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Publié à Leyde en 1637, en français et anonymement, le
Discours de la méthode servait d’introduction à un recueil d’études scientifiques. Le titre complet en explicite le contenu :
Discours de la méthode pour bien conduire sa raison et chercher la vérité dans les sciences. Plus la Dioptrique, les Météores et la Géométrie qui sont des essais de cette méthode.
Une fiche de lecture spécialement conçue pour le numérique, pour tout savoir sur Discours de la méthode de René Descartes
Chaque fiche de lecture présente une œuvre clé de la littérature ou de la pensée. Cette présentation est couplée avec un article de synthèse sur l’auteur de l’œuvre.
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Seitenzahl: 67
Veröffentlichungsjahr: 2015
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Universalis, une gamme complète de resssources numériques pour la recherche documentaire et l’enseignement.
ISBN : 9782341001489
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Ce volume présente des notices sur des œuvres clés de la littérature ou de la pensée autour d’un thème, ici Discours de la méthode, René Descartes (Les Fiches de lecture d'Universalis).
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Publié à Leyde en 1637, en français et anonymement, le Discours de la méthode servait d’introduction à un recueil d’études scientifiques. Le titre complet en explicite le contenu : Discours de la méthode pour bien conduire sa raison et chercher la vérité dans les sciences. Plus la Dioptrique, les Météores et la Géométrie qui sont des essais de cette méthode. Son auteur est rapidement identifié dans la république des Lettres, il s’agit de René Descartes (1596-1650) entende, qui vit aux Pays-Bas depuis 1629 et dont les recherches sont connues de l’Europe savante, grâce en particulier à sa correspondance avec le père Mersenne. Le Discours s’impose d’emblée comme le manifeste de la pensée moderne – une pensée à l’âge de la science.
Quelques années auparavant Descartes avait rédigé Le Monde, ambitieuse synthèse de ses travaux scientifiques, il s’apprêtait à la publier lorsque la condamnation de Galilée par le pape, le 22 juin 1633, le fit renoncer. Comme l’auteur du Dialogue sur les deux grands systèmes du monde, il y soutenait la thèse de l’héliocentrisme (Le Monde, ou Traité de la lumière et le Traité de l’homme, qui en faisait partie, ne paraîtront qu’après sa mort). Descartes décide alors de livrer un texte plus ancien, la Dioptrique (partie de l’optique), où il établit la loi de la réfraction ; d’y ajouter un échantillon du Monde, les Météores ; de donner une Préface qui souligne l’essentiel à ses yeux : l’apport de méthode, dont la généralisation permettrait selon lui de grands progrès dans tous les domaines du savoir. Un essai de mathématique, la Géométrie, aurait été écrit pendant l’impression des Météores et joint, au dernier moment, avec le dernier état du Discours.
Celui-ci occupe une position charnière : la méthode précède les résultats scientifiques, puisqu’elle en détaille la logique d’invention ; mais l’exposé vient a posteriori, et dans les domaines de la physique ou de la médecine, le Discours expose ce que son auteur considère comme des acquis. Par ailleurs, Descartes sait qu’il ébranle tout l’édifice savant de son temps. Il prétend réfuter le scepticisme, mais ce faisant il détruit les fondements d’une apologétique par le doute – ce que lui reprochera Pascal. Jugeant inutiles, voire néfastes, les prétentions de la scolastique comme les prestiges de la rhétorique, il ruine l’autorité des Anciens, dédaigne la mémoire et la culture. Il faut reconstruire. La méthode se fait donc programmatique, quand il s’agit de la morale (« provisoire » dans le Discours) et même de la métaphysique. En un sens, l’œuvre proprement philosophique de Descartes ne fait que commencer.
Descartes lui-même a livré le plan de son ouvrage : « Si ce discours semble trop long pour être lu en une fois, on pourra le distinguer en six parties. Et, en la première, on trouvera diverses considérations touchant les sciences. En la seconde, les principales règles de la méthode que l’auteur a cherchée. En la 3, quelques-unes de celles de la morale qu’il a tirée de cette méthode. En la 4, les raisons par lesquelles il prouve l’existence de Dieu et de l’âme humaine, qui sont les fondements de sa métaphysique. En la 5, l’ordre des questions de physique qu’il a cherchées, et particulièrement l’explication du mouvement du cœur et de quelques autres difficultés qui appartiennent à la médecine, puis aussi la différence qui est entre notre âme et celle des bêtes. Et en la dernière, quelles choses il croit être requises pour aller plus avant en la recherche de la nature qu’il n’a été, et quelles raisons l’ont fait écrire. » Au vrai, le Discours est assez bref – mais, on le voit, hétérogène, car s’y succèdent, selon les termes de son commentateur Ferdinand Alquié, une histoire (une autobiographie intellectuelle), une logique, une morale, une métaphysique, un exposé scientifique, enfin « une sorte d’appel au public ». Sans doute a-t-il été composé à plusieurs époques. Le propos n’est pas lui-même méthodique : il s’agit plutôt d’un récit, qui invite le lecteur à juger sur pièces.
Les difficultés du texte, à le lire de près, n’ont pourtant pas empêché son succès. Celui d’abord d’une langue jamais pédante, où le narrateur, constamment présent et incarné, parle avec naturel et simplicité ; d’une écriture en phase avec son temps, nette, parfois ironique – ainsi du fameux incipit « Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée ». C’est là en somme le succès d’une stratégie et d’un choix littéraires : le français versus le latin, l’opinion éclairée versus l’Université et l’École, les savants versus les théologiens, le « discours » versus le « traité ». Mais c’est surtout le succès d’une idée simple, une idée-force : la table rase. On ne trouve un fondement assuré à la connaissance qu’en s’obligeant à écarter a priori tout ce que l’on croit savoir. La première des règles, essentiellement négative, est de « ne recevoir jamais aucune chose pour vraie, que je ne la connusse évidemment être telle » ; est évident ce qui se présente « clairement et distinctement à mon esprit ». Une fois atteints ces premiers principes, les trois autres règles sont de déduction (« ordre », « chaîne de raisons »), à la manière des géomètres. On assiste bien à une véritable révolution, qui donne crédit au mécanisme, et ouvre la voie d’abord à la métaphysique classique (Leibniz, Spinoza, Malebranche...) puis à l’empirisme (Locke) et au criticisme (Kant) : tous les Modernes sont fils de Descartes – auraient-ils commencé par tuer le père.
François TRÉMOLIÈRES
René Descartes est à la fois le plus célèbre et le plus grand des philosophes français. En France, cependant, sa célébrité ne tient pas toujours à son génie, mais à une simplification désastreuse de sa doctrine, où l’on ne voit qu’un rationalisme étroit et à courte vue : chacun, alors, croit pouvoir invoquer à tout propos l’autorité de Descartes, et se dire cartésien. En réalité, la philosophie de Descartes est d’une extraordinaire complexité, et sa richesse telle qu’on y peut découvrir la source de toute la philosophie moderne. Les grands métaphysiciens du XVIIe siècle (Malebranche, Spinoza, Leibniz) ont construit leurs systèmes en réfléchissant sur celui de Descartes dont, bien entendu, ils s’éloignent souvent, mais par rapport auquel ils se situent toujours. Les analyses de Locke, de Berkeley, de Hume ont leur source dans le cartésianisme. La fameuse « révolution copernicienne » de Kant n’est, en un sens, qu’une reprise de la primauté, accordée par Descartes, au sujet pensant sur tout objet pensé. Hegel tient Descartes pour un héros. Et, plus récemment, Edmund Husserl a donné à ses conférences prononcées à Paris en 1929 le titre de Méditations cartésiennes.
