Comment sauver la planète à domicile - Alexis Voizard - E-Book

Comment sauver la planète à domicile E-Book

Alexis Voizard

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Beschreibung

L’urgence écologique vous préoccupe et vous ne savez par quel bout prendre ce problème ? De la cuisine à la salle de bains, en passant par la chambre à coucher et le jardin, ce livre nous invite à convertir notre cœur et nos comportements dans toute notre maison, à partir de la vision chrétienne de l’écologie. Entrer dans une consommation responsable, préférer le réel au virtuel, savourer les vraies rencontres... Chaque pièce est prétexte à transformer notre art de vivre, à travers des réflexions, des témoignages et des idées concrètes. Pour faire de notre logement un lieu où « tout est lié » : notre foi, nos relations et nos actes.

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Seitenzahl: 126

Veröffentlichungsjahr: 2018

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Adeline et Alexis VOIZARD

COMMENT SAUVER LA PLANÈTE À DOMICILE

L’art de vivre selon Laudato Si’

Conception couverture : © Christophe Roger

Images couverture et intérieur : © Shutterstock – Elenabsl / Keep Calm and Vector / Elvira Kiyamova / E. Forajontova / Red Spruce / Iconic Bestiary

Composition : Soft Office (38)

Textes bibliques : ©AELF

 

© Éditions Emmanuel, 2018

89, bd Auguste-Blanqui – 75013 Paris

www.editions-emmanuel.com

 

ISBN : 978-2-35389-678-3

 

Dépôt légal : 1er trimestre 2018

Préface

Suffisamment de gens prétendent vouloir sauver la planète à coups de révolutions technologiques, économiques ou écologiques, pour qu’on ne prenne plaisir à saluer un livre simple, qui présente quelques pistes pour vivre d’une manière plus saine notre quotidien. Car la planète n’a aucun besoin d’être sauvée. Elle poursuivra sa rotation autour du soleil pendant des millions d’années encore, de nouvelles espèces d’animaux succéderont à celles qui disparaissent, la vie se fraiera sans doute d’autres voies pour germer. En revanche, c’est de l’espèce humaine qu’il faut prendre soin de toute urgence. Intelligente mais vulnérable, son avenir dépend d’un milieu naturel qui doit demeurer favorable à son existence. Une production et une consommation sans limites épuisent les ressources naturelles, rendent l’atmosphère insalubre, infectent les populations, anéantissent les cycles longs nécessaires à la reproduction des espèces, transforment même le climat, et nécessitent toujours plus d’innovations, d’artifices et de productions pour maintenir un environnement vivable pour l’homme. Course folle pour compenser par des béquilles technologiques l’amputation que l’homme pratique sur la nature et sur lui-même, course qui peut se terminer brutalement par un manque de ressources ou une catastrophe imprévisible, tant le système technique devient potentiellement chaotique… L’homme d’aujourd’hui est ainsi devenu le meilleur ennemi de l’homme de demain.

Quelle sagesse invoquer pour sortir du piège dans lequel il se fourre lui-même, par orgueil, par ignorance, mais, le plus souvent, en croyant bien faire ? Tel est le drame de l’homme livré à lui-même : « Car, dit saint Paul, je ne fais pas le bien que je veux ; mais je fais le mal que je ne veux pas. […] Malheureux homme que je suis ! Qui me délivrera de ce corps de mort ? » (Rm 7,24). Les capitaines d’industrie ne manquent pas pour proposer des solutions générales, radicales, révolutionnaires ou transhumanistes. Certains comptent sur l’intelligence augmentée, artificielle et technologique pour trouver des parades aux problèmes toujours plus inextricables. C’est ce que le psychologue Paul Watzlawick appelle « faire plus de la même chose » : on prétend limiter les impasses de la technologie par davantage de technologie, l’énorme gaspillage dû à la consommation par la consommation de nos propres déchets, et les excès de l’économie par une économie excessivement spéculative. Il est permis de douter que ces sauveurs autoproclamés de la planète, puissent trouver soudainement dans les ressources de leur intelligence, les solutions qui lui faisaient jusqu’à présent défaut… Plus que d’en douter, il est même sage de s’inquiéter de leur prétention messianique qui ne se fonde que sur la crédulité publique.

D’autres proposent, non pas de dépasser l’homme dans le transhumanisme, mais au contraire de le raboter, de le diminuer et, pour les plus découragés d’entre eux, de l’abolir carrément. N’est-ce pas l’activité de l’homme qui est à l’origine des problèmes de l’humanité ? Supprimons l’humanité, il n’y aura plus de problèmes pour l’homme – logique imparable mais un brin déprimante. Sans aller jusqu’à cet extrémisme, un courant influent de l’écologie se présente comme une espèce de puritanisme sans Dieu, multipliant les interdits, les fatwas et les culpabilisations en tous ordres sur la manière de manger, de se vêtir, de consommer, de se déplacer, de se chauffer ou de se reproduire. On dresse la liste des bonnes pratiques, on établit les dogmes alimentaires et sanitaires, on excommunie les réfractaires. L’Histoire de l’humanité atteste que l’on n’a jamais réussi à changer l’homme à coups de cravache moralisante et de prohibition. L’être humain est fait pour la joie et il n’agit qu’en vue d’une joie plus profonde. C’est une loi de sa nature.

Quand il essaie de puiser en lui-même une relation juste à l’égard de son environnement, l’homme se trouve donc devant un choix désespérant : le robot ou le rabot. On ne peut que redire avec saint Paul, « Malheureux homme que je suis ! Qui me délivrera de ce corps de mort ? » (Rm 7, 24.) La réponse est connue : « La grâce de Dieu, par Jésus-Christ notre Seigneur. » Il ne faut compter pas sur l’homme seul, mais aussi sur Son créateur parce que, précisément, il s’est fait homme. Il n’est pas question d’une grâce divine abstraite et lointaine, que l’on invoquerait comme une force de la nature, ou une potion magique, mais d’une grâce qui s’est manifestée par l’Incarnation.

Qu’est-ce que cela a révélé du rapport entre l’homme et son environnement ? L’être humain n’est pas un habitant quelconque de cette planète. Il est en premier lieu, un habité, un être qui se reçoit dans une dignité supérieure puisque son corps est sanctuaire de l’Esprit (cf. 1 Co 6, 19). On sait que l’écologie, c’est le discours (logos) sur la maison (oikos), mais, pour le chrétien, la première des maisons, le temple, c’est l’homme lui-même. Tout homme est une maison qui ne demande qu’à être habitée par Dieu : la vie spirituelle est ainsi le fondement de l’écologie.

Cette habitation de Dieu en l’homme n’ouvre pas seulement à la dignité, mais aussi à la responsabilité. Plus exactement, il y a dignité parce qu’il y a responsabilité. Capable d’accueillir Dieu, l’être humain est invité à être avec Dieu,c’est-à-dire à participer à la création, à être co-créateur, à poursuivre l’œuvre de Dieu dans ses propres activités, ses projets, son travail. Il habite des maisons, des quartiers, des villes, des pays, le monde entier, du fait cette responsabilité et il doit agir pour que la planète soit un milieu vivable pour lui, pour son développement et pour son bonheur. Agir, donc, mais avec gratitude, puisque ce soin de la terre lui est confié gracieusement. Agir avec délicatesse aussi pour recevoir la nature comme un don, et non la protéger comme un filon ; pour cultiver sa fécondité, non la fertiliser à outrance ; pour jouir de son abondance, et non la piller ; pour rendre la Terre plus sûre, plus généreuse, plus belle, afin que l’homme la parcoure avec joie et qu’il accomplisse son destin d’habitant habité. Le geste écologique exprime que l’homme reconnaît que sa place dans l’univers créé est centrale, une place qui lui donne plus de devoirs que de droits, dès lors qu’il est lui-même habité par Celui qui a créé le ciel et la terre. L’écologie est une expression de la spiritualité.

Spiritualité ne signifie pas abstraction. Au contraire, c’est dans la pratique, même la plus triviale, que le spirituel se manifeste, se reconnaît et se fortifie. Le chrétien écologiste trouve de la joie dans l’exercice de sa responsabilité à l’égard du monde et des générations futures en agissant concrètement, à sa mesure, à hauteur d’homme. Il trouve sa joie, car il ne s’agit pas de souscrire à de lourdes prescriptions sur le bien manger ou le bien consommer, mais de sentir combien les gestes les plus simples sont les reflets d’une habitation en soi, un jaillissement du sens. C’est en travaillant non dans la crainte d’être punis par un maître exigeant et cruel (la nature ? un Dieu vengeur ?), mais dans la joie d’avoir été considérés dignes dans les plus petites choses que nous serons jugés dans les plus grandes.

Le livre d’Adeline et Alexis Voizard nous invite à des gestes quotidiens, simples, dans l’espace le plus immédiat de notre vie : notre maison, notre quartier. Très joliment, les auteurs proposent de poser ces gestes dans chaque lieu de la maison, depuis le seuil jusqu’à la rue où elle se situe. Ils le font modestement, sans prétendre que tout se résoudra de cette manière, mais ils suggèrent que sans ces gestes simples, nous ne pourrons pas trouver les ressources spirituelles pour affronter les plus grands défis du monde. Car, bien sûr, il nous faut aussi imaginer des solutions plus larges pour transformer des systèmes économiques irresponsables, pour déconstruire des structures sociales injustes et des idéologies mégalomaniaques qui condamnent notre avenir. Certains y contribuent, à leur mesure et selon leurs possibilités, là encore « à hauteur d’homme », c’est-à-dire au service de la grâce de Dieu. Mais les meilleures idées en la matière sont sans effet si elles ne se prouvent pas dans une écologie de la vie quotidienne.

Oui, « tout est lié1 » : le monde sera notre maison commune pour autant que chaque être humain voudra ouvrir à Celui qui se tient à la porte et qui frappe.

Pierre-Yves Gomez

24 novembre 2017

1. Phrase répétée à neuf reprises par le pape François dans Laudato Si’ (LS).

Introduction

Parents de quatre jeunes enfants, nous avons observé autour de nous d’autres familles vivre l’écologie de manière intégrale. Ce témoignage d’une vie unifiée a forcé notre admiration. Nous avons eu envie de leur ressembler, et commencé un cheminement. À la lecture de l’encyclique du pape Laudato Si’,nous avons vécu une conversion plus radicale à l’écologie. Nul besoin de nous plonger dans des détails scientifiques qui nous dépassent, il nous a simplement suffi d’ouvrir nos placards, nos réfrigérateurs et nos poubelles pour voir que partout nous accumulions, consommions, gaspillions, polluions.

En prenant conscience de l’urgence de la situation (réchauffement climatique, déforestation, pollution, inégalités croissantes, culture du déchet…), nous avons eu le désir de changer notre mode de consommation par de simples petits gestes posés au quotidien. Nous nous sommes rendu compte qu’il n’était pas si compliqué de modifier nos habitudes et que de toutes petites décisions pratiques, très concrètes, avaient un réel impact sur l’environnement et, plus encore, nous procuraient la joie profonde de poser des actes justes et bons.

L’encyclique du pape nous a aussi éclairés sur le sens même de l’écologie, qui dépasse la seule notion environnementale. L’écologie intégrale à laquelle il invite couvre certes notre rapport à l’environnement, mais également aux autres, et bien sûr à Dieu : à la création, aux créatures et au Créateur !

Nous avons compris qu’il ne s’agissait pas tant de sauver le monde à la force du poignet, par activisme, que de nous reconnaître avant tout comme des créatures de Dieu qui avons tout reçu gratuitement, par amour. C’est cet amour gratuit qui nous pousse, comme co-créateurs, à construire avec Dieu une humanité plus belle, plus juste et plus vraie.

Aussi allons-nous tenter de couvrir, dans ce livre, chacune des trois dimensions, environnementale, humaine et spirituelle. Notre parti pris n’est pas de faire l’inventaire des petits gestes environnementaux que l’on peut d’ailleurs trouver à loisir dans tous les guides pour mieux consommer ou moins gaspiller.

Dans Laudato Si’, le pape François parle souvent de la terre comme de notre « maison commune ». De plus, le mot écologie vient du grec oïkos qui signifie « maison ». C’est pourquoi nous avons conçu cet ouvrage comme un parcours dans une maison. Nous nous arrêterons dans chacune de ses pièces pour en retrouver le sens et apprendre à poser des gestes cohérents, qui prennent soin de la terre et des hommes. Bien sûr, ce qui vaut pour cette maison imaginaire vaut pour un appartement, y compris un studio en plein centre de Paris !

Pièce après pièce, nous chercherons des pistes pour moins gaspiller, mieux prendre soin de ce qui nous entoure et faire de notre maison un foyer de charité, où l’on veille sur les personnes qui y vivent comme sur celles qui en franchiront le seuil. Quelques témoignages viendront régulièrement compléter ou illustrer nos propos.

Nous avons pris le parti d’aborder une grande idée par pièce, même si chacune pourrait faire l’objet de nombreuses réflexions. Certaines questions mériteraient même un livre à elles seules ; d’avance pardon, donc, si vous avez le sentiment que nous les survolons. Notre objectif est de faire comprendre que chaque sujet a toute sa place, plus que d’offrir un enseignement en profondeur sur chacun d’entre eux.

À la fin de chaque chapitre, une brève synthèse reprendra l’idée essentielle et proposera des pistes très concrètes pour commencer à se mettre en chemin ou pour aller plus loin dans la conversion écologique, ceci afin de mieux saisir que cette démarche est profondément incarnée. Nous vous encourageons vivement à ne choisir qu’un seul petit geste pratique à mettre en place, car s’il y a urgence à se convertir, notre conversion ne peut se vivre de manière trop abrupte : elle se fait petit pas par petit pas, jour après jour. Prendre une seule décision permet de ne pas aller trop vite, de se l’approprier vraiment et de savourer les fruits de sa réalisation (et évite de s’enorgueillir si cela s’avère trop facile !). Une fois que ce petit pas sera devenu un acte naturel, nous pourrons en poser un autre, toujours en choisissant ce qui est à notre portée, avec humilité.

Que notre route vers une conversion écologique toujours plus profonde et humaine soit belle, sainte et joyeuse, le Seigneur à nos côtés pour nous guider et nous encourager !

Mise en condition

Avant d’entrer dans notre maison et de visiter notre foyer pour lui trouver davantage de sens, nous avons listé cinq conditions qui nous semblent nécessaires, voire indispensables, sur le chemin de la conversion écologique de manière juste, c’est-à-dire selon l’Évangile :

1 – Ne soyonspas trop exigeants dans nos objectifs (par exemple en visant le « zéro déchet » !). C’est en effet l’une des meilleures façons de se décourager ou de faire de l’écologie une idole qui obsède nos pensées et nos actes et finalement nous détourne du vrai but : le souci de l’autre.

2 – Ne jugeons pas ! En particulier ceux qui n’ont pas encore cette conscience écologique ou qui ne marchent pas au même rythme que nous. N’oublions pas que c’est de notre conversion personnelle qu’il s’agit et non de celle des autres ! Aimer la création consiste d’abord à en aimer les créatures. Le Christ nous rappelle cela à travers le deuxième commandement qu’il nous donne : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Mt 22, 39).

3 –Restons humbles ! Il faut avancer avec humilité sur ce chemin de conversion en restant conscient que nous resterons toujours de grands pécheurs dans le domaine de l’écologie, du respect de la création et de la vie. Ne nous prenons pas pour des héros et souvenons-nous qu’il n’y a qu’un seul Sauveur, le Christ. Faisons mémoire de cette parole de l’Évangile : « De même vous aussi, quand vous aurez exécuté tout ce qui vous a été ordonné, dites : “Nous sommes de simples serviteurs : nous n’avons fait que notre devoir.” » (Lc 17, 5).

4 – Gardons l’espérance ! Ne culpabilisons pas de tout ce que l’on n’arrive pas à faire et ne soyons pas fatalistes : cela reviendrait à manquer d’espérance. Croyons vraiment qu’un petit geste peut tout changer ! Confions tout à Dieu dans la prière avec confiance. Et suivons cette maxime de saint Ignace de Loyola : « Prie en sachant que tout dépend de Dieu, mais agis comme si tout dépendait de toi. »

5 – Et surtout, restons dans la JOIE