou en voyage, que tu sois couché ou que tu sois levé. » Ici, le texte ne décrit pas seulement les différentes actions qui rythment une journée, il dit surtout l’itinéraire d’une existence, les quatre étapes de ce long voyage où nous faisons l’apprentissage de l’amour véritable. Un voyage qui dure le temps d’une vie.

Une carte routière : le rosaire

Pour parcourir ce voyage, nous aurons besoin d’une carte ; que diriez-vous de prendre comme carte routière… le rosaire ? Il nous aidera à méditer l’Évangile et les événements-clés de l’histoire du salut en compagnie de Marie, que Jésus nous a donnée comme Mère (cf. Jean 19, 25-27). Elle a accueilli le Verbe dans son cœur, et nous invite à faire de même. Le pape François l’a rappelé à Fatima en 2017, en citant Paul VI : « Si nous voulons être chrétiens, nous devons être mariaux. » Et d’ajouter : « Chaque fois que nous récitons le chapelet, ici dans ce sanctuaire ou partout ailleurs, l’Évangile pénètre de manière renouvelée dans la vie des individus, des familles, des peuples et du monde entier. »

Comme nous allons le voir, les quatre étapes citées par le Deutéronome, les quatre étapes de notre voyage, correspondent précisément aux mystères du rosaire.

Quand tu es à la maison : tout commence par une rencontre, quand nous entrons en contact avec le Seigneur qui est amour. Le Seigneur vient dans notre maison, dans notre sanctuaire intérieur, pour nous dire que nous sommes aimés et qu’il a un projet d’amour pour nos vies. Lesmystères joyeux nous montrent comment la rencontre de Marie avec le Seigneur a conduit au salut de toute la race humaine, et comment nos vies participent à cette merveilleuse histoire de la Rédemption.

Quand tu es en voyage : quand nous avons fait l’expérience de l’amour de Dieu, nous ne pouvons le garder pour nous-mêmes, nous devons le partager ! C’est la mission de l’Église, qui envoie dans le monde des apôtres de la miséricorde divine. Lesmystères lumineux (ou mystères de lumière) nous aident à méditer sur les trois années de la vie itinérante de Jésus, en commençant par son baptême et en finissant avec l’Eucharistie, le grand signe de l’amour de notre Maître pour chacun d’entre nous. C’est pourquoi les sacrements font partie de l’apostolat.

Quand tu es couché :nous avons tendance à penser que nos limites, nos maladies ou nos épreuves sont des obstacles à une annonce efficace de la Bonne Nouvelle. Lesmystères douloureux sont là pour nous rappeler qu’au contraire, la souffrance même peut devenir le plus grand des apostolats : par sa Passion et sa mort, Jésus a sauvé l’humanité. Quand nous méditons sur le sens de la mort de Jésus en croix, nous commençons à voir nos souffrances dans une lumière nouvelle : rien n’est perdu de ce qui est uni à sa vie. Aucun combat n’est vain parce qu’il a donné à tous nos combats un sens nouveau dans sa Passion. Par elle, il rachète le monde et ouvre aux pécheurs les portes du Ciel.

Quand tu es levé : pour nous chrétiens, la mort n’est pas la fin, puisque nous croyons que Jésus est ressuscité, promesse et gage de notre propre résurrection. Lesmystères glorieux nous inspirent de vivre, ici et maintenant, dans l’espérance de la destinée bienheureuse promise à tout croyant. Le Christ est mort et il est ressuscité pour nous, afin de nous donner une vie nouvelle, une vie dans l’Esprit. Notre monde a besoin d’espérance, plus que jamais, sans doute. En apprenant à accueillir le Saint-Esprit comme l’ont fait Marie et les apôtres, nous devenons témoins de cette « espérance qui ne déçoit pas » (Romains 5, 5). Tandis que nous attendons le retour du Seigneur, l’espérance grandit en nous, l’espérance qu’il transformera la création en ce qu’il voulait qu’elle soit dès l’origine. Dieu est fidèle ; si nous le laissons agir, il mènera à son achèvement l’œuvre qu’il a commencée, en nous et dans le monde. Si nos contemporains rencontrent des croyants qui vivent dans cette joyeuse anticipation du Paradis, ils désireront eux aussi goûter cette vie nouvelle.

Continuez de pratiquer !

« Je suis un catholique pratiquant », m’a dit un jour un ami, en ajoutant : « Je n’ai pas encore tout bon, mais je continue quand même ! » On pourrait dire la même chose de tous ceux qui ont soif d’aimer : il se peut que nous n’ayons pas encore « tout bon », mais nous devons continuer de pratiquer, continuer d’essayer, continuer d’apprendre.

En 2017, le pape François a reconnu les vertus héroïques d’un prêtre irlandais, Patrick Peyton (1909-1992), qu’il a déclaré vénérable. Connu comme « le prêtre du rosaire », le père Patrick Peyton, originaire de la région de Mayo, a organisé partout dans le monde des rassemblements impressionnants en vue de faire connaître la prière du rosaire. Conscient de ses faiblesses, il se savait porté par la grâce de Dieu. Peut-être sera-t-il connu un jour comme saint Patrick de Mayo ? Puisse son exemple amener la nouvelle génération à expérimenter la puissance du rosaire, et ainsi, à découvrir plus profondément l’amour de Dieu !

Ce livre s’adresse à ceux qui prient déjà le chapelet, pour les aider à nourrir leur méditation. Il s’adresse également à ceux qui n’ont pas encore découvert les profondeurs de la prière si puissante du rosaire, et enfin, à tous ceux qui veulent apprendre à aimer. Il a été écrit pour que nous puissions grandir dans notre désir du Ciel, et expérimenter la joie de l’Évangile. Que Marie, notre Mère, soit à nos côtés pour nous aider sur ce chemin, puisque toujours, elle nous guide jusqu’au cœur de l’Évangile, jusqu’au cœur de son Divin Fils.

1. Voir aussi le Catéchisme de l’Église Catholique, ou CEC, n° 2083.

2. Voir CEC, n° 27.

I

Quand tu es à la maison Les mystères joyeux

Le Seigneur vient chez nous

1. L’Annonciation : apprendre à recevoir (Luc 1, 26-38)

« Le sixième mois, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu. » Voici où commence notre voyage. Le point central de la rencontre du Dieu Très-Haut avec la race humaine se trouve ici, dans la rencontre entre son messager, l’archange Gabriel, et cette jeune femme de Nazareth, dont le nom est Marie. À travers ce récit de l’Évangile, nous sommes invités dans la maison de Marie, dans cette petite ville de Palestine, pour être témoins d’un événement-clé de l’histoire du salut : l’incarnation du Fils de Dieu dans notre monde. Cet événement projette sa lumière sur tout notre cheminement, sur nos rencontres, sur le projet de salut que Dieu a formé pour chacun d’entre nous.