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Fermement opposée à tout statisme, la notion d'avant-garde se veut dynamique et de combat, presque ontologiquement vouée à son propre dépérissement.
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Seitenzahl: 47
Veröffentlichungsjahr: 2017
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L’origine du terme renvoie clairement au domaine militaire. Le déplacement métaphorique et la généralisation de cette terminologie dans d’autres champs (notamment intellectuel, politico-révolutionnaire et artistique) furent progressifs. Cependant, l’inspiration militaire, ou du moins guerrière, a continué d’imprégner l’usage du terme. Fermement opposée à tout statisme, la notion d’avant-garde se veut dynamique et de combat, presque ontologiquement vouée à son propre dépérissement.
Le développement du terme, dans le champ artistique, est contemporain de l’époque romantique. Mais c’est sans conteste au XXe siècle qu’il prend véritablement son essor et son importance. Initialement, lié à des expériences radicales (le futurisme italien « théorisé » par F. T. Marinetti, notamment), il caractérise alors des propositions variées souvent inconciliables, dont la discontinuité historique rend ardue toute généralisation. Ainsi, entre la radicalité dadaïste, en guerre contre l’« aliénation artistique » (M. Perniola), et des attitudes ou postures faisant une large place à l’œuvre individuelle, le spectre est immense.
Acte de refus intransigeant à l’égard de la société, de ses normes artistiques et politiques, les avant-gardes se caractérisent, entre autres, par leur mode d’apparition publique. Ne dédaignant pas les scandales, les manifestes et actions émanant de ces groupes sont polémiques, satiriques, provocateurs, parfois violemment agressifs. Ces actions d’éclat, plus ou moins motivées politiquement, peuvent n’avoir pour but qu’une « publicité » donnée aux « thèses » du mouvement : les futuristes italiens emmenés par Marinetti excelleront dans la mise en scène, par voies d’affiches ou de conférences, de leurs propos. L’une des constantes des mouvements d’avant-garde a toujours été, au sens fort de l’expression, de « faire événement », en brisant toute frontière traditionnelle entre « sphère esthétique » et existence.
Le terme avant-garde ne peut être dissocié de la question politique. À ce titre, l’apport léniniste à la notion d’avant-garde tel qu’il s’exprime dans Que faire ? (1902) est déterminant. De fait, la question politique demeurera centrale (et problématique) pour nombre d’avant-gardes artistiques. Futuristes et constructivistes russes appartiennent résolument au « front gauche de l’art ». De son côté, le surréalisme ne renoncera jamais à la double volonté de « transformer la vie et de changer le monde », ce qui, après un bref passage contrarié au Parti communiste, amènera certains de ses membres (Benjamin Perret notamment) à se ranger au côté du trotskisme, tandis que d’autres rejoindront les rangs de l’anarchisme. Le renouveau de l’avant-garde auquel on assiste dans les années 1960 en France avec, entre autres, le groupe Tel Quel, s’inscrit dans une même perspective émancipatoire, après avoir été proche du Parti communiste. Car le refus radical de tout statisme conduit inévitablement à une attirance pour les processus révolutionnaires. Ces groupes postulent dès lors un lien insécable entre la « révolutionnarisation » des formes d’expression et celle des rapports sociaux. Reste qu’en soi le terme d’avant-garde ne dit rien sur la validité des options politiques défendues. Le soutien de F. T. Marinetti à Mussolini en est la preuve : obsédé par le mouvement, la célébration de la technique, de la violence et de la guerre, le futurisme italien a fini par rencontrer le fascisme.
En parallèle à de tels mouvements, un autre pan de l’avant-garde se distingue au contraire par son refus de toute implication politique. Dans le sillage de l’art pour l’art, initié par Théophile Gautier, il valorise alors son autonomie, privilégie la recherche formelle, et se défie de toute possible intrusion dans des espaces a priori non artistiques. Aussi hétérogènes soient-ils, ces travaux – en cela, similaires aux avant-gardes politiques-artistiques – mettent chaque fois en crise la question de la mimèsis tout à la fois dans son acception contextuelle (le type de représentation dominante) mais aussi essentielle – ce qui conduit les mouvances les plus radicales à contester la valeur de toute représentation.
Il est, de fait, difficile de cerner précisément toutes les formes d’expérimentation qu’une telle notion recouvre. Rétrospectivement, des mouvements comme le futurisme, le surréalisme, l’acméisme, le constructivisme – même si certains, ce qui est loin d’être innocent, se sont dégagés d’une telle appellation – peuvent être définis comme d’avant-garde. Mais la difficulté resurgit dès lors qu’on tente d’en préciser sinon les invariants, du moins les affinités, ou un socle solide de déterminations. L’avant-garde marque toujours un acte de rupture par rapport aux esthétiques dominantes d’une époque. Il convient dès lors de contextualiser les différentes formes qu’elle a pu prendre en fonction des critères nationaux et historiques. L’homme nouveau que célèbre le futurisme naît ainsi d’un rejet violent du passé, qu’il s’incarne dans la culture, la société ou les hommes. Reste qu’une telle volonté de rupture ne présuppose pas forcément une négation du passé. Si Dada, fondé par Tristan Tzara à Zurich en 1916, ou, pour des motifs dissemblables, les futuristes russes semblent faire table rase de toute histoire, les surréalistes ont à cœur de rechercher « l’or du temps » (André Breton) et de retrouver chez Sade, Fourier, Rimbaud ou Lautréamont, entre autres, les échos d’une révolte dont ils sont les continuateurs. De même,
