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Proche de la Chine, la Corée a été de bonne heure attirée dans l'orbite de sa puissante voisine. Elle en a reçu de nombreux apports, sans jamais vraiment complètement les assimiler, tout comme elle a constitué une importante tête de pont pour leur transmission vers le Japon.
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Seitenzahl: 51
Veröffentlichungsjahr: 2016
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ISBN : 9782341003230
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Proche de la Chine, la Corée a été de bonne heure attirée dans l’orbite de sa puissante voisine. Elle en a reçu de nombreux apports, sans jamais vraiment complètement les assimiler, tout comme elle a constitué une importante tête de pont pour leur transmission vers le Japon. Dans une dynamique paradoxale de rejet dû à cette confrontation, la Corée a su tirer profit des diverses influences auxquelles elle était exposée, en développant un art aux caractéristiques propres.
Période charnière entre le Néolithique coréen et l’Âge du bronze proprement dit, le IIe millénaire avant notre ère est marqué par l’introduction de la riziculture dans la péninsule, associée à un outillage perfectionné en pierre polie comprenant des couteaux semi-circulaires pour la moisson. Afin de libérer les terrasses basses pour les cultures, les villages se déplacent vers les pentes des collines. Les dolmens, généralement considérés comme les sépultures d’une élite naissante, apparaissent à cette époque, et une nouvelle céramique, grossière et sans décor, remplace progressivement celle de la période précédente dont les motifs géométriques se complexifient avant de disparaître.
Aux alentours de l’an mille avant notre ère, la métallurgie du bronze se développe dans la péninsule, accompagnée de sépultures en fosses dallées de pierres qui coexistent avec les dolmens. Le mobilier funéraire témoigne d’une forte hiérarchisation de la société : les armes et les miroirs en bronze, les très beaux poignards de pierre veinée finement polis, les vases rouges lustrés, les ornements de jade (dont les premiers magatama : ornements en forme de griffe) et les pierres précieuses caractérisent probablement les tombes de la classe dirigeante.
Divers ensembles de gravures rupestres à motifs figuratifs ou abstraits, des figurines animales en argile, des cuillères décorées, des visages sculptés sur bois et une flûte en os appartiennent également à l’Âge du bronze coréen.
À partir de la fin du Ve siècle avant J.-C., la technologie du fer commence à se diffuser en Corée, et de nombreuses monnaies en forme de couteau fabriquées dans la principauté chinoise de Yan circulent dans la péninsule. Parallèlement, les mégalithes disparaissent, les modes de sépultures se diversifient et la riziculture devient intensive. Jusqu’au Ier siècle avant notre ère, l’usage du bronze continue cependant à jouer un rôle important dans la fabrication des armes, des miroirs et des nombreux objets rituels (cloches, plaques de formes variées à décors gravés et souvent munies de grelots). Des éléments de harnachement et des pièces d’ornement : boutons décorés de motifs géométriques simples, boucles de ceintures zoomorphes, complètent cet art mobilier en bronze. Les premières perles en verre, souvent tubulaires, apparaissent aussi à cette époque.
Vers 195 avant J.-C., le royaume de Wiman Chosŏn s’établit dans le nord-ouest de la péninsule, probablement favorisé par sa position d’intermédiaire dans le réseau commercial qui relie le nord de la Chine et les régions centre et nord-est de la Corée. Moins d’un siècle plus tard, en 108 avant J.-C., les Chinois envahissent ce royaume et y créent quatre commanderies. Celle de Lelang, célèbre pour ses tombes riches typiquement Han, se maintiendra jusqu’en 313 après J.-C. Militaires, fonctionnaires civils, marchands et artisans s’y installent et entretiennent des relations avec les populations du Sud qui peuvent échanger du poisson, du sel, du fer, du bois et des produits agricoles contre des biens d’importation chinoise (objets en bronze, en fer ou en argent, laques, jades, soie). Les miroirs en bronze de type chinois, particulièrement prisés, sont ensuite copiés localement.
Durant les premiers siècles de notre ère, le royaume de Koguryŏ, situé au nord-est de la commanderie de Lelang, est déjà constitué en un véritable État avec un centre urbain entouré d’une muraille, une architecture monumentale et un gouvernement centralisé. Dans la partie méridionale de la péninsule, plusieurs entités politiques puissantes et hiérarchisées se développent : dans le Sud-Ouest, un groupe, dont les dirigeants sont inhumés dans de grands cercueils en jarres sous tumulus, sera intégré au royaume naissant de Paekche avant d’avoir pu s’organiser en État ; dans le Sud-Est, la confédération de Kaya résistera plus longtemps à un autre jeune royaume, celui de Silla, qui annexera la région au milieu du VIe siècle, puis l’ensemble de la péninsule en 668.
De nombreuses tombes et leur mobilier, des rochers gravés ou sculptés de thèmes bouddhiques, quelques places fortes, des plans de palais et de temples représentent les principaux vestiges des royaumes coréens décrits dans les textes historiques chinois.
À Koguryŏ, les peintures funéraires qui décorent les chambres intérieures des grands tombeaux des régions de Tonggu et de P’yŏngyang sont bien conservées. Les plus anciennes (IVe-Ve s.) montrent le couple défunt ainsi que des scènes de banquets, de danse, de lutte ou de chasse. Des animaux fantastiques (serpents à deux têtes, chevaux et poissons ailés) apparaissent également. Ensuite, à partir du VIe siècle, les parois s’ornent de motifs d’origine chinoise qui représentent les quatre directions (tortue noire au Nord, phénix rouge au Sud, dragon vert à l’Est et tigre blanc à l’Ouest), et les plafonds en lanterne accueillent des génies célestes chevauchant des dragons ou jouant de la musique. Les motifs bouddhiques apparaissent très souvent dans ces peintures, montrant l’attrait de l’élite pour la nouvelle religion, introduite à Koguryŏ en 372. Les sculptures, également inspirées du bouddhisme, témoignent de l’influence du style des Wei du Nord (398-534) dans ce royaume depuis longtemps sinisé.
