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Avac, jeune garçon de sept ans, est le neveu de Némi, l'emblématique chasseuse muette de la tribu de Galek. Très attristé par le décès de Meyda, sa grand-mère, il développe une peur panique des grottes et de l'obscurité. Éprouvé par les cauchemars, angoissé à l'idée de devenir peintre et d'être obligé de se rendre à l'intérieur d'une caverne, Avac inquiète ses parents.
Mais une rencontre inattendue va venir bouleverser ses habitudes et son quotidien. Lui rendra-t-elle le sourire ? L'aidera-t-elle à faire son deuil ? Et la confrontation à ses peurs, inéluctable, lui permettra-t-elle de les dépasser ?
Viens découvrir les formidables aventures d'Avac et Loup, au cœur d'une tribu préhistorique et des plus beaux chefs-d’œuvre de l'art pariétal.
À PROPOS DE L'AUTRICE
Sandrine Le Goff - Enseignante en école élémentaire depuis 1997, elle s’est plongée dans l’univers de la Préhistoire afin de pouvoir répondre aux innombrables questions de ses élèves sur le sujet. Et tout comme eux, elle a commencé à se passionner pour cette époque captivante, qu’elle s’efforce aujourd’hui de faire découvrir à tous par le biais de ses romans, déclinés en deux versions : l’une destinée aux adolescents et adultes, et l’autre aux enfants de 7 à 11 ans.
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Seitenzahl: 77
Veröffentlichungsjahr: 2025
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Avac et Loup
Roman
Sandrine LE GOFF
Affronter ses peurs,
c'est accepter de grandir,
choisir de vivre un moment pénible
qui permettra de se sentir mieux après.
Alors, affronte-les !
Je suis un grand. Je n'ai pas peur.
Collé à son grand frère Gaïr, qui le dépassait d'une bonne tête, Avac, un jeune garçon de sept ans aux boucles brunes, essayait de se convaincre lui-même que tout allait bien se passer et de rassembler tout son courage, en prévision de l'événement qui l'attendait.
Aujourd'hui, toute la tribu de Galek allait dire au revoir à Meyda, la grand-mère d'Avac, une grande artiste-peintre, qui s'était éteinte plusieurs jours auparavant à l'intérieur de la grotte sacrée.
Elle était allée regarder, comme elle en avait l'habitude, les magnifiques aurochs qu'elle avait peints dans sa jeunesse sur les parois de la cavité et ses forces l'avaient vraisemblablement abandonnée. Peintre lui aussi, Towen, son fils et le père d'Avac, l'avait trouvée allongée sur le sol froid, sans vie. L’esprit de Meyda avait rejoint ceux des ancêtres. Avac savait qu'elle avait été enterrée quelque part, mais il ignorait où. Après son décès, son père avait disparu pendant des jours entiers, sans dire où il se rendait.
Et aujourd'hui, les membres de sa tribu s'apprêtaient à lui rendre hommage, en allant tous ensemble admirer ses merveilleuses peintures.
C'était un événement inhabituel, car la grotte sacrée n'était normalement accessible qu'au chaman, Toar, et aux peintres. Tous étaient très tristes de la disparition de Meyda. Mais tous étaient également ravis de pouvoir pour une fois pénétrer dans la grotte. Tous, sauf Avac !
Le petit garçon était particulièrement malheureux de la disparition de sa grand-mère. Il avait toujours eu un rapport très privilégié avec celle-ci. Elle s'était toujours occupée de lui, avec tendresse et gentillesse et lui racontait souvent des histoires qui le faisaient rêver. Elle lui parlait de sa vie quand elle était petite et, surtout, de sa passion pour la peinture. Avac, à sept ans, connaissait déjà tout ce qu'il y avait à savoir sur la préparation des pigments, les couleurs utilisées par le peintre, sur la fabrication des pinceaux avec le crin des chevaux, sur l'observation des animaux dans la nature pour pouvoir ensuite les reproduire sur les murs de la grotte. Sans en parler à quiconque, Meyda lui avait tout appris, même à dessiner. Elle le faisait s'entraîner sur le sol en terre, parfois sur de petites pierres plates, avec son doigt, un bâton ou un morceau de charbon, récupéré dans le foyer éteint. Avac avait rapidement montré de bonnes dispositions pour le dessin, à la grande joie de sa grand-mère. Et comme elle, il aimait les animaux. Il aimait l'entendre parler des chevaux qu'elle observait parfois pendant des heures dans une prairie, ou des aurochs, majestueux, dont il fallait se méfier, des bisons, imposants et si beaux ! Mais aussi des oiseaux, que l'on voyait voler dans le ciel et qui semblaient si libres, des lapins, tout mignons avec leurs grandes oreilles, qui détalaient au moindre bruit, des biches délicates et des cerfs aux bois impressionnants, que l'on entrapercevait parfois en forêt et de tous les prédateurs que les hommes fuyaient : les lynx, les loups, les lions des cavernes, les hyènes... Il y avait tellement d'animaux différents ! Avac s'émerveillait quand il en voyait, au hasard des déplacements de la tribu. Il essayait de fixer, dans sa mémoire, tous les détails qu'il remarquait, comme Meyda le lui avait enseigné : les pattes, les ailes, les bosses, les trompes, les oreilles, les crinières, les dents, tout ce qui faisait la spécificité de chaque animal. Avec l’aide de sa grand-mère, il tentait ensuite de les reproduire en dessinant.
Mais aujourd'hui, Meyda n'était plus là. Elle ne lui raconterait plus d'histoire, elle ne lui montrerait plus les animaux, elle ne l'aiderait plus à dessiner. Avac sentait peu à peu une boule se former au fond de sa gorge et les larmes monter à ses yeux.
Towen et Sylla, ses parents, lui avaient expliqué que Meyda était maintenant devenue un esprit, comme tous leurs ancêtres disparus et que son âme vivrait pour toujours dans la grotte sacrée. Mais Avac ne comprenait pas bien ce que cela voulait dire et il n'avait pas du tout envie d'entrer dans cette grotte. Elle était noire, elle était humide et froide, elle lui faisait peur. Et c'était elle qui lui avait enlevé sa grand-mère. Il se mit à trembler.
Tout le monde était rassemblé devant la caverne et attendait le signal de Toar pour pouvoir entrer. Towen et Sylla se tenaient à côté de leurs deux fils et ne semblaient pas avoir remarqué le malaise grandissant du plus jeune. Sylla aperçut alors Méhan, un garçon d'une dizaine d'années qui approchait d'eux et le salua amicalement.
« Bonjour, Méhan !
– Bonjour à tous ! Avac, tu as encore grandi, tu es presque aussi grand que moi maintenant ! » s'écria-t-il en faisant un clin d’œil au petit garçon.
Avac lui sourit. Méhan était son cousin et il l'aimait beaucoup. C'était le fils de Toar et de Némi, la cheffe de la tribu, qui était également la sœur de Towen.
Némi était la meilleure chasseuse du clan et tout le monde la respectait énormément. Elle impressionnait beaucoup Avac, mais elle était toujours gentille avec lui, alors il l'aimait bien, même s'il la trouvait également un peu bizarre. Elle ne pouvait pas parler avec sa bouche, donc elle faisait bouger ses doigts et ses mains pour communiquer avec les autres. Avec Toar, ils avaient imaginé tous les deux ce langage particulier et l'avaient ensuite appris à toute la tribu. Donc tout le monde, même les enfants, la comprenait parfaitement lorsqu'elle s'exprimait avec des gestes plutôt qu'avec des mots. Avac l'aperçut, un peu plus loin. La cheffe avait des larmes qui coulaient le long de ses joues. Le petit garçon se sentit étrangement plus proche d'elle, à cet instant. Ils avaient, tous les deux, perdu quelqu'un qu'ils aimaient beaucoup. Lui, sa grand-mère, elle sa maman.
Méhan, comme les autres enfants, avait les yeux qui brillaient d'excitation. Il semblait ravi de pouvoir découvrir l'intérieur de la grotte.
Avac essaya à nouveau de se donner du courage.
Je suis un grand. Je n'ai pas peur, se répéta-t-il encore une fois.
Toar vint alors se placer devant l'assemblée.
Le silence se fit instantanément. Tous avaient compris que le moment était venu et ils cessèrent immédiatement leurs bavardages. Avac sentit les battements de son cœur accélérer, ses mains devenir moites.
« Nous allons maintenant pénétrer dans la grotte sacrée, déclara le chaman. - un frémissement joyeux traversa tout le groupe - Vous allez découvrir l'endroit le plus précieux pour notre tribu, le lieu où vivent toujours les esprits de nos ancêtres. »
Avac avait l'impression que ses jambes allaient refuser de le soutenir davantage et qu'il allait s'effondrer sur le sol.
« C'est un endroit magique, mystérieux, vous devez le respecter en ne faisant aucun bruit. Nous allons regarder les œuvres de notre bien-aimée Meyda, mais aussi celles des peintres de notre tribu avant elle. Suivez-moi ! »
Toar se mit en route, aussitôt suivi par les membres du clan. Avac avala sa salive péniblement. Il se sentait incapable de les suivre. Il avait chaud, trop chaud, la tête lui tournait. Ne semblant pas remarquer l'état dans lequel il se trouvait, sa mère le poussa légèrement dans le dos pour le faire avancer. D'un pas mal assuré, le jeune garçon commença à marcher lentement et se fit bientôt dépasser par tout le monde. Seul son frère était encore à côté de lui, lui tenant la main.
Au bout de quelques mètres, ils arrivèrent devant le porche d'entrée de la grotte. Toar s'arrêta un instant pour donner une dernière instruction.
« Méhan, Gaïr, dit-il en s'adressant à son fils et son neveu, approchez-vous et prenez ces lampes à graisse, pour que nous ayons un peu plus de lumière à l'intérieur ! »
Gaïr dut abandonner son frère pour répondre à la demande de Toar. Avac trembla davantage en le voyant s'éloigner de lui. Il ne sentait plus sa chaleur contre lui et la panique le gagna.
Les deux jeunes garçons rejoignirent le chaman et prirent, chacun, une des petites lampes qu'il leur tendait, creusées dans la pierre. Elles étaient remplies de graisse animale et de mèches végétales que Toar avait allumées. Elles avaient commencé à se consumer et répandaient une douce lueur tout autour d'eux. Leurs ombres projetées sur les parois rocheuses tremblaient. Avac serra les poings et les dents pour ne pas hurler de terreur.
« Allons-y ! Bienvenue dans la grotte sacrée ! Bienvenue dans le monde des Esprits ! », s'exclama Toar, en écartant les bras.
Et alors que tous les autres emboîtaient joyeusement le pas au chaman, c'en fut trop pour Avac. Il ne pouvait pas entrer là-dedans. Sentant les larmes monter, le petit garçon fit brusquement volte-face et partit comme une flèche en direction du campement.
