Deux amis - Matilda Milliau - E-Book

Deux amis E-Book

Matilda Milliau

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Beschreibung

Bonjour, je suis un chien. Un chien qui va à l'école. Je m'appelle Rudi. Moi qui ai du mal à me faire des amis, aujourd'hui j'ai rencontré...une bogue. C'est-à dire, une de ces créatures rondes et piquantes qui tombent de certains arbres, les marronniers. Du moins, elle y ressemble beaucoup. Elle s'appelle Bugin et elle va à l'école elle aussi. Là-bas tout le monde se moque d'elle à cause de son apparence bizarre. Tous deux, nous nous lions d'amitié. Tant pis pour ce qu'en disent les autres... Mais la vie a plus d'un tour dans son sac... Que nous réserve cette année peu ordinaire?

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Seitenzahl: 69

Veröffentlichungsjahr: 2018

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Deux amis

Dédié...Rudi, le chienLa RencontreJeux et bavardagesL'Amitié qui ne plaît pas à tout le mondeLes papillons et les licornesDans la tête de Bugin...Le RéveillonLe MessageA suivre...La série Y a comme une BogueLiensPage de copyright

Dédié...

A mes parents et à Juliette.

A Joachim, pour son soutien et ses encouragements.

Merci également à tous ceux qui m'ont soutenu et conseillé dans la difficulté à faire paraître ce projet.

Rudi, le chien

Bonjour, je suis un chien.

Un drôle de chien.

J'ai dix ans et je vais à l'école. Quand je n'y suis pas, je vis, avec ma famille, dans un appartement au troisième étage d'un grand bâtiment appelé un « Cube ».

Je vis au milieu d’une ville de chiens, dans un pays de chiens, sur une Terre de chiens.

J'ai même un prénom et un nom de famille. Je m'appelle Rudi Folbeste.

Mais en fait je n'aime pas trop ce prénom. Surtout, je n'aime pas qu’on m’appelle par le diminutif, « Didi ». Ca me donne l’impression de sonner comme une cloche. Aussi, dans cette histoire, je préfère parler à la première personne, ce sera plus simple.

Je suis vraiment un drôle de chien.

J'ai des poils si longs, si longs que je ne peux pas me promener dans un parc sans que ma queue ou mes oreilles se chargent de tout ce qui est crochu et qui passe à ma portée. Les plantes et les arbres desparcs ont le chic pour laisser leurs affaires entre mes poils, c'est à dire le plus souvent des fruits dentus ou des bogues épineuses contenant des marrons. De temps en temps, les tiques aussi s'en mêlent malheureusement...

Chaque fois que je rentre de l’école, ma mère doit me peigner et décrocher toutes les choses qui se sont prises dans ma fourrure.

Chaque fois, elle dit : « la prochaine fois, je t’emmènerai chez le coiffeur, comme ta sœur. »

Et la « prochaine fois », en fait, elle a autre chose à faire.

Maman est toujours très occupée.

Téléphoner à ma grand-mère, à ma grand-tante, ou bien s’occuper du jardin, ou bien acheter un nouveau pantalon à Papa, de la marque qui fait des pantalons sans colifichets.

Je n'essaie pas de lui rappeler sa « promesse ».

En effet, j'ai horreur du coiffeur. Chaque fois que j'y suis allé, j'ai trouvé que ça durait beaucoup trop longtemps, pendant qu’il faisait si beau dehors, et le coiffeur passait son temps à me tirer les poils.

Il n’y a que les chiens pour inventer des endroits pareils, me disais-je en sortant du salon de toilettage et en passant les doigts dans mes oreilles poilues et mon poil de tête devenu tout court et tout léger.

Dans ma famille, je suis le seul à avoir des poils aussi longs et aussi difficiles à coiffer. Même ma sœur n’en a pas de pareils. Maman etPapa se demandent de qui jepeux bien tenir.

Je les entends parfois parler d’« un gène qui s’exprime » sans comprendre vraiment ce qu’ils entendent par là…

Aussi chaque matin, je me contente de peigner ces longs poils qui continuent de pousser avec une brosse ayant appartenu à ma grand-mère, et qui ne démêle rien du tout, mais c’est suffisant, me dis-je, en regardant le résultat –ma fourrure à peu près lissée- dans la glace.

A l’école, j'ai souvent l’impression d’être en décalage par rapport aux jeunes chiens de mon âge.

Par exemple, tout le monde dit qu’à l’école, la matière la plus« chouette », c’est le sport. Je trouve au contraire qu’il n’y a pas de matière plus ennuyeuse. D’ailleurs,je suis si lent à la course que l'on me regarde d'un air consterné.

A l’école, presque tout le monde fait la tête ou même se ronge les ongles d’angoisse quand le professeur dit de sortir « le cahier de dictée » ou « le livre de mathématiques », mais pour moi, ni la dictée ni les mathématiques ne sont source d’angoisse. D’ailleurs, j'y suis si doué que mes professeurs sont admiratifs.

Quand sonne l'heure de la récréation, les jeunes chiens de mon âge, semblables à des boules d'énergie qui ont des ressorts sur leurs chaises, se précipitent dans la cour pour jouer à toutes sortes de jeux de course-poursuite, en attendant le jour béni du sport (et maudit par moi,parce que j'ai horreur de me sentir pataud et ridicule). Je regarde les autres courir en m’imaginant que je suis un guépard et que je fais des pointes à cent kilomètres à l’heure et je bats tout le monde à la course, mais je sais bien que ce n’est qu’un rêve, et je retourne à mes bouquins.

Maman dit que c’est curieux, parce que je ne suis pas « gros », et je réponds en haussant les épaules.

Un jour, une professeure a marqué dans mon carnet scolaire que j'avais « de gros problèmes psycho-quelque chose » parce que je n'arrivais pas à tenir plus de trois secondes sur des patins à roulette. Le terme « psycho-bidule » qui ne voulait rien dire pour moi, a en revanche remué sérieusement Maman, qui, l'oeil noir, a aussitôt décroché le téléphone pour prendre rendez-vous avec la professeure, Madame Apusse, afin de lui dire ce qu’elle pensait de son « diagnostic ».

Vers cinq heures du soir, l'école était vide et moi j'étais assis sur une chaise dans le couloir, balançant mes jambes d’un mouvement machinal. J'entendais leurs voix de perruches colériques dans la pièce à côté et j'adressais en secret une prière au Bon Dieu des chiens...s'il vous plaît, faites qu'avec toute cette histoire je sois dispensé de faire du patin à roulettes…

Quelques minutes plus tard, elles sortaient de la salle de classe, Mme Apusse avait les cheveux en pétard et elle s’éloigna en claquant fort ses talons hauts. Maman, elle, avait le visage dur et ses yeuxlançaient des éclairs. Elle ne prononça pas le moindre mot pendant le trajet du retour mais quand je risquais un regard timide vers elle, je voyais bien qu’elle bouillait de rage.

Le lendemain, l’humeur de Madame Apusse ne semblait pas s’être arrangée : elle se présenta en classe avec en guise de coiffure un énorme chignon dans lequel étaient accrochées ce qui ressemblait à trois hirondelles empaillées et desséchées. Toute la classe ouvrit des yeux ronds. Je me recroquevillai sur ma chaise en me doutant que ce n’était pas sans rapport avec ce qui s’était passé la veille au soir. Mme Apusse avait ce jour-là des gestes secs et une voix cassante.

« Bon, aujourd'hui... Géométrie! Quelle est la surface d'un disque de quatre mètres de rayon? Angia! Oui, je sais, aujourd'hui vous n'avez pas oublié votre calculette, en revanche vous avez oublié de mettre votre culotte sous votre jupe! » dit Mme Apusse avec un geste désinvolte, comme si la réponse ne l'intéressait pas.

Angia, qui s'était levée pour donner la bonne réponse, retomba tout d'un bloc sur sa chaise et referma la bouche, tandis que quelques élèves éclataient de rire et que d'autres, comme moi, se regardaient d'un air interrogateur, parce qu'on n'était pas très sûrs d'avoir compris la dernière phrase...

Cependant, Angia avait les larmes aux yeux et elle renonça à se rendre dans la cour de récréation ce jour-là.

Les jours suivants, elle fut la cible de plaisanteries répétées du style : « Angia, tu n'as pas oublié ta calculette sous ta jupe? » accompagnée de gros rires.

Je ne voyais pas trop le rapport avec le patin à roulettes, à part que Mme Apusse avait « dérapé ». Pour ma part, ma prière ne fut point exaucée, et le lundi suivant, ce fut mon tour d'amuser mes camarades en me prenant une énième gamelle sur mes patins à roulettes…

Les gens sont méchants et le Bon dieu des chiens est nul. Vraiment.

La Rencontre

Cette année-là cependant, ne sera pas une année ordinaire pour moi.

J'ai dix ans et depuis le quatre septembre, je suis entré dans la classe des plus grands. J'ai un nouveau professeur, un vieux chien avec des poils de moustache sombres et raides qui s’appelle Mr Barbet. Il passe pour être un peu sévère, mais en fait il est surtout très exigeant pour le travail. Avec soulagement, j'ai appris que cette année-là, Mr Barbet ne nous ferait pas faire de patin à roulettes.

Le troisième jour après la rentrée des classes, je me rends comme à mon habitude à l’école, empruntant une allée où de grands marronniers étalent leur feuillage palmé et fauve, et je donne des grands coups de pied dans les bogues vertes et épineuses qui sont tombées par terre afin d’en faire sortir les marrons.

A un moment, je sens que quelque chose s’accroche par derrière, dans les poils de ma queue.

Je me retourne.