Box O'Plaisir - Prof / étudiants - Amélie Moigne - E-Book

Box O'Plaisir - Prof / étudiants E-Book

Amélie Moigne

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Beschreibung

SOUIMISE À MES ÉTUDIANTS : 

*/Harem inversé, BDSM, Enemies to lovers*/

Professeure de Lettres à l’Académie de Nice, ma vie se résumait à un divorce banal et à une vie morne, sans surprises. Quand mon meilleur ami, gay et libertin, m’a proposé de pimenter un peu mon existence en participant à un casting pour faire de la figuration, j’étais loin de me douter que ce serait pour un film porno et que j'y croiserais Bastien, l’un de mes étudiants !

De fil en aiguille, il m’a entraîné dans son univers sulfureux, jusqu’à m’exhiber avec lui devant la caméra et me partager avec ses meilleurs amis.

La perversion s’infiltre si vite, et les jeunes hommes de sa bande en sont les acteurs amusés.

UNE SUGAR BABY POUR UN SUGAR DADDY

Johanne, 22 ans, étudiante en galère, en a marre de manquer d'argent. Alors, sur le conseil de sa cousine, elle s’inscrit sur un site afin d'arrondir ses fins de mois.

Elle y revend ses dessous et quelques photos de ses pieds. Un jour, un homme lui envoie un message : il lui propose de devenir son Sugar Daddy.

Quelle pouvait-être la probabilité qu’il s’agisse de son directeur de thèse ?

À PROPOS DE L'AUTRICE

Amélie Moigne est une auteure française spécialisée dans la littérature érotique. Se décrivant comme une plume libre, elle écrit avec passion des récits sensuels et audacieux qui explorent les désirs inavoués et les relations interdites. Elle s’est rapidement imposée dans le monde de la romance érotique avec des histoires captivantes où la sensualité et l’intensité des émotions sont au cœur de l’intrigue. Son talent lui a permis de rencontrer un large succès auprès de ses lecteurs. Parmi ses œuvres les plus marquantes, on retrouve « Soumise à mon employeur et ses neveux », un best-seller numéro 1 sur Amazon, qui met en scène une cheffe privée engagée par une famille de riches Américains pour un été au Verdon, où elle découvre des plaisirs inattendus. Amélie Moigne publie principalement aux éditions Ô Plaisir, une maison d’édition spécialisée dans la littérature érotique. Elle continue d’écrire avec passion, offrant à ses lecteurs des récits toujours plus sulfureux et addictifs.








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Seitenzahl: 435

Veröffentlichungsjahr: 2025

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Soumise à mes étudiantsd’Amélie Moigneet Mélodie Declercq

 

PROLOGUESOPHIE

 

 

— « Les sanglots longs des violons de l’automne blessent mon cœur d’une langueur monotone. », Verlaine1. Quelqu’un peut me dire ce que ces vers évoquent ?

Silence. Soupirs. Quelques élèves baissent la tête, espérant passer inaperçus. D’autres échangent des regards, priant secrètement qu’un camarade plus inspiré prenne la parole.

— Sérieusement ? Personne ?

Je croise les bras, scrutant mon auditoire. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir déjà étudié ce poème en détail. Mais non, le lundi matin à huit heures, il semble que Paul Verlaine doive, lui aussi, attendre que le café fasse effet.

— C’est le désespoir, dit une voix hésitante au premier rang.

— Oui, le spleen, renchérit une autre.

Je hoche la tête, encourageante.

— Bien. Le spleen, la mélancolie… mais encore ?

Rien. Certains feignent de chercher dans leur recueil, d’autres scrollent les réseaux sur leur PC, imaginant que je ne me doute de rien. Seule Lucy, studieuse comme toujours, lève la main.

— C’était un code pour la Résistance, pendant la Seconde Guerre mondiale.

Je souris.

— Exactement.

Putain, 9 années d’enseignement à l’Académie de Nice pour qu’enfin une seule personne arrive à me donner la bonne réponse… C’est désespérant !

Un bruit discret au fond de la salle attire mon attention. Rires étouffés, regards échangés. Sans surprise, Bastien et ses inséparables, Jules et Liam. Ils n’écoutent pas. Ils n’écoutent jamais.

Je repose mon recueil sur le bureau et m’avance lentement vers eux. Bastien est un gamin de 24 ans, élancé, d’une beauté insolente. Ses cheveux châtains encadrent un visage aux traits ciselés, et ses yeux d’un bleu perçant semblent toujours porter une lueur de défi. Il n’a pas besoin de parler fort pour capter les regards, et il le sait. Son assurance naturelle suffit à mettre en lumière les tatouages qui recouvrent sa peau. Une carrière de mannequinat lui scierait mieux que des heures à tuer en cursus littéraire.

— Vous permettez que je commence mon cours, ou je dois demander la permission ?

Silence relatif. Quelques ricanements étouffés. Bastien se redresse lentement, comme si je venais seulement d’attirer son attention.

— Bien sûr, Madame. Vous êtes chez vous, après tout.

Sa voix traîne, caressante, un peu trop familière. Les autres gloussent. Je serre les dents.

— Sortez. Tous les trois.

Jules et Liam échangent un regard surpris, mais Bastien se contente de sourire. Le genre de rictus qui vous met mal à l’aise sans qu’on sache pourquoi.

— Ça vous ferait trop plaisir, Madame.

Il reste assis. Il me défie, ouvertement. Je pourrais l’ignorer, poursuivre mon cours comme si de rien n’était. Mais il entend bien que je ne le ferai pas. C’est son jeu, et je tombe dedans à chaque fois.

— Dehors.

Il soupire théâtralement avant de se lever. Jules, qui dépasse Bastien d’une tête, lui emboîte le pas. Le latino affiche une carrure imposante et des muscles saillants sous ses t-shirts trop serrés. Sous sa barbe faussement négligée se cache un jeune homme plutôt discret et observateur. Liam, quant à lui, déverse ses affaires dans son sac et range sa chaise. Mince et élancé, il arbore un visage angélique, presque efféminé, avec des traits fins et une chevelure blonde coupée court. Ses iris, d’un vert profond, sont souvent absents, perdus dans ses pensées. Son apparence androgyne ne m’a jamais permis de le cerner vraiment.

Je les regarde sortir, impassible, et reprends mon cours, l’estomac noué d’une tension que je préfère ne pas analyser.

 

Chapitre 1Bastien

 

 

Un sourire en coin, je dévisage la prof. Y’a pas à dire, elle est encore bonne pour son âge. Je glisse discrètement ma langue sur ma lèvre, mordille ma lippe en prenant mon sac pour quitter le cours de Madame Bordeaux. Elle peut dire ce qu’elle veut, avec ses airs stricts, je vois bien comment elle laisse son regard traîner quand elle me scrute avec sévérité.

Je suis un beau mec, ce n’est pas de la vanité, c’est une vérité. On m’a toujours catégorisé comme ça, et plus le temps passe, plus je fais tout pour qu’on ne découvre que ça de moi. Il ne faut pas croire, je suis un type intelligent, qui sait mener sa barque et le fait sans aucun souci. Je peux avoir ce que je veux grâce à ma gueule de badboy et les nanas me tournent autour facilement. Il suffit que je leur prête un tout petit peu d’attention et c’est foutu pour elles.

Je suppose que je suis « le genre » des femmes de cette époque. Avec mes tatouages et mes muscles, je suis un produit de consommation… littéralement.

— Je crois qu’elle a plus aucune patience avec toi, me balance Jules.

— Avec nous, rectifie Liam en vérifiant son téléphone.

— Je suis quand même celui qui l’agace le plus, précisé-je.

Nonchalant, je sors de ma poche de jean une sucette que j’ouvre et glisse entre mes lèvres. Depuis que j’ai arrêté de fumer, je suis accroc à ces cochonneries. Calant le parfum caramel sur ma langue, je consulte également mon portable que j’ai senti vibrer.

— Ah putain.

En découvrant le SMS reçu, je ne peux m’empêcher de souffler fort. Les gars s’empressent de regarder pourquoi j’émets autant de mécontentement. Leur ricanement ne m’aide pas et je réfléchis à comment gérer mes conneries. Faut toujours que je me complique la vie.

— Si tu rates volontairement le prochain TD2 elle va te saquer, se moque Jules.

— Mais non, je fais ce que je veux de cette nana.

Je ne suis pas sûr de mon affirmation, il est toutefois hors de questions pour mon égo de parler autrement.

— Je ne parierai pas là-dessus.

Les paroles de Liam me déplaisent, mon amie d’enfance se fout de moi, derrière sa gueule de petit ange androgyne.

— Je sais la gérer, c’est une quarantenaire divorcée qui a pas dû se faire déglinguer depuis des mois. J’en fais ce que je veux.

— On parie ?

La mauvaise habitude de notre trio : se lancer des défis à la con et stupides, toujours. Depuis que Jules est arrivé dans notre groupe, c’est comme ça. Au collège, cela a provoqué quelques emmerdes, mais je peux dire que cela fait toutes les épices de notre quotidien. Je le toise.

— On parie.

Nos mains se percutent et se serrent contre nos torses rapprochés, gestes que nous répétons avec Liam.

— On se retrouve à la cafèt’, balancé-je.

Je lâche mes deux potes dans le couloir et rebrousse chemin, histoire d’attendre la prof à la sortie de son TD.

 

***

 

La sucette presque terminée, je laisse les élèves sortir de la classe avant de me rapprocher. La jouer soumis et profil bas n’est pas dans mes intentions, il ne faut pas permettre à ce genre de meufs l’impression qu’elle a le dessus. Ce n’est pas ce qu’elle cherche.

Ne croyez pas que je sois du style à mésestimer les femmes, je sais simplement ce qu’elles peuvent désirer. Quand j’ai affaire à une créature dominante, je suis tout à fait apte à me rabaisser, mais là, en l’occurrence, Sophie Bordeaux a besoin d’un mec, un vrai.

Je ne connais rien de sa séparation, j’ai juste capté que l’an dernier, elle a changé de nom pour passer de Mazier à Bordeaux. J’ai entendu qu’elle venait de divorcer par hasard. Moi, vous savez, je n’en ai rien à foutre de la vie privée des professeurs.

J’ai observé qu’elle avait pas mal maigri, sûrement poussée par une envie de seconde jeunesse, avant de la voir se raffermir avec du sport. Son cul s’est bombé, ses hanches affirmées, elle a quand même gardé quelques rondeurs que je scrute de temps en temps. J’adore son ventre par exemple, il n’est pas tout plat et puis ses nibards… elle a une putain de paires !

— Madame, je peux vous parler ?

J’entre en frappant tout de même sur la porte ouverte, adoptant toutefois une posture dominante. Retirant la sucette de mes lèvres, je souris à la jolie rouquine.

Derrière ses lunettes à fine monture dorée, elle a des airs de salope en devenir. Je l’imagine bien avec la bouche autour de ma queue, aspirant soigneusement tout en me tripotant les couilles. Cette pensée me ferait presque durcir, je dois reconnecter les fils pour me reprendre.

— Non, je n’ai pas le temps.

— Mais…

— À moins que cela ne soit pour t’excuser de ton comportement, tu peux disposer.

— Madame, vous ne pouvez pas m’en vouloir de chercher votre attention.

Alors qu’elle range ses affaires, bien accaparée, elle se raidit. Je suppose qu’elle se force à ne pas s’intéresser à moi…

Je sais comment fonctionnent les femmes en manque d’amour ou de contact, elles demeurent sur le qui-vive, espérant un geste de l’homme qui ne lui déplait pas. Elle doit se penser trop bien pour ça, trop bien pour être du style à se laisser avoir, ou en tous cas, elle en est convaincue.

Moi, je connais la vérité…

S’arrêtant, mon air charmeur lui provoque une expression blasée.

— Qu’est-ce que tu veux ?

Son imperméabilité ne me décourage aucunement. Je sais ce que je suis apte à faire dans la vie. J’ai l’expertise, alors je lui souris.

— Avoir votre attention.

Croisant ses bras sur son opulente poitrine trop serrée dans son caraco noir, je détaille ses deux jolis roberts qui rebondissent. D’un geste pudique, presque trop rapide, elle referme sa veste de blaser en me voyant lorgner les deux melons.

— Je n’ai pas le temps pour tes bêtises Bastien.

— Vous ne pouvez pas me reprocher d’essayer Madame.

— Qu’est-ce que tu veux me demander ?

— J’ai besoin de manquer le TD de vendredi aprèm. Est-ce qu’on peut s’arranger sur mon abs…

— Clairement pas !

La sentence tombe sans que je puisse dire quoi que ce soit. La charmante professeure me toise un bref instant.

— Si tu n’es pas présent, tu auras les conséquences de ton absence.

— C’est pour le travail ! objecté-je.

— Comme si tu avais besoin de bosser pour tes études.

Sa langue claque sur son palais, c’est qu’elle serait condescendante. Elle ne sait rien de ma vie.

Je taffe à côté parce que j’aime ce que je fais et j’hésite encore sur mon propre avenir. Toutefois, je n’ai pas envie de m’arrêter, mon petit succès me plait.

Nous nous toisons. C’est elle qui plie la première récupérant sa sacoche avant de se diriger vers l’entrée de la salle. Elle pense certainement avoir l’ascendant sur moi et sur ce qu’il se passe.

Je lorgne son cul avant qu’elle ne se tire et je laisse échapper un soupir, remettant la confiserie dans ma gueule pour la terminer et me calmer. Cette femme ne capte pas encore que je n’en ferai qu’une bouchée. Elle me déteste et je n’ai pas d’affection pour elle, mais j’avoue qu’elle me titille. Je rêve de défaire sa jolie coiffure et de le voir hurler de plaisir…

Tout vient à point à qui sait attendre.

 

Chapitre 2Sophie

 

 

Je pousse la dernière chaise sous la table. Elle grince un peu, proteste comme moi après cette journée interminable. J’ai mal aux pieds, au dos, au moral. Je baisse les persiennes une à une, machinalement, jusqu’à plonger la salle dans cette pénombre familière du soir. C’est presque devenu un rituel. Comme si chaque geste me ramenait un peu à moi.

Je ramasse les copies entassées sur le coin de mon bureau, les glisse dans mon sac en bandoulière qui déborde déjà. Je soupire. Demain, je ne les ouvrirai pas plus qu’aujourd’hui.

Un dernier coup de brosse sur le tableau blanc, la lumière s’éteint, la porte claque doucement derrière moi. Un tour de clé. Clac. Terminé.

Je traverse le long couloir désert. Seule, comme toujours à cette heure-ci. Il y a quelque chose de solennel dans ces murs silencieux. Je pourrais presque entendre mes propres pensées si elles n’étaient pas si fatiguées.

Mon téléphone vibre dans ma poche.

Je m’arrête, curieuse. L’écran s’allume. Un message d’Alexandre. Je souris déjà avant même de l’avoir lu.

 

Alex 🌈Ma poule, ce soir on va s’éclater! Prépare-toi à dire adieu à ta dignité parce que ce soir, c’est SOIRÉE FILLES 🎉💃Et me dis pas que tu bosses demain! Sur Fb, c’est écrit noir sur blanc que ton bahut est fermé pour travaux jusqu’à midi. J’te récup à 20 h. Pas d’excuses, pas de chichi, osef ta tenue, viens comme tu es. Tu vas kiffer, promis juré craché sur ton p’tit cul 💋 

Un rire m’échappe. Vrai, spontané. Alexandre. Mon rayon de soleil. Il est la bulle d’oxygène qui me maintient la tête hors de l’eau depuis mon divorce. Même si tout s’est fait en douceur avec Thomas, sans cris, sans drame, il y avait quelque chose de profondément vide après. Alexandre a comblé ce néant avec des paillettes, des câlins, et des mojitos maison.

 

Je lui réponds simplement :👍❤️

 

Pas besoin d’en dire plus. Il comprendra.

Je range mon portable dans la poche de mon manteau et reprends ma route vers le parking. Mes pas sont moins lourds. Mes épaules, un peu moins tendues. Ce soir, c’est entre « filles ». Venant d’Alex, je m’attends à tout, vraiment. Même si franchement, je pense qu’il me les a déjà toutes faites.

 

***

 

Le hall est vide. Trop vide.

Je jette un coup d’œil autour de moi, un peu perdue. Le sol est impeccable, les murs fraîchement repeints, et le comptoir d’accueil… fermé, bien sûr. Alexandre, lui, avance comme s’il était attendu. De sa démarche au cul déhanché, le grand brun tout frêle avance d’un pas assuré. Je trottine derrière.

— Alex… Qu’est-ce qu’on fout là ?

Il rit d’un rire qui veut dire tu vas voir, tu vas adorer, ou pas.

Mon BFF3 appuie sur l’appel de l’ascenseur, calme, l’air ravi. Les portes s’ouvrent dans un ding métallique. Il entre, moi derrière, et là, sans une once d’hésitation, il enfonce le bouton -2.

Je le regarde de biais.

— Qu’est-ce que tu trafiques encore ?

Il me répond avec ce rictus. Vous savez, LE rictus. Celui qui fait froid et chaud en même temps. Celui qui sent les conneries à plein nez.

Je cherche des indices dans la cabine. Une affiche, une enseigne qui m’indiquerait « Cours de pôle dance pour débutantes désespérées… » n’importe quoi qui me donnerait une idée. Rien. Ah si. Un flyer. « Détecter les premiers signes de la prostate élargie ».

Je le fixe. Sérieusement ? C’est une clinique ? Un EHPAD sous terrain ? Une cave à vieux ?

Puis les portes s’ouvrent. Et là… le choc.

Brouhaha. Lumières. Caméras. Des gens qui passent en courant, d’autres qui installent du matériel. Un immense open-space transformé en loft. Des rideaux noirs, des projecteurs, des cris organisés.

Je cligne des yeux. C’est… un plateau de tournage ?

Un mec avec une casquette vissée sur la tête donne des consignes à une nana en peignoir qui sirote un smoothie vert. Plus loin, un gars torse nu plaisante avec un assistant qui tient un carnet. Une autre femme hurle :

— Numéro 32 !

Une main se lève. Elle prend des notes, fait un signe de la tête, et la personne disparait dans une pièce.

Je suis médusée. Totalement.

— Mais… non ! Alex !

Je me tourne vers lui, les larmes aux yeux.

D’émotion.

— Tu savais que j’ai toujours rêvé de voir un tournage… Je…

Je le prends dans mes bras. Il rit, trop fier de son coup.

— Mais nan !! Comment tu savais ? J’suis trop contente, je t’adore, sérieux. Comment t’as fait ?

Je cherche déjà un coin discret pour me poser et tout observer. J’ai même pas le temps de respirer que la même femme hurle :

— Numéro 37 !

Et là. Alexandre. Cette grande folle. Sort un ticket de sa poche et le lève fièrement.

— Ici ! C’est elle !

Je le fixe. Je fronce les sourcils.

— Quoi ? Moi ? Attends… C’est une blague ? T’es pas sérieux ?

Mais je n’ai pas le temps de lui péter les deux genoux que je me retrouve littéralement poussée vers la jolie blonde qui m’arrête avec un sourire ultra-bright :

— Salut, moi c’est Bianca. Trop cool que t’aies accepté d’être figurante. Alors, tu vas passer aux vestiaires juste là derrière.

Elle me montre une porte. Je ne bouge pas. Mon cerveau vient de freezer.

— Tu prends une douche avec le savon dans la panière, tu utilises une serviette de la corbeille rose – hygiène oblige – et tu la déposes dans le bac vert quand t’as fini.

Elle me tend un… truc.

— Tu enfiles ça.

Je baisse les yeux. C’est un body. Un body troué, en lycra noir, façon filet de pêche mal fagoté. Je reste figée, les bras ballants.

— Ensuite tu vas voir Marjorie. Elle va te coiffer, te maquiller, et si t’es pas totalement épilée, elle fera les finitions. C’est par là.

Elle me montre du doigt les vestiaires.

Je cligne des yeux.

— Mais… attends… figurante… de quoi exactement ?

Et là, mon cœur se serre. Mon cerveau connecte les points. Les mecs en peignoirs. Les caméras. Les lumières tamisées. Le lycra… Les finitions.

Non.

Non.

Non.

NON.

Je tourne la tête.

— ALEX !

Mais évidemment… ÉVIDEMMENT ! Il a disparu. Enfumé, évaporé.

Je reste là, figée, body en main.

Je vais le démonter.

Chapitre 3Bastien

 

— Donc, je te resitue la scène… enterrement de vie de jeune fille, tu es le strip-teaser que les copines ont ramené, tu danses, tu te fous à poil et, comme tu bandes comme un âne, elle te suce et tu la baises sous les encouragements de ses potes.

Le scénario de ce film me fait toujours sourire, je crois qu’il s’agit d’un de mes préférés. Un gogo danseur qui se tape une nana qui doit se marier et qui va finir par se faire aussi le mari avant de soumettre le couple à ses désirs pervers.

— Ça marche, déclaré-je au réalisateur. J’ai carte blanche ou tu as un schéma en tête ?

— Pas d’anal, ta partenaire ne veut pas.

— Je sais, je connais Stella.

— Pour le reste, je vous fais confiance.

Un clin d’œil à ma collègue qui se trouve à côté de moi, nous savons tous les deux que nous allons nous amuser. Stella est mignonne avec ses cheveux au carré et son sourire constant. Bosser avec elle est facile, elle est sans prise de tête.

Je crois que c’est le second film que nous tournons ensemble, elle en a bien plus que moi à son palmarès, mais nous sommes aussi pros l’un que l’autre.

J’ai débuté le porno, j’avais vingt ans et ce n’était absolument pas par nécessité financière. Juste une opportunité. Ma meuf de l’époque voulait vivre des expériences, elle a trouvé cela marrant de répondre à un casting, pour un film diffusé sur une plateforme spécialisée. Il s’agissait d’une parodie de La France à un incroyable talent : La France a un insatiable talent.

En gros, des couples performaient sous le regard de star du porno qui buzzai ou non la prestation pour les rejoindre. J’ai donc baisé ma copine sous les yeux de Manuel Ferrara, Anissa Kate, Doryan Marguet en juges et à la présentation Cléa Gaultier. Du beau monde, un truc pour lequel j’ai été payé maigrement, mais bordel, je me suis fait remarquer comme jamais. Cela m’a mis le pied à l’étrier et, depuis cinq ans, j’ai une dizaine de films à mon actif. Ce n’est pas beaucoup je suppose, or c’est doucement et sûrement que j’avance.

Est-ce que je veux en faire mon futur taf ? Je préfère finir mes études et avoir une porte de sortie, tout parier sur les performances de ma bite, aussi magnifique soit-elle, est une connerie trop grande, même pour moi.

— Oh… t’as un nouveau tatoo…

Les doigts de Stella courent sur mon torse, jouent sur mes pecs et elle minaude. Je regarde ses phalanges en souriant. Nous savons tous les deux que dans moins d’une demi-heure, elle aura ma queue au fond de la gorge, pourtant, j’aime bien ces petits moments à la con.

— Arrête de m’examiner sous toutes les coutures, ça me gêne, m’offusqué-je par jeu, mimant de me cacher pudique. Elle éclate de rire, et je fais de même.

Le monde du porno dans lequel j’évolue n’est pas immunisé des clichés sexistes à la con qu’on retrouve partout, je n’ai pas esquivé les sujets sensibles, les situations de merde et durant mes débuts, j’ai assisté à des trucs qui n’allaient pas. Aujourd’hui, je peux prétendre taffer avec des gars convenables et essayer de faire au mieux.

Je suis loin d’être parfait, mais je tente. Cela ne me retire pas mes attitudes de connard que j’aime avoir. Si j’étais un mec bien sous tout rapport, ça se saurait.

— Bon allez, on commence, scande le réalisateur.

 

***

 

Les figurantes ont tous les âges, tous les corps, j’aperçois de jolis culs ronds, des tailles fines, des seins discrets et je me marre en les voyant dans leur tenue de « soirée pyjama ». Aucune nana digne de ce nom ne fait un tel truc en lingerie semi-transparente option string dans les fesses…

Moi, cela me va bien, je peux me laisser aller aux contemplations et sentir ma queue durcir à les imaginer s’exciter. Je suis un tout petit peu narcissique, j’aime faire de l’effet et découvrir que les femmes ne restent pas indifférentes à mon physique.

Mon entrée en scène se fait sous les acclamations et la musique « Tainted Love », j’ai toutes les peines du monde à me concentrer puisque repasse dans mon crâne la prestation de Danny de Vito dans Friends. Ce n’est pas ma génération, mais Liam m’a fait bouffer les épisodes tellement de fois que je les connais par cœur.

Stella me ramène à la réalité, ses seins enfermés dans un body violine n’arrêtent pas de rebondir avec exagération, les rondeurs de leur galbe m’attirent et je ne cherche qu’à la séduire. Un instant, je suis un homme objet, elle me tripote, palpe mes miches, tâte mon paquet et sous les notes ainsi que les caméras, je m’amuse.

L’équipe de tournage nous scrute. Tout a été paramétré en amont, de telle sorte que nous ne sommes pas interrompus une seule fois. Je me dévoile peu à peu, les muscles de mon corps se dessinant sous les iris féminins.

J’agite contre le visage de Stella ma queue dure dans son boxer, je joue avec les filles en arrière qui m’encouragent, et là, dans les femmes présentes, je la reconnais. Ses cheveux roux, son expression sérieuse, elle me fixe. Putain. Si je n’étais pas un professionnel, je suis sûr que j’aurais foutu en l’air la prise. Quand mes prunelles s’accrochent aux siennes, elle ne peut pas dire qu’elle ignore qui je suis.

Madame Bordeaux…

Cela devrait me faire chier qu’un de mes professeurs soit là, sachent ou autre, mais je suis loin de ces considérations. Faire partie de l’industrie du X c’est un détail pour lequel je n’ai pas de honte. En fait, je dirais même que plus on me vanne là-dessus, moins cela me dérange, je suis potentiellement assez bien monté et membré pour que mon égo n’en pâtisse aucunement. En prime, les femmes fantasment forcément sur les performances parfois biaisées des films…

Me voilà d’autant plus joueur avec Stella, la complicité dans la danse, ma belle actrice ne se prive pas et quand je me retrouve sur ses jambes, je l’invite à faufiler sa main dans le boxer. Ses doigts graciles m’empoignent la tige et la cajolent, tandis que sa paume libre vient soupeser mes boules. Mes hanches répondent, bougent sous ses attentions lors que la caméra offre un plan vertigineux sur mon appendice bien traité.

Je me redresse, ondulant soigneusement et elle glisse à genou, pour ouvrir grand la bouche. Un sourire complice, je continue de danser, roulant du cul jusqu’à virer ce qui couvre mes hanches. Mon membre se plaque contre mon bas ventre, monumental et turgescent, tandis que mes boules tendues trouvent sa langue à elle.

Léchant les rondeurs, elle me tire un soupir, son emprise sur moi se fait presque facilement et je me caresse tandis qu’elle gobe mes couilles. L’humidité chaude de sa gueule est une extase, que je partage en fixant Madame Bordeaux.

Le rictus malicieux que j’affiche est une putain d’invitation. Est-ce qu’elle mouille à me regarder ? Je suppose que non, pourtant j’ai le désir d’imaginer que sa chatte, abandonnée depuis son divorce, rêverait de se faire pourfendre par mes attentions.

Pourquoi est-elle là ?

La savoir présente me donne envie de redoubler mes performances, de lui montrer tout ce que je peux faire de bien et de bon avec une femme. Je n’ai pas le temps de réfléchir et vu où tout mon sang se dirige, je ne suis pas capable de gérer deux choses à la fois. Penser et baiser, c’est compliqué, surtout que quand je nique, c’est l’instinct qui opère.

Je suis un petit con.

Stella engloutit mon sexe, ses « copines » enthousiastes, je fais coulisser le tout avec soin, la poussant à m’ingurgiter jusqu’à l’écœurement. Sa gorge se resserre autour de mon gland et pourtant, je ne suis pas encore pleinement pris. Ses mains se posent sur mes cuisses, m’empêchant de l’assaillir et je caresse délicatement sa joue, lui donne dans un regard le droit d’agir. La belle commence ses sussions, habiles, connaisseuse, elle me dévore la queue sans se presser, sans se formaliser, ses jolies lèvres écartelées.

Encouragé par les nanas, j’ondule, je soutiens son visage, offrant mes mouvements de bassins, ressentant les contours de sa gueule sur ma virilité. Un rire, elle me relâche et sous les acclamations, je l’attire et l’embrasse. Avec une fermeté souveraine, je tire la chaise et la positionne plus près de ses potes, l’installe.

Ses seins extirpés de son body, le tissu écarté de sa fente, je frotte soigneusement mon sexe contre le sien. Madame Bordeaux joue le jeu, les joues rosies, d’autres sont comme elles, mais la seule qui m’intéresse c’est cette prof mal à sa place. 

Je titille Stella pour qu’elle me réclame, pour qu’elle ondule sur mes doigts qui réveillent son antre. J’avoue que je me laisse porter par les acclamations des femmes, quand j’empoigne sa chevelure, quand je cambre son cul…

— Il manque un truc les filles, déclaré-je séducteur et comme si elle comprenait, une des figurantes se redresse, expliquant qu’elle a ce qu’il faut.

Elle file, rapidement, quelques secondes pour ramener une capote qu’elle m’enfile avec toute l’élégance d’une meuf qui assume de chapeauter une queue d’un petit morceau de latex. Avec une audace, elle m’embrasse et je claque son cul avant qu’elle ne s’éloigne. Est-ce une amatrice ou une actrice débutante ? Peu importe.

Stella.

Sa chatte.

Moi.

D’un mouvement de hanches, je m’engouffre, le préservatif lubrifié me permet d’être en elle sans difficulté, son envie n’en parlons même pas, et quand mes couilles butent contre son périnée, je soupire.

Je ne connais pas meilleure sensation, la douceur d’un fourreau dans lequel on s’installe, qu’on écarte forcément et qui se resserre autour. La tête en arrière, je m’offre quelques instants de satisfaction, caresse son dos, mes paumes courent jusqu’à son cul que j’empoigne et maltraite. Mes pupilles sont sur celles de ma Prof de Lettres qui me dévisage et continue de jouer le jeu.

Je lis sur ses traits qu’elle est perturbée, je devine qu’elle ne sait pas nécessairement de quelle manière réagir et je deviens plus imposant.

Parmi ces femmes qui se laissent porter par l’exaltation, les gémissements de Stella et mes provocations, je la vois si clairement. Elle réveille en moi des choses malsaines ! Alors, non je ne compte pas lui faire le moindre mal, mais elle m’offre l’opportunité de m’amuser. De la titiller et de la malmener un petit peu. Rien de bien méchant, je n’espère rien accomplir qui aille contre sa volonté…

J’expose Stella aux regards de ses comparses, je la soumets au voyeurisme de femmes qui adoreraient être à sa place, fantasmant sur l’acte sûrement. Moi, je fais attention à ce qu’elle jouisse, s’éclate, et quand je sens son sexe se crisper, avouer. Je lui donne son orgasme, je me retire, enlève la capote et offre mes râles sous les lippes tendues d’autres nanas en plus de ma partenaire. Pourtant c’est ma professeure que je mate quand je gicle, j’aurais volontiers zébré ses seins de mon exaltation.

— Coupez ! On est bons ! gueule le réalisateur.

Le souffle court, les battements bouillant dans mon crâne, je me détache de la pornstar. Personne n’a remarqué, fort heureusement, que je reluquais une d’elles précisément. Et elle, Sophie Bordeaux, elle s’extirpe du groupe, du fauteuil où elle a vissé son cul jusque-là. Elle fuit…

 

Chapitre 4Sophie

 

 

— Coupez ! On est bons !

Je n’attends pas la suite. Je m’échappe du plateau, les talons qui claquent sur le béton brut du studio, la gorge nouée. Je fonce droit vers les vestiaires, sans un regard en arrière. Mon cœur bat à tout rompre. La température de mon corps est montée en flèche. Est-ce la honte ? L’excitation ? J’en sais rien. J’ouvre mon casier, mes mains tremblent.

Qu’est-ce que je fous ici, putain ?

Je revois ses yeux. Bastien. Mon étudiant. Celui que je vais devoir recroiser, assis au dernier rang avec son air insolent. Son sourire de travers et cette manière bien à lui de mâcher son bâton de sucette comme s’il avait tout le temps du monde pour me faire faire chier.

Et je l’ai regardé. Je l’ai vu.

Ses iris plantés dans les miens pendant qu’il… Pendant qu’il donnait tout à cette fille à la bouche trop avide. Son corps de péché, les muscles tendus, recouverts d’encre noire et d’histoires que je ne connaîtrai jamais.

Ce regard. Ce regard incendiaire qui m’a clouée sur place, incapable de détourner les yeux. Et cette…

Mon Dieu.

Je me cogne contre le miroir en tentant de retirer ce foutu body.

Elle est où l’agrafe, putain ? Pourquoi il est aussi serré ?

J’ai chaud. Une douche, il me faut une douche froide, tout de suite.

Le grincement de la porte. Je me fige.

— Besoin d’aide, Madame ?

Je me retourne d’un bloc. Et le voilà. Bastien. Drapé de cette insolence que je commence à reconnaître comme une signature. Sa serviette pend, négligemment tenue dans une main, mais certainement pas là où elle devrait être. Mon regard glisse malgré moi.

— Je peux vous aider à le retirer si vous voulez.

Sa voix est douce, narquoise, effrontée. Il joue avec le feu, et moi, j’ai déjà les pieds dans les braises.

— Non.

Ma voix est sèche, mais mon corps, lui, ne suit plus les ordres. Je baisse les yeux.

Mauvaise idée.

Je tombe nez à nez avec l’interdit.

Et je ne suis pas prête.

Je devrais partir. Tourner les talons, claquer la porte, hurler à la folie, appeler ma psy, que sais-je. Mais je reste là, paralysée, alors qu’il avance d’un pas, laissant derrière lui une traînée d’odeur entêtante – son parfum boisé, mêlé à la sueur, au sel, au vice.

Il se marre doucement, comme s’il pouvait lire dans mes pensées les plus honteuses.

— Bah alors, Madame… vous allez encore me demander de sortir de la salle ?

Il s’approche.

Je recule.

— À moins que vous ne préfériez que je reste cette fois-ci…

Il joue. Il sait. Mon souffle est court. Je lève les yeux.

Ses pupilles sont un gouffre dans lequel je sombre.

Et là, je comprends. Il ne plaisante pas. Pas cette fois.

Ses doigts, là en bas, ne sont pas innocents. Ses yeux me clouent. Il chuchote, un souffle contre ma joue :

— Vous pensez encore à ce que vous avez vu, Madame Bordeaux ?

Ses mots me vrillent le ventre. Je n’arrive plus à respirer correctement. Son souffle est contre ma joue. Mon dos heurte le mur carrelé et glacial. J’ai pourtant l’impression de brûler de l’intérieur. Il me regarde avec cette intensité qui me démonte, comme s’il voyait tout. Comme s’il sentait que mes cuisses se contractent, que mon ventre se tord.

Et il continue.

Son poing se resserre plus fermement autour de cette queue indécente, dressée sans honte entre nous. Il la caresse comme s’il était seul au monde. Non. Pire. Comme si j’étais la seule au monde.

Il humecte ses lèvres, lentement.

— Vous la regardez comme si vous aviez envie de la goûter, Madame…

Je sursaute. Mes pupilles s’accrochent aux siennes, paniquées. Mais il ne rit pas. Il ne recule pas. Il avance, encore. Sa main continue, et je ne sais plus ce qui m’achève le plus : le bruit humide, la chaleur qui émane de lui ou ce putain de regard dans lequel je me noie.

— Alors, Madame… ? souffle-t-il, en rapprochant sa bouche de mon oreille. Dois-je sortir de la salle, où préfèreriez-vous que cette fois-ci, ce soit moi qui vous donne une leçon ?

Sa langue frôle ma tempe.

Mon souffle se brise.

C’est mal. C’est si mal. Il est trop jeune, trop insolent, trop sûr de lui. Red flag sur red flag. Mais je suis là, collée au mur, à fixer le mouvement lent et régulier de sa pogne sur sa verge, à sentir les pulsations dans mon bas-ventre répondre en écho.

Je devrais hurler. M’enfuir.

Mais au lieu de ça… je ferme les yeux.

Grave erreur.

Parce que dans le noir de mes paupières closes, il est partout. Sur moi. En moi. Je sens son torse frôler ma poitrine, la chaleur de son corps irradier contre ma peau nue sous le body.

Il plaque sa paume libre contre le mur, juste à côté de mon visage, enfermant mon corps entre lui et les carreaux glacés. Mon regard tombe à nouveau sur sa pine suintante, fièrement dressée, et je sens mon ventre se contracter si fort que j’en ai la nausée.

— Dites-moi d’arrêter, Madame, murmure-t-il, sa voix grave, un souffle rauque et tremblant. Mais regardez-moi dans les yeux quand vous le ferez.

Je rouvre les paupières. Nos visages sont si proches que je peux compter les battements de ses cils. Il me regarde avec cette insolence brûlante, ce feu qui consume tout sur son passage. Et moi… je ne suis plus sûre d’avoir envie d’éteindre l’incendie.

— Sophie…

Il le susurre comme une prière interdite. Un soupir chargé de luxure, de vice et de défi.

— Sophie…

Je sens mon prénom éclater contre mes tympans, résonner dans chaque battement de mon cœur. Sa voix est grave, chaude, rauque d’envie. Il le répète, encore et encore, comme un sortilège. Et tout en le disant, il continue. Sa main se resserre. Il se branle lentement, méthodiquement, les yeux vissés aux miens.

Il ne cille pas.

Il me regarde. Pas comme une prof. Pas comme une femme qu’il croise dans les couloirs de l’Académie. Il me dévisage comme une obsession, un fantasme vivant, une flamme dans laquelle il a décidé de se brûler. Et bordel, je suis en train de fondre.

Mon souffle se fait plus court. Mon corps, traître, se cambre. Mes cuisses se resserrent d’elles-mêmes. J’ai chaud, putain, j’ai chaud, et ce n’est pas que la honte.

— Tu le veux, hein ? grogne-t-il, entre deux respirations saccadées. Tu veux que je dise ton prénom jusqu’à jouir…

Je le pousse. Fort. Son torse dur cède sous mon geste.

— Ta gueule !

Ma voix tremble. Pas de colère. De peur. D’effroi. D’envie refoulée. Je n’ai pas le temps de penser. Je me jette sur mon casier, mes mains tremblent, j’attrape mes affaires à la va-vite. Mon sac manque de se renverser, mes doigts s’emmêlent dans les sangles.

— Sophie… répète-t-il, moqueur cette fois. Comme s’il goûtait la panique, comme si ma fuite l’amusait.

Je le sens encore dans mon dos. Son rire qui roule comme un grondement, chaud et insolent.

Je cours.

Je n’ai plus d’air. Plus de repères.

Je cours.

Et son écho me poursuit jusque dans les couloirs.

— À demain, Madame…

Chapitre 5Bastien

 

Bâton de sucette parfum lait à la fraise coincée entre les lèvres, je dévisage les étudiants qui sortent de la classe. Je devrais sûrement un peu culpabiliser de ce que j’ai fait hier, hélas je n’ai aucune sensation de regrets. J’ai toujours été un gars assez frontal, même dans le sexe. Il me faut un éloquent non pour que je me retire et que je n’agisse pas.

Son corps tendu, ses jolis seins en train de s’émouvoir, son souffle suspendu et son refus d’abaisser ses yeux sur ma queue… bordel, j’aurais presque giclé trop vite. En y repensant, j’ai la bite trop serrée dans mon pantalon et je ne rêve que de me mesurer une fois à elle encore.

Je me décide à m’engouffrer dès que je suis certain que nous serons seuls, refermant soigneusement dernière moi. Il est presque 20 heures, bientôt l’Université sera vide et il ne restera que moi et Madame Bordeaux.

— Bastien ? s’étonne-t-elle. Qu’est-ce que tu fous là ?

La quarantenaire m’agresse et se redresse de son bureau, pliant prestement ses affaires dans son sac. Moi, sucette aux lèvres, je lève les mains en signe de redditions.

— Doucement, Madame, je suis là en paix !

Elle ne m’écoute pas et continue de fourrer ses dossiers. Je l’observe faire, mettant mes mains dans mes poches de jean et m’amuse de la découvrir aussi pressée.

Ses seins rebondissent dans son jolie chemiser, le galbe rond bougeotte au moindre mouvement. Je regrette de ne pas avoir vu leur alvéole et j’imagine une couleur claire pour déterminer son téton. J’espère ses pointes épaisses, pour pouvoir les torturer de mes dents.

Elle racle sa voix furieusement, me tirant de mes rêveries masculines et je me fends d’un sourire malicieux. Une vraie tête de con, je sais. Ses iris me foudroient, elle tente de dissimuler la rougeur de ses joues que je devine facilement sur sa peau diaphane. Comme toutes les rouquines, sa chair est une magnifique trahison.

— Donc, je suis là en paix, repris-je avec une nonchalance assurée.

Elle me bousille du regard, scrutant mes traits avec une férocité telle que je me questionne si elle souhaite me bouffer ou pas.

Mon sempiternel rictus sur le bord des lèvres, je hausse les sourcils, elle fronce les siens et je me penche vers elle, calant la sucette dans un coin de ma gueule.

— Et pour confirmer que je pourrais m’absenter comme je vous l’ai demandé hier.

— Pardon ?

Je viens de la désarçonner, je ne sais pas si je la laisse parler pour ne rien dire ou pas. Par jeu, je lui offre la possibilité de croire qu’elle a le dessus. Elle enfile sa veste et en prenant sa sacoche, elle exulte son :

— Toute absence te vaudra un zéro.

Elle a la main sur la porte quand je lui rétorque :

— Et cela vaudra quoi, qu’on sache que vous avez participé à un tournage porno avec un de vos étudiants ?

Ah, parfait, elle ne va pas plus loin.

— Je crois que le rectorat n’est pas très souple sur ce genre d’histoire.

Retirant le bâton de sucrerie de ma bouche, je croque sur les vestiges sucrés du bonbon et jette la tige dans la poubelle avant de me rapprocher d’elle.

— Donc, je suppose qu’on peut s’arranger ?

Parce que je suis un con, je plisse ma lippe, un air de pauvre hère sur la face, une attitude de peuchère qu’elle ne peut pas me refuser et je me mets à sa hauteur.

Madame Bordeaux est petite avec ses talons, je la dépasse largement d’une tête. Je la domine littéralement, mon sourire malicieux et séducteur sur les traits. Reculant contre la porte, ce n’est pas de la terreur que je vois dans ses yeux. Tout au contraire, elle est énervée, furieuse et se questionne à quelle sauce je vais la dévorer.

Je l’admire, ses prunelles incendiaires me ravissent. Elle a quelque chose d’attirant dans cette hostilité bouillante.

— Ne me regardez pas comme ça, Madame, vous allez me rendre fou.

Je me demande pourquoi elle a divorcé… son mari ne voulait plus la baiser ? Le mariage, c’est naze comme situation de toute façon. Des années à s’emmerder à deux, au lieu de s’amuser… je me dis que son ex ne sait pas ce qu’il perd, ses seins sont encore haut et leur ampleur est délirante, sa taille est voluptueuse, son ventre a une belle rondeur et ses cuisses bordel… j’ai toujours détesté les nanas squelettiques. J’adore les formes.

— Cela suffit, Bastien.

Elle pose ses mains sur mon torse et essaie de me repousser, son contact me donne envie de lui prouver. J’attrape son poignet et le descends sur mon paquet.

— Vous me rendez dingue, confirmé-je.

À moins que ce ne soit l’idée de la malmener comme ça. Je préférais qu’elle hurle, supplie de m’éloigner, pourtant je vois son souffle se retenir, sa respiration se suspendre. Me mordant la lèvre, je ne peux pas croire que je la débecte. Déjà parce que putain mon égo ne le supporterait pas et surtout parce que ses doigts frissonnent, elle me touche sans me blesser. Sa main, elle pourrait la retirer, je ne la tiens plus…

— J’adorerais que vous me branliez, vous savez ?

Mes couilles sont lourdes. Je meurs d’envie de la sauter, là, contre la porte de sa classe, lui faire gémir mon prénom et lui souffler des choses sales. L’image de sa mise en plis défaite me tend d’autant plus, je me presse contre elle, ma bouche glisse contre sa gorge.

— Dites-moi que vous ne voulez pas, Madame, et je me tire, promis.

Un rictus affamé, je pelote son sein, son téton durcit sous ma paume. Quel soutif elle porte pour que je puisse aussi bien le sentir ?

Un instant, elle m’empêche, m’interdit de remonter sa jupe serrée, je m’impose, la toise, un regard lui offre de verbaliser son refus, et pourtant, la voilà avec le tissu sur les hanches, tenues en joue par mes prunelles.

— Il suffit de le dire, je ne veux pas, répété-je.

Quelques minuscules syllabes. Mes doigts trouvent sa lingerie, si je baisse les yeux, je devine que je vais découvrir une jolie pièce. Cependant, je garde mes pupilles dans les siennes pour voir ses réactions, ses cuisses s’écartent légèrement, me laissent entrer et sa petite chatte se révèle poisseuse, moite. Je dégage délicatement le sous-vêtement, son sexe glabre est si doux sous mon toucher. Elle retient son souffle, ses joues rougies d’excitation. Aucun signe de refus… et je me glisse.

La chaleur de son intimité me pousse à soupirer, langoureuse. Je la dévisage, impérieux, souriant comme le diable et quelques va-et-vient suffisent, histoire d’enduire mes doigts et, sans ménagement, je les retire.

Mon expression la défie.

— On est d’accord, Madame du coup, je serais absent. Et cela ne sera pas du tout un problème. Je garderai nos petits secrets pour moi.

Ramenant mes phalanges à ma bouche, je goûte une part d’elle, lentement, lui laissant découvrir mon geste. Explose sur mes papilles les fragrances salines de sa féminité.

Je me repousse, elle s’éloigne chancelante.

— À bientôt, Madame.

 

Chapitre 6Sophie

 

23 h 41.

L’écran de mon téléphone s’illumine dans l’obscurité de la chambre où je tourne en rond dans mes draps depuis plus d’une heure. Je plisse les yeux, surprise par la lumière soudaine, le cœur battant un peu plus vite que d’habitude.

Numéro inconnu.

Je fronce les sourcils. Qui envoie un message à cette heure ? Je tends le bras et attrape l’appareil. Mes pouces hésitent. Curiosité malsaine. Instinct de contrôle. Peur confuse, aussi.

J’ouvre.

 

+33712345678

Bonsoir Madame, j’espère ne pas vous réveiller. Vous étiez… envoûtante, ce soir. Peut-être un brin tendue, auriez-vous souhaité que je continue mon massage?

 

Je reste figée quelques secondes. Aucun prénom. Rien. Juste ce « Madame » glissé comme une révérence détournée. Et ce compliment, trop ciblé pour être innocent. Trop personnel pour un inconnu.

Je relis deux fois. Trois. Mon estomac se serre.

Bastien.

Je n’ai aucun doute.

Je n’ai pas son numéro – et lui ne devrait absolument pas avoir le mien. À moins qu’il soit allé fouiller… L’ENT4.

Je me redresse brusquement dans le lit, la mâchoire crispée.

Je tape, sèche :

 

Moi

Plutôt besoin de tranquillité. Mais je suppose que c’est pas dans ton répertoire.

 

Instantanément :

 

+33712345678

Je sais masser avec la langue aussi, si c’est plus efficace.

 

Mon cœur cogne. Mes jambes sont lourdes. J’ai chaud, d’un coup. Et froid aussi.

Il me teste. Il m’observe. Il me provoque. Et je n’arrive pas à éteindre ce putain de téléphone.

 

Moi

Tu es en train de dépasser les limites, Bastien. Je te conseille vivement d’aller te coucher.

 

Je me passe une main sur le visage. Ma gorge est sèche. Je devrais le signaler. Bloquer ce numéro.

Trois points de suspension apparaissent aussitôt.

 

+33712345678

Impossible de dormir. J’ai encore votre odeur sur mes doigts. Et la tête pleine d’images.

 

Je ferme les yeux. Ma main serre un peu trop fort le téléphone. Mon bas-ventre se contracte, et une chaleur familière, traîtresse, monte doucement en moi. Mon corps est une saloperie de contradiction.

Je devrais dormir, penser à autre chose.

Moi

Je ne plaisante pas. Tu ne dois pas m’écrire en dehors du cadre académique. Ce n’est pas approprié.

 

+33712345678

Rien dans ce que je ressens pour vous n’a jamais été approprié, Madame.

 

Je reste figée. Il est fou. Ou alors parfaitement lucide. Et dangereux.

Et malgré moi… j’attends la suite.

 

+33712345678

Vous portiez de la violette, ce soir? Ou c’est votre peau qui sent comme ça? J’ai pensé à vous toute la soirée. Vous auriez dû voir ce que vous m’avez fait faire en rentrant chez moi. Ma queue vous a tant réclamée que je l’ai fait gicler pour vous, en m’imaginant pourfendre votre petit chatte suintante de désir pour moi, vos suppliques de m’enfoncer toujours plus fort m’ont fait venir vite, trop vite, et j’en veux encore…

 

Mon ventre se contracte.

Non.

Je ne dois pas aller sur ce terrain.

Je m’enfonce dans le matelas, les doigts crispés sur mon portable. Tout mon corps est sous tension. Mes joues brûlent. Ma poitrine se soulève.

C’était une erreur.

Je n’aurais pas dû le laisser faire.

Je ne l’ai pas laissé faire. Pas vraiment. Pas clairement. Pas assez clairement ?

Putain.

Un gémissement m’échappe sans que je puisse le retenir. Je me mords la lèvre, furieuse contre moi-même.

Je suis en train de me laisser glisser dans son jeu.

Alors je lance une dernière tentative :

 

 

Moi

Bonne nuit, Bastien. C’est la dernière fois que je réponds à ce genre de messages.

 

+33712345678

Vidéo – Ouvrir média

 

Non… Il n’a pas osé.

Je reste figée, le pouce suspendu au-dessus de l’écran. J’hésite. Pas vraiment. Mon corps sait déjà ce qu’il veut faire, c’est mon cerveau qui tente de freiner la chute.

Je clique.

La vidéo se lance sans bruit, et pendant sept secondes, je ne respire plus. L’image est nette, la lumière crue. Bastien, à la peau recouverte d’encre parfaitement dessinée, allongé, téléphone calé contre ses cuisses écartées. Sa main lente sur sa verge gonflée, son sexe dressé luisant d’un liquide épais, ses abdos contractés à chaque mouvement et ses billes azur plantées droit dans la caméra. Dans moi.

Un regard qui dit : Je sais ce que je te fais.

Je serre les cuisses, choquée. Excitée. Écœurée de l’être.

Je balance le téléphone au pied du lit, m’allonge sur le dos, tente de respirer calmement.

Mais mes seins me semblent soudain trop sensibles. Mon ventre trop chaud. Mon sexe palpite.

Je ferme les yeux.

Je veux penser à n’importe quoi d’autre.

Mais c’est Bastien qui revient, avec ses messages tordus, son regard d’arrogant en pleine conscience de sa puissance, son Madame chuchoté à l’oreille comme une promesse obscène.

À ses lèvres, à sa manière de parler, à cette insolence dégoulinante de sexe et d’impunité. À cette énergie brute qui déborde de lui et me percute sans me demander mon avis.

Je me hais pour ce que je fais ensuite.

Je me redresse, nue sous mon t-shirt, et ouvre le tiroir de la table de chevet. Il est là, bien rangé, mon petit secret rose fuchsia. Je ne l’ai pas utilisé depuis… des semaines, peut-être plus.

J’hésite, mais déjà je m’allonge. L’oreiller sous mes reins, je ferme les yeux.

Je tente de penser à autre chose. À l’un de ces scénarios anonymes, au visage flou d’un inconnu, à des caresses détachées d’un contexte. Je veux du neutre. De l’efficace. Du contrôle.

Mais Bastien s’infiltre.

Comme un poison lent.

Sa bouche contre ma gorge. Ses mots crus murmurés trop près de mon oreille. Son sexe dur contre moi. Ses mains, impérieuses. Sa voix dégueulassement sûre d’elle.

Et moi, entre mes doigts, qui glisse mon jouet le long de ma vulve déjà mouillée.

Ma respiration s’accélère. Mon ventre se contracte. Je m’enfonce un peu plus, le va-et-vient régulier, précis, les yeux fermés, le souffle court.

Je suis en train de jouir en pensant à ce petit con.

Et c’est ça qui me fait hurler intérieurement quand l’orgasme me traverse, sourd, violent, incontrôlable.

Je me raidis. Mes jambes tremblent. Mon cœur tape dans mes côtes.

Et puis, c’est fini.

Un vide affreux m’envahit.

Je retire le gode, presque brutalement. J’ai honte. J’ai les doigts tremblants. L’odeur de moi emplit la pièce, et ça me débecte.

Je m’assois, glacée malgré la sueur sur mes tempes, la main sur la bouche.

Putain, Sophie.

Tu viens de te branler en pensant à un étudiant.

Un étudiant qui t’a manipulée, provoquée, prise à la gorge par son charme de merde et son assurance malsaine.

Et t’as joui. Comme une conne.

 

Chapitre 7Bastien

 

 

Émergeant de mon pieu, je suis plutôt content de ne pas avoir cours avant cette aprèm. J’ai la tête dans le cul. Il me faut un café. Je m’extirpe de ma piaule, grondant face à la lumière du jour qui m’éclate à la gueule et découvre Jules en train de pratiquer son sport, torse nu à la fenêtre. Je passe, sans m’arrêter en baragouinant une salutation précaire.

Il ne m’entend pas avec ses écouteurs. De toute façon, il est beaucoup trop occupé avec la voisine qui doit baver sur ses muscles. La trentenaire enceinte d’en face a la libido en flamme et joue un jeu tendu avec lui. Si son mec le sait, Jules va encore se faire défoncer la tronche.

Remarque, il a l’habitude.

Je zone vers la cuisine et aperçois Liam en train de gérer la lessive, sifflotant le tube TikTok du moment et qui commence à me vriller les couilles. Si j’entends encore une fois « Apaté Apaté » je défenestre le téléphone qui émet le son.

— Liam ! gueulé-je en me frottant les yeux, ta gueule !

Devant la machine à café, je change la capsule en soupirant.

Pourquoi faut-il qu’ils laissent toujours la vide dedans ?

C’est comme ça qu’on a niqué l’ancienne Dolce, ça ne va pas louper avec celle-là. Je continue de pester, me faisant couler un grand café au lait en rêvant de me griller une clope. Celle du matin demeure la plus difficile à faire passer.

— Monsieur est de mauvais poil, lâche Jules en glissant devant la porte en direction de la salle de bain.

— C’est parce qu’il n’a pas encore réussi à serrer la Prof ! nargue Liam.

Je les entends ricaner comme des dindes, mais je ne relève pas. Balançant sur la table du petit-déj de quoi bouffer, je chope du pain et du fromage avec quelques morceaux de jambon.

— Madame Bordeaux est une proie compliquée pour le bourreau de ces dames.

Encore des rires, j’inspire, enfourne un peu de nourriture dans ma bouche et marmonne d’une voix paisible :

— Tellement pas.

Les deux têtes apparaissent à l’embrasure, je ne prends même pas la peine de relever le bout de mon nez et continue de fixer la table. Ils sont comme deux nanas en manque de ragots et cela me fait sourire en coin.

— Vu comment sa chatte était bouillante, elle est juste dans la phase morale à la con. Ça va lui passer.

Je bois un peu de café et me crame la langue, les gars me rejoignent, s’installent en face et me dévisagent. Ils sont forcément suspendus à mes lèvres, curieux de piger ce que je ne leur ai pas raconté.

— Et elle a un goût…

Roulant des yeux au ciel en signe d’extase, mon rictus est plus éloquent que tous les détails du monde. Pourtant, je sais que je vais devoir les fournir, ils n’espèrent que ça. Cela dit, je les fais attendre, préférant qu’ils marinent dans leur jus, alors qu’ils ne désirent rien de plus que mes confidences.