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Ce texte est un témoignage de la confiance que les premiers siècles mettaient dans la Parole de Dieu telle qu’on la trouve dans les Écritures. Devant une situation apparemment bloquée – le frère qu’on lui amène semble installé dans sa rancune – Pacôme n’a d’autre recours qu’un long parcours biblique. cette façon de faire nous déroute sans doute, mais ce lent cheminement nous fait revisiter les textes bibliques et peu à peu prend au cœur même le lecteur du XXIe siècle.
À PROPOS DE L'AUTEUR
Pacôme est né en Thébaïde vers l'an 292, et mort vers le 9 mai 348. Il est généralement considéré comme le fondateur du cénobitisme chrétien, c'est-à-dire de la vie religieuse vécue en commun.
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Seitenzahl: 99
Veröffentlichungsjahr: 2022
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Pacôme
Conseils à un moine rancunier
La collectionLa Manne des Pères
Collection dirigéepar Sœur Marie Ricard, Bénédictine de Martigné-Briand (49)
La liste des ouvrages déjà parus se trouve en fin de volume.
Couleurs des bandeaux de la collection
rouge : IIe siècle
vert : IIIe siècle
jaune : IVe-Ve siècle
terre de Sienne : VIe siècle et au-delà
Envoi de manuscrit ou de projet audio :
Saint-Léger éditions
1, chemin des pièces Bron
49260 Le Coudray-Macouard
02 41 67 79 30
Pacôme
Conseils à un moine rancunier
Texte intégral
Nombreux sont nos contemporains qui découvrent avec plaisir les Pères de l’Église.
Grâce à leurs écrits, leurs prédications, c’est la foi chrétienne qui est nourrie.
Il n’est donc pas surprenant que cette étude engendre un vrai bonheur chez tous ceux qui l’entreprennent, en même temps qu’elle participe à un accroissement de leur témoignage dans le monde d’aujourd’hui.
Je me réjouis profondément de cette traduction rendant accessibles au plus grand nombre ces textes essentiels de notre patrimoine spirituel. Je forme tous mes vœux pour la fécondité de cette entreprise.
Angers, le 24 septembre 2014† Emmanuel Delmas, évêque d’Angers
L’éditeur remercie très fraternellement
Mère Céline Guilbot osb, prieure des Bénédictines de Martigné-Briand (49), Père Jean-Pierre Longeat osb, président de l’Alliance Inter Monastères (92) et Lydie HK Rivière, Xavière.
© Saint Léger éditions, 2017.Tous droits réservés.
Texte source
Œuvres de Pacôme et de ses disciples traduit du copte par Monseigneur L. Th. LEFORT Corpus Scriptorum Christionorum Orientalium volume 160 (Louvain 1956)
Ce texte a été mis en français fondamental par une moniale de Wisques et révisé par le Père Louis LELOIR, moine de Clervaux
Introduction et jalons
Sœur Marie Ricard, osb.
Un « Livret général », donnant des repères historiques, est édité à part et offert pour l’achat d’un exemplaire de la collection La Manne des Pères.
À demander à votre libraire.
Il est aussi téléchargeable sur : saintlegerproductions.frdans l’espace La Manne des Pères
Pacôme et l’ange qui lui dicte sa Règle.
Tout en larmes, tu pries ainsi : « Pardonne-moi, mon Seigneur ! Oui, j’ai fait souffrir ton image. » Et aussitôt, tu te sens consolé parce que tu reconnais ta faute. Tu te relèves et tu cours vers ton frère !
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INTRODUCTION
Vie
Pacôme est quasi contemporain des débuts de la vie monastique au Désert d’Égypte (voir au Glossaire : Pères du Désert). Antoine1, par exemple, est né en 252 et mort en 356.
Pacôme est né, vers 292, près de Thèbes, en Haute-Égypte, de parents païens.
Vers l’âge de 20 ans, il est enrôlé de force dans les armées de l’empereur Constantin. Les conditions de vie sont très rudes ; alors qu’ils font étape à Thèbes, les jeunes conscrits sont soutenus par les chrétiens de la ville qui leur apportent nourriture et boisson. Pacôme est bouleversé par cette bonté. Alors il fait à Dieu cette promesse : « Seigneur, si tu me délivres, j’aimerai tous les humains. Je te servirai et je les servirai jusqu’à ma mort. »
Dieu l’exauce très vite. À l’étape suivante, la nouvelle arrive : la guerre est achevée et tous les conscrits doivent rentrer chez eux. Pacôme cependant cherche à découvrir la religion de ceux dont la charité l’a tant marqué. Dans une localité voisine, il y a justement une importante communauté chrétienne.
1. Voir dans la Collection La Manne des Pères (N° 2) : La Vie d’Antoine,par Athanase d’Alexandrie.
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Pacôme demande le baptême. Puis il se met au service des pauvres et des malades. Mais la vie soli-taire l’attire. Il fait la connaissance d’un ermite réputé, Palamon, qui a quelques disciples. Celui-ci le forme à la vie monastique pendant sept ans.
Mais que devient le vœu par lequel il s’était engagé à servir les hommes ?
Un jour où il prie seul dans le désert, non loin d’un village nommé Tabennes, une voix se fait entendre :
« Pacôme, la volonté de Dieu est que tu serves la race des hommes, pour les réconcilier avec Lui ! »
Palamon confirme qu’il s’agit bien d’un appel de Dieu : ainsi la mission de servir les hommes, sera celle de réunir des frères et vivre avec eux la vie des premiers chrétiens de Jérusalem :
« Ils avaient un seul cœur et une seule âme. Entre eux, tout était commun» (Actes des apôtres 4, 32).
Pacôme s’installe à Tabennes et se construit une cellule. Un premier novice le rejoint : son frère aîné, mais il n’est manifestement pas fait pour une vie d’obéissance !
Un autre groupe va partager sa vie durant cinq ans : ces nouveaux venus éprouvent la patience et l’humilité de leur Père. Celui-ci espère toujours que sa manière de vivre, et non des reproches, fera réfléchir les récal-citrants. Mais après une nuit de prière, il comprend qu’il s’épuise en vain. Une dernière désobéissance des disciples rebelles le contraint à les chasser.
De nouveaux candidats se présentent et enfin, la fondation prend son essor. Quelques habitations et un oratoire sont construits, le tout entouré d’un mur. C’est le monastère de Tabennes, sur une rive du Nil.
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On reconnaît en Pacôme un charisme de paternité spirituelle qui deviendra l’axe de l’édifice communau-taire. La notoriété d’Apa Pacôme et de son institution se répand dans toute l’Égypte : l’évêque d’Alexandrie, le grand Athanase [qui écrivit la Vie d’Antoine] vient le voir ; après la mort du fondateur, il continuera de visiter les frères.
La sœur de Pacôme, Marie, fonde elle aussi une communauté qui connaît un grand rayonnement.
Pacôme meurt le 9 mai 346, à Phbôou, victime d’une épidémie de peste.
Organisation et première Règle
Pacôme a le don de l’organisation. Autour de Tabennes, qui rassemble plusieurs centaines de disciples, Pacôme fonde encore de six à neuf monas-tères, dont le plus connu est Phbôou, où il s’installe. Il place des supérieurs à leur tête. Ce sont des « pères spiri-tuels » qui le représentent et le rendent présent partout.
Chaque monastère se divise en « maisons » qui rassemblent les moines de même métier : tailleurs, tanneurs, scribes, agriculteurs, etc. Les moines forment des groupes de 20 sous la direction d’un responsable, assisté d’un second. Chaque groupe a ainsi sa maison.
Selon la tradition, Pacôme reçoit directement d’un ange une règle pour les moines. Cette légende signifie que l’on tient les instructions du Maître pour inspirées par l’Esprit Saint. « Tout ce que je prescris, dit l’ange,
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c’est pour être sûr que même les petits pourront observer la règle sans découragement. Quant aux parfaits, ils n’ont pas besoin de loi, puisque dans leur cellule, ils consacrent leur vie entière à la contemplation de Dieu. »
On y trouve les grands traits de la vie monastique : le primat de l’Écriture Sainte ; la mise en commun des biens ; la période d’examen précédant l’admission des candidats ; le même habit pour tous (celui des gens simples du pays) ; les repas pris en commun, avec des jours de jeûneobligatoires ; l’office est célébré en commun les dimancheset les jours de fête.
Une obéissance stricte est demandée aux respon-sables des groupes ainsi qu’aux supérieurs du monastère. Pacôme garde l’autorité sur tous. Quand un frère a des difficultés dans un monastère, on le conduit auprès de Pacôme. C’est ce qui arrive à ce moine rancunier, passé à la postérité !
Il est probable que cette première « Règle » n’était qu’une série de préceptes, fondés sur l’Évangile. Plus tard, fut rédigée par des disciples la Règle de Pacôme que nous connaissons désormais sous ce nom. Écrite d’abord en copte, elle fut rapidement traduite en grec, en syriaque, puis en latin par saint Jérôme.
Quelques lignes de force
Pour aider un lecteur du XXIe siècle et lui rendre audible un texte où tout lui semble décalé par rapport à sa culture, le fond comme la forme, notons quelques axes fondamentaux :
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Le primat de l’Écriture Sainte
Palamon, qui transmet à Pacôme la tradition ascé-tique chrétienne, l’a instruit par les Saintes Écritures, surtout l’Évangile. À son tour, Pacôme forme ainsi ses disciples : apprendre par cœur au moins le Nouveau Testament et les Psaumes, de manière à les réciter en toutes occasions. Au sens strict, l’Écriture est la Règle.
Les Vies de Pacôme2sont pleines de récits évoquant cette règle fondamentale de la Parole, et surtout la raison profonde de ce précepte : l’amour du Christ. La Vie copte garde la mémoire de l’impression très forte que produisaient les commentaires de l’Évangile par Pacôme :
« Un grand éclair de lumière se produisait par ses paroles, lançant des éclats brillants… Les paroles de notre Père Pacôme étaient semblables à des éclairs lumineux et les disciples étaient comme des hommes ivres de vin, selon qu’il est écrit : “Que leur cœur soit joyeux comme ceux qui boivent du vin”. »
Pacôme disait : « Voici ce que je vous affirme : il est possible qu’un seul psaume suffise à nous sauver, pourvu que nous le lisions bien et que nous veillions à l’appliquer. Par-dessus tout, l’Évangile de notre Seigneur est entre nos mains, plénitude de toutes les Écritures. »
Ce n’est pas la quantité qui est demandée : toute la Tradition, depuis les Pères du Désert* jusqu’à nos
2. Différents récits sur la vie de Pacôme ont dû circuler avant d’être rassemblés par ses disciples. Il existe plusieurs états de la compilation dont les plus anciens sont une Viegrecque et une Viecopte ; diverses traductions, très anciennes, ont été faites de cette dernière.
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jours, ne cesse d’insister sur la tentation récurrente du “record”. Un mot peut suffire !
La Catéchèse que nous allons lire est un tissu de citations biblique, on a le sentiment que Pacôme ne dit, ne pense, n’écrit qu’avec les mots de la Bible ! Même si notre traduction est émaillée de parenthèses renvoyant aux textes, il est impossible de lister toutes les allusions à l’Écriture.
Cette habitude ancienne déconcerte : la Bible n’est plus, ou si rarement, cette « maison », ce pays que l’on sillonne en tous sens au point d’en parler la langue sans même s’en rendre compte ! Quand il nous faut nous y référer dans un quelconque travail, on nous a appris à la citer méthodiquement et nous alignons sagement le texte et sa référence bien exacte, en nous aidant désor-mais de ce que l’informatique nous offre en matière de recherche rapide.
Le moteur de recherche de nos Anciens est leur mémoire phénoménale ! Ils savent les choses « par cœur » : leur mémoire donc est parfaitement précise et elle est « cordiale », c’est-à-dire habitée de l’intérieur. Les connexions se font aussi spontanément que nos ordinateurs, à cette différence près que le travail est (normalement) savoureux, amoureux. La précision robotique est hors de propos ; les citations arrivent, s’appellent les unes les autres, débordent comme d’un puits abondant, tombent parfois un peu approximati-vement, parce que la lettre exacte n’est pas forcément l’essentiel. Le lecteur (ou l’auditeur) est entraîné par le courant d’un grand fleuve et… il faut se laisser aller,
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laisser faire cette pédagogie qui déroute, mais va peu à peu faire craquer la carapace de nos rationalismes !
La Koinônia
La promesse que le jeune conscrit avait faite, peut-être étourdiment, de « servir le genre humain », marque en fait toute la vie du moine qu’il deviendra. Ce vœu était d’abord, comme souvent dans nos vies, un appel du Seigneur. Pacôme tâtonnera avant de déchiffrer, souvent à travers de douloureuses épreuves, ce qu’est le service.
Après avoir été libéré de l’armée, il s’était mis au service des pauvres et des malades. Puis il se fit le servi-teur (l’esclave) des premiers frères : ceux-ci, trop
