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Dans le règne animal, la présence d'un appareil génital est liée à la reproduction sexuée. À l'opposé de la reproduction asexuée, où un seul individu engendre des copies de lui-même à peu près exactes, jamais novatrices, la reproduction sexuée fait participer à la naissance de l'organisme nouveau deux individus complémentaires, le mâle et la femelle...
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Seitenzahl: 66
Veröffentlichungsjahr: 2015
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ISBN : 9782341003612
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Dans le règne animal, la présence d’un appareil génital est liée à la reproduction sexuée. À l’opposé de la reproduction asexuée, où un seul individu engendre des copies de lui-même à peu près exactes, jamais novatrices, la reproduction sexuée fait participer à la naissance de l’organisme nouveau deux individus complémentaires, le mâle et la femelle. Lorsqu’un même individu (hermaphrodite) possède les attributs des deux sexes, cela ne modifie en rien la loi fondamentale de la reproduction sexuée qui le conduit à se croiser avec un individu équivalent.
Chacun des parents fournit en effet des cellules reproductrices distinctes, mâles et femelles, qui sont appelées gamètes. Leur caractère essentiel est de ne posséder qu’un seul jeu de chromosomes, en vertu du phénomène de réduction chromatique qui a réduit de moitié, à la gamétogenèse, le stock chromosomique contenu dans les cellules du corps des parents : de ce fait, les gamètes sont des cellules dites haploïdes. Or celles-ci ne peuvent donner naissance à un nouvel organisme que si le double jeu chromosomique originel, diploïde, se reconstitue.
Il peut arriver que le gamète femelle parvienne seul à ce résultat, en se segmentant et en régularisant le nombre chromosomique par des mécanismes variés ; il s’agit alors de parthénogenèse, forme particulièrement complexe de la reproduction asexuée. Il est convenu de dire qu’elle constitue une régression de la sexualité.
Normalement, en effet, le retour à l’état diploïde est assuré par l’union d’un gamète mâle et d’un gamète femelle apportant chacun un jeu de chromosomes homologues. Dans ces conditions, la cellule issue de la fécondation, c’est-à-dire l’œuf – ou zygote – hérite des chromosomes provenant de chacun des parents. Or les caractères héréditaires provenant du parent mâle et ceux du parent femelle peuvent présenter des nuances nombreuses dans le cadre d’une même espèce. C’est pourquoi leur amalgame, hormis le cas où des jumeaux sont issus du dédoublement d’un même œuf, donne naissance à un organisme tout à fait original, semblable à ses parents dans les grandes lignes mais fort différent dans le détail. La reproduction sexuée est donc novatrice, puisqu’elle tend à faire de l’individu la réalité biologique fondamentale.
Mais elle innove aussi au niveau des populations car l’isolement, par des barrières éthologiques (en particulier sexuelles) ou géographiques, de groupes n’échangeant plus génétiquement certains caractères de l’espèce, permet la constitution de races et de sous-espèces. L’acquisition de l’appareil génital a donc pour conséquence la variabilité des types, et par suite leur diversification évolutive.
Dès le développement de l’œuf dans certaines espèces, plus tardivement dans d’autres, les futures cellules sexuelles, qui conservent toutes les potentialités héréditaires, se confinent dans un petit territoire embryonnaire, bien distinct et localisé. Elles constituent la lignée germinale, à laquelle August Weissmann (1834-1914) attribuait l’immortalité puisqu’en principe cette lignée se perpétue de génération en génération. À l’opposé, les autres cellules embryonnaires forment, en se spécialisant, les tissus des organes non reproducteurs de l’animal ; elles sont différenciées et ont normalement perdu tout pouvoir de reconstituer un organisme nouveau (sauf chez les animaux inférieurs où la reproduction asexuée reste importante). Seules, les cellules germinales ou gonocytes sont primordialement responsables du sexe, lequel est génétiquement déterminé dès la fécondation par une combinaison chromosomique particulière.
La fonction reproductrice de ces cellules s’exerce par l’intermédiaire des organes qui constituent l’appareil génital permettant la rencontre des gamètes, donc la fécondation.
Cet appareil est, chez les Vertébrés, curieusement dépourvu de toute orientation sexuelle au début du développement embryonnaire : son état est alors dit indifférencié. Plus tard il acquiert les particularités du sexe, mâle ou femelle, à condition qu’il n’y ait pas eu d’anomalie dans son déterminisme génétique, et que l’équilibre hormonal soit correct.
Dans le cas contraire, la différenciation de l’appareil génital est indécise et donne lieu à des états pathologiques variés, dont l’étude, grâce aux progrès de la cytogénétique et à ceux de l’endocrinologie, a ouvert un des chapitres les mieux connus de l’organogenèse humaine.
E.U.
Les sexes sont séparés chez les Vertébrés (à part certains cas, exceptionnels, d’hermaphrodisme). L’appareil génital comporte les gonades (ovaires ou testicules) qui engendrent les cellules germinales ; les voies accessoires internes qui évacuent les produits génitaux (avec des glandes qui peuvent être annexées aux conduits vecteurs) ; les organes génitaux externes qui servent à l’accouplement (organes copulateurs chez les mâles).
Le tissu gonadique, primitivement réparti dans plusieurs segments du tronc de l’embryon, s’agglomère généralement en une gonade qui est paire à l’origine, mais peut parfois devenir secondairement impaire. C’est le cas chez la poule (et les autres Oiseaux femelles), où seule la gonade gauche se développe. Chez les Batraciens, les Oiseaux et les Mammifères, les ébauches gonadiques présentent au début de leur développement une bipotentialité sexuelle remarquable. Ces ébauches possèdent alors deux territoires : l’un central (la médullaire) l’autre périphérique (le cortex). Lorsque la médullaire évolue et que le cortex régresse, la gonade se transforme en testicule. Par contre, le développement « prévalent » du cortex amène la différenciation d’un ovaire. Parfois la bivalence subsiste, atténuée : la castration du crapaud mâle détermine le développement d’ovaires restés rudimentaires (organes de Bidder).
Le testicule des Vertébrés est formé par un ensemble d’ampoules ou de tubules renfermant des cellules germinales et des cellules nourricières. Les tubules séminifères se différencient dans une charpente conjonctive (stroma) contenant des cellules interstitielles. La gamétogenèse produit des cellules reproductrices très différenciées, les spermatozoïdes, dont la cytologie est, dans ses grands traits, identique pour tout le règne animal.
Par suite de l’abondance du vitellus déposé dans le cytoplasme ovulaire, les ovaires des Vertébrés ovipares sont d’ordinaire plus volumineux que ceux des vivipares, dont les œufs ne renferment pour ainsi dire plus de réserves vitellines. Chez les Reptiles, par exemple, l’ovaire a la forme d’un sac, avec un tissu cortical d’où les gamètes, en mûrissant, vont tomber dans la cavité ovarienne. Chez les Mammifères vivipares, l’ovaire devient un organe compact englobant les follicules ; chacun de ces follicules contient un ovocyte et se creuse d’une cavité en mûrissant (follicule de De Graaf).
Ovaire d'un Reptile et d'un Mammifère. Structure de l'ovaire. Ovaire à follicules (à droite) d'un Mammifère et ovaire sans follicules (à gauche) d'un Reptile.
Ovaire d'un Reptile et d'un Mammifère. Structure de l'ovaire. Ovaire à follicules (à droite) d'un Mammifère et ovaire sans follicules (à gauche) d'un Reptile.
Les voies génitales des Vertébrés se caractérisent par une association étroite avec le tractus excréteur urinaire. Les rapports anatomiques contractés par ces deux appareils sont parfois évidents chez l’adulte de nombreuses espèces (chez les Amphibiens mâles, il n’existe qu’un canal évacuateur commun pour le rein et la gonade). Mais cette liaison génito-urinaire est aussi clairement illustrée par l’étude de l’organogenèse des deux appareils chez la plupart des Vertébrés (fig. 2).
Vertébrés : organogenèse. Schéma général très simplifié de l'organogenèse de l'appareil génital chez les Vertébrés.
Gonades : stade initial. Stade initial du développement des gonades : coupe transversale de la région lombaire d'un embryon humain âgé de 5 semaines
En effet, si chez les Cyclostomes et de nombreux Poissons Téléostéens les produits génitaux tombent dans la cavité cœlomique pour s’échapper ensuite directement à l’extérieur au travers de pores génitaux, chez les Poissons Sélaciens et la plupart des autres Vertébrés, les gamètes empruntent chez le mâle des conduits dépendant originellement du tractus urinaire et gagnent l’extérieur par une filière qui dérive du canal de Wolff
