Comprendre et vivre l'écologie - Johannes Hermann - E-Book

Comprendre et vivre l'écologie E-Book

Johannes Hermann

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Beschreibung

La crise écologique et sociale vous interpelle ? Vous souhaitez répondre à l’appel du pape François ? Mais les enjeux vous dépassent et vous ne savez par où commencer ?Écrit par deux spécialistes du sujet, ce livre très pédagogique donne tous les éléments pour entrer dans une juste écologie intégrale, à la lumière de la foi chrétienne et de Laudato Si’. De manière thématique et progressive, il aborde l’écologie dans ses différentes dimensions : défense de la biodiversité, relation aux hommes et aux autres créatures, foi, économie, politique...


Chaque semaine, vous découvrirez une citation du pape François à méditer, ainsi que de nombreuses clés pour comprendre et passer à l’action. Un livre qui transforme notre regard et nous donne l’envie et les moyens d’agir.

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Seitenzahl: 121

Veröffentlichungsjahr: 2020

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Mahaut et Johannes Herrmann

Préface de Cécile Renouard

Comprendre et vivre l’écologie

52 semaines avec Laudato Si’

Éditions Emmanuel

Conception couverture : © Christophe Roger

Composition : Soft Office (38)

© Éditions Emmanuel, 2020

89, bd Auguste Blanqui – 75013 Paris

www.editions-emmanuel.com

ISBN : 9-782-35389-822-0

Dépôt légal : 3e trimestre 2020

Préface

Cinq ans après sa parution, l’encyclique Laudato Si’ n’a rien perdu de son actualité, de sa vigueur et de son souffle : c’est bien ce que Mahaut et Johannes Herrmann nous montrent dans ce beau petit livre, qui est bienvenu pour naviguer dans l’incertitude du temps présent. Depuis juin 2015 ont eu lieu l’adoption des Objectifs du développement durable de l’ONU par la communauté internationale, l’accord international sur le climat (COP 21) à Paris, les marches lycéennes pour le climat dans le monde entier, la nomination puis le départ de Nicolas Hulot comme ministre de la transition écologique et solidaire, la mobilisation des étudiants du manifeste Pour un réveil écologique… Le mouvement des gilets jaunes a mis en évidence l’urgence de mieux relier les questions écologiques et sociales, fin du monde et fin du mois. En 2020, la crise du Covid-19, liée à la crise écologique planétaire, a des conséquences qui n’ont pas fini d’être mesurées et vécues : si, à court terme, les désastres sociaux sont multiples, la perspective d’un monde moins carboné est-elle rendue plus atteignable ? Nos sociétés sont au milieu du gué et nul ne sait encore si les changements radicaux nécessaires seront mis en œuvre à l’échelle souhaitable, pour tenter sinon d’éviter, du moins de limiter les catastrophes annoncées.

Dans ce contexte, les déclarations d’intention et les normes punitives sont vaines. Un supplément d’âme, de créativité et d’engagement est demandé à nos générations, et l’encyclique du pape François peut en nourrir le désir.

Les auteurs sont, par leurs convictions et leurs compétences, particulièrement aptes à proposer un parcours à travers les multiples pistes ouvertes par Laudato Si’. À travers quelques chapitres clés et une structure toute simple – une citation de l’encyclique, une mise en situation, une brève méditation et une invitation à l’action –, le lecteur est mis en chemin. L’ouvrage peut se lire de manière continue, ou il peut se picorer, jour après jour. Ne nous laissons pas tromper par son style épuré, accessible et concis qui peut donner à penser que la lecture sera facile et rapide ! Si la compréhension immédiate est aisée, chacun gagnera à relire, manduquer, savourer, digérer une parole, un passage, une invitation à l’action. Certains entreront peut-être par le souci des plus pauvres, d’autres par l’appel à contempler la création, d’autres encore par l’engagement politique ou par la mise en mouvement dans la vie quotidienne : tous ces chemins sont complémentaires et nécessaires.

Trois axes sont mis en avant de façon particulièrement heureuse, dans ces pages :

–La crise écologique nous appelle à l’amour et au respect de tout le vivant ; de paragraphe en paragraphe est présent le chant du pauvre d’Assise, la compréhension vivante et charnelle de notre inscription dans la nature, la fraternité partagée avec tous les non-humains. La foi simple, la gratitude pour la création qui nous est donnée en partage, nourrie de connaissances scientifiques et de la mesure des désastres occasionnés par nos modes de vie prédateurs, sont une boussole pour orienter l’agir dans notre monde blessé.

À quoi ressemblent le paysage, la forêt, le cours d’eau qui incarnent pour moi la nature, celle que je désire avoir devant mes yeux ? Quel est mon regard sur la ronce, l’ortie, l’arbre mort tombé à terre ? Nous avons appris à apprécier les jardins bien propres, les sous-bois nettoyés. Pourtant, presque rien n’y vit. Les marais ont mauvaise image, ils inquiètent, évoquent la boue, la maladie… Pourtant, ce sont les milieux les plus riches du globe et ils sont vitaux pour l’humanité : expansion des crues, épuration de l’eau, production piscicole… Seigneur, que ta création est belle, diverse, hétérogène, foisonnante ! (p. 23)

–L’amour du vivant est amour préférentiel pour le plus petit, le plus vulnérable ; il invite à considérer, dans chacun de nos gestes, dans nos activités et nos métiers, comment nous pouvons rendre visibles ceux qui sont loin, sans voix, sans pouvoir et sans reconnaissance. La crise du Covid-19 nous indique combien la prise de conscience de notre vulnérabilité peut aussi bien nous rapprocher que nous éloigner des souffrances vécues ailleurs. L’encyclique nous pousse à concevoir et vivre les liens multiples entre toutes les créatures.

Pour entrer dans ce mystère de la création foisonnante, je commence par renoncer à voir le monde peuplé d’êtres « inutiles » ou « nuisibles ». Non pas évidemment pour m’interdire de chasser une mouche ou d’user, si besoin, d’antibiotiques. Mais comprendre à la fois les liens biologiques et la valeur spirituelle d’une création si variée me fait entrer dans le regard de Dieu, qui aime chaque créature. La profusion créatrice est gratuite. En l’accueillant sans chercher à la privatiser, je saurai alors prendre ma place, comme au sein d’une cité, plutôt que d’une immense guerre civile, espèces contre espèces, homme contre tout et moi contre tous. (p. 93)

–L’engagement social, économique et politique découle de la conscience écologique : celle-ci peut tout révolutionner dans nos existences parfois bien arrimées à leurs certitudes et à leurs peurs. La transition écologique, économique, sociale, culturelle et citoyenne à accomplir nécessite action collective réfléchie, mûrie, stratégie déterminée et courage persévérant.

Au cœur de la destruction de la biosphère, si improprement appelée « environnement », se trouve une fausse opposition entre préservation et « développement », entre écologie et économie. À ce petit jeu, les arguments économiques l’emportent toujours. Non seulement les apports de la biosphère à notre propre activité ne sont pas chiffrés, mais ils ne sont pas chiffrables parce que le mode de calcul ne sait pas tenir compte de ces bienfaits. Chiffre-t-on, négocie-t-on la valeur d’un air pur par rapport à un air pollué et dangereux ? Pouvons-nous pour autant nous dispenser de respirer ? La crise écologique révèle l’absurde d’une vision uniquement pécuniaire. (p. 101)

Merci à Mahaut et Johannes, qui donnent à percevoir la multi-dimensionnalité et la richesse de la conversion écologique : la lecture contemplative et spirituelle de ces pages ouvre dans le même mouvement au discernement éthique, à l’action pratique et à l’engagement politique !

 

Cécile Renouard,

religieuse de l’Assomption,

présidente du Campus de la Transition.

Introduction

Cinq ans après la publication de l’encyclique Laudato Si’ (2015) « sur la sauvegarde de la maison commune », les événements programmés dans le monde entier à l’occasion de cet anniversaire – avant d’être bouleversés par les mesures prises contre la pandémie de Covid-19 – suffisent à montrer à quel point cette encyclique a fait date et a ouvert une nouvelle ère.

Par sa réception dans la société civile, mais surtout par l’engagement qu’elle a suscité chez de nombreux catholiques pour la préservation de notre maison commune, Laudato Si’ s’est imposée comme l’une des prises de position majeures de l’Église sur la société de notre époque, comme en leur temps les lettres encycliques Pacem in terris (1963) de saint Jean XXIII et Populorum progressio (1967) de saint Paul VI. Au bout de cinq ans, l’élan initial ne faiblit pas. Bien au contraire, toujours plus nombreuses sont les paroisses, communautés, associations de fidèles qui intègrent à leur feuille de route la préoccupation écologique dans l’esprit de l’encyclique, à l’instar de la Conférence des évêques de France qui a décidé en novembre 2019 d’en faire un axe prioritaire pour les trois années à venir. Notre époque sera marquée par une génération Laudato Si’ comme il y avait eu, dans les années 1970, une « génération Populorum progressio » de chrétiens engagés, nous disait en 2019 le père Dominique Lang, lui-même engagé en écologie depuis de nombreuses années avant la parution de l’encyclique. Oui, Laudato Si’ est un texte majeur pour le chrétien du XXIe siècle, et même pour l’être humain du XXIe siècle tout court.

Avant d’aller plus loin, nous voudrions souligner à quel point cette préoccupation est loin d’être un luxe pour chrétiens de pays prospères. Ayant eu la chance d’être invités, pour la revue Limite, à la conférence internationale LaudatoSi18 au Vatican, pour les trois ans de l’encyclique, nous avons découvert le formidable bouillonnement de l’engagement écologique des catholiques du monde entier. Peuples indigènes d’Amazonie, citoyens des îles du Pacifique, agronomes du Sahel ou du Proche-Orient, étudiants engagés pour la reforestation en Inde, membres des réseaux ecclésiaux d’Amazonie (REPAM) ou du bassin du Congo ont témoigné de la vitalité de leurs combats et de l’importance de les voir soutenus par la publication de Laudato Si’. Loin du confort de nos dénis, l’impact de la crise écologique est une réalité dramatique pour les plus pauvres, et notamment pour les nations pauvres, aux sols plus fragiles, au climat plus brutal. Les écologistes engagés y sont nombreux et actifs, autant et même davantage que sous nos latitudes ; et l’actualité montre que, hélas trop souvent, c’est au péril de leur vie.

Laudato Si’ est de ces textes qui impressionnent par leur densité. Lorsqu’on la lit, on voudrait tout retenir et tout citer. Documentée, concrète et sans faux-fuyants, elle pénètre dans nos vies comme l’Esprit dans le Cénacle, bourrasque qui ouvre nos portes et nous envoie au-dehors. Nous n’aurons pas épuisé demain, ni sans doute dans trente ans, la richesse d’un tel appel. Les grandes encycliques sociales Rerum novarum et Populorum progressio n’appelaient, si l’on ose dire, « qu’à » renouveler les rapports entre les hommes, et c’était déjà une mission révolutionnaire et prophétique. Avec Laudato Si’ c’est un appel à restaurer nos liens non seulement avec nos frères en humanité, mais avec l’ensemble des créatures vivantes en une fraternité universelle sur les pas de saint François d’Assise. Une fraternité qui n’est pas un lien éthéré, abstrait et sans conséquences réelles sur notre comportement de tous les jours, mais qui est concrète et basée sur le constat scientifique de l’interdépendance de toutes les espèces. Si « tout est lié », c’est d’abord au sein des écosystèmes, patiemment façonnés par deux milliards d’années d’évolution avant même que s’éveillât en Afrique le tout premier bipède du genre Homo. C’est ainsi qu’ont œuvré les mains du Créateur. C’est cette création, immensément diverse, inextricable à l’infini, qu’il nous est donné d’habiter, de chérir et de garder.

Notre comportement de tous les jours, avons-nous dit. L’urgence écologique cogne à nos portes. Elle noie les îles proches et lointaines, incendie l’Australie, assèche le Sahel, empoisonne le Brésil. François nous appelle, sans concession, mais dans l’espérance, au travail dans une nouvelle vigne. « Parmi les pauvres les plus opprimés, se trouve notre terre opprimée et dévastée », écrit-il dès les premières lignes. Avec François, la conversion écologique est un chemin pierreux, sous le soleil ardent d’un climat déréglé ; mais l’espérance montre la route, et l’émerveillement l’accompagne.

Nous avons voulu ce livre non pas comme un guide de bonnes pratiques ni un manuel de prière, mais comme un soutien sur tous les chemins où nous envoie le message du Pape. Laudato Si’ est un appel à la conversion, mais une conversion qui débouche sur l’engagement et sur l’action. Le Pape l’a rappelé en ouverture de la « semaine Laudato Si’ » à l’occasion des cinq ans de la rédaction de l’encyclique. C’est pourquoi nous avons voulu proposer une démarche qui essaye de répondre au cheminement qu’il nous propose. Formation et réflexion, tout d’abord, car l’écologie est une discipline scientifique, récente et consacrée à des phénomènes complexes. En ouverture des conférences qu’on nous invite à assurer ici et là, nous avons coutume de dire : « L’écologie est d’abord une discipline scientifique, les écologistes se basent sur les résultats d’une science : si vous ne retenez qu’une chose, que ce soit celle-ci. » Cette discipline, nous la connaissons puisque c’est le métier de l’un d’entre nous, sur le terrain, depuis vingt ans. De cette réflexion et de ces constats naît la conversion du cœur, et un engagement que le Pape a toujours situé au cœur de la cité, des collectifs, voire des mouvements politiques, car le service du bien commun ne se réduit pas aux choix individuels. Le Christ n’est pas un dieu lare qu’on honore à domicile : il nous attend partout où crient la terre et les pauvres. Puisse ce petit livre être un bâton de marche.

I

Les données du problème : affrontons la réalité…

semaine 1

138. L’écologie étudie les relations entre les organismes vivants et l’environnement où ceux-ci se développent. Cela demande de s’asseoir pour penser et pour discuter avec honnêteté des conditions de vie et de survie d’une société, pour remettre en question les modèles de développement, de production et de consommation.

Laudato Si’

Contexte

Cette définition de l’écologie, quasi tirée d’un dictionnaire, est la première clé de lecture de l’encyclique. L’écologie n’est pas un simple courant de pensée à la mode, ni une philosophie, encore moins une opinion. C’est une discipline scientifique, récente (un gros siècle), dont les découvertes ne cessent de nous surprendre. Elle part du constat que tous les êtres vivants, êtres humains inclus, sont en interaction avec le milieu physique, mais surtout entre eux : compétition, prédation, coopération… L’écologie est donc cette science qui étudie les conditions d’existence de toutes les espèces et en constate aussi les dégradations, ce que l’on nomme crise écologique.

Méditation

« Tout est lié » : ce leitmotiv de l’encyclique est scientifiquement fondé. C’est ainsi que va la vie dans l’univers. Le Créateur n’a pas fait de l’homme le seul être vivant au monde, ni même un être parfaitement autonome. La science nous enseigne que la vie n’est pas qu’une étonnante collection d’êtres vivants, mais un inextricable réseau où chacun doit sa survie à la présence d’autres, autant qu’à celle de l’eau, de la lumière ou de telle ou telle molécule nutritive. Notre espèce, dont la capacité à transformer l’environnement est presque sans limite, voit donc sa responsabilité décuplée : il nous incombe de connaître ces équilibres vivants et leur fragilité avant d’agir.

Action

Voir, juger, agir, disons-nous souvent ! Mais pour voir, il faut savoir quoi regarder. Pour juger, il faut connaître les règles du jeu. Or, l’écologie et ses étonnantes implications ne sont pas encore entrées dans nos grilles de lecture quotidiennes. Pour y remédier, et en comprendre les notions clés, je peux m’abonner à des revues comme La Hulotte et La Salamandre, ou bien lire Le Guide illustré de l’écologie.