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Olivier démarre sa journée. Il est routier et doit livrer un supermarché. La journée s'annonce bien et la pluie qui redouble d'intensité est le cadet de ses soucis. Mais quand un autre poids lourd le dépasse et l'oblige à piler, sa vie bascule. La voiture qui le suit ne peut l'éviter et s'encastre sous le châssis. Le conducteur est tué sur le coup, et pour Olivier, une longue descente aux enfers commence. Tout n'aurait pu être qu'un fait divers tristement banal, l'accident aura pourtant des conséquences inattendues. Les masques tombent et la victime n'est pas vraiment le père de famille respectable qu'il semblait être. Il a touché une grosse somme d'argent pour espionner son employeur et des personnes sont désormais prêtes à tout pour récupérer les données qu'il aurait dû transmettre avant sa mort...
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Seitenzahl: 304
Veröffentlichungsjahr: 2021
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DU MÊME AUTEUR :
Pour un baiser, BoD, 2019.
Question d’honneur, BoD, 2020.
Pour contacter l’auteur :
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11
Chapitre 12
Chapitre 13
Chapitre 14
Chapitre 15
Chapitre 16
Chapitre 17
Chapitre 18
Chapitre 19
Chapitre 20
Chapitre 21
Chapitre 22
Chapitre 23
Chapitre 24
Chapitre 25
Chapitre 26
Chapitre 27
Chapitre 28
Chapitre 29
Chapitre 30
Chapitre 31
Chapitre 32
Chapitre 33
Chapitre 34
Chapitre 35
Chapitre 36
Épilogue
Ce mercredi matin de mai, Olivier se lève de bonne humeur. Il commence à travailler tôt. Soucieux de ne pas réveiller Laurence, son épouse, il évite tout bruit lorsqu’il quitte son lit et se déplace dans la pénombre, prenant soin d’éviter les obstacles. En descendant l’escalier, il veille à enjamber la troisième marche qui grince, ce qui n’est pas un mince exploit compte tenu de la largeur de la marche en question.
Après un passage rapide par la salle de bain, qui présente l’avantage pour la discrétion d’être située au rez-de-chaussée, il entre dans la cuisine. Son premier réflexe est de mettre en route la cafetière puis de se préparer un solide petit déjeuner. Dehors, une bruine s’est mise à tomber mais il s’en fiche un peu. Ce n’est pas une faible pluie de rien du tout qui entamera son enthousiasme. Et comme n’a cessé de le lui répéter sa mère pendant son enfance : le premier repas de la journée est le plus important !
Après avoir englouti cinq tartines généreusement enduites de confiture, deux cafés et un laitage, il prend un fruit dans la corbeille et enfile son blouson. En ce mois de mai, les matinées demeurent fraîches.
En croquant une pomme, il se dirige vers le parking où est stationné son outil de travail. Sa fierté ! Un tracteur routier Volvo dont il est l’heureux propriétaire.
Le métier de transporteur est exigeant mais il apprécie la sensation de liberté qu’il procure. Une profession l’obligeant à rester confiné une journée entière dans un bureau n’aurait pas été envisageable pour lui. Des contrats avec la grande distribution lui assurent une activité régulière et lui permettent de gagner correctement sa vie. Cela suffit à son bonheur.
Comme Olivier a choisi de n’opérer que dans un rayon de cent kilomètres autour de son domicile, il a l’assurance de rejoindre tous les soirs la maison individuelle qu’il termine de payer, car pour lui, dormir à côté de son épouse toutes les nuits sans avoir à découcher n’a pas de prix.
La cinquantaine rayonnante, il s’efforce de garder la forme grâce à une présence régulière dans les salles de musculation. Le couple qu’il forme avec Laurence est solide. Son moral est au beau fixe. Ce mercredi s’annonce donc sous les meilleurs auspices.
Le jour vient à peine de se lever quand il monte à bord de son camion. Un regard sur son GPS le rassure. Il n’y a pas de perturbations annoncées sur la route qu’il doit emprunter pour son premier rendez-vous. Il débute le parcours en sifflotant et en songeant au week-end qui s’annonce. Il a offert à sa femme, à l’occasion de son anniversaire, un séjour dans un Relais & Châteaux. Deux jours dans une station balnéaire de la côte d’Opale vont leur permettre de se ressourcer. Comme ils n’ont pas d’enfant, aucune contrainte ne les obligera à rentrer tôt dimanche, ce qui leur laissera largement l’occasion d’en profiter.
Une vieille chanson de Johnny passe à la radio. Il ne peut s’empêcher de la fredonner. Il chante faux, mais cela lui est égal. Seul dans la cabine, personne ne peut l’entendre.
Les kilomètres défilent sans altérer sa bonne humeur. Parti de Carvin dans le Pas-de-Calais, il approche de son premier lieu de déchargement, un supermarché de Camphin-en-Pévèle, une commune rurale proche de Lille. Il vient d’emprunter l’autoroute de Bruxelles quand la pluie gagne en intensité. Des trombes d’eau se mettent bientôt à s’abattre sur la chaussée, l’obligeant à ralentir. La visibilité est réduite et il serait suicidaire de rouler plus vite. De toute façon, il lui reste encore de la marge pour arriver à l’heure et il n’a aucune raison de s’inquiéter.
L’autoroute ne comporte sur cette portion que deux voies et a une mauvaise réputation. Olivier décide donc de redoubler de prudence. C’est à ce moment précis qu’un « confrère » d’Europe de l’Est entreprend de le dépasser. Déjà qu’il exècre cette concurrence déloyale, la conduite irresponsable du routier a le don de l’exaspérer. Aussi préfère-t-il le laisser se rabattre devant lui pour ne plus l’avoir à sa hauteur.
Ce qui n’aurait dû être qu’une manœuvre sans gravité se transforme rapidement en cauchemar. La remorque du conducteur pressé frôle sa cabine à la fin du dépassement, le contraignant à piler. Son camion zigzague mais son expérience de la route lui permet de conserver le contrôle de la trajectoire. Il vient à peine de lancer des appels de phares rageurs à l’inconscient, qu’il sent un choc sourd à l’arrière qui le propulse en avant. Il stabilise l’attelage et réussit à l’immobiliser sur la voie de gauche, sans oublier d’allumer les feux de détresse. Il s’en est fallu de peu pour qu’il ne termine sa course sur le terre-plein central !
Rempli d’appréhension, Olivier met quelques secondes à reprendre ses esprits et sort de la cabine. Depuis le début de sa carrière, il n’a jamais eu d’accident. Les jambes tremblantes, il gagne l’extrémité de la remorque sous une pluie battante et ne peut que constater le désastre. Une voiture, dont il ne parvient pas tout de suite à identifier le modèle, s’est encastrée sous le châssis de son poids lourd sur près de la moitié de la longueur.
Et au vu de l’état du véhicule, il y a peu de chance que la personne au volant soit encore en vie !
*
Julien a travaillé toute la nuit. Les joies d’être d’astreinte !
Cadre informatique, un programme défaillant l’a obligé à intervenir directement sur le site de son entreprise située à Villeneuve-d’Ascq, une ville réputée pour concentrer les nouvelles technologies.
Normalement, il aurait dû être en mesure de résoudre le problème de son domicile de Camphin. Mais le sort s’est acharné contre lui. Un réseau Wi-Fi capricieux et un ordinateur portable anormalement lent l’ont obligé à revoir ses plans. En désespoir de cause, il n’a pas eu d’alternative que de quitter la chaleur du cocon familial pour se rendre au siège. Une décision qui demeure toujours un déchirement pour lui. Il déteste conduire la nuit. En plus, il adore bosser de la maison où il apprécie de pouvoir gérer l’organisation de sa journée à son rythme, en faisant des pauses régulières. Il se restaure alors d’un jambon-beurre aux cornichons, si l’envie lui prend, ou regarde un épisode de la série du moment sur Netflix. En plus, il a toujours des scrupules à laisser ses enfants et sa femme seuls. Pourtant là, ce n’est pas comme s’il avait eu le choix !
Au petit matin, il a enfin identifié l’anomalie et l’a corrigée. Il est soulagé. Il va pouvoir rentrer chez lui. Il n’a qu’une seule hâte, celle de se mettre au lit.
Julien prend un dernier café au distributeur de boissons pour lutter contre le sommeil et pouvoir accomplir la quinzaine de kilomètres qui le séparent de son domicile. Des gouttes de sueur perlent sur son front. Cela dure depuis maintenant quelques minutes et ça le surprend, d’autant qu’à son arrivée, il était encore en pleine forme.
Le ciel est couvert mais il peut apercevoir les rayons du soleil poindre à l’horizon. L’équipe de nettoyage ne tardera pas à débuter sa journée. C’est le bon moment pour se mettre en route.
Il retrouve sur le parking Bernard, un de ses collègues, qui comme lui termine une intervention. Ce dernier n’habite pas très loin de chez lui et il leur arrive de faire la route ensemble quand leurs horaires sont compatibles. Ils ne travaillent pas dans le même département mais s’estiment. Bernard est ingénieur réseau et intervient régulièrement la nuit. Julien le salue et rejoint l’emplacement où il s’est garé.
Il ne se sent pas très bien et espère que ce n’est qu’un malaise passager. Il s’est à peine installé au volant de sa voiture qu’une pluie fine se met à tomber. Pour lui qui n’éprouve déjà aucun plaisir à prendre la route par temps sec, c’est une source de stress supplémentaire. Et ce trajet, essentiellement sur voie rapide, qui est d’une monotonie déprimante ! Le seul avantage qu’il trouve à se déplacer à une heure aussi matinale est la quasi-absence de circulation. Une véritable bénédiction sur une métropole lilloise en permanence à saturation en périodes de pointe. Il met la clé de contact et verrouille sa ceinture. Il appréhende la route tant il se sent faible, aussi bien physiquement que moralement.
En dépit du crachin persistant, son véhicule progresse en respectant les limitations de vitesse. Son état ne s’arrange pas. De violentes crampes d’estomac le font maintenant souffrir.
S’il n’y avait que ça !
Perdu dans ses pensées, Julien regarde à peine la route. Sa vie est devenue tellement compliquée, avec cette impression de vivre dans le mensonge en permanence. Il n’ose penser à ce qui arriverait si Stéphanie, son épouse, découvrait la face sombre de l’homme qui partage son lit, sans qu’il ait la possibilité de lui fournir d’explications ! Il n’en peut plus de lui dissimuler une partie de lui-même. Ce sentiment tenace d’être désormais arrivé à un tournant de son existence.
C’est devenu une évidence. Il lui semble désormais difficile de continuer à cacher à sa compagne une vérité qui le ronge. Il est suffisamment lucide pour se rendre compte qu’elle commence à se poser des questions. Il veut préserver les enfants, mais sait qu’ils souffriront en apprenant quel père pitoyable il est ! Alors, à quoi bon différer plus longtemps l’inéluctable ? Il doit tout leur dire, et pour cela, il s’est résolu à écrire une confession. Il la fera lire à sa femme en sa présence. Il espère simplement qu’elle comprendra.
Tout à ses préoccupations, Julien s’aperçoit tardivement que le crachin s’est transformé en un véritable déluge. L’habitude d’une route connue par cœur et la fatigue font oublier les risques à rouler aussi vite sur une chaussée détrempée. Même en respectant la limitation de vitesse, sa voiture ne peut éviter la séance d’aquaplaning qui a le malheur de se produire au moment où le poids lourd qui la précède freine brusquement devant lui.
Julien réalise que son véhicule ne pourra éviter la collision. Un coup de volant de la dernière chance ne suffit pas. Sa dernière pensée est pour ses proches. C’est une certitude. Il ne fêtera pas ses quarante-cinq ans avec eux la semaine prochaine.
Le choc est effroyable et égoïstement, ce matin-là, les centaines d’automobilistes à emprunter l’autoroute de Bruxelles s’énerveront contre ce satané bouchon.
Stéphanie a du mal à émerger ce matin. Elle travaille chez elle le mercredi et apprécie traditionnellement cette rupture dans son organisation hebdomadaire. Elle aime cette sensation de liberté que lui offre la possibilité de passer la journée chez elle. Mais pas aujourd’hui. Elle s’est réveillée seule, à l’issue d’une nuit agitée, et a appris en se levant que son mari avait dû effectuer un dépannage au siège de sa société. Enfin, si elle en croit le message qui l’attendait sur la table de la cuisine.
« C’est quand même curieux qu’il n’ait pas réalisé l’intervention de la maison comme d’habitude ! », ne peut-elle s’empêcher de penser.
Stéphanie est en plein doute depuis plusieurs semaines. Elle ressent de plus en plus les absences de son mari comme une trahison. Elle aimerait être indulgente, vis-à-vis des astreintes auxquelles Julien est soumis, mais elle a perdu la confiance en lui qui jusqu’à présent constituait le ciment de leur couple.
L’humeur changeante de son époux et des décisions parfois surprenantes ont fini par lui mettre la puce à l’oreille. Elle le sent de plus en plus stressé et ne le reconnait plus. En entamant son déjeuner, elle se dit que cela ne peut plus durer. Elle doit savoir. Elle espère encore que son imagination lui joue des tours, pourtant au fond d’elle-même, elle sait qu’elle ne se trompe pas. Il lui cache quelque chose !
Il ne devrait plus tarder à rentrer. Il est même étonnant qu’il ne soit pas déjà là. Et si ce déplacement à l’entreprise n’en était pas un ? Et si son mari était au même moment en train de s’attarder chez sa maitresse ? À se miner avec des « si », Stéphanie sent une boule d’angoisse monter en elle. Se pourrait-il que ce fumier la trompe en prétextant des sorties professionnelles qui n’en sont pas ? Elle doit se ressaisir. Il est inutile d’échafauder les pires scénarios. Elle lui parlera quand il rentrera et il aura intérêt à se montrer convaincant !
Elle décide alors de savourer les quelques instants qui lui restent avant le réveil des enfants. Deux ados pleins de vie qui lui en font voir de toutes les couleurs. Elle en est à beurrer sa première tartine et s’apprête à la plonger dans son café quand la sonnette de la porte d’entrée retentit. Un son bref.
Elle pense immédiatement à Julien qui a oublié sa clé. Cela ne serait pas la première fois ! La jeune femme prend son temps. Aujourd’hui, elle n’est pas d’humeur à se précipiter pour se jeter à son cou. En soupirant, elle se lève de sa chaise et se dirige vers la porte. Manifestement, pas assez vite au gout de son mari. Pour la deuxième fois, le carillon se fait entendre. Énervée, elle ouvre brutalement la porte, en se disant intérieurement que cet abruti va finir par réveiller les garçons.
Un regard sur les deux policiers sur le pas de la porte lui fait immédiatement réaliser son erreur. Leur mine de circonstance ne laisse guère de place au doute.
Il est arrivé quelque chose de grave à Julien !
*
Laurence a revêtu son manteau et s’apprête à partir travailler. Ses clés à la main, elle est sur le point de fermer la porte de son domicile quand une musique familière se déclenche sur son smartphone. Son mari essaie de la joindre ! Un appel qui ne manque pas de la surprendre. Ce n’est pas vraiment l’heure où Olivier a l’habitude de lui faire un petit coucou. Beaucoup trop tôt. Avec une pointe d’appréhension, elle prend la communication. D’une voix hésitante qu’elle peine à reconnaitre, son homme s’exprime de manière confuse. Elle doit lui demander de répéter et augmenter le son de la réception, pour finir par comprendre ce qu’il essaie de lui dire :
- Je suis arrêté sur l’autoroute… J’ai eu… J’ai eu un gros problème avec le Volvo !
- Tu m’inquiètes ! C’est quoi tous ces bruits autour de toi ? Tu as eu un accident ?
- Oui, mais ne t’en fais pas pour moi ! Ce n’est pas ça qui est important. En fait, je viens de… de tuer quelqu’un !
- Comment ça, tu as tué quelqu’un ?
- J’ai dû piler, je n’avais pas le choix et…
Laurence ne parvient pas à en entendre davantage. Son époux, son roc, éclate en sanglots. Un comportement inhabituel chez lui. Elle connait son professionnalisme et sa légendaire prudence au volant. Elle ne peut pas croire qu’il ait provoqué la mort de quelqu’un. Olivier a voulu éviter un obstacle. Il ne devait pas pouvoir agir autrement.
- Calme-toi, où es-tu exactement ?
- Euh, je ne sais plus !
- Reprends tes esprits ! Respire un bon coup et réfléchis avant de répondre. Pense à ton planning !
- Je suis… sur l’autoroute de Bruxelles ! Cela me revient ! Près de la sortie Baisieux. Je suis à la hauteur du panneau annonçant la sortie à deux kilomètres.
- Tu es en état de conduire ?
- Je ne crois pas, mais de toute façon, je ne peux pas utiliser le Volvo pour le moment. Ils n’ont pas encore fini de désincarcérer la voiture à l’arrière et… C’est trop horrible…
Laurence comprend qu’Olivier n’est pas en état de conduire. Rien ne dit qu’en plus, le poids lourd sera encore en état de rouler quand la carcasse du véhicule encastré aura été dégagée. Sans compter le procès-verbal que devront dresser les forces de l’ordre, susceptible de durer plusieurs longues minutes, et aussi le risque que le camion soit immobilisé pour les besoins de l’enquête.
- J’essaie de te rejoindre au plus vite. Je sais que c’est difficile pour toi. Il est hors de question que je te laisse affronter cette épreuve tout seul. On n’est quand même pas mariés depuis vingt-cinq ans pour rien ! Bon maintenant je te laisse. Je dois me renseigner pour savoir où je peux te récupérer. Passe-moi le gendarme ou le CRS le plus proche de toi. Je dois lui parler !
En s’adressant à lui ainsi, elle a le sentiment de l’infantiliser, mais dans l’état dans lequel il se trouve, elle n’a pas vraiment le choix.
Après s’être entretenue avec un CRS, l’épouse du routier a la confirmation de ce qu’elle pressentait : celui-ci est en état de choc et dans l’incapacité de reprendre le volant dans l’immédiat. Les premières constatations ont été effectuées ; il est maintenant prévu qu’une ambulance emmène son époux au CHR de Lille pour qu’il y subisse des examens pour les besoins de l’enquête. La procédure normale en cas de mort accidentelle.
En raccrochant, Laurence n’a dès lors qu’une idée en tête : rejoindre l’hôpital. Mais auparavant, elle doit prévenir son employeur. Il n’est pas concevable qu’elle parte travailler en laissant son mari dans une telle détresse. Cela bouleversera son organisation de la journée, mais tant pis.
Il lui restera ensuite à expliquer la situation à son amant, avec lequel elle a prévu de passer la pause du midi. Mais elle ne doute pas qu’il comprendra !
*
Stéphanie est effondrée et peine à digérer la nouvelle. Pas son mari ! Ce n’est pas possible ! Il doit y avoir une erreur !
Les policiers partis, elle essaie de se persuader qu’il ne peut s’agir que d’une méprise. Julien a prêté son véhicule. C’est une autre personne qui était au volant. Voilà, c’est ça ! Mais elle se rappelle les paroles du brigadier : « Il y avait le portable de votre époux dans le vide-poche et ses papiers dans la boite à gants, c’est comme ça qu’on a réussi à trouver vos coordonnées ! »
Et dire qu’elle doutait de lui ! Il ne lui restait que cinq kilomètres avant d’arriver à la maison. Ah, si elle pouvait remonter le temps : l’embrasser avant qu’il n’aille réaliser son dépannage, lui faire une dernière fois l’amour, ou simplement lui dire que, malgré les doutes qui l’assaillent depuis quelques semaines, elle l’aime…
Elle s’en veut de sa mauvaise humeur de la veille. Elle sanglote maintenant assise sur sa chaise, les épaules secouées de soubresauts. Elle n’a pas touché à sa tasse de café et sa tartine enduite de confiture la dégoute. La gorge serrée, elle serait de toute façon incapable d’avaler quoi que ce soit !
Du bruit à l’étage la rappelle à la triste réalité. La chasse d’eau puis un pas lourd dans l’escalier lui confirment ce qu’elle appréhendait. Un de ses ados vient de se réveiller et elle ne va pas pouvoir différer plus longtemps l’épreuve qui l’attend. Une putain d’épreuve qui laissera des traces. Elle le sait déjà.
Mais quel enfoiré pourrait prétendre qu’il y a une méthode douce pour annoncer à ses enfants le décès de leur père ?
*
Alors que Laurence s’apprête à retrouver son mari à l’hôpital, elle se surprend à songer à Thibault, son amant. Pourquoi est-elle si faible et ne peut-elle renoncer une fois pour toutes à lui ? Mais elle ne connait que trop bien la réponse : parce qu’elle l’aime tout simplement, de la même façon qu’elle aime Olivier, et elle ne peut se résoudre à choisir.
Elle en est consciente depuis que ça lui est tombé dessus, et pour rien au monde, elle ne se priverait de l’un d’eux. Elle est pourtant suffisamment lucide pour anticiper que ni l’un ni l’autre n’apprécierait d’apprendre la vérité. Alors elle a appris à composer avec son secret dans sa vie quotidienne. En faisant croire à Olivier qu’il n’y a que lui, et à Thibault que son rival a une personnalité fragile qui ne supporterait pas le choc d’une rupture ! Deux mensonges pour pouvoir continuer à vivre comme elle l’entend.
En arrivant devant la porte de la chambre où l’attend son mari, elle se surprend à douter de pouvoir continuer son double jeu pendant des mois. Elle connait suffisamment celui qu’elle a épousé pour savoir qu’il aura du mal à surmonter le traumatisme d’avoir causé la mort d’un automobiliste. Elle a déjà pris conscience qu’il lui faudra du temps pour y parvenir, et surtout qu’il aura besoin de sa présence auprès de lui. De ce fait, les heures qu’elle pourra accorder à son amant risquent d’être ramenées à leur plus simple expression dans les semaines à venir.
Quand elle entre dans la pièce, il ne réagit pas immédiatement à sa présence. La tête entre les mains, il fixe le carrelage, assis sur le lit, indifférent à ce qui l’entoure. Alors, elle oublie pour un instant son dilemme et s’approche de lui sans un bruit. Elle mesure l’immensité de sa détresse à la tristesse qui émane de son regard. Sans prononcer un mot, elle s’installe à ses côtés et le prend naturellement dans ses bras comme un enfant.
Et à cet instant, plus rien d’autre ne compte pour elle que son homme !
Deux semaines se sont écoulées depuis l’accident tragique. Deux semaines dans un tourbillon qui n’a laissé à Stéphanie aucun répit. Elle a tout vécu en accéléré durant cette période, ce qui lui a évité d’avoir à réfléchir. Sa sœur Virginie était là pour l’épauler. Elle lui a permis de tenir le coup. Grâce à elle, Thomas et Louis ont pu compter sur leur mère pendant que leur tante s’occupait des démarches liées au décès et à l’incinération.
Le corps de Julien, très abimé, n’a pas été exposé dans un funérarium. Trop choquée, Stéphanie n’a pas tenu à le voir pour conserver le souvenir de l’homme qu’elle avait aimé. C’est Virginie qui a procédé à l’identification et c’est elle aussi qui a assisté seule à la mise en bière.
L’adolescence est généralement une époque d’hypersensibilité. Thomas et Louis n’ont pas échappé à la règle. Après des premiers jours difficiles où ils ont laissé libre cours à leur désespoir, ils ont émergé progressivement de leur tristesse avec une énergie nouvelle. Stéphanie les a alors devinés prêts à accepter la mort de leur père. Elle en a été soulagée, tant elle craignait qu’ils intériorisent leurs sentiments et ne sombrent dans la mélancolie.
Depuis toujours, les deux frères sont proches. Un peu plus de deux ans les séparent et ce faible écart d’âge a accentué leur complicité. Ils adoraient leur papa et c’était réciproque. Souvent, elle se surprenait à envier leurs conversations passionnées de mâles sur des sujets dont elle se sentait exclue.
Quand Stéphanie était tombée enceinte de Louis, son cadet, elle avait été désemparée. Elle avait alors pensé que c’était trop tôt pour un second enfant non désiré. Elle avait d’abord songé aux sacrifices qu’elle devrait consentir. À la carrière professionnelle qu’elle aurait à nouveau à mettre entre parenthèses, alors même que la société où elle exerçait ses talents de graphiste commençait à apprécier son savoir-faire et envisageait de lui proposer un poste d’encadrement. Et puis rapidement, elle s’était surprise à apprécier une grossesse qui se déroulait sans problème. Très vite, elle avait accepté son état et Thomas, dix-huit mois à l’époque, l’y avait aidé. Quand il avait compris qu’il allait avoir un petit frère, il avait manifesté sa joie et son enthousiasme communicatif avait fini par la convaincre. C’était ensuite devenu une évidence : la possibilité d’agrandir aussi rapidement la famille devait être perçue comme une chance et non comme une contrainte !
Seule dans sa cuisine, Stéphanie se morfond. Elle n’a pas encore repris le travail et ses deux ados sont partis au lycée. Elle se rend compte qu’elle n’a pas vu grandir sa progéniture et le regrette. Elle pense à la famille aimante qu’ils ont réussi à bâtir. Car elle ne peut le nier ; Julien a été un père formidable et Dieu sait si elle l’a aimé ! Il s’est beaucoup investi dans l’éducation des enfants, et à deux, ils ont formé un couple solide. Mais ça, c’était avant qu’elle ne commence à avoir des soupçons…
Elle se souvient des derniers mois quand la confiance qu’elle portait en son mari a commencé à être ébranlée. Les appels que Julien recevait le soir dans son bureau, la porte fermée pour ne pas qu’elle entende. Ses absences durant certains week-ends, soi-disant pour se rendre à sa société. Une urgence à ce qu’il disait. Ses silences quand elle s’intéressait de trop près à son quotidien ou ses réactions agacées quand elle lui posait des questions trop précises.
Pourtant, malgré tous les griefs accumulés contre lui, elle ne peut s’empêcher de constater à quel point il lui manque, et combien elle aimerait encore l’avoir à ses côtés pour la conseiller.
Elle réalise alors qu’elle ne pourra pas différer plus longtemps le tri des affaires de Julien. Une étape indispensable pour l’aider à faire son deuil. Dès lors, pourquoi le simple fait de fouiller dans ses papiers et d’ouvrir des tiroirs la remplit-elle autant d’appréhension ? Aurait-elle peur de ce qu’elle risque de découvrir ? Elle en est pourtant consciente, elle ne peut continuer à remettre cette épreuve. Elle doit s’atteler à cette tâche. Maintenant. Et puis, peut-être finalement s’imagine-t-elle des tas de choses pour rien ?
Remplie d’une énergie nouvelle, elle repousse la chaise et se lève. De toute manière, la cuisine la démoralise. Tous ces ustensiles accrochés au mur la dépriment. Elle n’a plus envie de préparer le moindre repas depuis la mort de son mari, et cela fait des jours qu’elle n’alimente plus sa famille que grâce à des plats tout préparés piochés dans le congélateur. Une hérésie pour elle, qui habituellement est complimentée pour ses talents de cordon-bleu. Eh bien, c’est décidé ; elle va débuter son rangement par le sanctuaire de son époux, l’endroit qu’il utilise pour travailler à la maison et s’isoler. Celui qu’elle a coutume d’appeler « le bureau ». S’il lui cache quelque chose, c’est là qu’il faut qu’elle cherche !
En pénétrant dans la pièce, elle est surprise par le désordre qui y règne. Le volet est baissé. Elle ne se souvient d’ailleurs pas l’avoir déjà vu levé. Elle appuie sur l’interrupteur. Une lumière de faible intensité en provenance d’un plafonnier lui permet de se repérer. Ce n’est pas un endroit où elle a l’habitude de s’attarder.
Dès qu’elle entre, une odeur de poussière se met à lui chatouiller le nez. Elle n’en est pas étonnée. Julien a toujours eu une conception particulière de l’entretien. Il refusait qu’elle s’occupe de ce lieu. Un vieux canapé, à lui seul, semble concentrer une bonne partie du problème. Elle préfère éviter de s’y assoir, sauf à réunir les conditions pour une salve d’éternuements.
Sur la table de travail de son mari trônent trois ordinateurs au milieu d’un déluge de listings, notes et courriers divers. « Pourquoi en utilise-t-il trois ? » se demande-t-elle. Si ce n’était que deux, un professionnel et un personnel, elle comprendrait, mais trois ? Ne trouvant pas de réponse à son interrogation muette, elle poursuit l’examen du bureau.
Sur les murs et les étagères sont exposés des figurines, des dessins et des copies de planches de BD à la gloire de Tintin. Une passion chez Julien qui a toujours eu le mérite de faciliter les idées de cadeaux. Mais à cet instant, sauf à transformer les lieux en un mausolée, elle songe à s’en débarrasser. Sinon, quelles raisons aurait-elle de les conserver ? Ses garçons ne sont pas des inconditionnels de Hergé, et comme les mangas ont davantage leurs faveurs…
En parcourant des yeux l’antre de son compagnon, son regard finit par se poser sur un caisson pour lequel elle n’avait jamais manifesté d’intérêt jusqu’à présent. Lorsqu’elle tente d’inspecter les tiroirs, elle constate qu’ils sont fermés à clé, un détail qui ne manque pas de l’intriguer.
« Si Julien dissimule un secret, j’en trouverai peut-être des traces à l’intérieur ! », s’imagine-t-elle, tout en réfléchissant à un moyen de les ouvrir.
Quelques minutes plus tard, munie d’un couteau, elle s’attaque à l’unique serrure. Sans trop de difficultés, elle parvient à la forcer, et avec une certaine anxiété, examine le contenu du premier tiroir. De la paperasse sommairement classée qui semble concerner son couple. Elle n’a pas à fouiller longtemps pour dénicher autre chose qui retient cette fois davantage son attention. Dans le second compartiment, tout au-dessus, un prénom porté sur l’étiquette d’une chemise.
Un prénom que Julien a pris soin de noter d’une écriture appliquée et qu’elle pourrait difficilement ne pas reconnaitre, dans la mesure où il s’agit du sien !
*
- Je dois aller la voir !
- Je ne pense pas que cela soit une bonne idée. Tu commences tout juste à te remettre de l’accident et je ne crois pas que tu sois psychologiquement suffisamment solide pour ça.
- Mais, tu ne veux donc pas comprendre ! J’ai tué son mari ! C’est quand même la moindre des choses que je la voie pour, au moins, m’expliquer avec elle. Lui dire que je regrette, que si je pouvais revenir en arrière, je le ferais sans hésiter…
Laurence essaie en vain de raisonner Olivier, mais ce dernier ne veut rien entendre. Il tient à se rendre chez la compagne de l’automobiliste décédé. Et rien ne parviendra à le faire changer d’avis !
Elle est désormais à bout de nerfs, d’autant qu’elle doute de la capacité de son homme à tenir un volant, même d’une voiture. Le traumatisme est toujours présent. Que se passerait-il s’il était amené à freiner brutalement ? Est-ce qu’il aurait la bonne attitude ou marquerait-il un temps d’hésitation, au risque de mettre sa vie en danger ? En plus, elle n’approuve pas son comportement, car elle sent bien que son compagnon recherche avant tout le pardon de celle qu’il s’est mis en tête de rencontrer !
Tout va trop loin. Olivier a besoin d’être aidé par un psychologue. Elle ne s’en sort plus toute seule. De toute façon, il lui parait évident que l’initiative sera mal perçue par la veuve. Elle lui reprochera de remuer le couteau dans la plaie ! Et puis, Laurence n’ose se l’avouer, mais l’absence de Thibault, son amant, a provoqué chez elle un état de manque. Elle se surprend à étouffer auprès d’un homme qui ne la touche plus depuis son accident. Il lui arrive de rêver la nuit de son amant pendant que son époux dort d’un sommeil agité. Il y a maintenant deux semaines qu’elle ne l’a pas vu et elle devient folle à rester confinée auprès d’une personne qui ne cesse de lui répéter la même chose. Déjà que son employeur admet difficilement l’arrêt de travail qu’elle s’est fait prescrire pour que son mari ne reste pas à broyer du noir tout seul à la maison !
Perdue dans ses pensées, elle ne s’aperçoit pas qu’Olivier enfile son blouson et se dirige vers la porte d’entrée. Les clés de la Clio à la main, il est résolu à aller jusqu’au bout de son projet insensé, avec ou sans elle.
Quand elle sort de sa rêverie, il est déjà sorti. Elle se précipite pour le retenir et le décourager de commettre cette folie. Mais il est trop tard, il a franchi les quelques mètres qui le séparaient de la voiture. Alors pour une fois, elle baisse les bras et le laisse partir. Répondant même au petit signe qu’il lui envoie avant de démarrer.
Malgré tout l’amour qu’elle éprouve pour lui, Laurence ne s’est pas mariée pour lui servir de baby-sitter. Elle a besoin de souffler, aussi elle profitera de son absence pour essayer de contacter Thibault. Elle réalise alors en soupirant que jamais le triangle amoureux, dans lequel le hasard des sentiments l’a placée, n’a été aussi difficile à assumer !
Tout juste après la collision, le week-end qu’ils s’étaient octroyé sur la côte d’Opale avait été un fiasco, alors qu’elle s’en faisait une joie. Olivier n’avait cessé de se remémorer les circonstances de l’accident. Il ne lui avait adressé la parole que pour se lamenter. Au début compréhensive, elle avait fini par détester le ton plaintif qu’il utilisait pour s’adresser à elle. Les dessous coquins qu’elle avait pris soin d’emporter dans sa valise pour égayer le séjour étaient restés sagement à leur place. Les balades sur la plage avaient été mornes et totalement dénuées de passion.
Elle doit maintenant l’admettre ; son mari n’est plus que l’ombre de lui-même. Elle n’est pas armée pour l’aider seule à sortir de la dépression dans laquelle il est en train de s’enliser. Au bout de quinze jours, son impuissance lui saute désormais aux yeux. Elle a sous-estimé les difficultés devant un traumatisme de cette ampleur. Elle doit rechercher au plus vite une solution, sous peine de s’en détacher progressivement, ce qu’elle ne souhaite pas. Car elle sent au plus profond d’elle-même qu’elle ne veut pas le perdre. Ils viennent de fêter leurs vingt-cinq ans de mariage ; l’épreuve qu’ils traversent doit servir à renforcer leur couple. Mais dans le même temps, elle n’envisage pas de renoncer à Thibault, tant Laurence est persuadée que c’est entre les deux hommes qu’elle conservera son équilibre.
Dans la confusion mentale qui est la sienne, elle finit par entrevoir un moyen de sortir du piège dans lequel elle est en train de s’enfermer et elle se demande alors pourquoi elle n’y a pas songé plus tôt !
- Une chance que tu aies pu rentrer déjeuner à la maison ! Cela n’arrive pas si souvent.
- J’avais envie de me changer les idées et de vous voir tous les deux.
- Tu es sûr que c’est vraiment pour moi que tu es là ? Ce ne serait pas plutôt pour embrasser ton fils et avoir le plaisir de lui donner son biberon ?
Depuis deux mois que Léo est né, Michel en est gaga. Au grand soulagement de Sidonie, sa compagne, il s’implique beaucoup. Changer une couche, donner un bain ou préparer un biberon n’ont plus de secrets pour lui.
Ancien policier, le jeune papa est depuis près d’un an responsable de la sécurité dans une société qui crée des logiciels de jeux sous licence. Un secteur sensible où la concurrence est exacerbée. Des fuites chez un autre concepteur et ce sont des heures de travail acharné qui peuvent être remises en cause.
Sidonie le regarde amoureusement. Depuis qu’il a changé de métier, il n’est plus le même homme. Plus posé, moins stressé. De plus, à de rares exceptions près, elle le voit le week-end, ce qui n’a pas de prix. Ils parviennent désormais à prévoir des sorties et à planifier des vacances, ce qui n’était pas souvent le cas lorsqu’il était encore un représentant de l’ordre soumis à des astreintes régulières et à de fréquents changements d’emploi du temps.
De son côté, elle est sur le point de reprendre son travail de commerciale dans un cabinet d’assurances de Roubaix. Alors oui, l’implication de celui qui partage sa vie depuis presque deux ans la rassure.
- Au fait, comment ça se passe avec ton amie Stéphanie ? Tu l’as revue depuis l’enterrement ? Quand je pense que c’était en partie grâce à Julien que j’avais pu obtenir mon poste. Sa recommandation m’avait bien servi à l’époque !
- Difficile de te répondre ! Je n’ai pas eu l’occasion de la voir depuis, mais je lui ai encore parlé hier au téléphone et ça avait l’air d’aller mieux. Avant la fin de mon congé maternité, il faut vraiment que je parvienne à manger au moins une fois avec elle. À ce qu’elle m’a dit, elle s’apprêtait à trier les affaires de Julien pour s’occuper l’esprit. Si elle a réellement commencé à le faire, c’est une bonne chose. Au moins quand ses deux enfants sont au lycée, elle ne se morfond pas affalée sur son canapé, un verre à la main ! Mais tu m’y fais penser, tu ne pourrais pas t’occuper de Léo samedi midi ? Cela me permettrait de me faire un petit resto avec Stéphanie si elle est dispo. Je t’en prie, dis-moi oui !
- Tu sais bien que je ne peux rien te refuser, et - attends que je vérifie dans mon agenda - ça tombe bien, je n’ai rien de prévu ce jour-là !
