Avec tout mon Amour - Sandrine Fort - E-Book

Avec tout mon Amour E-Book

Sandrine Fort

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Beschreibung

"Si tu as un enfant comme ça, c’est que tu l’as mérité". La violence de cette phrase, résume la souffrance et le courage de Sandrine.
"À travers ces lignes je ne règle pas mes comptes... J'écris juste ce que j'ai encaissé durant ces 20 dernières années avec une belle famille connue à Monaco. je décrits aussi leurs faces cachées...
Je suis certaine que beaucoup de femmes et (ou) mères se reconnaitront dans la définition du mot "Aimer", sans limite et donner sans compter.
Un combat avec le père de mes enfants, et celui de ma vie, accompagner un enfant, mon Alec, que l'on sait condamné...
J'ai survécu... Je survivrai...
Ce témoignage, loin d'être un hymne à la tristesse ou à la tragédie, est au contraire un cri d'AMOUR à la vie... Il témoigne aussi des ressources que nous avons enfouies au plus profond de nous et que nous découvrons lorsque le "moment" s'en fait sentir.
Ce qui ne m'a pas tué m'a rendu bien plus forte !


À PROPOS DE L'AUTEURE


Sandrine Fort réside à Menton. Mère de 4 enfants, grand-mère et mère au foyer. Parmi ses enfants, Alec, atteint de Leucodystrophie. Ses écrits témoignent du combat d’une maman pour son fils, d’une femme dans sa vie au quotidien. De la prise d’otage d’un directeur de la DDAS, au soutien de personnalités politiques ou médiatiques, Sandrine est un exemple de courage pour beaucoup d’entre nous...



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Seitenzahl: 156

Veröffentlichungsjahr: 2022

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Avec tout mon amour…

 

 

 

Par

Sandrine Fort

 

 

 

 

 

Sommes-nous préparés à suivre le chemin de notre vie ?

Souvent, lorsque je remarche dans les pas de ma jeunesse, sur la route qui me conduisait à l’époque, ici ou là, je me revois enfant, sautillante, insouciante, pleine de rêves, sur ce même chemin, et je me dis…si j’avais su…qu’aurais-je fait ?

Qui prend le temps, lorsque l’amour sonne à notre cœur, de réfléchir et de se poser la question : est-ce le bon ?

Car avec le recul, mes choix, les choix de tous, seront remis en question.

Qui ? Hormis nos grand-mères, qui étaient programmées pour être des épouses et des mères uniquement soumises à l’Époux, qui donc n’a jamais regardé en arrière avec sinon des regrets du moins de la mélancolie ? Passée la passion, qui finalement est aussi une question d’hormones, nous devons vivre avec des gens qui souvent sont si différents de nous, que toute notre bonne volonté, tous nos espoirs et tous nos rêves n’y résistent pas. C’est alors le temps des regrets, et pour longtemps, sur nos choix. Alors, nous repensons avec nostalgie, aux sages conseils de nos parents, les mêmes qu’aujourd’hui, nous donnons à nos filles, sans beaucoup plus de succès.

Et voilà que nos enfants, parce qu’il y a vingt ans, nous avons suivi notre cœur, passent leurs anniversaires sans leur père. Et voilà qu’il nous le reproche. Et voilà que nous souffrons encore, et que nous n’y pouvons rien !

Quelle que soit notre destinée, nous l’avons rarement choisie et je ne pense pas que nous y ayons été préparés.

J’ai tendance à penser, heureusement, car certaines épreuves sont si lourdes à porter que nous aurions tout fait pour les éviter. Et pourtant, ce sont celles-là mêmes qui nous font vraiment grandir, nous rendent meilleurs, et dont nous tirons nos plus grandes joies.

Encore faut-il savoir grandir …

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« L’avenir c’est du passé en construction »

 

 

Ayez toujours à l’esprit cette pensée de Pierre Dac, et profitez au maximum de chaque instant.

 

                                          

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chapitre I

 

 

 

Mélanie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par où commencer ?

Je ne sais plus.

A force de me dire « je vais l’écrire  ce livre… » .

Les jours, les mois, les années ont passé et maintenant…par où commencer ?

 

Comment mettre sur papier ces vingt-cinq dernières années, qui ont fait de moi celle que je suis… ? Dure, stricte, têtue, forte, grande gueule mais aussi exigeante, plus envers moi encore qu’envers les autres…et j’en oublie sûrement !

 

Pourtant, il le faut.

C’est important !

C’est important pour mes enfants, pour ma famille, pour mes amis, pour moi, mais surtout, c’est important pour toi, Alec.

 

Certains trouveront peut-être prétentieux de vouloir écrire sur ma vie. Il doit y avoir tant de personnes pour qui la leur n’est qu’une succession de misères. Oui, mais à toutes ces personnes, j’espère apporter un moment de répit, une parenthèse au milieu des déboires et une vision des choses, qui leur fera comprendre que l’on survit à presque tout. A un –voire à deux- mariages qui se terminent et même à l’accompagnement d’un enfant que l’on sait condamné.

L’important, tout au long des jours, bons ou mauvais, c’est d’être en accord avec soi-même, et de ne pas perdre de vue : l’amour. L’amour avec un grand A, pas celui qui monte de notre ventre et qui est souvent le fruit de nos hormones, et peut s’effacer. Non celui qui vient des tripes et que rien ne saurait altérer. Notre amour indéfectible, pour ce qui est la plus belle partie de nous-mêmes :nos enfants. Sans oublier un soutien important, l’amour que nous porte et que nous portons à nos amis, nos proches…En résumé, les nôtres.

 

Je vais essayer de vous dire, de vous écrire, de vous confier, un petit bout de la longue route, qui m’a conduite à ce jour de janvier 2010, où s’est imposée à moi, l’idée de mettre, enfin, sur papier, cette histoire qui est la mienne et que j’avais toujours souhaité écrire.

Car s’il est des douleurs qui ne pleurent que de l’intérieur, il faut parfois le témoignage des larmes d’une mère. Un témoignage, de la force qu’il lui faut déployer pour supporter l’insupportable et lui survivre.

 

Avant de commencer mon récit, j’aurais tendance à préciser que je ne règle ici aucun compte. Je mets juste sur papier, ce que j’ai encaissé durant tout ce temps.

Ce sont les faits, tels que je les ai ressentis, c’est tout.

Alors, non, je ne règle pas mes comptes…et pourtant !

J’allais oublier dans la longue liste de ce que je suis…je suis grossière, pas vulgaire, mais grossière…et oui, malgré ma bonne éducation, ma connaissance des règles de bienséance, du genre : « merci ; bonjour ; est-ce que je peux ; pardon de vous déranger… » Et autre formule incontournable pour moi ; j’avoue, je suis parfois grossière…et qu’est-ce que ça fait du bien !

 

 

J’ai toujours eu un caractère fort.

J’ai toujours pensé que je déciderais et que je mènerais ma vie telle que je l’entendais. Mais voilà !

La vie m’a prise et m’a menée là où elle le voulait.

A l’ instant où je pose sur ces pages, les évènements qui ont décidé de ce que serait ma vie, j’ai 46 ans, je suis mariée et j’ai quatre merveilleux enfants. Mais à l’époque des faits que je vais relater, j’en avais tout juste 22, et j’avais la vie devant moi !

 

Si les souvenirs qui se sont imposés à moi datent de cette période, ce n’est pas par hasard je pense, car ma vie, toute ma vie, va être à jamais marquée par mes enfants ; sans doute plus que la plupart des mamans, par la force des choses et par ce destin, qui allait m’amener à emprunter ce rude chemin pour lequel je n’étais pas préparée.

 

J’ai eu mon premier enfant à 22 ans. Je ne l’ai pas cherché. Il est venu à moi, malgré la pilule que je prenais à l’époque. Je revenais d’une saison d’hiver à Valmorel, où je m’étais enfuie trois mois plus tôt, grâce à ma sœur qui m’avait trouvé, à ma demande, une place de serveuse.

Logique, car je sortais de l’école hôtelière Paul-Valéry.

Je m’étais enfuie, pour me remettre d’un chagrin d’amour immense (ne le sont-ils pas tous ?).

Un chagrin, qui, à l’époque, selon moi, pouvait me détruire, car il y a toujours dans la vie, un moment où l’on pense que le pire, est la douleur de perdre Son amour.

Etienne, m’avait trompée une fois de trop, et mon monde s’était écroulé.

Je me retrouvais donc serveuse à Valmorel, et bien décidée à en profiter, car cette fois-ci, je ne lui pardonnerais pas.

 

Ma sœur m’avait trouvé cette place, et c’était seule, que j’avais pris le train, puis le bus et que je m’étais retrouvée à Valmorel la belle, persuadée que le destin me faisait un clin d’œil et qu’avec un nom pareil, je ne pourrais, que, tourner la page.

J’ai donc fait la saison en tant que serveuse dans un resto sur les pistes.

J’étais dans mon élément !

 

Durant les deux mois et demi, j’ai beaucoup travaillé. Beaucoup. Sept jours sur sept, service non-stop.

Mais qu’est-ce que je me suis amusée aussi !

Avant de me retrouver là-haut, je ne connaissais pas l’ambiance des stations d’hiver. Mais je l’avoue, lorsqu’on a vingt ans, et que l’on est bien décidée à noyer son chagrin…s’occuper des moniteurs de ski…faire la fête tous les soirs, ça aide !

L’ambiance est top ! Les moniteurs bronzés, la fête facile !

Et puis, nous sommes rentrées à Menton, ma sœur Pascale et moi, saison terminée.

Menton où je vivais depuis mes quatorze ans et où mes parents avaient un restaurant, « La Marinière », dans lequel je travaillais, pour les aider, même du temps où j’étais étudiante.

J’étais rentrée, certes, mais bien décidée à repartir à Valmorel pour la saison d’été.

 

Mon patron là-haut, me l’avait d’ailleurs proposé.

 

Pourtant la vie en avait décidé autrement, et commençait, déjà à suivre « sa route ». Dès mon retour, avec mon amie, Antonella, nous sommes parties pour une petite virée, bien décidée à continuer la fête, dans un endroit qui était un de nos QG, le « Queenie ».Ils étaient à l’époque, avec le Club 06, les deux seuls pôles de nos soirées « jeunes », et nous ne nous privions pas de la joie qu’ils mettaient dans nos vies.

J’avais la couleur du pain d’épice, altitude oblige, je me sentais bien…, j’avais presque oublié Etienne. Presque…

La faille dans mon histoire, c’est qu’il y avait un petit presque !

Et, ce qui devait arriver, arriva.

Nous nous sommes croisés, Etienne et moi, un beau soir au « Queenie », il est venu à ma rencontre. J’étais sûre que je serais assez forte.

Que je serais capable de résister à tous ces tours de beau parleur…mais la vie m’a ramenée vers lui et j’ai succombé.

J’ai succombé à son numéro de charme, à ses flatteries, au fait qu’il me trouve superbe, au fait aussi que trois années ne s’effacent pas d’un coup de baguette magique.

Il avait durant mon absence, loué un petit studio en ville. Choix dans lequel j’ai peut-être à tort, voulu croire à un signe de maturité nouvelle. Il m’avait de plus, juré qu’il avait changé, qu’il avait compris. Je l’ai cru !

Bref…j’ai re-craqué.

Oubliée Valmorel la belle, oubliées les fêtes et les soirées. J’ai trouvé un petit job d’été au palais Princier à Monaco, comme guide.

Par amour, j’avais renoncé à mes projets, par amour j’avais repris la route que m’avait tracée la vie.

 

Un jour, en fin de journée, je me suis sentie fatiguée.

Ce n’était pourtant pas mon petit job qui me crevait.

C’était, je m’en souviens très bien, un vendredi. Etienne rentrait du travail vers dix-huit heures. Il me trouva endormie.

Je me suis réveillée avec un mal aux seins à pleurer.

Va savoir pourquoi, alors que rien ne me le laissait supposer, j’ai annoncé tout à trac : « Je suis peut-être enceinte ! »

Il a souri en me demandant, si je prenais toujours la pilule, ce que je faisais bien entendu. Je me souviens avoir pensé, « alors je me trompe sûrement ! »

Le lendemain à la première heure, je me suis tout de même précipitée dans la pharmacie la plus proche, afin d’acheter un test de grossesse.

Je nous revois, assis tous les deux côte-à-côte, en attendant le « verdict » !

Bleu, positif. Blanc négatif !

Jamais le temps ne m’avait paru aussi long…il sembla s’étirer jusqu’à ce que la pièce prenne la couleur bleue.

Je me suis levée.

J’étais figée, ne sachant si je devais rire ou pleurer.

J’avais 22 ans, je vivais avec un homme que j’aimais, bien sûr, et qui m’aimait aussi, du moins en étais-je persuadée à l’époque, mais nous venions de nous retrouver et l’avenir me paraissait incertain.

Dans ce petit studio de 20 mètres carrés…que de questions d’un coup. Que de doutes.

Et puis, Etienne m’a dit « je t’aime, mais je vais prendre l’air ! »

Pas de quoi me réconforter vraiment.

En réalité, je l’ai appris par la suite, il était parti voir ses parents pour leur annoncer la « Grand nouvelle ».

Quand il est rentré, il m’a regardé et m’a dit,

- Si ce bébé est là, ce n’est pas par hasard. C’est pour que je me calme. On le garde. ! 

Plus aucun son ne sortait de ma bouche.

Le bonheur, certes…mais le sentiment que désormais plus rien ne serait comme avant. Si je décidais de garder ce bébé, je m’engageais dans une vie de couple « pour de vrai », cette fois-ci. Une question cependant me taraudait…avais-je assez d’amour et de confiance envers Etienne pour nous offrir cet enfant ?

Le lundi suivant, j’ai fait une prise de sang, qui a confirmé le premier test. Ce qui, en quelque sorte, a décidé de la suite des évènements, car à ma grande surprise, la laborantine m’a annoncé que j’étais enceinte de huit semaines.

 

A ma grande surprise, c’était évident, j’allais être maman.

Que dire ?

Que la vie m’avait rattrapée pour me mener là, où se trouvait mon destin ?

Sûrement. !

Que je n’avais plus vraiment le choix ?

Certainement !

Qu’en quelques secondes toutes mes inquiétudes s’étaient envolées, et qu’une joie immense m’avait envahie ?

Absolument !

 

Car je savais que toi, ma fille Mélanie, que je ne connaissais pas encore, dont j’ignorais même que tu serais ma petite poupée, je savais, que dis-je, j’étais persuadée, que tu serais l’un des plus grands bonheurs de ma vie.

En cela je ne me suis pas trompée.

Bien sûr, il a fallu que je l’apprenne à mes parents. Bien sûr, les choses ne se sont pas passées si facilement. Ma mère qui connaissait les souffrances que j’avais endurées avec Etienne… Elle n’avait aucune confiance en lui, à juste titre, l’histoire le confirmera. Elle a essayé avec mon père de me faire changer d’idée.

Rien n’y fit.

 

Avec le recul, à la lumière de tous les chagrins qu’il m’a infligé par la suite, je ne peux que les comprendre et les remercier d’avoir voulu me mettre en garde.

Mais, déjà, ma vie ne m’appartenait plus. Déjà, mes entrailles parlaient pour moi.

Je me souviens, lorsque j’étais entrée dans le restaurant, ma mère m’avait demandé de me tenir droite et de rentrer mon ventre.

Lorsque je lui avais appris que ce n’était plus possible, elle s’était décomposée.

Qu’aurait été ma vie, si j’avais écouté mes parents ?

M’aurait-elle rapprochée de mon premier flirt, de mon premier grand amour, de ce garçon avec qui j’avais été en classe, qui était venu me chercher chez mes parents au restaurant à la même époque, et à qui ma mère avait annoncé ma grossesse ...

 

Ce garçon, que je n’ai jamais oublié. Je le sais aujourd’hui, il était aussi fou amoureux de moi que je l’étais. Amoureux comme on l’est à quinze ans.

Hélas, les aléas de la vie nous ont séparée jusqu’à ce jour de mes 22 ans, où plus rien ne me semblait possible avec lui, maintenant que mon ventre me poussait vers une autre vie. Mais je crois l’avoir déjà dit, la vie….

J’ai donc fait abstraction des cris de ma mère, qui, je le sais maintenant étaient tout simplement la manifestation de sa peur, de son angoisse pour moi, pour mon avenir et sûrement aussi pour ce petit être qui grandissait dans mon ventre…

Je lui avais tant et tant répété au moment de notre séparation, à quel point Etienne était un con égoïste et coureur de jupon.

 

Quelle maman n’aurait pas eu peur pour sa fille ?

 

La Vie, avait fait de moi, une maman. J’avais accepté ce rôle avec bonheur, et un temps, je me suis laissée emporter par ce rythme de mère au foyer.

Le globe-trotter, que je me croyais destiné à être, s’était laissé rogner les ailes.

 

Après tout, j’avais connu les Etats Unis, l’Ecosse, l’Angleterre, la Suisse, le Maroc…avant ma vingtième année, vivre à Menton ma vie de mère et d’épouse ne semblait pas un renoncement, au signe d’air que je suis.

 

 

 

 

Chapitre II

 

 

Arnold

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Ce que nous allons faire, c’est nous marier, on paiera moins d’impôts ! »

 

Nous avons toutes rêvé d’une telle demande en mariage ? Non ?

 

Oubliée Cendrillon. Loin de moi, la Belle au Bois dormant. Perdue de vue, Blanche Neige…il ne me restait, si je réfléchis bien, que la peur du chasseur qui doit ramener mon cœur sanglant !

 

Toute ma vie, j’ai eu besoin d’être aimée.

Certains ont besoin de drogue ou d’alcool, d’autres de sports. Certains se perdent dans le jeu…moi, c’est d’amour dont j’ai besoin.

Pour avancer, pour respirer, pour vivre…

Tout le monde a besoin d’amour me direz-vous. Certes. Mais chez moi c’est vital !

Aussi, la demande en mariage d’Etienne, ne répondait pas vraiment à ce qu’attendait la jeune fille encore fleur bleue que j’étais à l’époque.

Pour moi, être aimée est aussi important que l’air que je respire. Je veux dire, être vraiment aimée ! Hélas, je dois bien l’avouer, à ce jour, personne n’a su.

Non, personne !

Je ne demandais que quelqu’un sur qui j’aurais pu compter. Quelqu’un qui m’aide à me relever, si la vie me faisait trébucher. Quelqu’un sur qui j’aurais pu m’appuyer, me reposer de temps en temps.

Etrangement la vie a mis sur mon chemin des hommes à qui j’ai servi de béquille, ou d’assistante sociale.

Pas vraiment de quoi répondre à mes attentes.

Où étaient-ils tous, lorsque j’ai eu besoin de leur épaule pour m’appuyer, pour reprendre mon souffle ou tout simplement pour pleurer ?

 

Je ne sais pas.

 

 

Il n’y a eu que toi, mon Alec.

Toi pour donner sans compter.

Toi dont les yeux, ont une profondeur et une lumière qui en font les plus beaux yeux, qu’il m’est été donnés de voir.

Les plus beaux yeux du monde.

Mais ça, c’est une autre histoire.

C’est notre histoire.

 

Me voilà donc mariée pour le meilleur et pour le pire…quelle drôle de formule !

Le 15 juillet 1989, je deviens donc madame Santoni

Journée chaude, que dis-je, torride.

Le souvenir que j’en ai gardé est à l’image de ce qu’a été ce mariage.

La chaleur de cette journée, je ne l’ai, hélas pas beaucoup retrouvée dans cette union. La vie sexuelle, n’étant pas, aux dires d’Etienne, le plus important dans un couple…Surtout lorsque le mari cherche auprès d’autres femmes, ce qu’il ne donne pas à la sienne.

Bref, journée chaude et torride donc, difficile, longue et pénible…voilà, là vous avez une idée de ce qu’a été ce mariage.

Mes parents, étaient partis vivre sur l’ile de la Réunion depuis quelques années, mon frère et ma sœur, y vivaient également. Ils étaient depuis toujours mon point d’encrage et après de brèves vacances parmi eux, nous décidâmes d’aller nous y installer aussi.

Mélanie, étaient née, ma poupée avait deux ans et demi, et je pensais installer notre nid.

Etienne avait trouvé un travail dans son domaine, l’informatique. Quant à moi, ma princesse faisant sa vie à la crèche, petit visage blanc au milieu de tous ces enfants créoles, je décidais de me chercher une occupation.