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Un roman jeunesse poignant sur la résilience et la solidarité des enfants en territoire de conflit.
Yahya, jeune garçon de Gaza, se souvient des récits de sa mère et de son oncle sur la vie avant 2009, année tragique où ils ont perdu la vie. Avec son amie Isra, il décide de rassembler les enfants du quartier pour améliorer leur quotidien. Ensemble, ils transforment les ruines d'une maison en un refuge à ciel ouvert, où naît leur ami imaginaire : AZAG.
À travers cette histoire, les enfants réinventent leur réalité, trouvant espoir et force dans l'amitié et la créativité.
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Seitenzahl: 85
Veröffentlichungsjahr: 2022
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AZAG
et les enfants
Éditions Guido Amabili
Rita Amabili-Rivet
AZAG ET LES ENFANTS
Maquette couverture et mise en page : Raphaël Amabili-Rivet
Dessin : Eva Amabili-Rivet
Bibliothèque nationale du Canada
Bibliothèque nationale du Québec
ISBN: 978-2-9816095-0-2
Imprimé au Canada
Amabili-Rivet, Rita
Éditions GUIDO AMABILI
Remerciements aux religieuses de la communauté des Saints-Noms-Jésus-Marie
AZAG ET LES ENFANTS
Yahya voit la situation des gens de Gaza. Il est assez âgé pour avoir quelques souvenirs de la vie à Gaza en 2009, de sa mère, son oncle, et plusieurs voisins décédés cette année-là. Avec son amie Isra, il a imaginé réunir les enfants des alentours et faire quelque chose pour améliorer le sort des gens de son peuple. Depuis, chaque fois qu’ils le peuvent, un groupe de jeunes (ils doivent souvent trainer les petits de qui ils ont la charge) s’attroupe à quelques pas de sa maison en ruine, dans un fond de cour abandonné où des débris de bois, de pierres et autres fragments de la ville en lambeau, leur font un abri à ciel ouvert. Ensemble, ils jettent un œil sur le quotidien d’un monde privé de liberté.
À partir de là, ils réinventent une réalité à leur mesure.
PERSONNAGES :
Yahya : garçon de 10 ans.
L’abdomen brûlé par le phosphore blanc. Tout est cependant cicatrisé.
Habite avec son père Ibrahim, Ghaida la sœur de son père ; son oncle Saber et leurs deux enfants.
Isra : sa cousine et amie de 10 ans.
Ayat : frère d’Isra, 9 ans.
Shata : leur amie de 8 ans.
Sayed : jumeau de Shata, 8 ans.
Ibrahim : père de Yahya, 38 ans. Veuf depuis 2009.
Ghaida : sœur d’Ibrahim, 28 ans, mère d’Isra et d’Ayat.
Saber : époux de Ghaida, 35 ans, paraplégique à la suite d’un accident en 2009 ; père d’Isra et d’Ayat.
PRÉFACE
Yahya est un jeune garçon palestinien de Gaza. Là, en 2009, lors de l’attaque israélienne portant le surnom de Plomb Durci, la mère et l’oncle de Yahya furent tués. Yahya fut brûlé à l’abdomen et au bras gauche par le phosphore blanc, que les forces israéliennes ont laissé tomber du ciel sur la population palestinienne.
Yahya habite avec son père Ibrahim et la sœur de son père Ghaida, ainsi que son mari Saber, et leurs deux enfants. Yahya, ses cousins, Isra 10 ans, Ayat 9 ans, en plus des deux jumeaux âgés de 8 ans, Shata et Sayed, forment une petite bande d’aventuriers, fidèles les uns aux autres, jouant dans les décombres laissés par les incessantes attaques israéliennes, (au total mille bambins palestiniens tués à Gaza lors des attaques israéliennes en 2009 et 2014), tous à la recherche de répit de l’Occupation suffocante.
Un jour, les amis tombent sur un repaire secret, une sorte de jardin sans fleurs, où « le sol est jonché de déchets de toutes sortes…» comme autant de souvenirs du bombardement de Gaza. Les enfants travaillent afin de le nettoyer en y mettant un peu d’ordre. Yahya, gamin créateur, y trouve une cuve que les petits posent au centre d’une base de béton en y ajoutant une feuille de tôle et l’écran d’un ancien téléviseur abandonné qu’ils superposent à la tôle pour en faire la tête d’un robot. Et ainsi « ...le robot se dresse, plus grand qu’eux, robuste gaillard splendide et sympathique avec son grand chapeau de paille dorée et son châle bleu.»
Le robot sera nommé Azag, Gaza à l’envers. « C’est l’envers de la peine…suggère Yahya rêveur.» Ibrahim et Saber donneront une voix au robot Azag par le biais d’un long tuyau rétractable qui rejoint sa tête. « Quand Saber y place les lèvres et souffle, le son semble sortir de l’écran-visage, sous la bouche…» à l’insu des enfants qui vivent ce qui s’avère le premier moment magique de leurs jeunes vies. Saber dit : «Ce que représente Azag, est tout ce qui permet de dépasser la peine et la difficulté de ce que nous vivons. Azag est la partie de notre cœur qui va au-delà des limites qui nous impose l’Occupation…»
Plus tard, encouragé par Azag et guidé par les adultes, garçons et filles écriront des lettres,
adressées à tous les enfants du monde au moyen d’Internet, afin de faire connaître à ces derniers le vécu quotidien des petits habitants de Gaza. «Comment est ton pays, le mien est déchiré et je ne peux rien faire pour empêcher l’Occupation. Connais-tu cela toi, l’Occupation? » Et en signe de solidarité, Yahya et ses camarades qui représentent tous les bouts de chou de Gaza, reçoivent des réponses des amis de plusieurs coins du monde. Comme dit Ghaida : « … Nous avons la capacité de faire reculer la solitude, la nôtre et celle des autres, en restant solidaires des êtres de la planète. »
Telle est la réalité d’un groupe de petits palestiniens à Gaza que Rita Amabili, l’auteure d’Azag, a créée. Il s’agit d’un plaidoyer pour qu’on reconnaisse les souffrances quotidiennes de ces enfants victimes du Hasbara israélien, ce programme de propagande israélien qui vise à démoniser Gaza et ses habitants. Des tout-petits oubliés, ignorés par les médias traditionnels.
Rita Amabili a soufflé la vie dans ces petits tout-petits de Gaza qui embellissent les pages de son œuvre Azag et ce faisant, nous conscientise sur le sort de tous ces enfants de Gaza qui, suite à neuf ans de blocus israélien, privés de vivres, de médicaments, de jouissance, intimidés, bafoués par la présence militaire israélien, souhaitent seulement pouvoir vivre comme tout autre jeune, en paix et sécurité. C’est le message d’Azag : permettons à ces adultes en devenir ainsi qu’à tous les enfants de la terre, de vivre leur enfance dans la paix et la dignité !
Bruce Katz
Co-président de Palestiniens et Juifs Unis (Paju)
juin 2016
À tous les enfants qui souffrent injustement d’un conflit d’adulte,
A Florence, Judith et Léane
Et à Elena pour son aide…
CHAPITRE 1- LA NOUVELLE SALLE DE JEU.
Yahya est un peu inquiet comme souvent depuis que sa mère est morte. Certains jours, sans raison précise, il ressent un trouble dans son cœur. Les matins où il ne va pas à l’école sont encore plus difficiles. Il arrive souvent que Ghaida sa tante, ne donne pas d’enseignement aux enfants. Bien qu’elle soit responsable de l’école ou de ce qu’il en reste, elle n’arrive pas toujours à rassembler les compagnons et compagnes de Yahya afin de les faire travailler.
Avant, Ghaida était le professeur favori des tout-petits mais aujourd’hui, l’école est détruite et la régularité des jours et des semaines est brisée par l’Occupation…
Les mains dans les poches, le jeune garçon se promène, trainant ses pieds dans la terre sablonneuse du champ situé à proximité de l’endroit où il habite avec sa famille. Depuis janvier, il a dix ans. Il sait depuis longtemps que le mot Occupation dit la présence des soldats d’un État sur le territoire d’un autre État. Yahya a appris très jeune que les officiers qu’il aperçoit souvent au loin ne sont pas ses amis et
qu’ils peuvent même donner des ordres à son papa et aux autres adultes qu’il connait. Pour lui, l’Occupation empêche sa tante d’enseigner, son père d’exercer son métier de pâtissier, et en plus elle invite des militaires d’un autre pays à fermer des routes, détruire des maisons ou faire d’autres choses laides. Yahya ne veut pas trop y penser et préfère courir jusqu’à ce qu’il sente taper son cœur très fort dans sa poitrine ; lorsqu’il arrête à bout de souffle, il ferme les yeux et voit l’image de sa mère. Elle apparait d’abord toute belle avec son voile ainsi qu’il la voyait chaque jour puis, l’image change et il la distingue couverte de phosphore blanc comme il l’a trouvée le jour de sa mort. Alors brusquement, il écarquille bien vite les yeux pour chasser le souvenir.
- Qu’est-ce que tu fais?
Sortie de nulle part, Shata se retrouve à environ trois ou quatre centimètres du nez de Yahya. La jumelle de son ami Sayed est constamment ainsi. Elle étudie les gens de si proche, que la personne examinée se sent comme si elle avait mis son
chandail de travers. À chaque fois, Yahya trouve cela très gênant. Il se recule brusquement et répond très vite :
- Rien, je courais.
- Et tu pensais à ta mère, termine la petite fille avec logique.
Son interlocuteur fronce les sourcils. Il n’aime pas parler de ces choses-là.
Il sent qu’elle l’examine et lui en veut un peu de son malaise. Pourtant, il la trouve plutôt jolie avec ses longs cheveux bruns rassemblés à la hâte avec un ruban. Sa robe de tous les jours pend drôlement autour d’elle, découvrant de longs bas incolores. Son petit air décidé le rassure vaguement, bien qu’il ne se permette jamais de le montrer d’aucune façon. Shata la petite fille logique et décidée, devant le grand et fort Yahya aux yeux immenses et remplis de craintes.
Pour faire diversion, le garçonnet se met en marche. Ses semelles glissent dans le sable et forment ce qu’il voit comme une étrange chaîne. Lorsqu’il s’en aperçoit, Yahya décide de tenter de l’améliorer un peu. Il la façonne, les sourcils froncés,
attentionné à chaque pas. Une chaîne pour indiquer que les Palestiniens de Gaza se tiennent les uns les autres; un chaîne pour affirmer que ce que fait l’Occupation n’est vraiment pas beau; une chaîne pour l’affronter, dire qu’elle n’est pas gentille, dire que Yahya ne l’apprécie pas et ses amis non plus, pour exprimer…
Soudain, il remarque que la petite fille s’affaire elle aussi autour de SA ch…
- Mais qu’est-ce que tu fais Shata? proteste-t-il en s’immobilisant brusquement.
