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Lorsque David Carmichael souffre d'une migraine et est victime d'une épaule cassée, Trace Jackson, son meilleur ami, emménage tout simplement chez lui pour prendre soin de lui. Leur amitié est menacée lorsque David découvre un courant de chaleur et de tension entre eux. Malgré le fait qu'il sache que son meilleur ami est hétéro, David tombe rapidement amoureux. Trace n'a jamais désiré aucun homme. Il est un homme à femmes avec la réputation qui va avec, et est considéré comme un prix de choix dans toute la ville. Mais sa précieuse amitié avec David est intensifiée par une émotion et une excitation qu'il n'arrive pas à vraiment définir, et l'attrait d'avoir David si proche est irrésistible. Bientôt, Trace fait clairement comprendre à son ami qu'il veut savoir si cette attraction peut fonctionner entre eux. Parce qu'il est sûr qu'il ne voudra plus jamais quelqu'un d'autre que David - qu'il aime déjà.
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Seitenzahl: 338
Veröffentlichungsjahr: 2013
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À propos de
Une brillante histoire d’amour.
— Romance Junkies
…Ce livre devient de plus en plus torride au fil des pages.
— Dark Diva Reviews
J’aime, j’aime, ce livre !
— Reviews by Jessewave
Si vous n’avez jamais pensé à lire une histoire d’amour entre personnes du même sexe, je recommande celle-ci pour les novices, c’est le livre parfait pour commencer.
— Coffee Time Romance & More
J’aurais voulu que ça ne s’arrête jamais…
— Fallen Angel Reviews
Publié par
Dreamspinner Press
382 NE 191st Street #88329
Miami, FL 33179-3899, USA
http://www.dreamspinnerpress.com/
Ceci est une œuvre fictive. Les noms, les personnages, les lieux et les faits décrits ne sont que le produit de l’imagination de l’auteur, ou utilisés de façon fictive. Toute ressemblance avec des personnes ayant réellement existées, vivantes ou décédées, des établissements commerciaux ou des événements ou des lieux ne serait que le fruit d’une coïncidence.
Titre original : The One That Got Away
Copyright © 2009 by Rhianne Aile and Madeleine Urban
Traduit de l’anglais par Jade Baiser
Illustration de la couverture : Paul Richmond http://paulrichmondstudio.com
Les éléments de la couverture ne sont utilisés qu'à des fins d'illustration et toute personne qui y est représentée est un modèle.
Tous droits réservés. Aucune partie de cet e-book ne peut être reproduite ou transférée d’aucune façon que ce soit ni par aucun moyen, électronique ou physique sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans les endroits où la loi le permet. Cela inclut les photocopies, les enregistrements et tout système de stockage et de retrait d’information. Pour demander une autorisation, et pour tout autre demande d’information, merci de contacter Dreamspinner Press, 382 NE 191st Street #88329, Miami, FL 33179-3899, USA
http://www.dreamspinnerpress.com/
Édité aux Etats-Unis d’Amérique.
Deuxième édition
Novembre, 2009
Édition e-book en français : 978-1-61372-816-1
Avec tout notre amour
Pour les familles qui nous ont vues naître
Et les familles que nous avons fondées.
QUANDnous avons commencé à écrire Celui qui l’a échappé belle, c’était pour nous amuser, et destiné à être publié sur nos blogs flambant neufs. Rien d’existentiel ou de trop profond. Juste une romance légère, sexy, avec la fin heureuse requise.
Nous n’avions pas idée de ce que nous étions en train de créer.
Il s’avéra que les personnes qui lisaient cette histoire sur nos blogs l’appréciaient vraiment. Lorsque nous avons évalué son potentiel en vue d’une publication, nous ne pensions pas que les gens remarqueraient sa disparition. Alors, quand les lecteurs ont commencé à nous écrire à propos de cette histoire, elle était en quelque sorte dans les limbes. Nous avons pensé, très brièvement, que nous devrions l’étoffer. Elle comptait à peu près 52 000 mots, un peu court pour un roman. Mais pour nous, l’histoire était finie. Nous l’avions écrite du début à la fin, et elle était complète. Oui, nous étions naïves ; nous adorions notre histoire et nous ne voulions pas la changer. Alors nous l’avons un peu ‘peaufinée’ et soumise à un éditeur afin d’en faire un ebook.
C’est ainsi qu’elle fut publiée. Et les lecteurs l’ont adorée.
Bien sûr, nous espérions que les lecteurs l’aimeraient, mais pas autant ! Notre boîte de réception était de nouveau pleine de messages, des critiques élogieuses apparurent, et enfin vint l’inévitable question : pourquoi Celui qui l’a échappé belle n’est pas disponible en version papier ?
Voilà ce qui nous amène à aujourd’hui. Cette histoire était devenue diablement populaire, si populaire que cela nous surprend encore nous-mêmes aujourd’hui, et Dreamspinner nous a offert cette incroyable opportunité : une seconde version ! Une occasion de revenir sur notre intrigue, de réécrire ce que nous n’aimions pas, de peaufiner ce que nous aimions, et d’ajouter à peu près 15000 mots pour étoffer l’histoire de Trace et David… avant de la publier en livre de poche.
Nous avons passé beaucoup de temps à essayer de décider ce que nous devions faire : réviser ou réécrire ? Peaufiner ou redistribuer ? Après plusieurs faux départs, nous avons résolu de laisser la majeure partie de l’histoire en l’état. C’est celle que les lecteurs aiment après tout, et si nous devions la réécrire, ce ne serait plus Celui qui l’a échappé belle.
Donc, si vous avez lu la première édition, nous espérons que vous la reconnaîtrez et aimerez cette version – considérez-la comme si un réalisateur avait ajouté des scènes. Si c’est la première fois que vous lisez Celui qui l’a échappé belle, nous espérons sincèrement que vous l’apprécierez.
Avec tout notre amour, Rhianne & Madeleine
DAVIDCARMICHAELgrogna lorsqu’un rayon de soleil frappa ses yeux alors qu’il allait de son bureau au garage du Mirror. Ses yeux bleu clair étaient très sensibles, et pour une fois qu’il en avait besoin, il avait oublié ses lunettes de soleil sur la table de la cuisine. La fièvre et les maux de tête s’étaient déclarés lors de la réunion de la rédaction ce matin-là. Déjà, lorsque les articles à rédiger et les affectations avaient été déterminés, il avait eu du mal à se concentrer. Il n’avait plus souffert de migraine depuis presque un an, mais il se souvenait très bien des symptômes. Prévenant son assistante qu’il serait absent pour le restant de la journée, il avait attrapé ses clefs et son porte-document et était rentré chez lui.
Après s’être garé dans l’allée de sa résidence, David sortit de la voiture, s’agrippant à la portière le temps que son vertige passe. Il avait dû s’arrêter deux fois en chemin pour vomir et il ne souhaitait rien d’autre que de se retrouver dans une pièce sombre et fraîche. Priant pour qu’il lui reste de ses cachets prescrits il y avait longtemps, il entra en tâtonnant dans la maison. Il n’avait même pas pris la peine de rapporter à l’intérieur son porte-document et son téléphone portable. De toute façon, il était dans l’incapacité de travailler sur quoi que ce soit.
Dix minutes plus tard, vêtu de son seul boxer, David se passait nerveusement la main dans ses courts cheveux blonds. Arrachant le tiroir de la table de chevet, il éparpilla son contenu sur le lit, faisant tomber les préservatifs et des cigarettes sur le sol.
Aucun médicament.
—Merde !
Il aurait pu contacter un médecin, mais il lui était impossible de reprendre le volant pour se rendre à la pharmacie.
S’effondrant sur le lit, il attrapa le téléphone. Tout d’abord, il appela son médecin. L’infirmière qui prit son appel lui promit de lui prescrire une nouvelle ordonnance. Puis, après quelques instants de réflexion, il appela Trace. Si on ne pouvait pas compter sur son meilleur ami pour rapporter des médicaments, sur qui d’autre compter ?
Trace longeait le front de mer au volant de sa décapotable lorsque son portable sonna. Il appuya sur le bouton de son oreillette.
— Trace Jackson, j’écoute.
— Trace, coassa David.
Il bascula sur le flanc, coinçant le combiné entre son oreille et l’oreiller. Il se sentait trop épuisé pour le tenir en main.
— J’ai besoin de ton aide.
— David ? Tu n’as pas l’air bien, dit Trace, la voix teintée d’inquiétude.
— Ouais… répondit David en luttant contre une nouvelle vague de nausée. J’ai une migraine … Une mauvaise migraine.
— Mince ! Ça fait longtemps que tu n’en avais pas eue. Tu as tes médicaments ? Où es-tu ?
— Non, aucun médicament. Je n’arrive pas à en trouver, ou alors je les ai jetés. Ça fait tellement longtemps, en effet. L’infirmière m’en a commandé. Ils m’attendent à Walgreens sur la Huitième rue.
David fit une pause pour reprendre son souffle. Sa propre voix résonnait dans sa tête.
— David, va t’allonger. Mets une serviette humide sur tes yeux. Je vais aller chercher tes médicaments. Tu as besoin d’autre chose ? Une bouteille de Gatorade ? ajouta Trace comme il se dirigeait vers un parking afin de faire demi-tour pour retourner en ville.
— Je suis déjà allongé, mais ce satané lit tangue comme un bateau. Apporte-moi juste les médicaments.
— D’accord, je serai vite là, promit Trace en mettant fin à la conversation pour se concentrer sur la route.
Il voulait arriver le plus vite possible. Cela faisait très longtemps que David n’avait plus eu de migraine, mais lorsqu’il en avait une, elle était habituellement sévère.
Une demi-heure plus tard, il garait sa Mustang décapotable bleue derrière la Sedan sportive de David et se précipitait vers la porte de service de la maison si bien entretenue, le sachet de médicaments en main. Utilisant sa clef, il alla directement dans la cuisine, jeta le sachet sur le comptoir et remplit un verre d’eau froide au distributeur du réfrigérateur. Il déchira le sachet dans sa précipitation et batailla avec la bouteille, jurant contre le système de sécurité visant à protéger les enfants. Cachets en main, il attrapa ensuite le verre d’eau et fonça rejoindre David dans la chambre.
Il faisait sombre à l’intérieur, les rideaux verts bloquant presque toute la lumière, et Trace aperçut son ami, recroquevillé sur le lit.
— David ? dit-il doucement, en s’asseyant sans faire de mouvements brusques sur le bord du matelas.
David gémit en sentant le lit bouger. Se risquant à ouvrir un œil, il vit l’homme aux larges épaules penché vers lui, les sourcils froncés d’inquiétude.
— Je ne suis pas encore mort, coassa-t-il. Peu importe à quel point je souhaiterais l’être en ce moment …
Trace grimaça. Les yeux enfoncés dans leurs orbites, les traits creusés, David souffrait.
— Tiens, je t’apporte un peu de soulagement.
— Mon héros…
Se redressant en prenant appui sur un coude, David attrapa les cachets et le verre d’eau que son ami lui tendait.
Hochant la tête, Trace reprit ensuite le verre vide qu’il posa sur la table de nuit, puis passa une main légère sur le front de David.
— Tu as de la fièvre aussi, dit-il.
Il se leva et alla dans la salle de bains mouiller une serviette avec d’un peu d’eau froide. Il revint et la posa gentiment sur les yeux de David.
Au contact du tissu froid sur sa peau surchauffée, David se crispa et frémit de la tête aux pieds.
— La couverture … dit-il en bataillant pour se remettre sous les draps.
Trace reprit le tissu humide en fronçant les sourcils et tira sur les draps et la couverture matelassée afin que David se glisse dessous. Il rabattit ensuite la couverture sur ses épaules et le borda.
— Désolé, murmura-t-il.
David avait vraiment l’air malheureux.
— Merci d’avoir joué le garçon de courses. Je suis désolé d’avoir interrompu ta journée. Retourne travailler. Je survivrai. Je suis trop désagréable comme mec pour mourir …
David rit de sa propre plaisanterie, quand une vive douleur lui vrilla soudain le crâne, le laissant pantelant.
— Merde ! souffla-t-il, épuisé et sans énergie.
— Je pense que je vais rester ici, juste au cas où. Je ne t’avais pas vu aussi mal en point depuis bien longtemps, murmura Trace comme il reposait le tissu sur le front de son ami.
David l’aurait foudroyé du regard si tous les muscles de son visage ne lui faisaient pas aussi mal. Il dut se contenter d’un petit froncement de sourcils, et tira doucement sur la mèche de cheveux d’un brun foncé qui effleurait l’épaule de Trace.
— Quand t’es-tu coupé les cheveux pour la dernière fois, Jackson ?
C’était plutôt mesquin, mais faire quelque chose de normal comme de titiller son ami sur sa manie de porter ses cheveux aussi longs l’incitait à se sentir légèrement mieux. Ils en avaient souvent plaisanté entre eux, et Trace n’en prenait pas ombrage. Il finit par s’endormir, un pli de douleur crispant un peu sa bouche.
David maintint quelques secondes le tissu frais sur le front de son ami avant de le reposer sur la table de nuit. Au lieu de rester assis là à ne rien faire, il décida qu’il pouvait tout aussi bien travailler sur son projet et alla récupérer dans sa voiture son ordinateur portable ainsi que ses notes. Cela fait, il retourna dans la chambre afin d’être près de David si celui-ci avait besoin de lui.
Il se débarrassa de ses chaussures et de sa veste, puis desserra sa cravate qu’il fourra dans le placard de David. Il alluma la petite lampe de chevet, s’installa à côté de son ami, brancha son ordinateur, chaussa ses lunettes à monture d’écaille et se mit au travail.
DAVID se retrouva propulsé sur sa chaise informatique rembourrée, les pieds hissés sur le bureau, à moitié endormi ; il entendait son assistante taper sur son clavier. Il décida de se relever avant que son dos ne le fasse souffrir, mais il s’emmêla dans le cordon téléphonique. Et se vit avec horreur tomber au ralenti, comme dans un cauchemar …
Se réveillant en sursaut – ce qui n’arrangeait pas sa migraine – David cria de douleur alors qu’il tentait de s’asseoir, les jambes prises dans la couverture.
Trace lâcha aussitôt son stylo et son bloc-notes et se pencha vers lui, essayant de le calmer.
— David, hé, tout va bien, dit-il en tirant sur la couverture pour le dégager.
De l’autre main, il retenait son ordinateur portable pour l’empêcher de glisser de ses genoux.
Trace ? Qu’est-ce que fout Trace dans mon bureau ?
Les deux hommes étaient amis depuis toujours, mais étant donné qu’ils travaillaient pour deux journaux concurrents, ils ne s’étaient jamais rendus sur leurs lieux de travail respectifs.
— Trace ? Quoi ? Qu’est-ce que ...?
Trace s’arma de patience.
— David, réveille-toi. Tu es sous médicaments, mec.
Il lui serra gentiment l’épaule.
David cligna des yeux alors qu’autour de lui la pièce faiblement éclairée reprenait forme. Trace était penché vers lui.
— Oh, je suis sûr que le Mirror adorerait avoir cette photo : Les correspondants de deux journaux concurrents surpris ensemble au lit ! Je vois d’ici les gros titres. Katerine en mouillerait sa petite culotte, fit David, la voix encore pâteuse sous l’effet des médicaments. Putain, j’ai soif ! J’ai l’impression d’avoir avalé tout le sable du Sahara …
Sa tête roula de côté, sur la cuisse ferme de Trace – et non l’oreiller habituellement placé là – et David se rejeta en arrière, surpris, ce qui lui valut un pic de douleur et une nouvelle vague de vertiges.
— Fais attention ! s’exclama Trace en tendant la main pour l’aider à se stabiliser. Tu as l’air toujours aussi mal en point. Ne bouge pas, je vais te chercher à boire.
Il posa son portable sur le lit et se leva avec précaution, essayant de ne pas faire trop bouger le matelas.
— Reste ici, lui ordonna-t-il en pointant un doigt dans sa direction, avant de quitter la chambre.
— Comme si j’avais le choix, marmonna David, se rallongeant sans gestes brusques contre les oreillers.
Jetant un coup d’œil au réveil sur la commode, il calcula le temps écoulé. Les médicaments qu’il avait pris auraient dû être efficaces et lui faire déjà de l’effet, et pourtant son mal de tête était toujours là – moins douloureux, mais persistant. Cela ne présageait rien de bon. La prescription avait été respectée à la lettre, et David ne pouvait pas envisager de prendre une nouvelle dose avant que six heures ne se soient écoulées. Si – au bout de deux heures et demie donc – les symptômes persistaient, ils reviendraient en force d’ici deux heures tout au plus. David devait absolument manger tant que son estomac était capable de garder la nourriture, et bien qu’il soit stupide d’essayer quelque chose qui requérait un minimum d’équilibre, il voulait vraiment prendre une douche, tant qu’il y était.
TRACE revint dans la chambre, apportant un grand verre de ce thé léger que David stockait au réfrigérateur.
— Essaie ça, lui dit-il en s’asseyant au bord du lit.
Au cours de ces deux dernières heures, il avait dénoué ses cheveux et chaussé ses lunettes, chose qu’il détestait faire en public. Mais David l’avait déjà vu comme ça.
David lui fit son fameux sourire en coin – en référence à son apparence échevelée. Trace avait la réputation d’être toujours tiré à quatre épingles ; or, ce n’était plus vraiment le cas maintenant. C’était à ce genre de détails qu’ils reconnaissaient l’un et l’autre que leur amitié était vraie – Trace n’hésitait jamais à se détendre avec David, se moquant de paraître négligé.
David vida la moitié de son verre de thé d’une seule gorgée avant que son estomac ne proteste, et le reposa doucement sur la table de nuit.
— Merci.
Trace se pencha vers son ami souffrant en s’appuyant sur une main.
— Les cachets ne font pas effet, hein ?
Trace suivit la direction du regard de son ami, qui avait tourné les yeux vers le miroir, de l’autre côté du lit. David aux cheveux blonds et au teint hâlé, respirant habituellement la santé… Il avait maintenant un teint grisâtre et un regard sombre. La souffrance le rendait presque méconnaissable.
David laissa ses paupières se refermer.
— Oh, ils font effet, mais quand la douleur est aussi intense, ils la soulagent un peu, sans la chasser complètement.
— Qu’est-ce qui pourrait aider ?
Trace sentit quelque chose, par terre, sous son pied. Il remonta ses lunettes sur son nez d’un air absent, en découvrant le désordre qui régnait au pied de la table de nuit.
— Je vois que tu as mis les tiroirs sens-dessus-dessous pour trouver tes médicaments, dit-il en se penchant pour ramasser le magazine sur lequel son pied avait glissé.
— Est-ce que j’en entendrais parler pendant cent ans si je te demandais de me masser les épaules et peut-être aussi le cuir chevelu ?
Retournant le magazine pour voir la couverture, Trace fronça légèrement les sourcils.
— Tu es souffrant. Si je peux t’aider d’une façon ou d’une autre, je ne vois pas où est le problème, tu sais.
David poussa l’oreiller à plat pour se rallonger.
— Merci, Trace. À ce stade, je supporterais même tes plaisanteries. Je t’en serais éternellement reconnaissant.
Trace fourra l’American Journalism Review dans le tiroir et en profita pour ranger, haussant un sourcil à la vue de certains objets traînant par terre : des stylos et des bloc-notes, bien sûr, mais aussi des préservatifs et une lotion lubrifiante – ça ne le surprenait pas – un paquet à moitié vide de bonbons, un briquet et un paquet de cigarettes froissé. Trace fronça les sourcils. Il croyait que David avait arrêté. Il fourra le tout dans le tiroir avant de remarquer autre chose, à moitié dissimulé sous le lit, et il se pencha pour l’attraper.
Ses doigts se refermèrent sur un objet frais et cylindrique en caoutchouc souple… Il cilla de surprise en découvrant un gode. Son regard vola vers David, mais son ami avait les yeux fermés. Trace fut tenté – vraiment tenté – de lancer ces plaisanteries tant attendues. Il regarda à nouveau l’objet, lourd, épais et long d’environ vingt centimètres, puis le mit dans le tiroir qu’il s’empressa de refermer.
Posant un genou sur le lit, Trace fit glisser ses doigts dans les cheveux de David et le caressa gentiment avant de prodiguer à son ami un massage apaisant. Il ne pouvait pas s’empêcher de repenser à sa découverte. Il y avait sûrement une explication rationnelle à la présence de cet objet. Il y en avait aussi d’autres, plus… intéressantes, sachant ce qu’il savait à propos de David. Donc, non. Ce n’était probablement pas un objet de plaisanterie. Du moins pas en ces circonstances. Trace garda pour lui ses réflexions et sourit, amusé par la tournure que prenaient ses pensées.
David gémit – un gémissement évoquant davantage un plaisir intense qu’une affreuse douleur, cette fois.
— Dieu, que c’est bon ! Appuie juste un peu plus.
Maintenant que son esprit était axé sur des pensées érotiques, Trace ne put s’empêcher d’interpréter le ton de sa voix dans ce contexte. Alors qu’il renforçait son massage, il réprima un gloussement. Il avait toujours pensé que David avait une vie sexuelle saine, mais c’était un des sujets qu’ils n’avaient jamais abordés, surtout parce que leurs goûts ne s’accordaient pas. La vie sociale de Trace alimentait constamment les ragots en ville, il n’était donc pas surprenant que David soit au courant de ses frasques. Trace avait supposé que David était juste plus discret de ce côté-là. Rien de mal à ça.
Les petits soupirs et gémissements que son ami faisait résonnaient assez bien à l’oreille de Trace – non qu’il ait déjà entendu un autre homme gémir d’extase lors de rapports sexuels, sauf bien sûr dans un film. Glissant toujours les doigts dans les cheveux aux reflets d’or de son ami, il lui pétrissait légèrement la nuque de l’autre main.
David ronronna, soulevant les épaules sous la pression des doigts de Trace. Entre les médicaments et le contact léger, il se sentait déjà mieux qu’il ne l’avait été depuis des heures.
— Tu as des mains fabuleuses.
— On me l’a déjà dit, répondit Trace d’une voix traînante, en redoublant d’efforts.
David prit une profonde inspiration ; le contact physique et le silence ambiant exerçaient sur lui un effet apaisant. À mesure que le massage soulageait ses douleurs, son corps commençait à réagir de manière différente, et il sentit sa verge frémir contre le matelas. Il se crispa aussitôt, ravivant légèrement ses douleurs. Du coup, cela détourna son attention de son sexe – ce qui était préférable. Trace et lui étaient amis depuis des années sans qu’il n’y ait jamais eu d’attirance sexuelle entre eux. Ils étaient copains, et David avait la certitude que Trace était parfaitement hétéro. Ils parlaient de politique et de sports, pas de sexe, et son ami avait une réputation qui le précédait partout. De toute façon, David n’avait pas l’intention de perdre son ami pour un proverbial tour dans le foin.
— Je devrais aller prendre une douche tant que je m’en sens capable, marmonna-t-il.
Trace interrompit son massage.
— Que veux-tu dire par ‘tant que je m’en sens capable’ ? demanda-t-il en fronçant les sourcils. Est-ce que la migraine va s’aggraver ?
Inquiet, il reprit doucement son massage. Cela le bouleversait de voir son meilleur ami souffrir autant.
— Ouais, si c’est supportable la première heure, une dose de médicaments suffit, mais quand la migraine s’installe comme aujourd’hui, ça dure habituellement plus de vingt-quatre heures. Le problème est que je ne peux prendre une dose que toutes les six heures, et le soulagement de la douleur ne dure que quatre heures.
David se dit qu’il devait bouger, mais les doigts de Trace étaient si agréables qu’il ne pouvait pas se résoudre à lui demander d’arrêter.
— C’est quel genre de saloperies, ces médicaments ? s’exclama Trace, exaspéré. Très bien, va prendre ta douche. Je te prépare quelque chose à manger ?
Il retira lentement les doigts des cheveux de son ami, ne voulant pas risquer de tirer accidentellement dessus et lui causer davantage de douleur.
— Ouais, je devrais essayer de manger. Va voir dans la cuisine s’il me reste de la soupe. Un bouillon, pas de crème, dit David avec une grimace en sortant du lit. Je vais laisser la porte ouverte. Entre le mal de tête et les médicaments, je risque d’être un peu instable.
— Sois prudent, David. Tu n’as pas besoin d’avoir en plus un bras cassé ou autre chose du même genre.
Trace se leva et observa attentivement David pour s’assurer qu’il passait dans l’autre pièce sans encombre.
Une fois dans la salle de bain peinte dans des tons d’un vert pâle apaisant, David ôta son boxer et s’assit sur le rebord de la baignoire afin d’éviter de se pencher. Puis il se redressa et se posta sous le jet d’eau chaude, prenant appui contre la paroi en pierre froide. Il laissa l’eau glisser sur son corps. Entre les médicaments, le massage de Trace et la douche, il commençait à se sentir presque bien.
Pris de tremblements, David coupa l’eau, sortit de la baignoire, et attrapa une serviette pour se sécher. Mais même la plus légère friction sur les poils blonds qui recouvraient son torse le faisait souffrir. Incroyable de voir à quel point la migraine rendait sensible son corps tout entier !
Dès qu’il se pencha pour s’essuyer les jambes, la tête commença à lui tourner.
— Putain … !
Tout devint noir.
TRACE était dans la cuisine, en train de remuer la soupe, quand un bruit sourd l’alerta. Les yeux écarquillés, il lâcha la cuillère pour se précipiter dans la chambre, puis la salle de bain.
— Merde ! jura-t-il en voyant David qui gisait sur le sol.
Il s’agenouilla et redressa son ami en position assise ; tâtant l’arrière de son crâne, il fut soulagé de ne pas trouver de sang.
Le cœur battant à tout rompre sous l’emprise de la peur, Trace jura dans sa barbe et le serra contre lui.
— David … David ?
Il caressa la joue de son ami. Que faire ? Appeler les secours ?
— Trace ? marmonna David.
Des points de lumière, comme ceux que les enfants utilisaient le quatre juillet, dansaient sous ses paupières. Son crâne le faisait souffrir, ainsi que son épaule. La voix de Trace lui parvenait de très loin.
— Trace ?
— David ? Allez, ouvre les yeux. S’il te plaît ? Tu me fais peur comme jamais !
— Je vais bien, finit par dire David, la voix rauque. Ma tête me fait un mal de chien ... La dernière chose dont je me rappelle, c’est la douche.
— Ouais, eh bien maintenant, tu es sur le plancher. Tu t’es fait mal ? Tu t’es cogné ta tête ?
Trace le dévisageait avec inquiétude.
— Je ne sais pas, répondit David en rouvrant brièvement les yeux et en grimaçant. J’ai mal à l’épaule.
Que David ait refermé les yeux si rapidement ne permettait pas à Trace de juger de son état, d’une manière ou d’une autre.
— Quelle épaule ? Celle sur laquelle tu es tombé ?
Trace serra doucement l’épaule droite de David.
— Aïe ! Putain, oui, celle-là ! Éteins la lumière, tu veux bien, que je puisse me traîner jusqu’au lit ?
— Merde, David, tu aurais pu te casser quelque chose, ou pire ! s’écria Trace, très inquiet.
Il le souleva et l’aida à tenir sur ses jambes. Qu’il fasse quelques centimètres de plus que les un mètre quatre-vingt de David était en l’occurrence un avantage. Ce ne fut que lorsqu’il passa un bras autour de sa taille, ses doigts rencontrant la peau de sa hanche, qu’il réalisa qu’il était encore nu.
Oui, eh bien, ça n’aura plus d’importance une fois qu’il sera sous les draps.
Reconnaissant à son ami du soutien qu’il lui prodiguait, David s’appuya sur lui, s’avisant soudain que la friction des vêtements contre sa peau nue exacerbait ses sensations.
— Merde, murmura-t-il en chuchotant une prière silencieuse pour que leur amitié survive à cette journée.
— Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ? Tu as mal autre part ? s’inquiéta Trace comme ils se traînaient sur la moquette d’un vert profond en direction de la chambre et du lit.
— Non, je viens juste de réaliser que j’étais nu comme un ver. On devrait te verser une prime de risque...
David désigna l’armoire d’un signe de tête en s’asseyant sur le lit.
— Tu veux bien me passer un boxer, histoire que je n’offense plus ta délicate sensibilité ?
— Je sais que tu es dans les vapes jusqu’aux ouïes avec les cachets que tu as pris, mais… Moi ? Ma ‘délicate sensibilité’ ? J’ai le même équipement que toi, tu sais ! Je pense que je vais survivre.
Il attendit que David se glisse sous les draps pour le border. Puis il attrapa trois des quatre oreillers et les cala sous la nuque de son ami.
— Je vais chercher la soupe, si elle n’est pas complètement brûlée maintenant. Je l’ai oubliée en volant à ton secours, ajouta Trace, satisfait en voyant que David était confortablement installé.
— D’accord, murmura faiblement son ami.
Comme Trace s’en était douté, la soupe était fichue, et il la vida dans l’évier afin d’en préparer une autre. Cela lui prit à peu près dix minutes, puis il fut de retour dans la chambre avec deux tasses et une boîte de biscuits.
— Et voilà ! Service de première classe, plaisanta-t-il en posant les tasses sur la table de nuit.
Il avait de la peine à s’imaginer dans le rôle de Florence Nightingale, mais il avait l’impression de ne pas trop mal s’en sortir.
Si on passe outre le fait que je l’ai laissé se casser la figure dans la salle de bain…
Il contourna le lit et s’assit de l’autre côté, ouvrit avec précaution la boîte de biscuits, puis en aligna quelques-uns sur les draps, entre eux.
— J’ai du mal à croire que tes petites amies te laissent manger des biscuits au lit ! s’exclama David en soufflant sur sa soupe chaude.
Trace haussa les épaules en grignotant un biscuit salé.
— C’est habituellement dans mon lit que ça se passe, alors je fais ce que je veux, pas vrai ?
Il but prudemment une première gorgée avant de prendre un biscuit et de le tendre à David.
— En outre, tu n’es pas une de mes petites amies, de sorte que les paris sont ouverts. Je ne vois pas l’intérêt de t’impressionner avec mes bonnes manières si je sais déjà que je ne vais pas conclure.
En un éclair, il se vit soudain nu au lit avec David pour une tout autre raison que la maladie, la camaraderie agréable qu’ils partageaient se muant en une relation bien plus intime. Trace faillit recracher sa soupe par le nez à cause de l’image qui se formait dans son esprit, et il rit sous cape.
David ressentit une douleur momentanée qu’il surmonta, la considérant comme un effet secondaire de sa migraine. La première réplique désinvolte qui lui vint en tête mourut sur ses lèvres.
— Non… Non, je ne suis pas une de tes petites amies, et si on se base sur ton type habituel, ce n’est pas près d’arriver, répondit-il, manquant légèrement de souffle.
Trace prit un autre biscuit en lui jetant un regard oblique.
— Bon. Encore trois heures avant que tu puisses reprendre un cachet. Tu devrais dormir un peu. Je te réveillerai, le rassura-t-il, en pensant aux progrès qu’il pourrait faire dans l’intervalle sur son rapport dévolu à l’impact des centres artistiques.
Posant sur la table de nuit sa tasse vidée d’un tiers à peine, David se recoucha et remonta les draps sur ses épaules.
— Ouais, c’est ce que je vais faire. Et, petit ami ou non, je ne veux pas de miettes dans mon lit, Jackson.
Trace vit David se mettre à son aise, puis il reprit sa soupe sans autre commentaire. Son ami se rendormit rapidement. Reposant sa tasse quelques minutes plus tard, Trace le regarda dormir ; il se faisait du souci pour lui. Puis il reprit son ordinateur et se remit au travail.
Il s’endormit à son tour sans s’en rendre compte ; une sonnerie insistante le réveilla en sursaut. Il fronça les sourcils, essayant de comprendre ce que c’était et pourquoi il était si inconfortable. D’habitude, il adorait son lit doux et moelleux. Il ouvrit doucement les yeux et ne discerna tout d’abord que des choses floues, ses lunettes ayant glissé de son nez. Il les remit en place et regarda autour de lui.
— Oh. C’est vrai…, murmura-t-il.
Il était chez David – dans son lit, en fait – affalé contre la tête de lit. Il était resté habillé de pied en cap, et ses vêtements étaient complètement froissés. La lampe de chevet répandait une douce lumière et le son insistant provenait de son ordinateur ; la batterie était faible. Son portable avait glissé et penchait en équilibre instable. Adoptant une position plus confortable, Trace jeta un coup d’œil à son ‘patient’.
David s’était recroquevillé à côté de lui, sa tête blonde reposant sur les cuisses de Trace. Lui-même avait passé un bras autour de son ami, le maintenant en place d’une paume pressée contre son dos.
Trace fut quelque peu surpris de se découvrir excité au contact de la tête de David sur ses cuisses, mais il décida de passer outre. Il avait toujours été quelqu’un de très tactile, et il avait une vie sexuelle fort active. C’était une façon pour lui d’évacuer le stress et il adorait ça. Il avait depuis longtemps fait la paix avec son besoin de contacts physiques.
Néanmoins ébahi par la tournure que prenaient les choses, il inspira vivement, histoire de se réveiller tout à fait, et bâilla à s’en décrocher la mâchoire. Un coup d’œil à l’horloge de son ordinateur lui apprit que c’était le début de soirée. Il avait dû s’endormir en travaillant sur son rapport. Légèrement agacé par le bip insistant, il enregistra son document, ferma l’ordinateur et le souleva avec précaution pour le poser sur la table de nuit, près de David. Il reporta ensuite son attention sur son ami.
David semblait plus détendu, et il avait retrouvé un peu de couleurs. Les sillons de douleur qui avaient creusé son visage avaient disparu, laissant place aux ridules du sourire qui entouraient habituellement les coins de ses yeux et les commissures de sa bouche. Les traits plutôt accusés de son visage étaient adoucis par le sommeil. Trace massa doucement le dos de son ami sans y penser. Il bâilla une nouvelle fois et songea à se rendormir ; décidant que rien ne l’en empêchait, il se remit à somnoler, pensant vaguement à la façon dont le corps de David s’accordait si bien au sien.
DAVID reprit doucement conscience, dans un bienheureux cocon de chaleur, et songea un instant à laisser les médicaments l’entraîner de nouveau dans un sommeil réparateur. Il s’était réveillé quelques heures plus tôt, sous l’aiguillon de la douleur. Trace lui avait donné une nouvelle dose et l’avait soutenu pendant qu’il buvait pour faire passer le cachet. Dieu merci, la deuxième dose l’avait assommé. Dressant un bref inventaire de ses misères, il découvrit que cette fois, son épaule le faisait plus souffrir que sa tête. Il se déplaça légèrement afin de soulager la pression sur son épaule et…
Soudain parfaitement réveillé, David frotta sa joue contre un tissu doux recouvrant quelque chose de ferme qui… n’était pas son oreiller. Il ouvrit les yeux avec précaution.
Merde ! La jambe de Trace...
Il était en train de réfléchir à une manière élégante de se dégager des jambes de son meilleur ami quand il réalisa que Trace avait son regard braqué sur lui.
— Hé. Comment te sens-tu ?
— Hé ! dit David d’une voix sèche et rauque, un des effets secondaires du traitement prescrit. Il semblerait bien que, par-dessus le marché, je me sois servi de toi comme oreiller.
Il se redressa lentement.
— C’est pas grave, l’assura Trace en souriant sans chercher à changer de place. Tu sembles en meilleure forme.
— C’est le cas. J’ai même un peu faim, admit David en souriant à son tour. En tout cas, une chose est sûre ; j’en ai plus qu’assez d’être dans ce lit. Si j’arrive à me traîner jusqu’à la cuisine, tu crois que tu pourrais me chauffer un peu de soupe ?
– Bien sûr, mais plus d’incursion dans la salle de bain sans surveillance, ajouta Trace avec bonne humeur.
Il avait besoin de brancher son ordinateur de toute façon. Il pourrait toujours retourner chercher le cordon de raccordement dans sa voiture.
— Autre chose, Ta Majesté ? lança-t-il en sortant du lit et en s’étirant.
David se retourna, une réplique arrogante sur le bout des lèvres. Mais toute pensée le déserta à la vue de Trace. Étirée de la sorte, la silhouette longiligne de son ami était frappante, de ses larges épaules jusqu’à sa taille étroite. Les pans de sa chemise gris pâle étaient sortis de son pantalon et les deux derniers boutons, défaits, révélaient un triangle de peau bronzée délimité par une bande de poils sombres. David déglutit avec peine. Il avait de nouveau la bouche sèche – mais pour une raison très différente cette fois.
Trace bâilla, et grogna quand ses vertèbres cervicales craquèrent bruyamment. Il laissa retomber ses bras le long de ses flancs, avant de relever une main pour se masser la nuque.
— Dormir assis, ça craint, murmura-t-il.
Il ôta ses chaussettes en se dandinant d’un pied sur l’autre pour tirer dessus. Il récupéra son ordinateur portable et sortit de la chambre pieds nus.
Tétanisé par la vision qu’il venait d’avoir, David suivit son ami des yeux. Ces huit dernières heures, il n’aurait jamais pu s’en sortir sans l’aide de Trace, mais apparemment, la proximité inhabituelle à laquelle ils avaient été soumis jouait des tours à son imagination. Balançant ses jambes hors du lit avec une grimace, il attendit que la douleur s’estompe puis enfila avec précaution un boxer, une jambe après l’autre. Même s’il tenait encore mal debout, il entreprit de rejoindre son ami dans la cuisine.
Trace avait commencé par rincer la casserole et la reposer sur le feu avant de se mettre à la recherche d’une autre boîte de soupe. Il en avait trouvé plusieurs : nouilles au poulet, soupe à la tomate, aux brocolis et au cheddar, bœuf aux légumes. Miam ! Il examinait la sélection, penché sur l’étagère du bas.
David entra dans la cuisine ; peinte dans des tons lie-de-vin soutenus, elle était garnie de moulures blanches, et la zone de travail entourée de placards blancs occupait trois des murs. David se sentait très fier d’être arrivé jusque-là.
— Trace…
Ses mots se bloquèrent dans sa gorge.
Trace a des fesses absolument incroyables !
Penché en avant, il avait un pied légèrement surélevé pour maintenir son équilibre, et sa chemise remontait sur son dos musclé comme il fouillait dans le placard du bas, sous le plan de travail. David aurait dû être un saint hétérosexuel pour résister à cette vision, et ça, c’était quelque chose qu’il n’était absolument pas. Il sentit son sexe durcir.
Merde !
— Hmmm ? marmonna Trace avant de se redresser avec une autre boîte dans la main et en repoussant une mèche de cheveux derrière son oreille. Tu préfères le bœuf aux légumes ou le velouté de champignons ? s’enquit-il en refermant le placard.
David avala la boule coincée dans sa gorge, ne sachant si l’idée de manger ou bien la découverte brutale de l’attirance qu’il éprouvait pour son ami en était la cause. Le petit geste de Trace attira son attention sur ses cheveux – il aimait tant le taquiner à ce propos ! Pour la toute première fois, il se demanda ce qu’il ressentirait s’il passait la main dans les mèches de son meilleur ami. Ses cheveux étaient-ils doux ou bien rêches ? Il n’arrivait pas à s’en souvenir, alors qu’il lui était arrivé plus d’une fois de tirer dessus histoire d’agacer Trace.
Il s’attabla, soucieux de lui dissimuler son excitation sexuelle.
— Beurk... Je ne mange pas de champignons. Cette boîte est là depuis que ma mère est venue il y a trois ans. Elle s’en servait pour faire de la sauce. Je prendrai le bœuf aux légumes, s’il te plaît.
Trace hocha la tête et se retourna vers la casserole ; David se surprit à admirer de plus belle son ‘profil arrière’.
Il soupira.
Admirer les fesses de Trace n’est pas une bonne idée.
Il chercha un sujet de conversation qui lui rappellerait que Trace n’était pas gay.
— Alors… Qu’est-ce qui s’est passé avec Anne-Marie il y a deux semaines ? Elle n’est pas déjà de l’histoire ancienne, dis-moi ? s’enquit David.
Trace se retourna vers lui.
— Ce n’était pas sérieux. Elle n’est pas… Je veux dire, je ne suis plus avec elle. Je n’aime pas rester trop longtemps avec la même femme, conclut-il avec un sourire impénitent.
— Une femme différente chaque semaine ! gloussa David.
— Je ne vois pas ce qu’il y a de mal à ça. Je ne leur fais jamais de fausses promesses, répondit Trace en haussant les épaules.
David essaya sans succès de se rappeler à quand remontaient ses dernières relations sexuelles.
— Je dois me faire vieux. Je ne suis pas du genre à avoir des relations sans sentiment. Apprendre à connaître quelqu’un demande trop d’efforts et ça me fatigue rien que d’y penser.
