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« Tout ce que vous avez n'est plus du nécessaire, vous l’avez volé aux pauvres ». À l’heure des grandes questions politiques et éthiques, il est très instructif de lire ou relire Basile, l’évêque de Césarée au IVe siècle. Basile est né vers 329 dans une famille riche et profondément chrétienne. Ordonné prêtre en 362, il est évêque de Césarée en 370. Il fonde, aux portes de la ville, une véritable cité de la charité, avec hospice, hôtellerie, léproserie, orphelinat, école, cité à laquelle son nom restera attaché : la Basiliade. Il n’hésite pas à s’affronter, au nom de l’Évangile, aux grands de ce monde. Il lutte en particulier pour un partage des richesses : tout ce que vous avez en plus du nécessaire, vous l'avez volé aux pauvres.
À PROPOS DE L'AUTEUR
Né en 329 et mort, selon la tradition, le 1er janvier 379 à Césarée de Cappadoce, est l'un des principaux Pères de l'Église. Il a été appelé, de son vivant, Basile le Grand en raison de son autorité morale et ecclésiale
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Seitenzahl: 98
Veröffentlichungsjahr: 2022
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Basile de Césarée
Contre les riches
La collectionLa Manne des Pères
Collection dirigéepar Sœur Marie Ricard, Bénédictine de Martigné-Briand (49)
La liste des ouvrages déjà parus se trouve en fin de volume.
Couleurs des bandeaux de la collection
rouge : IIe siècle
vert : IIIe siècle
jaune : IVe-Ve siècle
terre de Sienne : VIe siècle et au-delà
Envoi de manuscrit ou de projet audio :
Saint-Léger éditions
1, chemin des pièces Bron
49260 Le Coudray-Macouard
02 41 67 79 30
Basile de Césarée
Contre les riches
© Saint Léger éditions, 2016.
Tous droits réservés.
Nombreux sont nos contemporains qui découvrent avec plaisir les Pères de l’Église.
Grâce à leurs écrits, leurs prédications, c’est la foi chrétienne qui est nourrie.
Il n’est donc pas surprenant que cette étude engendre un vrai bonheur chez tous ceux qui l’entreprennent, en même temps qu’elle participe à un accroissement de leur témoignage dans le monde d’aujourd’hui.
Je me réjouis profondément de cette traduction rendant accessibles au plus grand nombre ces textes essentiels de notre patrimoine spirituel. Je forme tous mes vœux pour la fécondité de cette entreprise.
Angers, le 24 septembre 2014
+Emmanuel Delmas, évêque d’Angers
L’éditeur remercie très fraternellement
Mère Céline Guilbot osb, prieure des Bénédictines de Martigné-Briand (49), Père Jean-Pierre Longeat osb, président de l’Alliance Inter Monastères (92) et Lydie HK Rivière, Xavière.
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Texte source
Homélie 7 contre les riches :Homélies, discours et lettres choisis de saint Basile le Grand, traduits par M. l’Abbé Auger, Guyot, Lyon 1927, p. 210-231.
Homélie sur l’envie :Traduction privée
La mise en français fondamental a été faite par Lydie Rivière, Xavière.
Introduction et jalons
Madame Marie-Laure Chaieb,Docteur en théologieenseignante en patristique à la faculté de théologie de l’UCO (Angers)
Un « Livret général », donnant des repères historiques, est édité à part et offert pour l’achat d’un exemplaire de la collection La Manne des Pères.
À demander à votre libraire.
Il est aussi téléchargeable sur : saintlegerproductions.frdans l’espace La Manne des Pères
Provinces d'Asie Mineure au ive
Basile de Césarée, mosaïque du IIesiècle.Basilique Saint-Marc, Venise.
L’or sera une corde qui étrangle les gens,jusqu’à quand ?Il sera un hameçon qui tuejusqu’à quand ?Il entraînera au péché,jusqu’à quand ?Les richesses seront une source de guerres,jusqu’à quand ?Jusqu’à quand est-ce qu’on fabriquera des armes,et qu’on aiguisera des épées pour elles ?
Contre les riches, 7
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Repères historiques.L’âge d’or des Pères de l’Église
313 : L’« Édit de Milan », édit de tolérance religieuse signé par l'empereur Constantin, permet à chacun « d’adorer à sa manière la divinité qui se trouve dans le ciel ».
Les Églises locales s’organisent au grand jour :
– possibilité des conciles : le premier réunit les évêques à Nicée en 325 pour se mettre d’accord sur la formulation de la foi au sujet du Fils « de même nature » divine que le Père, contre l’enseignement d’Arius.
– choix des capitales de la foi, les « patriarcats » : Jérusalem, Antioche, Alexandrie, Rome, Constantinople (à partir de 330)
– organisation de la liturgie
– l’évêque devient un notable de la cité
380 : Par l’« Édit de Thessalonique », Théodose choisit le christia-nisme comme religion de l’Empire.
Conciles
– de Constantinople (381) : notamment sur la nature divine de l’Esprit précisée dans le Credo,
– d’Éphèse (431) : Marie est officiellement appelée Mère de Dieu
– de Chalcédoine (451) : conclusion des débats sur le Christ : il est de nature divine et de nature humaine, « sans confusion, sans changement, sans division et sans séparation ».
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INTRODUCTION
Que savons-nous de Basile ?
Basile est né en 329, donc après l’édit de Milan (313) qui fait du christianisme une des religions licites dans l’Empire. Mais le souvenir des persécutions est encore très frais : les grands-parents maternels de Basile sont morts martyrs. Les persécutions continuent en fonction des choix des gouvernants : si l’empereur est plutôt favorable aux ariens, ceux qui sont fidèles au concile de Nicée sont harcelés. C’est ce qui arrivera à Basile.
La famille de Basile est profondément croyante : la grand-mère paternelle sera déclarée sainte, de même que la sœur aînée de Basile. Elles portent toutes les deux le même nom : Macrine. Grégoire, l’un des frères plus jeunes, écrira la Vie de Macrine(la jeune)1; il la présente comme un modèle pour la montée vers Dieu et comme témoin de la foi en la résurrection. La prière est aussi un thème central de ce texte.
1. Voir dans la Collection La Manne des Pères (N° 6) : Grégoire de Nysse, Vie de Macrine.
Parmi les garçons, trois deviendront évêques dans la région de la Cappadoce (centre de la Turquie actuelle) : Basile à Césarée, Grégoire à Nysse et Pierre à Sébaste.
C’est une puissante famille très riche, mais où Basile apprend le détachement des richesses au nom de la foi ; sa famille sait se contenter de peu et éviter la vie luxueuse pour préférer la prière et la méditation. Dans un premier temps, Basile fait de brillantes études qui le préparent à des hauts postes d’administration. À Athènes, il apprend l’art de la parole et de l’argumen-tation : la rhétorique. Mais sa sœur Macrine l’incite à se méfier de l’orgueil. Et sous son influence, Basile se convertit profondément. Il demande alors le baptême (le baptême des bébés n’était pas encore systématique dans les familles chrétiennes). Il change de vie et choisit une vie de prière et de travail manuel, entouré de quelques amis. C’est en effet le début de la vie ascétique : avant que s’impose l’usage du terme « moine », « ascète » était le mot courant pour les chrétiens qui menaient chez eux ou dans des lieux retirés, une vie simple, centrée sur la quête de Dieu. Le mot « ascèse » vient du verbe grec qui signifie « travailler sur des matériaux bruts, « façonner », puis « s’exercer ».
En 364, Basile est ordonné prêtre et en 370, il devient l’évêque de la capitale de la région, Césarée. Il se lance dans la lutte contre l’hérésie arienne2. Condamné au concile de Nicée (325), l’enseignement d’Arius selon lequel le Fils est inférieur au Père, continue pourtant de
2. Voir en particulier dans la Collection La Manne des Pères : N° 2, Athanase d’Alexandrie, Vie d’Antoine (P. 26) ; N° 5, Grégoire le Grand, Vie de Benoît de Nursie (P. 19).
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se répandre. Il gagne même du terrain. Au point que dans la région de la Cappadoce, les fidèles du Concile de Nicée sont en minorité. Dans ses lettres (il nous en reste plus de 300), on voit à la fois l’angoisse de Basile devant l’avancée de l’arianisme et sa détermination à préserver la foi de Nicée.
Basile a le charisme de l’organisation et de l’efficacité. En tant qu’évêque, il prend en main les principaux domaines de la vie de l’Église :
vL’organisation de la liturgie : au temps des premières communautés, pendant les persécutions, la liturgie est improvisée autour de quelques passages obligés qui se fixent rapidement (par exemple la formule du baptême « au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit », ou bien l’action de grâce sur le pain et le vin pour l’eucharistie). La façon de faire se transmet par oral et rien n’est écrit. À partir de l’édit de Milan, les fidèles ont le droit de célébrer leur foi publi-quement. La liturgie va s’enrichir et commence à se transmettre par écrit. La « liturgie de Saint Basile », toujours utilisée dans certaines églises orientales, remonte pour une part jusqu’à Basile et montre son souci de transmission de la bonne doctrine pendant la célébration.
vL’enseignement de la foi : la période est en effet très troublée par les querelles entre ariens et disciples du concile de Nicée. Il y a des camps, des divisions profondes, on ne sait plus s’y retrouver. On se renvoie des citations bibliques opposées, on se dispute sur l’emploi de tel ou tel mot emprunté à la philosophie,
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on joue des coudes pour garder une fragile majorité… Par de nombreuses œuvres théologiques (Contre Eunome, Traité du Saint Esprit…), Basile défend la foi de Nicée de façon très technique et argumentée. Mais dans ses commentaires des Écritures et ses homélies, il ne manque pas une occasion de conforter la foi des simples fidèles au credode Nicée.
vBasile organise aussi la vie des ascètes dans son diocèse3, car le mouvement monastique est tout neuf et se cherche un peu. Des ermites qui vivent seuls à l’écart des villes s’exercent à se détacher des besoins matériels pour consacrer toute leur vie à la prière, mais ils emploient pour cela des moyens parfois étranges : certains ne mangent que ce qui est autour d’eux : feuilles d’arbres, racines, herbe… d’autres vivent nus et sans même une cabane pour se protéger du froid de la nuit ou de la chaleur du jour, d’autres portent une chaîne, du cou à la cheville, qui les oblige à vivre penchés vers la terre, en signe d’humilité… Si dans les déserts, certains développent une vraie sagesse spirituelle à la suite de grands modèles (comme saint Antoine), d’autres prennent leur propre discernement pour règle et risquent de s’éloigner de tout bon sens.
C’est pourquoi, pour Basile, la meilleure voie est la vie en commun. Elle permet de vivre concrètement la charité et la fraternité d’une part, et d’autre part de ne pas s’égarer, grâce à une règle commune.
3. Voir dans la collection la Manne des Pères, les Questions-réponsesde Basile (à paraître).
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Basile insiste aussi sur le fait que tous les baptisés sont appelés à la sainteté : pas seulement les moines !
vEnfin, évêque attentif aux besoins des fidèles, il fait fonctionner ses contacts au niveau politique et il cherche à influencer la vie sociale par les valeurs de l’évangile. C’est dans ce cadre que se situent nos deux homélies. Les homélies Contre les Richeset Sur l’envie, expriment son souci des plus pauvres et demandent aux riches de vivre concrètement leur foi en renonçant au luxe inutile et en partageant.
De santé fragile et n’ayant pas ménagé sa peine, Basile meurt à 50 ans, en 378.
Les ministères du Ierau IVe siècle
En grec, le mot « évêque » signifie « celui qui veille sur » la communauté. À l’origine, il n’y pas de diffé-rence avec le « prêtre », qui signifie l’« ancien », car on confie logiquement la responsabilité de la communauté à quelqu’un d’expérimenté. Il y a autant d’évêques que de communautés.
Peu à peu cependant les fonctions de l’évêque et du prêtre se différencient : au cours du IIeet IIIe siècles, selon les lieux, l’évêque devient le responsable hiérar-chique avec lequel sont en communion les prêtres et les diacres, pour le service des communautés qui deviennent plus nombreuses.
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Au IVe siècle, lorsque le christianisme devient une religion licite dans l’Empire, l’évêque voit son autorité reconnue également dans la cité. L’évêque est choisi par les fidèles et les évêques voisins. Souvent les fidèles choisissent par acclamation celui qu’ils souhaitent : c’est d’ailleurs le premier sens du mot « vocation » : Ambroise est ainsi très concrètement appeléau service de la communauté par les fidèles de Milan, Hilaire à Poitiers, Martin à Tours, Augustin à Hippone…
Il est de plus en plus fréquent, au IVe siècle, que l’on choisisse comme évêques des notables qui mettent leur éducation au service de l’enseignement de la foi,
